Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
Affichage des articles dont le libellé est Armstrong. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Armstrong. Afficher tous les articles

vendredi 8 mars 2013

"Ces amoureux transis moururent d'une fluxion de poitrine". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(PIÈTRE DISCIPLE
QUI CHERCHE SON MAÎTRE)

***
"Faut-il avoir confiance dans la viande de
cheval boeuf veau et tutti quanti?
Ahahaha!!!"

Faut-il avoir confiance dans le bio ?
EMMANUELLE VIBERT

   (...) Le bio se développe… Et le bio prend des coups. Rien qu’une niche, grincent certains, avec ses misérables 3,6 % de surface agricole utile (SAU). Un truc pour bobos qui ont les moyens, une utopie farfelue. Pis, pour certains, c’est carrément un univers où sévit la fraude. Calmons-nous. Qu’importent les bruits de cour, les acteurs du bio continuent leur chemin. L’agriculture biologique n’est pas la panacée, non. C’est, en revanche, un des univers hypercréatifs de notre époque. Un bouillon de culture susceptible d’inspirer de grands changements – ceux-là mêmes qui sont nécessaires pour relever les défis de ce siècle. La preuve en quelques exemples à lire dans ce dossier.(...)

   Revenons d’abord sur les critiques. Certaines font franchement rire. Dans un article du Nouvel Observateur du 1er novembre dernier, tout y est. Le bio est une« mode », voire une « arnaque », puisque 60 % des fruits et légumes siglés « AB » « sont importés de pays où la légitimité de ce fameux label est, disons, difficilement vérifiable ». Il n’est pas meilleur pour la santé, « comme l’a montré une étude américaine de l’université Stanford parue au début du mois de septembre ». « Ses rendements, comparés à ceux de l’agriculture conventionnelle, sont au mieux moitié moindres. » Ses valeurs aussi sont à jeter : « Dans les magasins bios, on trouve à l’occasion des cristaux magiques censés intercepter les ondes mauvaises ou favoriser les ‘‘ forces astrales ’’. Sans compter le côté pétainiste de la terre qui ne ment pas… »

   Passons sur l’accusation un peu en-dessous de la ceinture de pétainisme et sur les cristaux magiques. Regardons les faits. 60 % de fruits et légumes importés ? Selon les derniers chiffres de l’Agence bio, les importations – tous produits confondus – sont en baisse. De 38 % en 2009, elles passent à 30 % en 2012. La moitié concerne des produits exotiques : café, thé, cacao, bananes, agrumes. Reste 15 %. Et 48 % d’importation pour les seuls fruits et légumes en 2011.

   Des rendements deux fois moindres ? Sur ce point, la lecture de l’interview de l’agronome Jacques Caplat est édifiante. Quant au bio qui n’est pas meilleur pour la santé, finissons-en ! N’évoquons même pas la santé des agriculteurs exposés aux pesticides, ni même le problème de contamination de l’eau. Des problèmes centraux, pourtant. Denis Lairon (1), biochimiste et nutritionniste, directeur de recherche à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), a fait le tour des études sur les qualités nutritionnelles du bio. Résultat : pour les végétaux, toutes – même celle de Stanford – relèvent plus d’antioxydants, et beaucoup d’entre elles plus de magnésium, de fer et de vitamine C. Unanimité aussi (y compris à Stanford !) pour reconnaître que le lait bio affiche plus d’omégas 3. (...)

Lire la suite sur:


***
"Vite, vite, je suis en retard... 
Alice ne m'attendra pas..."


(Chez les tortues lettrées, Lewis Carroll faisait un tabac)

***
"Halte-là, faquins! 
Le dopage ne passera pas par moi!"


Dopage : 
l’Espagne ne veut pas savoir
Clément Guillou 
Imanol Corcostegui 

   Le procès de l’affaire Puerto aurait pu être celui du sport espagnol. Jusqu’à présent, il révèle surtout son aveuglement obstiné face au problème du dopage. Au pays de Buñuel, ce procès fait honneur à l’absurde. Personnage principal : Eufemiano Fuentes (...)

   (...) Gynécologue de formation, il a dopé des sportifs pendant trente ans avant d’être arrêté. En tant qu’ancien athlète, il comprenait mieux que d’autres les souffrances des champions et leur administrait des traitements leur permettant de travailler plus et récupérer mieux. Un dopeur séducteur, dont la vie a basculé le jour de la perquisition de la Guardia Civil à son domicile madrilène, le 23 mai 2006.

   Pendant le procès, celui qui se décrit comme un baratineur (« sablista ») n’est plus le même, écrit El Pais : « Quand il tourne son regard vers un public hypnotisé par ce qu’il entend, ce regard ne séduit pas, ne demande même pas de compassion. Il file des frissons. » (...)

   (...) Le procès Puerto, c’est aussi un festival de coups du sort, d’escamotage et de prestidigitation :
   - sur les 224 poches de sang saisies par la Guardia Civil, seules 173 sont conservées au laboratoires antidopage de Barcelone. Les 51 autres ? Personne n’est en mesure de dire où elles sont passées ;
   - Alberto Leon, un ancien cycliste assistant de Fuentes, s’est pendu en 2011 ;
   - le docteur José Luis Merino, qui devait figurer parmi les six accusés, a vu son dossier classé juste avant le procès pour cause d’Alzheimer ;
   - Francisco Aguanell, médecin légiste qui devait témoigner à charge contre Fuentes, est décédé au début du procès d’une crise cardiaque ;
   - Angel Vicisio, coureur soupçonné d’avoir été client de Fuentes, a vu son audition reportée pour un mal de dos, puis a disparu des radars. Il a fallu retrouver sa trace en Andorre ;
   - Alberto Contador, qui devait témoigner en défense de son ancien directeur sportif Manolo Saiz, y a finalement échappé : l’avocat de Saiz a annulé sa demande.

    Certains coureurs sont quand même venus témoigner mais là, c’est leur mémoire qui avait disparu. Sur sept coureurs espagnols, seul Jesus Manzano, l’homme par qui le scandale est arrivé, a reconnu avoir été dopé par le docteur Fuentes. (...)

   (...) Que restera-t-il du procès Puerto ? Tout au plus quelques anecdotes, dans la même veine de celles entendues dans l’affaire Armstrong, grâce aux témoignages de Jörg Jaksche, Tyler Hamilton et Jesus Manzano.

   Jaksche s’est souvenu des offres commerciales du docteur Fuentes – 4 000 euros la poche de sang, 6 000 euros les deux – et de sa carte de France des lieux de transfusions pendant le Tour : « Il y avait tellement (de cercles) qu’on ne distinguait pas la France ».

   Tyler Hamilton a raconté l’aller-retour Lyon-Madrid de l’équipe Phonak avant le Critérium du Dauphiné en 2004, pour se faire transfuser. « Pendant la course, on respirait tous par le nez. On a tous fini dans les 10 premiers. » Un mois plus tard, pendant le Tour, Hamilton a cru mourir après une transfusion. Il est devenu fiévreux et son urine était noire. « Le sang devait être dégradé. »

   Chez Kelme, l’équipe dont Fuentes s’occupait en priorité, on prenait avec humour l’absorption de produits aux effets secondaires inconnus, a raconté Manzano. Quand les coureurs avaient pris de l’Actovegin, produit à base de sang de veau, ils poussaient des beuglements. Quand c’était de l’Oxyglobin, utilisé dans le traitement de l’anémie chez les chiens, ils se mettaient à aboyer.

   On aurait aimé qu’un footballeur nous dise s’il pissait bleu ou qu’un tennisman relate son aller-retour Paris-Madrid avant Roland-Garros. La prochaine fois, peut-être. Ou, on peut toujours rêver, d’ici la fin du procès le 22 mars. (...)

Lire sur:

***
Luc Desle (avec le concours de Jacques Damboise)

mardi 16 octobre 2012

"Zorro indiqua à Batman la laverie où il faisait laver sa précieuse cape". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"

***
Pensées pour nous-mêmes:

(A CHAQUE INSPIRATION,

GOUTE LE PLAISIR DU MONDE)

***

(L'attrapeur d'idées toutes faites
en pleine action)

El Flagellante.

***
"Qu'est-ce que tu penses de Bakounine?
- Qu'il en avait une aussi petite de Lénine...
- Et Mélenchon?
- Ca, ma petite, c'est mon secret...
Par contre, pour DSK, je peux te dire...
- Ah non, suffit! J'en ai le coeur
au bord des lèvres!""

Ne pas laisser l’oligarchie imposer l’austérité 
et la récession aux peuples : 
comment être à la hauteur ?
 Évariste

   (...) La menace se précise à court terme. Mais avec plus de 60.000 manifestants (comptage effectué par lignes par Respublica avec trois points fixes) à Paris contre le traité, nous avons vu les effets d’une grande détermination. Nous avons également eu des remontées sur de nombreuses réunions en province qui n’ont pu monter à Paris (faute d’une organisation de type de celle utilisée le 16 janvier 1994 - où nous étions environ 1 million contre la volonté de Bayrou et Balladur de renforcer l’inique loi Falloux de 1850 - avec la location de trains entiers organisée par les structures nationales syndicales et une mobilisation sur plusieurs mois !)

   Il faut en finir avec l’idée des socialistes grecs, portugais, espagnols, italiens et français selon laquelle on peut lutter contre l’austérité et la récession avec le processus européen actuel. Mais il ne suffit pas de se plaindre sur un mur des Lamentations virtuel pour changer les choses. Nous rappelons l’analyse que vous avez pu lire dans les éditos de Respublica du printemps dernier, à savoir que les élections montraient tout d’abord que la droite et l’extrême droite se sont renforcées et que François Hollande ne devait le succès qu’à la division de la droite qui n’a pu être rassemblée par Nicolas Sarkozy. Telle est la réalité des abstentions au deuxième tour de la présidentielle. Nous avons aussi souligné à propos de ces élections les phénomènes de gentrification (exode des couches populaires vers les zones périurbaines et rurales principalement, venant des villes-centres, mais aussi de la banlieue) et d’homogénéisation des quartiers, qui n’ont été pris en compte ni par la gauche ordolibérale ni par la gauche de gauche.

   Ces élections montrent aussi que la gauche de gauche n’a que timidement démarré sa reconquête des couches populaires (53 % de la population active) alors que c’est sa seule possibilité de développement. Mais aussi que la capacité d’influence des responsables et militants de la gauche de gauche auprès de leur environnement de proximité est faible, ce qui explique la faiblesse du ratio législative/présidentielle et la déception au vu des résultats comparés aux rassemblements en meetings. Tout cela, nous l’avons déjà écrit, mais il faut se le rappeler sans cesse ! (...)


***

"Quoi, mon chapeau?
Vous n'en avez pas marre, non?
Comment? Ah, cette fois c'est mon lorgnon...
Vous riez d'un rien, mon pauvre vieux..."

unknown

***

"A notre époque, c'est au gros qui tâche
qu'on se dopait... Ça avait une autre gueule, non?"

Armstrong accusé du programme de dopage 
"le plus sophistiqué jamais vu"
(surtout pendant qu'il était en activité
parce que les professionnels
regardaient ailleurs?)

   (...) Lance Armstrong, septuple vainqueur du tour de France, et l'équipe cycliste US Postal avaient "monté le programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l'histoire du sport", a accusé mercredi l'Agence américaine antidopage (Usada) dans un communiqué.

   Dans ce texte, signé par son directeur, Travis T. Tygart, l'Usada n'épargne pas le coureur texan, multiple vainqueur de la Grande Boucle après avoir vaincu un cancer des testicules et aujourd'hui à la tête de Livestrong, une richissime fondation de lutte contre cette maladie.

   Plus de 1000 pages de documents à l'appui, l'Usada a ainsi parlé de "preuves accablantes" de "l'utilisation, la possession et la distribution par Lance Armstrong de produits améliorant la performance", confirmant "la triste vérité sur la tricherie mise en place par l'US Postal".

   Ces documents, qui devaient être mis intégralement en ligne par l'Usada dans la journée, sur son site internet (www.usada.org), ont été envoyés à l'Union cycliste internationale (UCI), à l'Agence mondiale antidopage (AMA) et à la Fédération internationale de triathlon, le sport dans lequel l'ancien coureur texan s'était reconverti après être descendu de vélo.

   Dénonçant un système monté par "des individus qui se croyaient au-dessus des lois et qui jouent toujours un rôle majeur dans le sport", le patron de l'Usada a notamment précisé avoir obtenu les témoignages sous serment de 26 personnes, "dont 15 coureurs ayant eu connaissance des activités de dopage au sein de l'US Postal".(...)



***
Benoît Barvin

lundi 18 juin 2012

"Le Renard du Petit Prince, n'ayant plus rien à manger, lui lança un oeil en coin...". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"

$$$
Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE SE RIT DE LA TEMPÊTE
MAIS PAS DE LA GRIFFE DU CHAT)

$$$

(Ultime fantasme de l'hystérique féministe américaine:
que l'homme fasse la vaisselle AVEC sa cravate)


$$$

"Ce chapeau ridicule, il me tue...
Et ce cigare... C'est d'un mauvais goût...
Faut vraiment que je me trouve un nouveau job, moi!"


Ces vêtements qui nous tuent...
 Bioaddict

   (...) Le saviez-vous ? Porter un soutien-gorge trop serré favorise les risques de cancer du sein, les sous-vêtements synthétiques sont mis en cause dans l'infertilité chez l'homme, les colorants textiles sont les principaux responsables de la dermatite de contact, les vêtements antitaches peuvent perturber le système endocrinien, les fibres de certains vêtements de sport fatiguent les muscles et sont susceptibles de rendre les athlètes moins performants... (brrr... Tous au Cap d'Agde chez les naturistes!)

   Paru début juin, le livre "Ces vêtements qui nous tuent" du Dr. Anna-Maria Clement et du Dr. Brian Clement attire notre attention sur le probable lien de cause à effet entre les vêtements que nous portons et certains troubles pathologies en perpétuelle augmentation. Il montre les nombreuses manières dont les vêtements synthétiques, les produits chimiques ajoutés aux vêtements, les vêtements trop ajustés et les souliers serrés causent des problèmes de santé aigus.

   On y découvre notamment des études qui montrent que les fibres synthétiques produisent des décharges électrostatiques et que par conséquent, le port de vêtements et de sous-vêtements synthétiques ajustés est une cause d'infertilité chez les hommes.
   On y apprend encore que des particules d'argent appelées nanoargent sont ajoutées à des lignes de vêtements de marque déposée comme agents anti-odeurs, infroissables et antitaches, même si des recherches médicales ont soulevé des doutes sérieux à propos de leurs effets sur la santé humaine.
Lire sur:

$$$

"C'est 7!
- 7 produits dopants?
- Fuck you, bastard!"


Dopage: Lance Armstrong 
sous le coup d'une enquête 
de l'agence américaine antidopage
Le HuffPost/AFP 

   (...) L'Agence américaine antidopage (USADA) a annoncé, mercredi 13 juin, avoir engagé une procédure contre l'ancien coureur cycliste américain Lance Armstrong, qu'elle accuse de s'être dopé dès 1996 et jusqu'à 2011, ce qui pourrait lui faire perdre ses sept victoires dans le Tour de France. (Bon, allez, on a le moral, on y croit un peu...)

   L'USADA a adressé une lettre au septuple vainqueur de la Grande Boucle (1999 à 2005), et à cinq de ses collaborateurs, dont son ancien directeur sportif belge Johan Bruyneel - l'actuel directeur de RadioSchack - et son préparateur italien Michele Ferrari pour les aviser. Une lettre que l'USADA présente comme "la première étape d'une procédure légale qui en compte plusieurs pour violations présumées des règles antidopage en sport". (...)

   (...) Selon le Washington Post, la lettre d'accusation de l'USADA, datée du 12 juin, contient des informations qui n'ont jusque-là jamais été rendues publiques. Pour appuyer ces accusations, l'USADA dit disposer de témoignages d'anciens coéquipiers attestant qu'"Armstrong avait eu recours au dopage à l'EPO, aux transfusions sanguines, à la testostérone, et à la cortisone d'une période allant d'avant 1998 jusqu'à 2005, et qu'il avait auparavant utilisé de l'EPO, de la testostérone et de l'hormone de croissance en 1996". Elle avance aussi que le Laboratoire antidopage de Lausanne avait suspecté la présence d'EPO dans un échantillon urinaire de Lance Armstrong lors du Tour de Suisse 2001. Un contrôle qui aurait été étouffé, selon certains de ses anciens coéquipiers. (des on-dit, des possibilités que... Armstrong est tranquillou pour un certain temps, semble-t-il...) (...)

Lire sur:


$$$

"Ton pays, c'est là-bas!
- Et le tien en face!
- Menteur!
- Menteur toi-même!
- Non, toi! (etc)"

Faut-il boycotter Israël ?
Controverse, par Emmanuel Riondé

   (...) Regards.fr : Sept ans après le lancement de BDS, quel bilan dressez-vous l’un et l’autre de cette campagne de boycott ?

   Dominique Vidal : Nous sommes devant un conflit où si on laisse face à face le pot de terre et le pot de fer, avec l’arbitre américain qui joue dans l’une des équipes, il n’y a pas d’issue. Donc le mouvement de solidarité a la responsabilité de faire en sorte que "la communauté internationale" intervienne ; à la fois l’opinion publique mais aussi les Etats et les gouvernements, pour imposer à Israël l’application du Droit international.

   De ce point de vue, l’idée de BDS est géniale parce qu’elle permet à chaque citoyen dans n’importe quel pays d’intervenir dans le conflit en disant "moi je boycotte les produits des colonies ; je ne veux pas que ma banque investisse dans les colonies ni que l’Ue continue d’importer des produits israéliens", etc. Et cela répond à cette question qui nous est posée dans tous les débats : qu’est ce qu’on peut faire, nous ? Quant au bilan, un tiers des patrons israéliens se disent aujourd’hui préoccupés par le boycott, que ce soit celui des colonies ou celui des produits israéliens. Donc, BDS répond à une vraie question politique et stratégique et son bilan est d’ores et déjà non-négligeable.

   Julien Salingue : Il y avait deux enjeux idéologiques sur cette campagne. Le premier : rappeler que les Palestiniens sont un peuple composé de trois groupes - les Palestiniens des territoires occupés, ceux d’Israël et ceux de l’extérieur - et que leurs droits sont liés et ne peuvent être pensés de manière séparée. Dans l’appel, les trois composantes ont signé et on trouve le rappel de ces trois revendications : le droit à l’égalité pour les Palestiniens d’Israël, le droit à l’autodétermination pour les Palestiniens des territoires occupés et le droit au retour pour les réfugiés. BDS permet donc de rompre avec cette perception assez répandue depuis quelques décennies selon laquelle les Palestiniens sont les habitants de Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem. Le deuxième enjeu, c’est le rapport au Droit. On cesse avec BDS de quémander aux Nations Unies que les droits nationaux des Palestiniens soient satisfaits, pour dire "tant qu’Israël ne respecte pas les droits, il faut le sanctionner". On renverse la logique et on fait bouger les lignes. Cela fait sortir de la réthorique sur les torts partagés et met le curseur sur le fait que Israël ne respecte pas le droit. Point.

   Regards.fr : Ce "renversement de logique" est-il si nouveau au sein du mouvement de solidarité ?

   Dominique Vidal : Ce qui est nouveau c’est l’idée qu’au-delà des missions, des meetings, des conférences, des films, etc. - tout ce que le mouvement devait faire et a su faire -, on peut intervenir comme acteur avec des initiatives telles que BDS ou la flotille. Cela prend de l’ampleur depuis quelques années et s’ajoute à l’isolement croissant de l’Etat d’Israël - confirmé par le vote du Comité des affaires sociales humanitaires et culturelles de l’Assemblée générale à 166 voix contre 5 pour réaffirmer le droit à l’autodétermination des Palestiniens. Avec une campagne comme BDS, des milliers de gens sur le terrain peuvent contribuer à renforcer l’étau régional et international qui existe aujourd’hui autour des dirigeants israéliens.

   Julien Salingue : Dire aux gens "battez vous pour l’application des résolutions des Nations-Unies !", c’est assez désarmant. Leur dire "battez-vous pour sanctionner l’Etat qui ne respecte pas ces résolutions !", cela ouvre plus de possibles... Parce que dans sa vie quotidienne, il est plus facile d’agir pour sanctionner l’Etat d’Israël que pour faire appliquer une résolution des Nations-unies ! (...)

Lire l'entrevue sur:

$$$
Luc Desle