Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

vendredi 24 janvier 2014

"Le coeur des Vierges effarouchées, en persillade, c'était assez goûteux". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TU NE PEUX ALLER DE L'AVANT
SI TU REGARDES EN ARRIÈRE)

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"Je suis là pour remonter les ventes désastreuses des BD...
et accessoirement le nombre de vues sur Tu Quoque."

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"Tu te rends compte? Les albums de BD publiés
n'atteignent pas les 4000 nouveautés l'année dernière...
- T'es sûr? C'est une catastrophe..."




Le marché de la bande dessinée 
marque le pas en 2013


Jean-Samuel Kriegk
Auteur du livre Art Ludique (Sonatine Editions)

   (...) Alors que depuis 17 ans la production d'albums de bande dessinée était chaque année en augmentation constante (jusqu'à +14,7% pour la seule année 2006), 2013 marque le pas avec une diminution de 7,3% du nombre de titres publiés. Un recul historique.

   Comme chaque année, Gilles Ratier de l'Association des Critiques et Journalistes de Bande Dessinée (ACBD) publie un très exhaustif bilan sur la production de bandes dessinées dans les territoires francophones européens. Et pour la première fois, ces chiffres sont en forte baisse et dressent le paysage d'un marché secoué.

   3 892 nouveaux albums de bande dessinée ont trouvé le chemin des librairies l'an passé, plus 880 rééditions. Si cette offre peut sembler pléthorique, le marché est concentré sur quelques gros titres : 117 albums seulement auront été publiés à plus de 50 000 exemplaires, avec des mises en place globalement en baisse. Le plus gros tirage (Astérix chez les Pictes) est - quand même - de 2,48 millions d'exemplaires. 

   Cette "locomotive" semble d'ailleurs avoir tiré le marché vers le haut, même si les chiffres de vente définitifs de 2013 n'ont pas encore été publiés. Le magazine spécialisé des professionnels du livre, Livres Hebdo, indiquait cependant il y a quelques semaines une baisse de 2% des ventes d'albums de bande dessinée sur les neuf premiers mois de 2013, là encore une mauvaise nouvelle pour un secteur qui semblait jusque-là épargné par la crise. Le passage au digital reste marginal et ne compensera pas ce recul, malgré une offre de plus en plus riche.

   Le marché des nouveautés fait la part belle à la BD franco-belge autant qu'au manga (40% de parts de marché chacun), tandis les comics américains représentent les 10% restant, boostés notamment par deux tomes de la série à succès Walking Dead. Le blockbuster du manga reste la série Naruto, avec un cumul de 800 000 exemplaires mis en place cette année sur quatre nouveaux tomes.

   Un dernier chiffre donné par l'ACBD : 1 492 auteurs réussiraient à vivre de la création de bandes dessinées sur le territoire francophone européen. Sachant qu'un album nécessite généralement la collaboration d'un dessinateur et d'un scénariste, on peut trouver qu'au final, peu d'albums font vivre leurs créateurs. (Bien observé...) (...) 



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"Hu?
- Cher Monsieur,  je suis représentant en
parfums et crèmes dépilatoires et... Mais, heu?
Pourquoi vous grognez comme ça?"


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Benoît Barvin

jeudi 23 janvier 2014

"Perdu dans son rêve il ne retrouva jamais la sortie". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(APPRENDS A DÉSAPPRENDRE)

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(L'auto-étrangleuse en pleine action)


NANCY CUNARD

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L’agonie d’un condamné à mort

ALAN JOHNSON
De Lucasville, dans l’Ohio

   (...) C’est une nouvelle méthode d’exécution, qui utilise deux produits, et la procédure, qui a duré vingt-quatre minutes, a été “un échec, une expérience atroce entreprise par l’Etat de l’Ohio,” a déclaré Allen Bohnert, avocat commis d’office qui a assuré la défense de McGuire. “Les habitants de l’Etat de l’Ohio devraient être horrifiés par ce qui a été commis en leur nom.”

   Le décès de McGuire, à 10 h 53 par injection létale, semble avoir été marqué par le “manque d’air” qui, comme le craignaient ses avocats, a été la conséquence de cette combinaison de produits utilisée pour la première fois lors d’une exécution aux Etats-Unis. “Il s’est passé ce que nous avions annoncé à la cour”, affirme Bohnert, qui a refusé de dire si, selon lui, McGuire avait souffert. Tout comme il n’a pas voulu spéculer sur une éventuelle action en justice conformément à la Constitution, qui interdit tout châtiment cruel et inhabituel.

   Environ quatre minutes après avoir reçu l’injection (à 10 h 29), McGuire a commencé à se débattre et à suffoquer bruyamment, s’étouffant et s’étranglant manifestement pendant au moins dix minutes. Sa poitrine s’est soulevée et son poing gauche s’est serré tandis qu’il poussait des grondements sourds. Puis, dans les minutes qui ont précédé la constatation officielle de son décès, il est resté tranquille. (...)

   (...) Les enfants adultes de McGuire, Amber et Dennis, ainsi que son épouse étaient parmi les personnes qui ont assisté à l’exécution dans une petite pièce sans fenêtre de la prison de haute sécurité de Lucasville, dans l’Ohio. Tous trois se sont pris par le bras et ont pleuré pendant la procédure.

   Joy Stewart, de West Alexandria, une petite ville à une trentaine de kilomètres de Dayton, avait 22 ans [en 1989]. Elle était enceinte de plus de sept mois quand McGuire l’a violée, étouffée, puis lui a tranché la gorge si brutalement qu’il lui a sectionné à la fois la carotide et la jugulaire. L’enfant qu’elle portait est mort avec elle, dans les bois de la région rurale du comté de Preble, où son corps a été retrouvé le lendemain par deux randonneurs.

   “Nous avons attendu longtemps. La mort de Joy a été l’épreuve la plus terrible que notre famille ait vécue, ont expliqué ses proches dans une déclaration de trois paragraphes. Les produits qui vont être utilisés lors de son exécution ont suscité la polémique, d’aucuns redoutent qu’il ne fasse l’expérience de la terreur, qu’il souffre. Pour le souvenir que j’ai de la mort [de Joy], [il l’a] obligée à sortir de sa voiture, il a tenté de la violer, il l’a sodomisée, étouffée, poignardée, je sais qu’elle a connu la terreur et la souffrance. Il bénéficie d’un traitement infiniment plus humain que celui qu’il lui a infligé. En fin de compte, nous devons tous faire face à nos juges – ici, sur terre, comme au ciel. L’heure est venue pour lui de faire face à son jugement.” (...) 

   (...) Agé de 53 ans, McGuire est mort d’une injection de midazolam, un sédatif, et d’hydromorphone, un dérivé de la morphine. Ce cocktail, jamais encore utilisé lors d’une exécution aux Etats-Unis, a été choisi par le département de réhabilitation et de correction de l’Ohio parce que le pentobarbital, le produit unique appliqué jusqu’alors, n’est plus disponible [les Etats-Unis font face à une pénurie de barbituriques due au refus de certains laboratoires européens opposés à la peine de mort d’approvisionner les services correctionnels américains].

   Les derniers mots de McGuire ont été les suivants : “Je tiens à dire à la famille de Joy : merci pour la lettre et vos mots gentils. Ils ont eu une grande importance pour moi… A mes enfants, je vous aime, je monte au ciel. Je vous y retrouverai.”

   Carol Avery, la sœur de la victime, était également présente. L’exécution a attiré un nombre exceptionnel de correspondants de presse. Ces dernières années, la participation des médias avait diminué, les exécutions étaient presque devenues une procédure de routine depuis la remise en vigueur de la peine de mort par l’Ohio en 1999. A l’extérieur, une poignée d’opposants à la peine capitale ont manifesté par des températures inférieures à zéro, même après le lever du soleil.

   Pour son dernier repas, McGuire avait commandé du rôti du bœuf, du poulet frit, des pommes de terre frites aux oignons, de la salade de pommes de terre, un bagel aux oignons toasté avec du fromage à tartiner, de la glace à la noix de pécan et un Coca. Il est la première personne à avoir été exécutée dans l’Ohio cette année.

Note de la rédaction : Alan Johnson, correspondant du Dispatch, a été témoin de l’exécution du 16 janvier.


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Benoît Barvin

mercredi 22 janvier 2014

"Echange livre de sagesse contre boeuf bourguignon". Jacques Damboise in "Pensées malcontentes"

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Pensées pour nous-mêmes:

(POUR ÉCHAPPER AU FEU
NE RECULE PAS VERS LE PRÉCIPICE)

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"Elle est comment, ma cachette, pour échapper au loup?
- Heu..."


Dagny Eyer, 1.2014 8 x 10 tintype

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(La femme au chapeau téléphonique
en grande conversation avec l'homme téléphone)



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(La femme de l'ogre exhibant les couverts du susdit)


http://weirdvintage.tumblr.com/post/74009644834/from-sophia-lorens-in-the-kitchen-with-love

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(Groupe de spectateurs séchant au soleil)



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Nadine Estrella

mardi 21 janvier 2014

"Dans ce journal, les brèves étaient trop longues". Jacques Damboise in "Pensées coïncidentes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ES-TU UN CHAT QUI RONRONNE,
GRIFFES SORTIES?)

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(Capitaliste regardant l'Etat du Monde)



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(Rédacteur de "The Economist" surveillé par
un membre de la Commission de Déontologie)


Le Petit Spirou

The Economist… économise la vérité
sur le Venezuela (Venezuelanalysis)

Ryan Mallett-Outtrim

   (...) Un bon écrivain dit beaucoup en peu de mots. Le dernier article de The Economist sur les élections municipales de décembre 2013 au Venezuela dit beaucoup sur la valeur des faits pour la feuille de chou préférée de l’idéologue néo-libéral. Malgré une forte concurrence, The Economistremporte aisément la palme pour la quantité de mensonges déversés dès le deuxième paragraphe de son “analyse”.

   The Economist déclare que “la perte la plus douloureuse pour le Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) fut Barinas, berceau de la famille Chávez”. Ce serait une perte douloureuse… si c’était vrai. En réalité Hugo Chavez est né à Sabaneta, capitale de la municipalité Alberto Arvelo Torrealba. Si The Economist avait vraiment examiné les résultats de l’élection, il aurait remarqué qu’Anibal Chavez (frère de l’ex-président) a remporté facilement la mairie avec 62.87% des suffrages. Pour être juste, Chavez vécut dans la capitale de l’État de Barinas lorsqu’il fréquentait l’école secondaire mais c’est Sabaneta qui est reconnue au plan national comme la demeure de l’ex-président, et non Barinas. (...)

   (...) Cette ignorance de The Economist à propos de celui qui fut président du Venezuela pendant 14 ans, n’est qu’un avant-goût. Suit une régurgitation acritique de la complainte du leader de la droite Henrique Capriles pour qui le Venezuela est “coupé en deux moitiés” et “la moitié du président est celle qui dispose de tous les leviers du pouvoir réel”.

   Le premier point est exact… à l’instar de la plupart des démocraties représentatives. Lors des élections municipales, le PSUV et ses alliés ont remporté 49% du vote populaire alors que la coalition de droite, la MUD, a réuni 43% des suffrages. L’écart entre les deux camps tourne donc autour de 6%. L’an dernier, Barack Obama s’est maintenu à la Maison Blanche avec 51,1% des votes tandis que Mitt Romney faisait 47,2%. Ces quelques points de différence signifient que les États-Unis sont divisés ? Bien sûr ! C’est ainsi que fonctionne la démocratie représentative.

   Si The Economist veut comprendre pourquoi il arrive aux électeurs de se diviser, nous l’invitons à lire l’appui résigné à Obama de The Economist pour se faire une idée des raisons qui poussent des électeurs différents à voter pour des candidats différentsLe problème commence lorsque l’auteur de l’article affirme que “tous les niveaux de pouvoir réel” appartiennent à Maduro. (...) 

   Non seulement une part importante des médias, la plus grande fédération patronale et la majorité du secteur privé national ne sont nullement les amis du gouvernement bolivarien mais ils mènent contre lui, de concert avec les États-Unis et la droite locale, une guerre économique. Sans doute The Economist considère-t-il que les grandes entreprises ne constituent pas un “niveau de pouvoir”. Ce ne serait pas la première fois que le magazine publie un article s’apitoyant sur ces victimes que sont les élites du secteur privé“Je crois que le message d’un possible changement n’a pas été compris par la population … si j’avais réussi cela, alors nous aurions aujourd’hui un pays repeint en bleu.”

   Dans le paragraphe suivant, on nous informe que “les médias télévisés – maintenant sous contrôle de l’État ou intimidés pour qu’ils obéissent – ont ignoré Mr Capriles”. Si The Economist se soucie tant de Capriles, pourquoi n’est-il pas alarmé par les apparitions répétées à la télévision vénézuélienne d’un imposteur affirmant être Capriles ? L’imposteur s’est récemment glissé dans les studios de Venevision pour y répondre à une fausse et longue interview, un faux Capriles qui semble si réel qu’on vous pardonnera de croire que c’est lui ! Venevision n’est pas le seul grand média à s’être laissé duper par le sosie du leader de la droite : Globovision a retransmis un discours du même imposteur le soir de l’élection, en croyant évidemment qu’il s’agissait de Capriles ! Et le revoici sur TeleSUR

   L’habile imposteur a même trompé CNN en espagnol en faisant croire qu’il était le vrai Capriles. Tout se passe comme si tout le monde ouvrait l’antenne à l’imposteur alors que le véritable Capriles est ignoré, de toute évidence. Heureusement,The Economist est capable, lui, de percer les apparences et sait bien que le vrai Capriles a été absent des programmes de radio et télévision. (...)

   (...) The Economist déclare ensuite que les “[c]andidats et les leaders de la droite ont été menacés de prison”. Il est vrai que dans l’offensive en cours contre la corruption, des membres de l’opposition ont été arrêtés… mais The Economist a décidé d’occulter que cette offensive a permis d’arrêter également des alliés de Maduro, également pour faits de corruption. Si pour le magazine ceci n’est pas la preuve que certaines arrestations n’ont pas de motivation politique, elle nous autorise à rester sceptique quand la droite affirme que ses membres imputés sont tous honnêtes.

   Le même scepticisme serait de rigueur quand The Economist prétend que “la totalité de l’appareil gouvernemental a été déployée pour aider le PSUV”. Vraiment ? Par le passé, le Carter Centre a exprimé sa préoccupation au sujet du mauvais usage des ressources de l’État lors des élections, et, de nouveau, des rapports sur le mauvais usage de biens gouvernementaux ont surgi le 8 décembre. Pourtant le degré de ce “mauvais usage” n’est pas clair (les observateurs internationaux n’ont pas noté de fraude). L’idéal serait que The Economist cite quelque témoignage lorsqu’il affime que “la totalité de l’appareil” a été déployé (les refroidisseurs d’eau dans les bureaux du gouvernement ont-ils également enrôlés ?). 

   Sans preuves à l’appui, il semble que The Economist exagère juste un petit peu. Pire encore est le péché par omission. Capriles aura fait campagne dans 117 municipalités de 21 états à l’approche des élections. Au cours de 2013 ses escapades internationales (par exemple à Santiago, pour se réunir avec Jovino Novoa, ex-secrétaire de gouvernement de Pinochet) ont commencé à agacer certains des habitants de l’État de Miranda pour qui il est censé travailler en tant que gouverneur élu. Mais le magazine ne semble pas très concerné par l’hypothèse que Capriles délaisse ses obligations de gouverneur. L’idée que les deux camps puissent avoir des comptes à rendre ne semble pas explorée très souvent par ce magazine.

   Le leader de la droite vénézuélienne Henrique Capriles Radonski (à gauche) réuni à Santiago le 19 juillet 2013 avec Jovino Novoa, sous-secrétaire de gouvernement de Pinochet. Capriles Radonski est impliqué dans la violence et les assassinats de militants bolivariens le 15 avril 2013 et dans le coup d’État meurtrier contre le président Chavez en avril 2002. 

   Au paragraphe suivant, The Economist nous resort le refrain usé de la destruction de l’économie du Venezuela à cause des “politiques populistes de Chavez qui ont plongé le pays dans le chaos”, l’entraînant vers une “spirale d’inflation”. De nouveau cela n’a tout simplement pas de sens. Même si l’inflation a connu une hausse cette année(causée notamment par la guerre spéculative du secteur privé), en général l’inflation a été plus basse sous Chavezque sous les présidences précédentes. Selon le FMI, pourtant peu suspect de “chavisme”, l’inflation tournait autour de 90 % sous la social-démocratie de Carlos Andrés Pérez et autour de 25 % pendant la révolution bolivarienne. Et plutôt que de me croire simplement sur parole, prenez votre calculette et comparez l’indice de l’inflation vénézuélienne avant et après l’élection de Chavez. Étonnant, non ? Le FMI dit qu’elle a baissé mais The Economistdit qu’elle a augmenté.

   The Economist termine son article en demandant si les Vénézuéliens "accepteront docilement une forte baisse de leur niveau de vie"… sauf que la question est purement hypothétique. Selon la CEPAL (ONU), rien que durant l’année dernière, la pauvreté a chuté de 19%. Les salaires continuent à augmenter, la croissance se maintient et le chômage poursuit sa chute (6,6 % en novembre 2013). Le gouvernement dispose de réserves monétaires suffisantes pour amplifier les politiques sociales (Voir "l’apocalypse tant espérée n’aura pas lieu") (...)

   (...) Parmi les préoccupations de The Economist pour de fictives dégradations du niveau de vie ou débâcles générales de l’économie, une autre perle s’est glissée dans “l’analyse” : “Quand Mr Capriles a remis en cause les résultats de l’élection d’avril, le Centre National Électoral et la Cour Suprême ont refusé d’examiner ses preuves”. (...)

   (...) Lorsqu’elle a annoncé la décision de la Cour Suprême de rejeter la demande d’annulation du scrutin par la droite, la Magistrate Gladys Gutierrez a déclaré que Capriles n’avait pas présenté de “preuves suffisantes” à l’appui de ses dénonciations d’une victoire frauduleuse de Maduro, ajoutant que le dossier de l’opposition était tellement léger qu’il “dépréciait le débat démocratique”.

   Le malheur pour The Economist, c’est que lorsqu’on détecte l’origine de ses opinions, on comprend aisément pourquoi les faits ne comptent pas à ses yeux. L’analyse du magazine ressemble en réalité à la copie de l’écolier qui a oublié d’étudier la veille au soir et remet un plagiat de son voisin de pupitre, fautes y comprises. Les réponses fournies par The Economist sont extraordinairement semblables à celles de Capriles. Sa récente interview à l’Universal égrène les points qui résument exactement la position de The Economist. Avec tant d’exactitude que ces phrases de Capriles m’ont été très utiles pour ordonner mes notes et rédiger les intertitres de cet article. Voici quelques échantillons de ses propos :

“Nous avons un pays divisé, aucun n’a obtenu 50%…”

“Je crois que le message d’un possible changement n’a pas été compris par la population … si j’avais réussi cela, alors nous aurions aujourd’hui un pays repeint en bleu (couleur de la droite, NdT).”

“Le gouvernement est un tricheur qui joue salement, il ne respecte pas les lois…”

“Le Centre National Électoral et la Cour Suprême sont des tricheurs, tout est contre nous …»

Source : Venezuelanalysis.com



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(La Crise était loin d'être terminée... 
Batgirl pouvait en témoigner)



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Luc Desle

lundi 20 janvier 2014

"Je jouais de la batterie uniquement quand ma Belle-Mère nous rendait visite". Jacques Damboise in "Propos de mes voisins".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE DÉLÈGUE PAS AU PASSE
LES CLÉS DE TON AVENIR)

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(Une fois encore, la jupette sexy allait se
faire la malle)



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(Le Trombone rigolard avait été nommé
chef du personnel)


chteuchteu.com

Le spleen d’une chargée
de mission territoriale qui ne sert à rien

Jennifer P. | Chargée de mission

   (...) Fermez les yeux. Nous sommes peut-être des dizaines de milliers dans le même cas après tout. Imaginez des bureaux alignés, des hiérarchies empilées et vous, tout en bas de l’organigramme. Imaginez d’un côté des élus du peuple, qui se réunissent en assemblée, en bureau, en commission. De l’autre, une grosse machine bureaucratique qui sert à soumettre des projets, à préparer les votes de ces mêmes élus et à suivre l’exécution de leurs décisions.

   Moi je suis du côté de la grosse machine. Je suis chargée de mission dans une grosse collectivité territoriale qui emploie près de 400 personnes et dont le budget annuel 2013 s’élève à 500 millions d’euros. Je bosse depuis quelques années en tant que contractuelle dans une direction qui gère un service public en délégation. Pas facile d’expliquer, pas facile de simplifier.

   Sur le papier, nous gérons un budget public de 200 millions d’euros et tous les jours, nous sommes censés suivre sa bonne utilisation. En réfléchissant, notre principale occupation est de faire circuler l’information. Celle-ci effectue un circuit plutôt intéressant qui pourrait paraitre aux plus cyniques, absurde.

   Prenez une feuille blanche, mettez un point A tout en bas de la feuille. Ce point A c’est moi. Tirez une flèche vers un point B un peu plus haut, puis vers un point C encore plus haut puis vers un point D et enfin un point E tout en haut de la feuille. Laissez-vous le temps de la réflexion et tracez des flèches effectuant exactement le chemin inverse tout en passant bien par chaque point.

   Pendant que vous y êtes, enfermez le point A dans un cercle bien à lui et empêchez-le à tout prix de communiquer avec les points Z, X, Y et autres hurluberlus, et obligez-le à ne communiquer qu’avec B. Appliquez ce principe à tous vos points sauf E, qui décide tout finalement sous ses airs sympas. (...)

   (...) Faire circuler l’information, ça ne remplit pas 39 heures par semaine. On me dit cadre, responsabilité, autonomie. Moi je dis gros foutage de gueule. On me dit action publique, contrôle des dépenses, responsabilité des agents. Moi je dis stratégies individuelles d’éviction des risques, aplatissement des consciences.

   J’ai la trentaine, un bac +5, un bon revenu, un cerveau pas trop déficient. Une petite vie tranquille, ni trop calme ni trop animée. J’aime bien faire mon travail, je pense être honnête. Aujourd’hui, sous mes airs presque normaux, je suis au bord.

   Si j’essaie de réfléchir à ce qui a fait que j’en suis arrivée là, ça me fout le tournis. Il a suffi d’un changement dans la hiérarchie, de créations de poste venues squelettiser le mien déjà bien mince, et le ronron de la mécanique générale d’un cou s’enfouissant la tête dans le sable s’est amplifié. Ou alors prenons l’exemple de ce jeu : la bombe. C’est ce jeu d’enfant pendant lequel on s’envoie le ballon tout en comptant jusqu’à un certain nombre. Celui qui a le ballon à ce moment-là « explose » et est sorti de la partie. Ici, c’est le sport local, appliqué aux dossiers. L’art de savoir se refiler le boulot, les dossiers merdiques. En général, le perdant est le plus consciencieux.(...)

   (...) Je me dis que le plus angoissant dans mes journées, c’est le silence. Le silence de mon téléphone, le silence de l’ordinateur qui chauffe pour rien, le silence qui remplit mon bureau et le silence de mes chefs sur ma situation qui ne va pas tarder à faire beaucoup (trop) de dégâts chez moi. Et dans tout ce silence, à moi me vient l’envie irrépressible de faire chier le monde.

   C’est comme ça, je n’attends qu’à être occupée pour être enfin sage, pourquoi personne ne le comprend ? Pour avoir du travail, pour faire du bruit, pour que l’on me voie, j’en ai déjà fait beaucoup. J’ai fait des « points », de nombreux « points » avec un chef, deux chefs, trois autres chefs aux ressources humaines (j’en ai vu des chefs), j’ai fait le « point » avec moi-même, avec mes collègues, avec ma famille, avec ma toubib. Pendant huit mois.

   J’ai dit sur tous les tons possibles (douce, calme mais sèche, énervée, hystérique, colérique, vulgaire, douce, calme mais sèche, énervée, etc.) que ça n’allait pas, que j’étais sous-occupée, que je ne comprenais plus ce que l’on attendait de moi. J’ai fait des e-mails, des dizaines. J’ai fait des propositions pour améliorer les choses ; ah oui au fait, parce qu’on m’a déjà dit qu’il fallait avoir l’esprit d’initiative ici.

   Alors là je suis désolée mais je suis explosée de rire derrière mon écran. Mon chef, à chaque fois qu’on va le voir avec une idée il dit non, c’est aussi simple qu’un mot de trois lettres : non. A chaque fois qu’on dit que peut-être on pourra améliorer ceci ou cela, il dit « ça a toujours été comme ça et ça marche ». (...)


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(Dans la mondialisation,
le dialogue social laissait à désirer)



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Luc Desle

dimanche 19 janvier 2014

"Il me fut simple comme bonjour de ne pas le saluer, mon voisin". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(VA TOUJOURS TOUT DROIT
MÊME QUAND LA ROUTE EST EN LACETS)

PCC Jacques Damboise

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"Ton... heu... maquillage... heu...
- Oui?
- Ben, il est pas top, tu vois...
- C'est toi qui m'a demandé 
de me faire la plus belle possible...
- Justement!"


Bronislava Nijinska by Man Ray, 1922.

°°°

(L'esprit de cette Blonde était aussi léger qu'une plume)



Photo by Lori Vrba

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(Sous sa robe, cette femme voilée respirait mal)


Conrad II en la iglesia de San Miguel

°°°
(Son travail terminé, cet employé saisonnier
prenait des vacances bien méritées)


Claude Guillaumin

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Jacques Damboise

samedi 18 janvier 2014

"Il sucrait les fraises mais pas les myrtilles". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE RESSENTIMENT CONDUIT
AU RESSENTIMENT)

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(Le chemin vers le Socialisme était de plus
en plus étroit)


Balanced - 1930s - (Via)

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"Je t'aime!
- Moi? La France? 
Tes deux précédents amours?
Tes chaussettes? 
Ton miroir magique 
qui te dit que tu es le plus beau?"



Hollande vire à droite : œillères et calculettes
Daniel Schneidermann 
Fondateur d'@rrêt sur images

   (...) Il faut saluer l’aveu, même tardif : « Notre profession relève souvent de l’imposture : il s’agit d’expliquer des choses qu’on ne comprend pas soi-même ! » De qui, cet aveu quasi socratique ? De Franz-Olivier Giesbert, bien sûr, l’inénarrable, l’irremplaçable FOG, orfèvre du cynisme médiatique français, qui quitte (presque) la direction du Point à la fin de la semaine, admettant benoîtement qu’il ne comprend rien au numérique et à tous ces bidules, et qui confie donc à Télérama qu’il n’est donc plus « l’homme de la situation ».

   Il faudrait d’ailleurs le compléter, cet aveu. Il n’y a pas seulement « ce que l’on ne comprend pas ». Il y a tout ce que l’on ne sait pas. Sans parler de tout ce que l’on ne veut pas savoir, ce qu’on refuse de voir, ou ce que l’on ne perçoit qu’à moitié, de l’œil droit, ou de l’œil gauche.(...)

   (...) L’aspect économique de la conférence de presse de François Hollande offre un exemple de choix de ces perceptions hémiplégiques. Si tous les observateurs-commentateurs « de gauche » déplorent son « virage à droite », ses adieux à la gauche, son ralliement avec armes et bagages à la social-démocratie traîtresse, leur homologues libéraux n’en sont pas plus joyeux pour autant, redoutant le piège.

   Il n’est qu’à voir notre libéral préféré, Stéphane Soumier (BFM Business), ounotre confrère Nicolas Beytout (L’Opinion) triturant leurs calculettes dans tous les sens à propos des baisses de cotisations sociales des entreprises, en se demandant où est l’embrouille. Mais l’actu n’attend pas. Cet objet brumeux, dont les contours ne se dégageront (s’ils se dégagent) que tardivement, il faut pourtant l’expliquer, en débattre, s’engueuler à son sujet, comme si l’on avait tout compris.(...) 

   « Expliquer des choses qu’on ne comprend pas soi-même » : on ne peut pas s’empêcher d’avoir cette phrase en tête, en assistant comme à Roland Garros aux joutes théologiques, depuis deux jours, à propos de la politique de l’offre et de la politique de la demande.

   La relance par l’offre est-elle forcément de droite ? La relance par la demande est-elle forcément de gauche ? Peut-il exister une politique de l’offre de gauche ? Une politique de la demande de droite ? Le summum est atteint par ces émouvants souvenirs de ses cours de sciences éco, qu’exhume du fond de sa mémoire mon excellent confrère Pascal Riché, de Rue89. On comprend que nombre de ses confrères préfèrent le feuilleton de la rue du Cirque, où l’on n’en sait pas davantage, mais dans lequel il est si délicieux de ne pas savoir. (...)


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"Comment ça, je ne sais que
tourner la tête dans un sens?
Vilaine remarque, Môssieur
l'ironiste"



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Benoît Barvin