Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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lundi 29 décembre 2014

"Ce mignon ustensile qu'utilisait avec maestria le Bourreau s'appelait un scalpel". Jacques Damboise in "Pensées coïncidentes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA PAIX SÉPARE 
LE BON GRAIN DE L'IVRAIE)

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("Ceci est la Révolution au quotidien", 
pensa Martine avec fierté)



Leçon de stratégie politique 
à l’usage de ceux qui veulent changer le monde


   (...) Je sais pertinemment que la clé pour comprendre l’histoire des cinq siècles passés est l’émergence de catégories sociales spécifiques, appelées “classes”. Laissez-moi vous raconter une anecdote. Quand le mouvement des Indignés a commencé, sur la place de la Puerta del Sol, des étudiants de mon département, le département de sciences politiques de l’Université Complutense de Madrid, des étudiants très politisés (ils avaient lu Karl Marx et Lénine) se confrontaient pour la première fois de leur vie à des gens normaux.

   Ils étaient désespérés : “Ils ne comprennent rien ! On leur dit qu’ils font partie de la classe ouvrière, même s’ils ne le savent pas !” Les gens les regardaient comme s’ils venaient d’une autre planète. Et les étudiants rentraient à la maison, dépités, se lamentant : “ils ne comprennent rien”.

   [A eux je dis], “Ne voyez-vous pas que le problème, c’est vous? Que la politique n’a rien à voir avec le fait d’avoir raison ?” Vous pouvez avoir la meilleure analyse du monde, comprendre les processus politiques qui se sont déroulés depuis le seizième siècle, savoir que le matérialisme historique est la clé de la compréhension des mécanismes sociaux, et vous allez en faire quoi, le hurler aux gens ? “Vous faites partie de la classe ouvrière, et vous n’êtes même pas au courant !”

   L’ennemi ne cherche rien d’autre qu’à se moquer de vous. Vous pouvez porter un tee-shirt avec la faucille et le marteau. Vous pouvez même porter un grand drapeau, puis rentrer chez vous avec le drapeau, tout ça pendant que l’ennemi se rit de vous. Parce que les gens, les travailleurs, ils préfèrent l’ennemi plutôt que vous. Ils croient à ce qu’il dit. Ils le comprennent quand il parle. Ils ne vous comprennent pas, vous. Et peut-être que c’est vous qui avez raison ! Vous pourrez demander à vos enfants d’écrire ça sur votre tombe : “il a toujours eu raison – mais personne ne le sut jamais”.

   En étudiant les mouvements de transformation qui ont réussi par le passé, on se rend compte que la clé du succès est l’établissement d’une certaine identification entre votre analyse et ce que pense la majorité. Et c’est très dur. Cela implique de dépasser ses contradictions.

   Croyez-vous que j’aie un problème idéologique avec l’organisation d’une grève spontanée de 48 ou même de 72 heures ? Pas le moins du monde ! Le problème est que l’organisation d’une grève n’a rien à voir avec combien vous ou moi la voulons. Cela a à voir avec la force de l’union, et vous comme moi y sommes insignifiants.

   Vous et moi, on peut souhaiter que la terre soit un paradis pour l’humanité. On peut souhaiter tout ce qu’on veut, et l’écrire sur des tee-shirts. Mais la politique a à voir avec la force, pas avec nos souhaits ni avec ce qu’on dit en assemblées générales. Dans ce pays il n’y a que deux syndicats qui ont la possibilité d’organiser une grève générale : le CCOO et l’UGT. Est-ce que cette idée me plaît ? Non. Mais c’est la réalité, et organiser une grève générale, c’est dur.

   J’ai tenu des piquets de grève devant des stations d’autobus à Madrid. Les gens qui passaient là-bas, à l’aube, vous savez où ils allaient ? Au boulot. C’étaient pas des jaunes. Mais ils se seraient faits virer de leur travail, parce qu’à leur travail il n’y avait pas de syndicat pour les défendre. Parce que les travailleurs qui peuvent se défendre ont des syndicats puissants. Mais les jeunes qui travaillent dans des centres d’appel, ou comme livreurs de pizzas, ou dans la vente, eux ne peuvent pas se défendre.

   Ils vont se faire virer le jour qui suivra la fin de la grève, et ni vous ni moi ne serons là, et aucun syndicat ne pourra garantir qu’ils pourront parler en tête-à-tête avec le patron et dire : “vous feriez mieux de ne pas virer cet employé pour avoir exercé son droit de grève, parce que vous allez le payer”. Ce genre de choses n’existe pas, peu importe notre enthousiasme.

   La politique, ça n’est pas ce que vous ou moi voudrions qu’elle soit. Elle est ce qu’elle est, terrible. Terrible. Et c’est pourquoi nous devons parler d’unité populaire, et faire preuve d’humilité. Parfois il faut parler à des gens qui n’aiment pas notre façon de parler, chez qui les concepts qu’on utilise d’habitude ne résonnent pas. Qu’est-ce que cela nous apprend ? Que nous nous faisons avoir depuis des années. Le fait qu’on perde, à chaque fois, implique une seule chose : que le “sens commun” des gens est différent de ce que nous pensons être juste. Mais ça n’est pas nouveau. Les révolutionnaires l’ont toujours su. La clé est de réussir à faire aller le “sens commun” vers le changement.

   César Rendueles, un mec très intelligent, dit que la plupart des gens sont contre le capitalisme, mais ne le savent pas. La plupart des gens sont féministes et n’ont pas lu Judith Butler ni Simone de Beauvoir. Il y a plus de potentiel de transformation sociale chez un papa qui fait la vaisselle ou qui joue avec sa fille, ou chez un grand-père qui explique à son petit-fils qu’il faut partager les jouets, que dans tous les drapeaux rouges que vous pouvez apporter à une manif. Et si nous ne parvenons pas à comprendre que toutes ces choses peuvent servir de trait d’union, l’ennemi continuera à se moquer de nous.

   C’est comme ça que l’ennemi nous veut : petits, parlant une langue que personne ne comprend, minoritaires, cachés derrière nos symboles habituels. Ca lui fait plaisir, à l’ennemi, car il sait qu’aussi longtemps que nous ressemblerons à cela, nous ne représenterons aucun danger.

   Nous pouvons avoir un discours très radical, dire que nous voulons faire une grève générale spontanée, parler de prendre les armes, brandir des symboles, tenir haut des portraits de grands révolutionnaires à nos manifestations – ça fait plaisir à l’ennemi ! Il se moque de nous ! Mais quand on commence à rassembler des centaines, des milliers de personnes, quand on commence à convaincre la majorité, même ceux qui ont voté pour l’ennemi avant, c’est là qu’ils commencent à avoir peur. Et c’est ça qu’on appelle la politique. C’est ce que nous devons apprendre.

   Il y avait un gars qui parlait de Soviets en 1905. Il y avait ce chauve, là. Un génie. Il comprit l’analyse concrète de la situation. En temps de guerre, en 1917, en Russie, quand le régime s’effondra, il dit une chose très simple aux Russes, qu’ils soient soldats, paysans ou travailleurs. Il leur dit “pain et paix”.

   Et quand il dit ces mots, “pain et paix”, qui était ce que tout le monde voulait (la fin de la guerre et de quoi manger), de nombreux Russes qui ne savaient plus s’ils étaient “de gauche” ou “de droite”, mais qui savaient qu’ils avaient faim, dirent : “le chauve a raison”. Et le chauve fit très bien. Il ne parla pas au peuple de “matérialisme dialectique”, il leur parla de “pain et de paix”. Voilà l’une des principales leçons du XXe siècle.

   Il est ridicule de vouloir transformer la société en imitant l’histoire, en imitant des symboles. Les expériences d’autres pays, les événements qui appartiennent à l’histoire ne se répètent pas. La clé c’est d’analyser les processus, de tirer les leçons de l’histoire. Et de comprendre qu’à chaque moment de l’histoire, si le “pain et paix” que l’on prononce n’est pas connecté avec les sentiments et les pensées des gens, on ne fera que répéter, comme une farce, une tragique victoire du passé.

L’intervention (traduite ci-dessus) est disponible en version originale ici :https://www.youtube.com/watch?v=6-T5ye_z5i0&feature=youtu.be

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(Les portes du Futur mettaient du temps à s'ouvrir)



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Luc Desle

jeudi 27 novembre 2014

"Cette tête de gondole vénitienne me fit penser à l'étrange bobine de ma Belle-Mère". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(FAIS DE TA MORT
UN HYMNE A LA VIE)

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(Très aimablement ce panda me désignait
l'endroit exact où je devais tirer)



Balazs Solti

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(Ce village fantôme, près d'une banale centrale,

ne trouvait toujours pas preneur)



Village fantôme de pirou - Cotentin
vos-photos.eu

En Espagne, des villages entiers 
pour le prix de places de parking


   Posé sur un plateau à la maigre végétation, le hameau ne porte pas de nom. Une enfilade de maisons en ruine, une carcasse d’église, les moignons d’un édifice public, des morceaux de pierre disséminés, le tout envahi par des herbes folles. Pas une âme ne rôde. Nous sommes à 72 kilomètres de Madrid, non loin du fameux monastère d’El Escorial, au nord de la capitale. Dans le village voisin de Peguerinos, la municipalité explique que ce lieu-dit est à vendre : «23 parcelles réparties sur 4 144 m2. Prix : 900 000 euros négociables.» Des acquéreurs potentiels se sont manifestés, assure-t-on, mais pour l’instant, l’affaire n’a pu être conclue. «Cela reste cher, estime un patron de bar, surtout pour un endroit aussi désolé. Mais je suis sûr que ce serait un très bon placement. Les gens en ont assez des villes. Les campagnes, c’est l’avenir.»

   (...) Des annonces de ce type sont à la mode en Espagne, où une grosse centaine de villages abandonnés se proposent au plus offrant. Le portail qui domine le secteur, Aldeasabandonadas.com, parle d’un boom. «Depuis le début de l’année, nous recevons une très forte demande, nous sommes saturés par les mails», assure le directeur, Rafael Canales. Depuis 2011, les achats-ventes de villages à l’abandon ont augmenté de 23%, notamment en Galice, aux Asturies, en Castille-et-León, en Aragon ou en Navarre. Les gens intéressés sont des Espagnols, mais surtout des étrangers, en majorité allemands, suisses, chinois, américains, mexicains ou russes. On y trouve des retraités, des urbains en mal de campagne qui s’adonnent au télétravail, des couples voulant ouvrir une maison rurale, ou, principalement, des investisseurs. 

   Il faut dire que les médias de ces pays font grand bruit sur ce qui est présenté comme une juteuse affaire. «Un village espagnol pour le prix d’un appartement», vante par exemple la BBC. Ce n’est pas faux : si des localités pleines de charme sont proposées pour 2 à 3 millions d’euros, la plupart sont bien meilleur marché - la moins onéreuse, dans la province galicienne de Lugo, ne coûte pas plus de 60 000 euros, soit le prix d’une place de garage à Madrid. Ailleurs, d’autres se braderaient pour 20 000 à 30 000 euros.

   Mais si l’intérêt porté est croissant, l’opacité du secteur ne permet pas de savoir si beaucoup de tractations vont à leur terme. Les résistances semblent importantes : difficulté d’accès au crédit bancaire, absence de titres de propriété en bonne et due forme, lenteurs administratives, impossibilité d’acheter des villages en entier… A l’inverse, la presse locale s’est fait l’écho de l’histoire d’un couple d’Anglais qui, pour 125 000 euros, a pu s’adjuger un village de la vallée d’Eo, à Pontenova, en Galice - soit quatre maisons sur un hectare.

   (...) Il s’agirait d’une «mine d’or», assure Manuel Amat, patron de l’agence Rusticas Particulares. A l’en croire, sous l’effet de la crise et du besoin d’argent frais, beaucoup de propriétaires veulent vendre au plus vite et sont disposés à négocier.«Le futur de ce négoce est très prometteur, affirme Mark Atkinson, qui a mis en vente une demi-douzaine de villages. Quand les investisseurs se décideront à franchir le pas, ils verront qu’il est juteux de posséder des bleds charmants, au milieu de beaux paysages. Je crains même une dynamique spéculative.»

   (...) Quelque 3 000 bourgades inhabitées sont réparties sur le territoire, et autant dans les prochaines années. Un des records en Europe. Sur le continent, l’Espagne serait à part. «Notre modèle de développement depuis les années 60 s’est concentré sur quatre à cinq villes et leurs agglomérations, analyse l’écrivain Julio Llamazares. Cela a condamné le milieu rural à l’abandon. Ailleurs, en Europe, on a promu un équilibre géographique entre zones riches et pauvres. Ici, la modernité et le progrès ont été associés au mépris pour la ruralité. On en paie le prix.»

   Avec la crise, le vent a tourné. Des laissés pour compte jetés au chômage ou des urbains fatigués de la ville rêvent d’un retour à la campagne. «Les initiatives se multiplient, le village peut être aussi bien un mode de vie différent qu’un bon investissement», assure Juan Carlos Aguilar, d’Abraza la Tierra, organisme qui aide de jeunes entrepreneurs à s’installer hors des villes. «La situation va être bouleversée, poursuit Julio Llamazares. Des villages vont se transformer en centres de vacances, d’autres en territoires de chasse ou en lieux de spéculation. Il est triste de voir que la plupart de ces initiatives viennent de l’étranger.»


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(Cette mésange avait pris la tête de Mathilda
pour perchoir et plus, si affinités)


Rudy Faber

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Luc Desle

mercredi 26 novembre 2014

"Il écrivait de banales histoires de Morts-Vivants, ce Mort-Vivant". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TU N'ES PAS LE PORTE-PAROLE
DU MAÎTRE)

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José Simont Guillèn 

   Peintre et dessinateur d’origine espagnole, José Simont Guillèn a été un des principaux collaborateurs de l’Illustration, entre la Belle Epoque et les années 1940. José Simont, né à Barcelone, le 30 septembre 1875, passe son enfance puis son adolescence à Valladolid, à Valence, à Alcala de Henares, à Madrid et, enfin, à La Corogne. Des changements de résidences qui s’expliquent par le métier de son père qui était sellier bourrelier pour l’armée, ce qui l’amenait à travailler pour divers régiments. Très tôt, José Simont démontre qu’il a une réelle vocation artistique. Une fois acquises ses premières connaissances à La Corogne, sous la houlette du professeur Ramon Navarro, il retourne dans sa Barcelone natale. 

   Après examen par Ramon Marti Alsina, il entre à la Escuela de la Lonja, l’académie que dirigeait le fils de ce dernier, Ricardo Marti, lequel était par ailleurs peintre. Elève préféré de Marti en raison de ses talents, José Simont considère, au bout de quelques années, que pour progresser il doit se rendre à Paris, ce qu’il fait durant l’hiver 1898. Il a alors vingt-trois ans. Les premiers mois parisiens sont des plus difficiles, mais il parvient assez rapidement à vendre des dessins à une publication pour enfants, intitulée Noël. Elle appartenait à La Maison de la Bonne presse, l’importante entreprise de presse catholique, qui publiait le journal La Croix et d’autres titres. Dans leurs pages, Simont donne la preuve de ses qualités et il commence à se faire un nom, dans le petit monde des dessinateurs de presse. 

   Il est recruté par Le Monde Illustré, alors concurrent de L’Illustration, qui le charge de couvrir, en tant que reporter et dessinateur, les grands événements de l’époque. L’exposition universelle de 1900 lui permet de mettre en valeur ses dessins, qui ne manquent pas d’attirer l’attention de L’Illustration.C’est Lucien Marc qui fait appel à lui en 1901. On lui propose un contrat inespéré : dessiner pour la revue, en exclusivité, pour 15.000 francs par an, exception faite des voyages et repas. Une proposition fabuleuse, à une époque où les journaux se vendaient 5 centimes et où les linotypistes, les ouvriers les plus qualifiés dans les imprimeries, gagnaient 10 francs par jour.

   Dès lors, José Simont se retrouve confronté aux grands événements du monde. Il se rend ainsi à La Martinique pour retranscrire par l’image le désastre provoqué par l’éruption volcanique de 1902. Il immortalisera sous son crayon la conférence d’Algésiras en 1906, tout en donnant un panorama des grandes fêtes, ainsi que des événéments les plus variés, qu’ils se déroulent à Paris, à Londres ou à Berlin. La Grande guerre fait de lui le chroniqueur de ses horreurs, avec toujours un certain sens de l’humanité, qui tendait à exalter les vertus humaines. Ses talents lui vaudront aussi de collaborer, par la suite, à d’autres grandes revues illustrées européennes, comme The Illustrated London News et la Berliner Illustrierte Zeitung.

   En 1921, alors qu’il n’était de passage à New York que pour quelques mois, il signe un contrat fabuleux avec la revue Collier’s qui lui assurait 10.000 dollars par an. Il devient le dessinateur attitré de la haute société nord américaine et il le restera jusqu’en 1932. De retour à Paris, il est à nouveau bien accueilli et l’Etat français le distingue même en lui décernant la légion d’honneur, pour mérites et services rendus durant la Grande guerre. Il réintègre l’équipe de dessinateurs de l’Illustration. Même s’il semble que rien n’a changé pour lui, l’éclatement de la guerre civile espagnole va l’affecter profondément. Il s’inquiète beaucoup du sort de toute sa parenté restée outre Pyrénées, d’autant qu’il avait toujours su maintenir des relations affectueuse avec sa famille qui résidait à Madrid et à Barcelone. 

   Au moment de l’Exode, entre juin et septembre 1940, il suit l’équipe du journal qui se replie à Bordeaux puis à Clermont-Ferrand. On retrouve plusieurs de ses compositions dans les éditions de Bordeaux et de Clermont-Ferrand, dont la fameuse séance du 10 juillet 1940 au casino de Vichy. Avec André Galland, autre grand dessinateur de la maison, il compose les unes des numéros parus entre le 22 juin 1940 et le 14 septembre. 

   Le tout premier numéro de Bordeaux affiche « Le maréchal Pétain, président du conseil ». Dans le suivant, il retranscrit « Le deuil national », après la cérémonie tenue en la cathédrale Saint-André de Bordeaux. Une semaine plus tard, on peut découvrir sa fameuse image du vieux jardinier, appelant les Français « Au travail ». Certains y verront, non sans quelques raisons, l’image du maréchal Pétain. Le 27 juillet, il célèbre, toujours en couverture « L’école pour la patrie », avec les enfants rassemblés autour de leur instituteur. 

   De l’école, il sera encore question dans l’ultime numéro de Clermont-Ferrand, paru le 14 septembre. Il s’agit d’illustrer la première rentrée scolaire d’après la défaite. On y voit des élèves attentifs aux paroles de leur instituteur qui a pris soin d’inscrire la formule du maréchal Pétain : « Je fais à la France le don de ma personne ». Dans la même série des numéros de l’exode, à formats réduits, on retrouve également sa signature dans les pages intérieures, ses compositions alternant avec celles d’André Galland. 

   Par ses dessins, José Simont se situe dans l’air du temps : comme la plupart des collaborateurs de l’Illustration, il veut « croire » dans le chef de l’Etat Français. C’est d’ailleurs lui qui réalisera le portrait en couleur du maréchal Pétain en uniforme, pour lequel l’Illustration avait ouvert une souscription dans son numéro du 10 mai 1941. Il s’agissait d’un portrait en quadrichromie (670 X 440 mm), proposé au prix de 15 francs. En visite au stand de l’Illustration, à la Foire de Lyon en octobre 1941, le chef de l’Etat français ne manquera pas de saluer l’équipe de l’hebdomadaire. 

   José Simont se détachera progressivement des questions de politique et il passera les dernières années d’occupation comme simple réfugié à Lyon, où il organise quelques expositions, en même temps qu’il réalise des portraits pour honorer des commandes. On lui doit ainsi un portrait de Denis Baschet, fils de Louis Baschet.

   En 1947, à 72 ans, mais avec un esprit et une vigueur créatrice toujours intacts, José Simont retourne en Espagne. Il réside à Barcelone où il organise deux expositions, d’abord à la Galerie Syra, en 1951 et en 1958, puis à Madrid. Dans la capitale, il participe au Salon national du dessin, au cours duquel on lui remettrale crayon d’or. Des dessinateurs madrilènes lui feront obtenir la Croix d’Alphonse X, le Sage. Par la suite, en 1962, à la demande d’une de ses filles qui vivait à Caracas, il se rend au Venezuela et c’est là qu’il vit des dernières années, en compagnie de son épouse, après avoir rendu visite à son fils et à son autre fille qui résidaient aux Etats-Unis. 

   Dans une lettre adressée à un ami journaliste, publiée en avril 1966, par le quotidien espagnol ABC, il disait que malgré son grand âge, il "dessinait continuellement" parce que, s'il ne le faisait pas, "il se considérerait comme mort". José Simont devait disparaître le 19 novembre 1968, à l’âge de 93 ans.


***

"Comment ça, ma Charlotte aux fraises 
aurait un goût de pommes?!
- Ahahaha...
- Oh, cela suffit comme ça, ma fille. 
Allez plutôt voir si j'y suis en cuisine!"


***

"Vous croyez vraiment, Gladys, que les assiettes
poussent sur le sol?
- Ahahaha...
- C'est vilain, Monsieur, de se moquer ainsi"


***

"Et Blablabla, je lui dis que...
- A ce moment, le Général se retourne et...
- Une robe mal repassée, très chère, comme je vous le dis...
- Bon Dieu, comme je me fais ch..."


(Soudain, un silence de mort pesa sur la pièce...)

***

"Médème la Vicomtesse, je...
- Madame la Duchesse!
- Médème la Duchesse Hautbois, je...
- Madame la Duchesse Dubois!
- Médème vous êtes sûre?
Là j'ai tout juste, n'est-ce pas?
- Hihihihi..."


(Henri Delaglandière n'en ratait pas une)


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Blanche Baptiste

mardi 22 juillet 2014

"Son enfant intérieur ne mettait jamais le nez dehors". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE TEMPS EST 
UN FLEUVE SANS FIN)

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(La danseuse au bas laid attendant
d'entrer en scène)



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(Cubaines tâtant le pouls d'Haïti)



L’amnésie de Mauricio Vicent (El Pais) : 
pas un mot de la solidarité de Cuba en Haïti !

José Manzaneda 
coordinateur de Cubainformation.

(traduction Françoise Lopez)

   (...) Plus de 3 millions de personnes de 34 pays - principalement d’Amérique Latine - ont été opérés de la vue ces 10 dernières années grâce à ce qu’on appelle l’Opération Miracle, un programme de solidarité des Gouvernements de cuba et du Venezuela. Trois millions de personnes sans ressources pour payer une opération qui aujourd’hui - dans leur majorité - seraient aveugles.

   L’information est spectaculaire. Mais plus spectaculaire est le fait ... qu’il n’y ait cette information dans aucun média international. C’est la censure implacable de toute information positive sur Cuba ou sur le Venezuela.

   Celle qu’applique, par exemple, le journal espagnol El Pais. Récemment, ce journal a publié une série de 10 chroniques et reportages photos sur la coopération internationale en Haïti, signés par Maricio Vicent. Curieusement, celui qui, pour avoir été le correspondant à La Havane pendant 20 ans, connaît à la perfection le rôle solidaire de Cuba en Haïti ne mentionne pas une seule fois Cuba dans les 10 travaux cités.

   Souvenons-nous que chaque chronique de Mauricio Vicent depuis La Havane était une pique contre le Gouvernement cubain que, systématiquement, il rendait responsable de tout problème économique et social dans le pays. Dans ses chroniques sur Haïti, au contraire, les calamités sociales dont il informe ne sont de la responsabilité ni des gouvernements ni du système (capitaliste) ni du modèle économique néolibéral et néocolonial imposé pendant des décennies.

   Vincent compare les très bas indices de développement humain en Haïti avec ceux de la République Dominicaine mais pas avec ceux de Cuba. Il qualifie le taux de mortalité infantile en Haïti de "scandaleux" : 70 pour 1 000 naissances vivantes face aux 21,3 de la République Dominicaine. Il ne mentionne pas, bien sûr, les 4,2 de Cuba, le pays dont il a calomnié le système politique et social pendant des années : un taux 17 fois plus bas que celui d’Haïti, 5 fois plus bas que celui de la République Dominicaine et même inférieur à celui des Etats-Unis et du Canada.

   El Pais encense le travail an Haïti - sans doute positif - de Médecins du Monde, de Foi y Joie et des Frères de la Charité. Mais de la gigantesque solidarité de Cuba, pas un mot. Et il censure des données qui mériteraient sans doute une large couverture dans l’information internationale. Par exemple :

   - Depuis 1998, plus de 11 000 coopérants cubains sont passés par Haïti, en majorité des médecins. Ils ont soigné plus de 20 millions de patients, 680 000 dans leur propre logement. ils ont réalisé plus de 373 000 interventions chirurgicales et 150 000 accouchements, sauvant la vie de plus de 300 000 personnes, 322 000 ont été soignées dans des centres de rééducation et plus de 60 000 ont été opérés de la vue. Aujourd’hui, il reste en Haïti près de 700 coopérants.

   - Cette solidarité cubaine s’étend aussi à l’éducation. Plus de 250 000 personnes ont été alphabétisées en Haïti avec des programmes cubains et près de 1 300 étudiants ont été diplômés dans les universités de l’Ile avec des bourses du Gouvernement cubain. Actuellement, 322 y étudient, en majorité à l’Ecole Latino-américaine de Médecine, qui prépare les étudiants haïtiens à ensuite se rendre dans les endroits de leur pays qui en ont le plus besoin.

   - Les accords de ce qu’on appelle la coopération triangulaire Sud-Sud entre pays d’Amérique Latine sont également invisibles dans les médias. Par exemple, le Brésil a financé 3 centres hospitaliers en Haïti, où les soins sont donnés par le coopération médicale cubaine. Un d’entre eux est l’Institut de Rééducation qui a servi à plus d’un million de personnes atteintes de handicaps physiques. Et plus de 30 hôpitaux communautaires sont rénovés ou construits grâce à la collaboration solidaire du Venezuela et de Cuba.

   Mais pas une seule de ces données ne sont apparues dans les plus de 10 chroniques sur l’aide internationale en Haïti signées par l’ex correspondant d’El Pais à Cuba, Mauricio Vicent, aujourd’hui atteint, semble-t-il, par une préoccupante amnésie passagère.


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Luc Desle

lundi 2 juin 2014

"Pour souffrir plus commodément, ce masochiste mettait des ongles sur les pointes de bambous glissées dans ses doigts". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(SENS-TU CE FRÉMISSEMENT D'AMOUR?)

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(La Femme-mouche venait de mettre

au monde un petit bébé,
aux ailes encore frémissantes)



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(Jeanne entendit des voix étrangères

lui ordonner de bouter le 
libéralisme hors de la planète)


merveilleuse-vie-jeanne-d-arc

Amis, l’entendez-vous ?

Olga Rodriguez

(El Diario)
Traduit de l’espagnol par Irisinda

   (...) Ces dernières années un coup d’état silencieux, idéologique et économique a eu lieu faisant les délices d’un pouvoir financier insatiable. Il nous faut donc montrer du doigt les responsables, et demander la coopération, comme le fit Cortazar depuis l’exil, en criant « ami, l’entends-tu ? »

   Dans un article publié en 1975, Julio Cortazar évoquait Caton le vieux et son exigence qui terminait tous ses discours au Sénat Romain pendant les dernières années des Guerres Puniques par Delenda est Cartago (Carthage doit être détruite), pour réclamer l’invasion de Carthage. Avec cet exemple, Cortazar revendiquait une insistance similaire contre le dictateur chilien Augusto Pinochet.

   « Je suis éveillé à ce qui m’entoure et pour cela, une fois de plus, Delenda est Pinochet. (…). Un écrivain latino-américain a l’obligation d’être Caton, et de répéter jusqu’à n’en plus pouvoir : Delenda est Pinochet ». C’étaient des temps de répression et d’infamie au Chili, mais les grands secteurs, satisfaits des mesures économiques néolibérales mises en place par le dictateur, regardaient de l’autre côté.

   A la même époque, l’Argentine vivait aussi des jours de terreur, mais cela n’a pas importé à l’heure de célébrer le Mondial de football sur le sol Argentin en 1978. Dans les pays latino-américains, les vols de la mort, les décharges électriques, les vols d’enfants, les tortures, les assassinats et les disparitions se mélangèrent avec les festivités dans le stade de football avec des bravos et des goals.

   Une grande partie des pays occidentaux regardèrent aussi de l’autre côté sans que leur importent l’horreur et les violations systématiques des droits de l’homme qui étaient commises dans ces pays. Par leur participation au Mondial, ils légitimèrent la dictature Argentine, bien plus de ce que certains (les Etats-Unis en tête) l’avaient fait jusqu’alors. Plusieurs exilés argentins installés en France organisèrent une campagne de prise de conscience, sous le titre « ami l’entends-tu ? », que Cortazar avait propagé dans ses articles.

    Je reviens au présent. En Espagne il y a de familles dont tous les membres sont au chômage de longue durée et n’ont pas un seul euro de revenu, aucune aide ni pension. Il y a des foyers menacés d’expulsion, et des gens (beaucoup) qui ont déjà dû quitter leurs maisons, dépossédés de leur droit à un logement digne. En même temps on paie avec l’argent public la dette des banques et le gouvernement trouve que construire au roi un pavillon de chasse de 3,4 millions d’euros est « d’intérêt général ».

    Il y a des hommes politiques et des hommes d’affaires qui ont des comptes dans des paradis fiscaux pour échapper aux impôts, pendant que les gens paient les leurs et que la TVA et l’impôt sur le revenu augmentent. Il y a des logements avec des frigidaires vides, où les familles se couchent en même temps que le soleil pour pouvoir payer le chauffage à la fin du mois. En même temps, le gouvernement va dépenser 4 millions d’euros pour faire la publicité du nouveau mode de facturation de l’électricité. En toute logique.

   Les pensions baisseront de trois points de pouvoir d’achat, c’est à dire 3 milliards d’euros approximativement jusqu’en 2017. Les salaires sont gelés, on fait des coupes dans les services et les aides publics, on privatise les entreprises et les hôpitaux publics construits avec l’argent de tous, la pauvreté et l’inégalité augmentent.

   On licencie des gens pour en embaucher d’autres à moindre frais, on exproprie des terrasses pour installer des antennes téléphoniques mais on interdit l’expropriation des maisons appartenant aux banques pour les donner au gens qui n’ont pas de toit, on vend aux fonds vautours les logements sociaux, on socialise les pertes et on privatise les gains.

   Les lobbys nous gouvernent sans se présenter aux élections et donnent des tapes dans le dos de Rajoy parce qu’il a si bien accompli ses devoirs, « et qu’il fait tout si bien », comme l’a dit Botin. Alors que le chômage des jeunes est de 56 % et que des milliers de jeunes préparés, formés, décidés, sont obligés à émigrer ou à revenir vivre chez leurs parents.

   Ces dernières années un coup d’état silencieux, idéologique et économique a eu lieu faisant les délices d’un pouvoir financier insatiable qui, si on ne le freine pas, sera capable de phagocyter tout ce qu’il trouve sur son chemin. Pour cela même, nous devons signaler les responsables de ce saccage. Il faut les photographier et expliquer les bénéfices qu’ils font en dépossédant les gens de leurs droits.

   L’heure est venue de crier bien fort : « amis, les entendez-vous ». Entendez-vous les mères qui ne peuvent pas subvenir aux besoins de leurs enfants ? Entendez-vous les couples condamnés à vivre sous le même toit bien qu’ils ne le veulent plus, parce qu’ils ne peuvent pas faire face aux frais d’une séparation ? Entendez-vous les personnes expulsées de leurs maisons et celles menacées de l’être ? Entendez-vous ces chômeurs de longue durée à qui le système n’offre rien d’autre que de l’humiliation ?

   Entendez-vous ceux qui travaillent au moins 10 heures par jour et ne gagnent même pas 800 euros par mois ? Entendez-vous pendant ce temps la nuée d’argent accumulé dans les valises des grandes fortunes ? Entendez-vous l’inégalité des opportunités? Entendez-vous les avantages des plus riches pour payer moins d’impôts ? Entendez-vous les mensonges que l’on nous débite ? L’entendez-vous, amis ? Ou préférez-vous continuer à l’ignorer ?

   L’heure est venue du Delenda est que criait Cortazar depuis son exil. L’inégalité et la pauvreté ne sont pas des catastrophes naturelles qui tombent du ciel par châtiment divin. Derrière elles il y a des responsables et ils doivent être signalés dans les urnes et dans la rue, par la protestation, la dénonciation, et par le vote. L’heure est venue de dire, face à eux, Delenda est cette grande exaction. Delenda est. Ça suffit comme ça. Ça suffit.


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(Cette nouvelle mode des hommes voilés
n'eut aucun succès)


Italian Monk Wearing a Funeral Mask 1892

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Luc Desle

mardi 10 décembre 2013

"Cette femme choisissait ses amants en les faisant renifler par son dogue allemand". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(POURQUOI PASSER SON TEMPS
A LE PERDRE OU A LE GAGNER?)

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(Le rocher mangeur de nymphes en pleine action)


aurorechauve: · Camille Vivier ·

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"500 000 ans! Je suis si vieux que ça?
- Pas toi... Seulement certains des bouts
 qui ont servi à te fabriquer..."

Frankenstein


L'ADN d'un humain 
vieux de 400.000 ans reconstitué
Edité par B.L. avec AFP

   (...) C'est un exploit sans précédent. L'ADN d'un être humain vieux de 400.000 ans a été reconstitué à partir d'un os découvert dans une grotte espagnole. Un résultat qui pourrait permettre de remonter suffisamment dans le temps pour suivre les traces de nos ancêtres.

   Le plus ancien génome humain séquencé jusqu'alors était âgé de "seulement" 70.000 à 80.000 ans: il appartenait à une fillette membre d'un groupe d'hominidés primitifs, les "Hommes de Denisova", proches cousins de Neandertal et de l'humain moderne, qui ont transmis certains de leurs gènes aux habitants actuels de l'Asie du sud-est, en particulier aux Papous.

   L'analyse de l'ADN trouvé dans le Sima de los Huesos (le "gouffre des os" d'Atapuerca, nord de l'Espagne) se révèle justement être lié à celui des Dénisoviens, et non pas des Néandertaliens, dont les squelettes exhumés dans la grotte possèdent pourtant de nombreux traits distinctifs. "Ce résultat inattendu indique que l'origine des Néandertaliens et des humains modernes a suivi une évolution complexe. J'espère que de nouvelles recherches vont pouvoir clarifier les relations génétiques entre les hominidés de Sima de los Huesos d'un côté et les Néandertals et les Dénisoviens de l'autre", souligne dans un communiqué l'un des auteurs de l'étude, Juan-Luis Arsuaga, directeur du Centre pour la recherche sur l'évolution et le comportement humain de Madrid. (...)

   (...) Situé à trente mètres sous la surface, saturé d'humidité et bénéficiant d'une température quasi-constante de 10,6°C, le "gouffre des os" constitue le plus grand gisement de fossiles humains du Pléistocène moyen, vieux de 500.000 à 120.000 ans environ. Outre des ossements d'animaux, il a livré au moins 28 squelettes d'hominidés mis au jour par Juan-Luis Arsuaga et son équipe.

   Ces fossiles humains sont classés par les spécialistes parmi les Homo heidelbergensis, bien qu'ils possèdent aussi des traits typiques des Néandertaliens. Et jamais auparavant les chercheurs n'avaient réussi à exploiter leur ADN, beaucoup trop vieux. Jusqu'à ce que Matthias Meyer et son équipe de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutionniste de Leipzig, en Allemagne, ne développent une nouvelle technique pour exploiter l'ADN ancien fortement détérioré.

   Unissant leurs forces avec Juan-Luis Arsuaga, les experts allemands ont commencé en 2010 par tester, avec succès, leur trouvaille sur des restes d'ours des cavernes trouvés sur le site de Sima de los Huesos, vieux de plus de 300.000 ans. (...) 

   (...) Ils se sont ensuite attaqués aux humains qui gisaient aux côtés de la bête. Grâce à deux grammes de poudre d'os provenant d'un fémur, ils ont pu reconstituer l'ADN de la mitochondrie, "moteur" fournissant l'énergie aux cellules. Principal atout de cet ADN mitochondrial pour les généticiens: il existe en de multiples exemplaires, souvent sous plusieurs formes, et se transmet exclusivement par la lignée maternelle, ce qui est très utile pour retracer l'évolution d'une espèce au fil du temps.

   Il ne restait dès lors plus qu'à comparer cet ADN maternel avec celui des Néandertaliens, des Dénisoviens, des humains modernes et des autres primates. L'absence des mutations les plus récentes dans ce génome a permis d'estimer que l'hominidé avait foulé le sol espagnol voici environ 400.000 ans, indique l'étude, publiée mercredi dans la revue Nature.

   Et s'il partage bien des traits avec les Dénisoviens, "l'homme de Sima" en a divergé quelque 700.000 ans avant notre ère, souligne-t-elle. "Nos résultats montrent que nous pouvons désormais étudier l'ADN de nos ancêtres humains vieux de centaines de milliers d'années. Cela ouvre la voie à l'analyse des gènes des ancêtres des Néandertaliens et des Dénisoviens. C'est incroyablement enthousiasmant", résume Svante Pääbo, directeur de l'Institut Max Planck et mondialement connu pour ses travaux sur la génétique des hominidés. (...)


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(Femme voilée faisant la grève de la marche)



Hans Feurer.

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Benoît Barvin

vendredi 11 octobre 2013

"Dans cette montée, il eut le gosier en pente". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MÉCHANT N'EST PAS TON AMI)

PCC Jacques Damboise

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(Les bluebell's Grasshopper dans leur splendide numéro de claquettes)


Hasan Baglar - Zeybeks

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(Entraînement commando de certains pauvres
pour un futur un peu moins médiocre)



Combien de pauvreté 
pouvons-nous supporter ?
Esther VIVAS

   (...) « Les choses ne peuvent pas être pires ». Combien de fois avons-nous entendu cette phrase ? Nous pensons que plus de pauvreté, plus de précarité, plus de chômage, plus d’expulsions de logement, plus de faim sont impossibles. La réalité, cependant, contredit cette perception.

   Ces dernières années, les chiffres et les visages de la misère n’ont fait qu’augmenter dans l’État espagnol. Aujourd’hui, le nombre de personnes qui vivent en situation de pauvreté extrême se situe déjà à trois millions. Les revenus des familles sont tombés aux niveaux de l’année 2001. L’explication est aussi simple que brutale : les revenus ont diminué de 4% tandis que les prix ont augmenté de 10%. C’est ce qu’indiquent les chiffres fournis par le rapport « Inégalité et droits sociaux. Analyse et perspectives 2013 » élaboré par la Fondation Foessa.

   Les plus touchés sont les plus pauvres parmi les pauvres, ceux qui possèdent le moins. Hier, une personne sans ressources, qui vivait dans la rue, est morte de faim à Séville. D’abord, c’est le chômage, ensuite les difficultés pour boucler les fins de mois, puis on ne sait plus payer l’électricité, l’eau, le loyer ou l’hypothèque et, finalement, la nourriture. La tendance indique que les choses empirent. Selon le rapport de Intermón Oxfam, « Le piège de l’austérité », on estime que pour l’année 2025, le nombre de pauvres dans l’État espagnol pourrait atteindre 8 millions de personnes.

   Il ne s’agit pas seulement d’une crise mais bien des mesures qui sont appliquées pour la résoudre. L’austérité, les coupes, la réduction des aides et des allocations, la privatisation des services publics, l’augmentation de la TVA, tout cela retombe principalement sur les secteurs les plus vulnérables.

   En conséquence, les inégalités sociales augmentent. La différence entre les plus riches et les plus pauvres dans l’État espagnol se situe déjà à 30%, constituant le sommet de l’inégalité en Europe. Cette position se situe même devant les pays les plus durement frappés par la crise, comme la Grèce, et elle n’est dépassée que par des pays comme la Lettonie, la Bulgarie et le Portugal.

   La conclusion est limpide : une petite minorité augmente ses richesses sur le dos de l’appauvrissement de la majorité. La sortie de crise n’est ni impartiale ni idéologiquement neutre ; elle répond aux intérêts d’élites politiques et économiques qui veulent tirer profit – et pas qu’un peu – de cette situation. Notre misère n’est, ni plus ni moins, que leur profit.

   Les choses peuvent-elles être pires ? Malheureusement oui. Les politiques de sortie de crise qui sont actuellement appliquées dans les pays de la périphérie de l’Union européenne sont la copie conforme de celles qui ont été menée à bien dans les pays du Sud. Si on les appelait à l’époque « Programmes d’Ajustement Structurel », aujourd’hui elles reçoivent le nom de « « sauvetage » ». La logique est cependant la même et le résultat est plus que suffisamment connu. Nous allons vers une « tiers-mondisation » de la société. La dynamique centre-périphérie qui s’était déployée ces dernières années à l’échelle globale se reproduit aujourd’hui au sein de l’Union.

   Mais combien de pauvreté pouvons-nous supporter ? Combien de misère sommes-nous disposés à accepter ? Jusqu’où permettrons-nous qu’ils nous saignent à blanc ? La soif du profit du capital n’a pas de limites. Et le goût du lucre ne fait qu’augmenter leur avarice. Nous, la majorité, sommes les seuls capables de leur faire front. Quand nous aurons pris conscience de cela et que nous agirons en conséquence, nous aurons gagné la partie.

Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera.


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(Le Petit Chaperon rouge faisant sa belle
après l'épisode du Grand Méchant Loup)


 Margarita Kareva

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Benoît Barvin