Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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samedi 17 janvier 2015

"Il avançait ses arguments à grands coups de fouet idéologique". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(N’ESPÈRE PAS QUE LE MAÎTRE
TE RÉCOMPENSE JAMAIS)

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(Ces bobos et leur jardin personnel commençaient
à légèrement nous bassiner)


Laura O’Connor laura-oconnor


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Mafalda par Quino

unitedexplanations.org

INTERVIEW AVEC JEAN ZIEGLER

“La démocratie peut disparaître en Europe”

Propos recueillis pas Gian Paolo Accardo.
VoxEurop28 décembre 2014

   (...) Dans son dernier ouvrage, Retournez les fusils (éditions du Seuil), le sociologue suisse et vice-président du Comité des droits de l'homme de l'ONU dénonce à 80 ans les méfaits des “oligarchies financières globalisées” et accuse les élites européennes de ne pas réaliser la menace qu’elles font peser sur l’Etat de droit er sur et la cohésion nationale.

   / Votre livre est imprégné de références à Marx et aux philosophes et sociologues marxistes. Un quart de siècle après la chute du Mur et la disparition des régimes qui disaient s'inspirer au marxisme, est-ce que son analyse a encore sa place ?

   - Marx est toujours d'actualité, même s'il s'est trompé sur un point : jusqu'à son dernier souffle, il était persuadé que le manque objectif, les carences matérielles, allaient durer pour une période très longue — or on est capables aujourd'hui de nourrir 12 milliards d'êtres humains. A part cette erreur, Marx a crée la conscience analytique critique du mode de production capitaliste. Il a fourni les instruments d'analyse du capitalisme financier qui est toujours actuel et permet de mieux comprendre les mécanismes selon lesquels il agit.

   Mon livre est un ouvrage de combat. Il s'agit d'armer la nouvelle société civile planétaire. Celle-ci existe et est bien vivante. Prenez par exemple le Forum social mondial, dont le dernier sommet s'est tenu à Tunis en 2013 : plus de 15 000 personnes venues discuter des alternatives au capitalisme mondialisé. C'est une armée de l'ombre née de fronts de refus sectoriels : Via Campesina contre les expropriations des terres, Attac contre l'absence de régulation des marchés financiers, Greenpeace pour la protection de l'environnement, Amnesty International pour le respect des droits de l'homme. En Allemagne, IG Metall, le deuxième syndicat du pays, ainsi que les syndicats autrichiens, se battent contre le Partenariat translatlantique de commerce et d’investissement (TTIP).

   / Justement, le TTIP est présenté par ses partisans — Washington et la Commission européenne notamment — comme une révolution qui permettra de créer des centaines de milliers d'emplois au sein du marché unique transatlantique qu'il devrait créer.

   - Balivernes ! Si le TTIP voulu par les multinationales passe, toutes les normes et les acquis européens en matière de protection sociale, environnementale et sanitaire risquent de sauter. Les emplois dont il est question, à quelles conditions sont-ils créés ? Vu les prémices, il n'y a pas de quoi être optimiste.

   Le "trade dialogue" entamé en 2005 entre les 70 plus grandes multinationales et le département du Commerce américain a abouti dans le projet de TTIP qui est négocié depuis 2013 dans la plus totale opacité : il n'y a pas un député national ou européen des pays concernés en Europe qui sache quelle est exactement la portée du mandat des négociateurs du TTIP pour l'UE.

   Simplement, les multinationales veulent se débarrasser de toutes les contraintes normatives qui empêchent la maximisation du profit, comme la durée des brevets, qu'elles veulent rallonger.

   Dans le domaine de la santé, de la protection de l'environnement, de l’alimentation, il s'agit de liquider les normes européennes. Car la clause centrale de cet accord, c'est celle qui prévoit que c'est une cour arbitrale — des juges désignés par les parties — qui devrait trancher en cas de différend, et sans appel possible devant le juge national ! Si jamais cet accord était signé, si le Parlement européen l'approuvait, si les 28 Parlements nationaux des Etats-membres devaient le ratifier et s'il entrait en vigueur, toute société multinationale privée pourrait porter plainte contre tout Etat souverain qui aurait pris une décision défavorable à ses intérêts ou sa volonté. Bref, si le TTIP aboutissait, il scellerait la mainmise définitive des multinationales sur les politiques économiques et financières des Etats.

   / Dans votre livre, vous parlez du risque que les nations disparaissent. Est-ce le cas en Europe également, où les Etats sont établis depuis très longtemps ?

   - Ah oui, la jungle avance aussi en Europe et elle menace les Etats de droit et les acquis sociaux. Et c'est ce qui fait que la réponse à l'agression du capitalisme financier globalisé arrive plus vite que prévu. En Espagne, 18,2 % des enfants de moins de dix ans sont en permanence gravement sous-alimentés. En Angleterre, à Berlin, il y a des exemples où des syndicats d'enseignants organisent des collectes parce que les enfants ont faim. La démocratie peut disparaître en Europe. C'est Armageddon, si les démocrates ne se réveillent pas !

   / Et qui devrait sonner le réveil ?

   - C’est le rôle traditionnel de la gauche, mais la gauche européenne est en panne d'idées : ce ne sont plus les mouvements socialistes et leurs intellectuels qui livrent aux travailleurs les codes nécessaires pour analyser, penser, percevoir et comprendre le monde. L'intégration des travailleurs européens à la stratégie du projet impérialiste a fait mourir toute théorie et toute pratique de solidarité avec les classes subalternes du tiers-monde. Ainsi, la violence faite aux asservis et aux travailleurs est aujourd'hui perçue comme "normale", "inévitable" car intrinsèque au capital.

   Et les conséquences sont là : en Suisse, les derniers scrutins populaires confirment cela. Ces dernières années, les Suisses ont voté librement et souvent à une très forte majorité contre toute une série d'avancées sociales qui allaient dans le sens de leurs intérêts, comme l'augmentation de la durée des vacances légale des travailleurs, la caisse d'assurance maladie unique, l'augmentation du minimum vieillesse, la limitation des salaires des patrons et même l'instauration d'un salaire minimum.

   En Europe, on assiste depuis une génération à une résurgence des idées d'extrême droite, à une banalisation du racisme et de la xénophobie. Au point que, pour une majorité des personnes il s'agit là d'"opinions" aussi légitimes que les autres. Et, partout sur le continent, les partis politiques et les mouvements xénophobes obtiennent un nombre de voix toujours croissant : en France, le Front national est en passe de devenir le premier parti ; en Italie, la Ligue du Nord domine dans trois régions ; la N-Va flamande domine Anvers et le Nord de la Belgique ; en Suisse, l'Union démocratique du centre domine le Parlement fédéral et a fait voter, en février, une initiative contre la libre circulation entre la Suisse et l'UE. Aux Pays-Bas, en Slovaquie, en Bulgarie, au Danemark, en Angleterre, les mouvements d'extrême droite prospèrent et en Hongrie ils sont carrément au pouvoir.

   / Y a-t-il une solution contre cette résurgence ?

   - La conscience nationale : la nation appartient à tous ceux qui adhèrent au contrat social et respectent les lois de la République. Ils ne peuvent en être exclus, d'où qu'ils viennent. Le cumul des appartenances culturelles singulières dans une société, de même que les appartenances multiples de chaque individu en son sein, constituent la richesse des nations européennes, la marque de ces grandes civilisations.


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Luc Desle

vendredi 5 juillet 2013

"Ce sinistre prisonnier fut exécuté car il démoralisait ses collègues". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LAISSE PASSER LA COLÈRE SANS
L'INVITER CHEZ TOI)


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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/58)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste 

   Dans son carnet, Angélus explique les raisons de ses recherches qu'il savait, déjà, vouées à l'échec.

ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE



   Adèle apprit, en rentrant au couvent, que le feu avait repris soudainement, dans le séchoir. Il avait fallu s’écarter, des poutres tombaient. Le corps d’Angélus s’était embrasé comme une torche. Tout le monde avait pris peur et s’était éloigné en se signant, comme si la scène quelques instants auparavant miraculeuse, était redevenue diabolique.

   Le soir même, la jeune femme prenait la diligence et quittait définitivement Fontseranne. Elle emmenait dans son bagage ce vieux cahier parcheminé, les fioles et une once de cendre fine qu’elle était retourné prélever dans les décombres encore fumants, là où était tombé Angélus.

   Elle descendit vers la mer d’Espagne, prit le chemin de fer.

   Les paysages défilaient. De temps à autre, elle laissait s’envoler par la fenêtre de son compartiment une pincée de cendre. Les voyageurs qui faisaient route avec elle se demandaient à quel rituel se livrait cette jeune femme au sourire angélique, qui tantôt semait de la poudre aux quatre vents, tantôt en portait une pincée à ses lèvres, religieusement, eût-on dit.

   Une fois franchie la frontière, elle alla jusqu’à Barcelone et acheta un billet pour effectuer la traversée vers Mallorque. Prit-elle le bateau ; renonça-t-elle à ce voyage au dernier moment ? Nul ne le sait, car personne ne put ensuite retrouver sa trace. Ni vers Palma, ni ailleurs.

   Peut-être changea-t-elle d’identité, ou bien de pays. Sa famille, qui faisait partie des « de Lavégende » et qui avaient des appuis haut placés partout en Europe, ne put retrouver sa trace. Adèle s’était comme volatilisée.

   Pourtant, bien des pistes auraient pu les aider dans leurs investigations. Ne trouvait-on pas, en ce début de siècle, des parfumeurs qui surent mettre au point des crèmes remarquables ; des chimistes qui inventèrent des matières textiles de synthèse aussi douces et légères que la soie ? Il est curieux de voir qu’ils égalèrent en cela Angélus. On peut se demander si ce fût par l’effet du hasard, ou si quelqu’un ne leur avait pas transmis les recettes contenues dans le cahier de cet étrange magicien ? Toujours est-il qu’ils en firent commerce et que fortune s’ensuivit. Personne ne pensa que leur savoir venait de plus grand qu’eux et qu’il y avait là un mystère à éclaircir.

   De même, des êtres partirent aux quatre coins du monde pour panser les plaies semées par les guerres et aussi pour aider dans les léproseries. Là-bas, ils soignèrent et soulagèrent leurs frères. Certains y firent des prodiges. On racontait que, dans des contrées reculées de l’Inde, des hommes avaient su redonner apparence humaine aux plus touchés. Ils leur dédiaient leur vie, inventaient des recettes miraculeuses, fabriquaient des onguents qui soulageaient leur peau de bien des maux. Ils ne recherchaient pas la beauté mais parvenaient à donner du bien-être, là où il y avait malaise et souffrance.

   D’où tiraient-ils leur force tous ces êtres remarquables ? Se peut-il qu’ils aient été inspirés de près ou de loin par les découvertes d’Angélus de Fontseranne ? 

***

   Une chose est avérée. Angélus marqua pendant un temps, à l’insu de tous, les consciences.

   Fontseranne, après son passage, ne fut plus un bourg terne, enkysté et refermé sur lui-même et sur des principes sclérosants. Contre toute attente, certains jeunes gens dont les neveux et nièces d’Angélus, montrèrent des dispositions pour les études, pour la philosophie notamment et pour les sciences de la nature. Ils finirent par prendre goût pour tout ce qui recélait fragilité et finesse. Des échoppes s’ouvrirent où ils travaillaient avec talent le cuir, les tissus et les métaux précieux. Bien sûr, pour d’autres, cette métamorphose prit du temps, mais il est certain que le bourg connut, avant 1914 et la disparition de tous ses jeunes soldats, deux décennies florissantes.

***

   Elaine, pour sa part, se sentait fautive, et de la mort de la mère Supérieure et de celle d’Angélus. Il lui fallut bien des jours pour recouvrer le repos de son âme. Elle fut aidée en cela par le père Grangeais auquel elle se confessa. Le religieux, commotionné par la fin tragique de Camille, par les forces déchaînées de cette funeste Saint-Jean et par la transfiguration de l’apothicaire, avait connu après ces événements une espèce de conversion intérieure qui l’avait amené du jour au lendemain à ne plus se juger ni à juger les autres. La contrition n’était soudain plus de mise et le pardon du Seigneur devenait une évidence quotidienne. Aussi vit-il en Elaine, non pas une personne condamnable mais une future moniale pleine de bonté, de charité et débarrassée enfin de l’aiguillon de la vengeance. Celle-là même qui avait empoisonné l’existence du petit Jean, jusqu’à en faire ce tortionnaire de l’ombre que l’on sait.

   Elaine resta donc au couvent où elle apprit à épurer sa foi. Quelques années plus tard, on lui confia la tâche de diriger la communauté, ce dont elle s’acquitta avec ferveur, grâce et intelligence, pansant les plaies de l’âme des Fontserannais mieux que ne l’avaient fait autrefois les onguents maléfiques distillés par les mains vengeresses d’Angélus.



   Ce dernier resta peu dans les mémoires. Seule perdura de lui la vision que les villageois en avaient eu lors de l’incendie : celle d’un ange qui, soudain, leur serait venu du ciel pour leur faire toucher du doigt une réalité qui jusqu’alors leur avait échappée.

   Mais comme il est dit dans le langage populaire, les anges souvent ne font que passer, et le silence plein de sagesse et de compassion qui accompagne leur venue, touche uniquement les êtres dont les sens sont déjà en éveil et dont le cœur est prêt à accueillir l’impalpable.

FIN

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(Niqab transparent appelé encore "jihad nikah")


(PS: traduit pauvrement en "déshabillé coquin" dans
le sordide occident)

TUNISIE
La prostitution halal des tunisiennes en Syrie

   (...) François Hollande va se rendre les 4 et 5 juillet en Tunisie. Il devrait rencontrer les trois patrons provisoires de la Tunisie, le président de la république, le chef du gouvernement et le président de l'Assemblée constituante. 

   La visite de Hollande sera scrutée car le soutien apporté au président déchu Ben Ali par Nicolas Sarkozy qui, lors de sa visite officielle de 2008, avait salué « les progrès de la démocratie », n'a pas été entièrement oublié ni par les partis au pouvoir ni par ceux de l’opposition. Tout comme ils ne sont prêts pas encore d’oublier les propositions de service de Michelle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, pour mater la révolte. 

   Actuellement, la presse tunisienne, ne cesse de traiter d’un sujet qui fait couler beaucoup d’encre, celui de l’engouement de certaines filles pour le Jihad du Nikah en Syrie. Un grand nombre de tunisiennes qui sont parties en Syrie dans le cadre du “djihad du nikah” ont exprimé leur volonté de quitter les champs de bataille et de regagner leur pays. Ces dernières ont peur d’être tuées par des djihadistes.

   Ces filles viennent pour la plupart des quartiers populaires de la périphérie des grandes villes tunisiennes où elles ont été recrutées pour aller satisfaire les pulsions sexuelles des jihadistes en Syrie. Plusieurs combattant(e)s tunisien(ne)s viennent de France, d’Allemagne et surtout de Belgique.

  Le «jihad nikah» est une forme de prostitution légalisée (ou «halalisée») par certains extrémistes religieux au nom de la nécessaire contribution à la guerre sainte.

   Il est proposé aux djihadistes tunisiennes de se soumettre au «mariage» en s’offrant aux pauvres soldats jihadistes sur le front, pour «les soulager et leur redonner des forces afin qu’ils puissent vaincre l’ennemi». Cette forme de jihad est appelé «jihad du nikah» (de mariage).JP


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"Comment ça, ça manque de femme dans l'Empire aussi?
Et moi, alors?
- Vous, c'est pas pareil, Maître, vous avez une barbe"

Star Wars : Irvin Kershner, réalisateur de L'Empire contre-attaque




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"In God we trust... 
et également aux chaînes d'infos pourries, évidemment"


IN GOD WE TRUST | Art Studio Susa

Comment les chaînes d’infos 
terrorisent les États-Unis (Alternet)
Murtaza HUSSAIN

   (...) Pourquoi des milliers de morts par balle chaque année peuvent être acceptés sans effort comme le « prix de la liberté », alors qu’un seul attentat appelle à la suspension des libertés civiles?

   À la suite de l’attentat du marathon de Boston, et pendant l’imposante chasse à l’homme par la police de l’auteur présumé, Dzhokhar Tsarnaev de 19 ans, le journaliste de la NBC David Gregory aurait dit aux téléspectateurs de la TV américaine : "Il s’agit d’un nouvel état de terreur auquel le pays doit s’habituer." Etant donnée la couverture hyperbolique, hors d’haleine, fournie par NBC, CNN, et beaucoup d’autres chaînes d’infos pendant la traque de Tsarnaev, il n’est nullement surprenant d’entendre Gregory faire un tel commentaire. Que ce soit dans un contexte de divertissement ou d’information (distinction qui a été rendue de plus en plus floue par les chaînes TV), la peur et l’hystérie rendent toujours convaincantes les contre-informations si on en voit.

   Cependant, il faut se poser la question devant l’affirmation de Gregory : pourquoi les Étatsuniens – dont le pays possède l’armée la plus puissante de l’histoire de l’humanité et qui dépense plus pour sa défense que l’ensemble des 13 pays suivants – devraient se résigner à vivre "dans un état de terreur" ? Les actions d’un ado révolté et de son frère aîné, assurément abominables, peuvent-elles suffire à terroriser au point de paralyser une super puissance militaire et contraindre les Étatsuniens à renoncer à leurs droits et libertés consacrés par leur Constitution ?

   Depuis le début, la couverture par les médias de l’establishment de l’attentat de Boston et de ses conséquences a été caractérisée par une combinaison d’hystérie et d’inepties. Depuis les rapports initiaux de la police qui cherchait "un homme à la peau sombre" jusqu’à la déclaration complètement erronée et encore inexpliquée du "Day One", qui affirmait qu’un suspect était effectivement détenu, le téléspectateur moyen de Fox, CBS ou MSNBC aura été de loin moins bien informé par la couverture des TV, que s’il s’était complètement abstenu d’infos TV durant la crise.

   Après plusieurs heures de reportages pour leurs millions de téléspectateurs crédules sur des "faits" qui ensuite sont devenus à peine plus que des rumeurs sans fondement, Chris Cuomo de CNN a admis : "OK. Maintenant, vous savez, nous ne savons pas ce qui est exact ou non à ce sujet." On pourrait espérer une telle honnêteté de la part d’une chaîne majeure d’information avant et non après un reportage sur une affaire aussi majeure. Malheureusement le contraire fut vrai.(...)

   (...) Bien que la propagation rapide de rumeurs, l’hyperbole et les insinuations servent très peu à informer et éclairer les millions de personnes qui comptent sur les télés pour s’informer, tout cela fonctionne très bien pour générer l’hystérie et une peur généralisée. C’est moins le résultat d’une grande conspiration que de la simple économie de marché. Tout au long de la crise, les indices d’écoute des grandes stations d’information ont bondi - explosant jusqu’à 194 % des moyennes normales pour CNN et moins, mais de manière importante, pour Fox News et MSBNC.

   Pour une industrie basée sur la publicité, où ces indices d’écoute sont les porteurs normaux de succès et de viabilité commerciale, l’attentat de Boston a fourni un coup de fouet majeur. Dans cet éclairage, on voit diminuer nettement la propension à éviter les commérages salaces et la spéculation – choses qui devraient déclencher inévitablement une grande peur parmi les téléspectateurs démunis de leurs propres moyens d’évaluation des événements  La peur et l’incertitude peuvent être mauvaises pour la population en général ainsi que pour le bon fonctionnement d’une démocratie saine. Mais elles sont indéniablement bonnes pour engendrer de plus grandes et plus lucratives audiences pour les chaines d’infos. Dans le paysage oligarchique des médias, où l’on constate à la fois des barrières élevées aux entrées et des pressions sur les acteurs en présence, les organes d’infos télé ont toutes les raisons de continuer à pousser jusqu’à l’hystérie si cela signifie une plus grande audience. Comme l’a montré leur couverture hyperbolique de la crise de Boston, ils ont peu d’hésitation à le faire quand l’occasion se produit.(...)

   Alors que le terrorisme violent est sans aucun doute réel, il est utile de rappeler quelques données statistiques de base sur le niveau de la menace qu’il représente pour le citoyen moyen. Dans leur rapport de 2010 pour Foreign Affairs, John Mueller et Mark G. Stewart ont fait une analyse comparative du terrorisme par rapport à d’autres causes potentielles de décès pour les Américains. Ce que les résultats montrent, c’est que l’Étatsunien moyen, sur base annuelle, est plus susceptible d’être tué par un de ses appareils électroménagers, par la noyade dans une baignoire, ou dans un accident de voiture impliquant un cerf, que d’être tué dans une attaque terroriste. Sans parler de la menace de la criminalité violente ordinaire, qui pose un danger plus grand que celui de la violence terroriste, criminalité ordinaire qui continue à exploser dans tout le pays.

   Néanmoins, en raison de la couverture médiatique en grande partie déséquilibrée et sensationnaliste, les Étatsuniens ont été plus disposés à se séparer de leurs droits et libertés en réponse aux menaces perçues venant du terrorisme, que des menaces des crimes ordinaires. Vu sous cet angle, il est plus facile comprendre comment de dizaines de milliers de décès par balle tous les ans peuvent être acceptés sans broncher comme le "prix de la liberté", alors qu’un seul attentat peut susciter des appels à la suspension des libertés civiles accordées aux citoyens par la Constitution américaine.(...)

   (...) Il y a les millions d’Étasuniens qui sont régulièrement victimes des médias auxquels ils accordent leur confiance pour obtenir des informations, mais qui, au lieu de cela, voient leurs plus profondes peurs manipulées dans un but financier. À côté de ceux-là, la couverture de l’attentat de Boston a produit un autre type de victime, unique, des médias.

   Le 18 avril, le lycéen de 17 ans Salah Barhoum s’est réveillé pour trouver son portrait en première page du New York Post. La une suggérait qu’il était en fait l’auteur de l’attentat du Marathon de Boston. Le chaos en tous sens et l’hystérie provoquée par la désignation des médias d’un informe « suspect à la peau brune » avait conduit les forums Internet à faire circuler le visage (à peau brune) de Barthoum comme une menace potentielle – chose que le New York Post n’a pas hésité à reprendre comme un fait pour gagner un scoop historique. L’allégation s’est révélée totalement infondée, Barhoum était simplement un spectateur innocent que la police de Boston n’a jamais considéré comme un suspect dans le crime. Néanmoins, le mal était fait.

   Tout en reconnaissant son innocence, le New York Post a refusé de s’excuser pour l’atteinte à la réputation et pour le danger potentiel qu’ils ont causé à Barhoum en l’identifiant faussement comme l’auteur d’un crime qui a provoqué la colère et la peur de tout le pays. Dans son compte rendu des jours suivant son implication erronée par une chaîne d’info importante, Barhoum s’est décrit courant terrorisé de son domicile à son école après avoir vu un homme qu’il pensait le poursuivre. De ses propres mots, il disait de son avenir : « Je vais avoir la frousse d’aller à l’école. Sur les plans professionnels et familiaux, tout va être effrayant ». A bien des égards, c’est encore un individu dont la vie a été terrifiée par un organe majeur de presse, sauf qu’aujourd’hui c’est à cause des actes de ces médias que les craintes de l’étudiant sont tout à fait fondées.(...)

   Murtaza Hussain est un écrivain et analyste basé à Toronto, axé sur les questions liées à la politique du Moyen-Orient.
  Traduit de l’anglais par JP G. pour Investig’Action

[1]NdT : « Tabacco Moment » fait référence aux risques encourus suite aux poursuites légales que l’industrie du tabac US a subies durant les années 1990.


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Luc Desle

jeudi 9 février 2012

"Cette femme voilée ne dévoilait jamais ses sentiments, qu'elle avait pourtant tendres". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".


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Pensées pour nous-mêmes:

(LORSQUE L’AMITIÉ COULE A FLOT, 
L’IVRESSE EST BONNE) 

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"Vous allez voir que Ziegler va encore 
nous accuser de polluer aussi vos estomacs...
Comment ça, c'est vrai? 
Est-ce que je vous demande 
quelque chose, d'abord?

Interview Jean Ziegler : 
les vrais bandits 
sont les multinationales
Propos recueillis par Ousmane Ndiaye 
 (extraits)

   (...) Question: Les populations perçoivent souvent ces “bandits” comme des justiciers. Ont-elles raison ?

   - L’exemple du Nigeria est particulièrement instructif. Le delta du Niger est le plus étendu de la planète après ceux de l’Amazone, du Gange et du Brahmapoutre. Le pétrole du delta est exploité par une dizaine de sociétés étrangères, dont la plus puissante est Shell. Cette région génère 90 % des revenus en devises du Nigeria. Mais les populations locales ne profitent pas ou profitent très peu des énormes revenus du pétrole. Au contraire : elles souffrent terriblement de la destruction de leur environnement (envi... quoi?). Les rebelles décrits sont donc des “gangsters patriotes”. Ils tentent de protéger la population. Ils pratiquent le chantage sur les sociétés et redistribuent l’argent. Cela est particulièrement vrai pour le Mend (Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger). Dans pratiquement toutes les villes et tous les villages du delta, les combattants de ce mouvement peuvent compter sur des réseaux de logistique clandestins efficaces et sur des caches innombrables que la police fédérale et les troupes semblent incapables de démanteler. Les prises d’otages à répétition ont permis au Mend de se constituer un véritable trésor de guerre. Celui-ci est mis à profit pour corrompre les membres des troupes d’élite nigérianes lancées à leur poursuite et acheter aux officiers nigérians les armes les plus sophistiquées. 

   Q: La piraterie des Somaliens s’apparente-t-elle à une forme de redistribution ?

   - Certainement, les accords de pêche, imposés notamment par l’Union européenne, ravagent jusqu’aux eaux territoriales. Ils ont ruiné la vie de dizaines de milliers de familles de pêcheurs ("maintenant en eau trouble, ahaha", plaisanterie européenne). 

   Q: L’Afrique devient-elle la nouvelle terre des bandits et autres seigneurs du crime ?

   - Le banditisme au sens étymologique du terme [de l’italien bandito, malfaiteur, hors-la-loi] est pratiqué par de nombreuses sociétés multinationales occidentales, chinoises, indiennes. Je prends l’exemple de Glencore, le deuxième trust minier du monde, dont le siège est à Zoug, en Suisse. En Zambie, Glencore possède les Mopani Copper Mines. Le gouvernement de Lusaka accuse le holding de Zoug de manipuler les chiffres pour échapper aux taxes et aux impôts zambiens. Même problème au Katanga. Glencore n’est pas seul dans son activité de faussaire. D’autres sociétés – canadiennes, européennes – font de même. Résultat : en 1982, le secteur minier fournissait 70 % des revenus du Katanga, contre 7 % aujourd’hui. (Hé, Ho, il manque un zéro, là, Monsieur Ziegler, vous êtes de mauvaise foi!) (...)

Lire sur:
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"Mais enfin! Tu ne vas pas me dire 
que l'hydroxyde d'aluminium
ça fait mal, hein? T'es pas 
un scientifique, que je sache!"


Scandales sanitaires : 
des bombes... à retardement
Christel Brion

Distilbène

   Cette hormone de synthèse prescrite aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches est commercialisé en 1948. Les premières anomalies - malformations génitales et tumeurs vaginales chez les enfants- sont identifiées en 1970 et entraînent une interdiction du médicament en 1971 aux Etats-Unis. En France, il est seulement "déconseillé". En 1977.

Talc Morhange

   Début 1972, des encéphalites graves du nourrisson se multiplient dans l'Yonne et les Ardennes. Toutes les victimes présentent les mêmes symptômes : brûlures, convulsions, coma, et parfois décès. Plus de 200 enfants sont atteints. 
   Les études décèlent rapidement dans les flacons de talc de la marque Morhange la présence d'un puissant bactéricide. 38 kilos d'hexachlorophène, produit hautement toxique, ont été mélangés à 600 kilos de talc lors d'une erreur de manipulation en usine. 
   En août 1972 seulement, quatre mois après les premiers cas, les flacons sont retirés de la vente.
Isoméride

   Mis sur le marché en 1985 pour lutter contre l'obésité, le célèbre coupe-faim des laboratoires Servier (tiens, on connaît ce nom, non?) peut provoquer de graves atteintes cardiaques (encore!). Dès 1992, deux médecins belges ont alerté la pharmacovigilance belge, puis en 1995 la France. En vain.
   Il faudra attendre le même signal d'alerte cardiaque aux Etats-Unis, en 1997, pour que la commercialisation de l'Isoméride soit stoppée en France. Il a été consommé par 7 à 10 millions de Français (gogos?). 

Hormone de croissance

   La première mention d'un risque possible remonte à 1977 : le Docteur Alain Dickinson, spécialiste de la tremblante du mouton, envoie une lettre au ministère de la Santé britannique, pour attirer son attention sur le pouvoir infectieux connu de l'hormone hypophysaire chez les animaux atteints de tremblante.
   En avril 1985, trois américains ayant reçu cette hormone sont atteint de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Plusieurs pays adoptent alors une hormone synthétique. Mais pas la France, qui garde l'hormone hypophysaire jusqu'en 1988. Alors même qu'une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait décelé dès 1982 des anomalies dans le système de collecte des hypophyses humaines dans les hôpitaux.

   (Sans parler du Vioxx, des Prothèses PIP, du Bisphénol A, du Mediator, de l'hydroxyde d'aluminium dans presque tous les vaccins, etc.)

Article à lire sur:

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"Pouvez-vous nous rassurer 
sur les intentions du Qatar?
- Chomp... Mvfmmm... Akbar...
- Heu... On n'a pas tout compris...
Vous pouvez répéter?
- Pfff..."
aisha-hamad-saif-al-qahtani-

Qatar : l'émir qui fait peur
Vincent Jauvert

   (...) De Tripoli à Tunis, en passant par Le Caire ou Damas, cet émirat du Golfe à peine plus grand que la Corse est intervenu sur tous les fronts. Dans quel but ? La question hante les chancelleries. Etrange de voir cette monarchie absolue oeuvrer au triomphe de la démocratie. Plus intrigant encore : par qui veut-elle remplacer les tyrans d'hier? Derrière cet activisme tous azimuts, il y a un homme : l'émir Al-Thani, arrivé sur le trône en 1995 après avoir déposé son père. Un jeune souverain obnubilé par l'invasion irakienne du Koweït, cinq ans plus tôt, et convaincu de la nécessité de faire exister son pays sous peine de disparaître. « Il a compris qu'il était dangereux de rester anonyme, surtout avec deux voisins puissants, l'Iran et l'Arabie Saoudite, qui rêvent de vous avaler ! explique David Roberts, de la branche qatarie du Royal United Services Institute, un centre de recherche londonien. A l'époque, le Qatar, tout juste sorti du giron britannique, était surtout connu pour être... inconnu. »
   
   Afin de mettre son royaume à l'abri, l'émir cherche à s'attirer les bonnes grâces de tout le monde au prix de multiples contorsions : les Américains d'abord, auxquels il offre la plus grande base aérienne hors des Etats-Unis. Israël ensuite, avec qui il noue, cas unique dans le Golfe, un début de lien diplomatique. Les islamistes, enfin, des plus modérés aux plus radicaux, qu'il finance et accueille dans ses palaces (quel raout!). Tous les tenants d'un islam politique, du leader du Hamas, Khaled Mechaal, au chef du parti tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, ont été un jour ses invités. «Ici je peux défendre ma cause sans contrainte (inacceptable), dit Abassi Madani, le fondateur du FIS algérien réfugié à Doha depuis sa sortie de prison en 2003, souvent reçu au palais. Le Qatar m'assure une liberté d'action (donc ce serait son donneur d'ordres?) et une large couverture médiatique internationale (donc il serait responsable de certains attentats?). » (sans parler des achats de foot - Mon Dieu - et de palaces...) (...) 

   (...) Pour rayonner, rien ne vaut une chaîne d'information mondiale. Au coeur du dispositif de promotion de la marque Qatar se trouve un vaste complexe protégé comme une caserne. Seule ou presque dans le monde arabe, Al-Jazeera, la télévision créée par l'émir dès la première année de son règne, ouvre son antenne aux opposants de tout poil et autorise les débats les plus vifs (ou vils, voir plus haut?). Une liberté de ton qui encourage l'esprit critique de toute une jeunesse et exaspère les autocrates.
   Quand le « printemps arabe » commence, les Qataris disposent de tous les moyens pour tenir enfin le premier rôle. Un média vu par 50 millions de téléspectateurs, des coffres pleins de pétrodollars et des contacts privilégiés parmi les futurs révolutionnaires. « Ils ont aussi bénéficié d'un vide politique, de l'effacement des grands pays arabes sur la scène régionale», souligne Bassma Kodmani, du Conseil national syrien, la plate-forme de l'opposition à Bachar al-Assad. « L'émir n'est pas un grand démocrate, ironise un diplomate, mais il a été parmi les premiers à comprendre qu'il fallait être du bon côté de l'histoire. (et du manche de la pioche et du gourdin?)» (...)
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Stella - Le silence (1967)


Oui, Stella, le silence, après toutes ces nouvelles "réjouissantes"... Un peu de calme dans ce monde de brutes, de prévaricateurs et de dingos du bulbe...

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Luc Desle et Nadine Estrella

samedi 30 juillet 2011

"Echange psychiatre usagé contre divan, neuf de préférence". Benoît Barvin in "Annonces déclassées"

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(Toréador plein de lumières...
quelques minutes avant qu'un taureau
ne l'encorne là où ça fait très mal.)

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"Ben, nous aussi on est les unes sur les autres.
Est-ce qu'on se plaint, hein?
Ah, les hommes..."
Belisario Gioja "Récréation dans le harem"

Dunkerque: Le procureur 
refuse d'incarcérer des détenus faute de place

   (...) C’est une décision rare: un procureur de la République, celui de Dunkerque, ordonne le report des incarcérations de prévenus condamnés à des peines de prison, annonce La Voix du Nord ce jeudi. Sa raison? La surpopulation carcérale. Philippe Muller a donc écrit «à l’ensemble des services enquêteurs de Dunkerque et Hazebourck» pour leur demander de suspendre «l’exécution des écrous» jusqu’au 5 septembre.
   A La Voix du Nord, le magistrat explique qu’à la prison de Dunkerque, «on doit être à 152 personnes détenues pour 100 places», ce qui pose des «problèmes d’hygiène», un «risque de violence» et des «difficultés de relations avec les fonctionnaires pénitentiaires». 
   Il exclut de ce report «certaines peines courtes non aménageables», des «peines d’emprisonnement portant sur des faits de nature sexuelle» et des «faits de violences commis en récidive». Le procureur de Dunkerque précise qu’ «il ne s’agit pas d’effacer mais de différer la mise à exécution».
  Le ministre de la Justice a demandé au procureur général de Douai de demander «des explications au procureur de la République de Dunkerque» (car il ne sait pas lire?). 
M.P.
(PS: mais, se faisant taper sur les doigts, le Procureur est revenu sur sa décision...)

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"Ça s'appelle comment, ce que tu bois?
- Eau croupie, je crois..."
Famine : Jean Ziegler 
« Ne parler que du climat est une hypocrisie totale »
par Cathy Ceïbe et Jean Ziegler
   
   Jean Ziegler est vice-président du Comité consultatif du conseil des droits de l’homme des Nations unies.
   (...) De 2000 à 2008, Jean Ziegler a occupé la fonction de rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation des populations du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Il est l’auteur de la Haine de l’Occident.
   /La réunion de la FAO tire la sonnette 
d’alarme sur la famine qui sévit dans la Corne de l’Afrique en raison de la sécheresse. 
Le facteur climatique explique-t-il à lui seul 
la situation catastrophique ?
   Jean Ziegler. Ne parler que de climat est une hypocrisie totale qui élude les vraies raisons de cette catastrophe effroyable. C’est le dernier coup porté aux 12 millions de personnes menacées de famine et aux dizaines de milliers de victimes. La première raison est l’absence de stocks de réserve. Cette sécheresse dure depuis cinq ans. Depuis, les récoltes sont déficitaires. Dans n’importe quel pays, il existe des réserves alimentaires. Les États se préparent en cas de catastrophe. En Somalie, Érythrée, Kenya, Éthiopie, Djibouti, les greniers sont vides. 
Ils le sont parce que les prix alimentaires (aliments de base c’est-à-dire riz, maïs, céréales qui couvrent 75 % de la consommation mondiale) ont explosé en raison de la spéculation des hedge funds et grandes banques. Les spéculateurs financiers ont perdu des milliers et des milliers de milliards de dollars lors de la crise financière de 2008 et de 2009. Ils ont quitté les Bourses de papier valeur et ont migré vers les Bourses des matières premières agricoles. Légalement, avec les instruments spéculatifs ordinaires, ils réalisent des profits astronomiques sur les aliments de base. Actuellement, la tonne de blé meunier est à 270 euros. Il y a an, elle était de moitié. La tonne de riz a plus que doublé en un an et le maïs a augmenté de 63 %. 
   Les pays pauvres ne peuvent donc même plus acheter les aliments à même de constituer des réserves. Ils sont impuissants lorsque la catastrophe arrive. La deuxième cause profonde est le surendettement de ces pays. Le service (intérêt et amortissement) de la dette étrangère est tellement élevé qu’il absorbe pratiquement tous les revenus des États et les rend incapables d’investir dans les infrastructures notamment agricoles. 
   Un exemple : seulement 3,8 % des terres arables éthiopiennes sont irriguées alors qu’en Europe, elles le sont à 60 %. L’Éthiopie n’a pas l’argent nécessaire pour puiser l’eau. Aujourd’hui, la nappe phréatique se trouve à 60, 70 mètres sous terre en raison de la sécheresse et, de ce fait, rend inopérantes les méthodes traditionnelles pour lever l’eau. (...)
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"Janet!! Tu vas me faire le plaisir de te rhabiller fissa!
- Qu'est-ce que tu crains? Je suis un ex-lesbienne,
tu le sais bien, non?"
Tea Party: l'amitié de l'«ex-lesbienne» 
et de la «nouvelle star» républicaine

   (...) Cela faisait longtemps que Michele Bachmann, aspirante présidente, n'avait pas décrit l'homosexualité comme une «servitude personnelle», ou remarqué que le mot «gay» faisait «partie de Satan». Depuis qu'elle est candidate à l'investiture républicaine, elle adopte une ligne de conduite bien plus neutre quand on l'interroge sur l'homosexualité.
   Le mois dernier, à une question lui demandant si, selon elle, la sexualité de chacun était un choix, elle avait répondu: «Je suis candidate à la présidence des États-Unis, je ne brigue pas un poste de juge universel». Mais pendant ce temps, la profession de son thérapeute de mari, Marcus, accusé de proposer dans sa clinique chrétienne une cure «réparatrice» controversée à des patients homosexuels, commence fort à ressembler à un potentiel handicap politique.
   La campagne de Bachmann se voit discréditée par les accusations de deux gays contre le centre de consultations de Lake Elmo, dans le Minnesota, dirigé par Marcus et possédé en partie par Michele où, selon eux, les thérapeutes seraient loin de suivre les désirs de leurs patients.
   Si les Bachmanns croient toujours que l'homosexualité est un mode de vie impie dont on peut être délivré, ce n'est pas maintenant qu'ils vont préciser leur pensée. Par le passé, il leur est pourtant arrivé de mettre en avant le témoignage d'une de leurs amies et d'y voir la preuve de la possibilité de dire adieu au «mode de vie» gay. Cette amie dévoue aujourd'hui son existence à affirmer que l'homosexualité est non seulement dévastatrice, mais aussi, dans un certain sens, contagieuse, et ses opinions contextualisent utilement les anciens propos de Bachmann. Son nom est Janet Boynes, et elle se définit elle-même comme une ex-lesbienne.
   «Vous pouvez changer, passer de gay à hétéro – j'en suis l'exemple vivant», m'a déclaré Boynes, 53 ans. Après avoir renoncé au lesbianisme voici de cela 13 ans, elle dirige aujourd'hui une organisation à Maple Grove, dans le Minnesota, appelée «Les Ministères de Janet Boynes», et entend prêcher la bonne parole à tous ceux qui ne veulent plus être homosexuels.
   Lors de notre entretien, Boynes a comparé l'homosexualité à la dépendance à la drogue, et a mentionné diverses causes explicatives, des mères abusives au fait d'avoir trop d'amis gays. Elle m'a fait aussi part de sa peur de voir, un jour, la moitié des familles américaines composée par des couples du même sexe. (...)
Libby Copeland traduit par Peggy Sastre
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Luc Desle