Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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samedi 29 novembre 2014

"Elle était têtue comme une laitue qui refuse de se débarrasser de ses petits vers". Jacques Damboise in "Pensées coïncidentes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(AIME LA DANSE
DE LA VIE)

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(Cette cruche de Nathalia et ses amis ne s'étaient pas
rendus compte que l'électrophone avait rendu l'âme)




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Protocole de Montréal :
pourquoi tout le monde s’en fiche



   A Paris, cette semaine, on discutait de l’avenir du protocole de Montréal (voir notre article). Signé en 1987, ce traité visait initialement à éviter que la couche d’ozone ne ressemble, un jour, à un vilain gruyère. Dans la capitale donc, comme dans les grands sommets climatiques de Bali ou de Copenhague, des délégations de pays ont discuté des heures durant de questions techniques, le visage grave derrière leur pupitre. Plusieurs différences de taille néanmoins avec ces célèbres COP (Conférence des parties) : pas de chefs d’Etat (ou si peu), une poignée d’ONG – et pas des plus connues : pas de Greenpeace ou d’Amis de la Terre – et une (encore plus petite) pincée de médias. 

   Tant qu’après avoir erré dans les couloirs et interrogé une réceptionniste ébahie, on dut se rendre à l’évidence : dans les coulisses de la MOP (« Réunion des parties » : c’est ainsi qu’on appelle ces sommets où l’on disserte de l’avenir du Protocole), il n’y avait pas de salle de presse. Une triste nouvelle compensée par une joyeuse découverte : il n’y avait pas non plus de queue à la cafétéria.

   Mais pourquoi l’avenir du protocole de Montréal, qui se joue au rythme de deux réunions par an, n’intéresse-t-il donc personne ? Pourtant, à en croire les ONG, l’enjeu est crucial. Et elles ne sont pas les seules à le penser. Depuis son entrée en vigueur, le protocole de Montréal a évité chaque année le rejet de 10 gigatonnes d’équivalent CO2 dans l’atmosphère. Cinq fois plus que ce que son lointain cousin, le protocole de Kyoto, est parvenu à réaliser annuellement entre 2008 et 2012, première période de son application [1] (...)

   (...) Si l’avenir du Protocole n’intéresse personne, c’est peut-être parce que les choses, longtemps, ont semblé rouler toutes seules :« Depuis vingt-sept ans, on a trouvé des manières assez gracieuses de faire fonctionner le traité », souligne Durwood Zaelke, fondateur et président de l’Institut pour la gouvernance et le développement durable (IGSD). Peut-être à cause du nombre restreint de présents dans les négociations et d’absence notable d’huiles rameutées expressément pour l’occasion. « C’est plus facile à gérer, même s’il y a des désaccords », poursuit l’Américain. Des délégués moins nombreux que les équipes mobilisées pour les COP et qui se « connaissent bien. 

   Certains font ça depuis dix, quinze ans. Ils voyagent partout dans le monde et se retrouvent, précise Brent Hoare, chargé de mission auprès de l’Association australienne de réfrigération (ARA), qui aide les entreprises à trouver des solutions moins polluantes. Il y a cette belle idée d’une famille autour du protocole de Montréal, dans laquelle les gens s’assoient autour de la table et règlent les problèmes de manière très collégiale. » Dans les allées du siège de l’Unesco, ce jeudi, peu de zones interdites aux journalistes [2] ou aux ONG, pas de manifestations non plus aux portes du bâtiment, ni de contre-forum, traditionnels dans les COP.

   Mais si ce traité s’est révélé plus efficace que Kyoto, c’est aussi parce qu’il était, jusqu’ici, plus facile à négocier : « Il existe des substituts à ces gaz (notamment aux CFC et HCFC présents dans les systèmes de réfrigération, d’air conditionné… et visés initialement par le traité de Montréal, ndlr). Ce protocole est un mécanisme d’atténuation des émissions indolore. On a supprimé 100 produits chimiques et personne ne l’a remarqué. Dans les frigos, les systèmes d’air conditionné ont été remplacés par d’autres gaz, d’ailleurs souvent plus efficaces », précise encore Durwood Zaelke. (...)

   (...) Si efficace que le monde a longtemps cru que la question était bel et bien réglée. Après l’adoption du Protocole, les « gens avaient des autocollants sur leurs frigos qui disaient “sans CFC” avec de jolies images de fleurs et de montagnes. Les gens se sont mis à penser : “Ce problème-là est résolu” », suppose Brent Hoare. Mais depuis quelques années, de nouveaux gaz se sont invités à la table des négociations : les HFC (pour hydrofluorocarbures). Substituts aux CFC et aux HCFC, ils ont pour vilaine caractéristique de booster dangereusement l’effet de serre : leur pouvoir réchauffant est de cent à plusieurs milliers de fois supérieur à celui du CO2. 

   De nombreux pays souhaitent donc que le protocole de Montréal se saisisse du problème et les limitent à leur tour. Un grain de sable dans le rouage bien huilé des négociations. « Depuis quelques temps, il y a des interventions très obstructives et sans fondement de certains délégués. Des interventions qui semblent menacer notre culture de bonne entente. Le protocole est un peu paralysé en ce moment. Nous avons besoin de revenir à nos racines et d’écouter la science », décrypte encore Brent Hoare.

   (...) Si le processus s’est enrayé, c’est peut-être qu’il est parasité par les négociations climatiques. Car on suspecte les délégués de se servir des pions de l’un pour jouer à la table de l’autre : « Certains pays pensent que, s’ils cèdent sur la question des HFC maintenant, ils risquent de devenir otages de ces discussions et ne pourrons plus négocier correctement lors des COP », précise Durwood Zaelke. Bonne stratégie ou pas, une chose est sûre, les deux ou trois MOP [3] qui se tiendront d’ici au sommet de Paris, en décembre 2015 pourraient influencer son issue. « Beaucoup de gens pensent que si une décision était prise à la réunion de Montréal qui se tiendra juste avant la COP de Paris, ça pourrait redonner confiance dans les négociations climatiques », abonde Brent Hoare. Le protocole de Montréal, antichambre des négociations climatiques ? Une ultime raison, s’il en était besoin, de ne pas s’en moquer.

[1] C’est ce que soulignait, en 2010, un rapport officiel sur l’état de la couche d’ozone.

[2] Les négociations portant sur les montants alloués au Fonds multilatéral pour l’implémentation du Protocole se font derrière des portes closes

[3] Une réunion extraordinaire pourrait être ajoutée en 2015 pour régler la question des HFC


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(La femme-gigot n'était pas encore cuite à point)



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Luc Desle

lundi 25 août 2014

"J'emprisonnai le fils de mon voisin dans une pièce empuantie par l'odeur infâme de sardines que faisait griller son père, tous les week-ends, dans son jardin". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(N'ATTENDS PAS DU MAÎTRE QU'IL NE 
T'INDIQUE PAS LA MARCHE A SUIVRE)

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(Alice avait sacrément mal tourné)


Giggle their true nature revealed
(Source : lordwanjavi, via whateversexy)

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(Les lobbyistes transatlantiques avançaient masqués)



Le Partenariat transatlantique, 
outil de démolition de la sécurité sanitaire 
et environnementale


   (...) Un véritable déploiement de forces : ainsi peut-on résumer l’action des lobbies agro-industriels auprès de la Commission européenne dans le contexte des négociations sur le Partenariat transatlantique entre l’UE et les États-Unis (TTIP, TAFTA ou GMT – lire "C’est quoi le Partenariat transatlantique ?"). L’ONG Corporate Europe Observatory a récemment publié une enquêtesur les rencontres entre les représentants des différents secteurs économiques concernés, indiquant notamment que les multinationales de l’alimentation, les traders de denrées et les semenciers ont eu plus de contacts avec la Direction générale du commerce que les industries pharmaceutique, chimique, automobile et financières réunies.

   C’est dans les domaines sensibles de l’alimentation et de l’environnement que s’exerce l’action des lobbies agro-industriels sur les négociations transatlantiques, comprenant bien quelles opportunités elles présentent pour eux – le tout dans une confortable discrétion, que les mobilisations ont fini par compromettre au cours des derniers mois. Malgré les réassurances données par le commissaire au Commerce Karel de Gucht ou le président Obama lui-même, les demandes de ces secteurs ont bien été mises sur la table par les négociateurs. Notamment américains, s’agissant de remettre en cause les législations européennes restrictives sur les OGM ou la viande aux hormones, mais aussi européens [1]. (...)

   (...) La volonté, en matière de sécurité alimentaire, d’introduire la nécessité de "certitudes scientifiques" [2]pour interdire des substances, des produits ou des modes de production revient à remettre en cause le principe de précaution. L’application de ce dernier s’est étendue en Europe au cours des dernières années (par exemple pour les OGM ou des substances comme les parabens ou le bisphénol A), en s’appuyant sur des présomptions de risques, sans attendre une unanimité scientifique qui survient – on l’a vu dans les différents scandales sanitaires – toujours trop tard. Ce sont particulièrement les politiques de santé européennes, plus contraignantes que leurs équivalents états-uniens (notamment parce qu’elles s’attachent à toutes les étapes de la production, et pas seulement au produit fini), qui sont visées. Alors que les industriels vantent leur référence à cette science rigoureuse, eux-mêmes préservent la plus grande opacité sur leurs propres recherches, combattant les initiatives en faveur de l’accès des citoyens à leurs données.

   Les programmes européens d’encadrement des perturbateurs endocriniens et de recherche sur leurs effets sont particulièrement dans le collimateur des intérêts privés, malgré un consensus scientifique toujours plus large sur l’urgence d’agir. Sous la pression des lobbies, la Commission et la Direction générale de la santé et des consommateurs ont entrepris des démarches dilatoires visant, selon la députée verte Michèle Rivasi, à retarder les démarches réglementaires et scientifiques jusqu’à la signature du traité. « Les initiatives contre ces substances chimiques constituent un engagement acquis de l’Union européenne, mais elles sont désormais violemment attaquées par les entreprises transnationales, qui se servent du TTIP comme d’un outil de démolition », résume Corporate Europe Observatory. (...)

   (...) Pour parvenir à leurs fins, les industriels comptent sur plusieurs leviers, comme la notion de "reconnaissance mutuelle" consistant à retenir les dispositions les plus avantageuses de part et d’autre de l’Atlantique, ce qui permettrait aussi de contourner les législations existantes sans devoir les remettre en cause. Si les États conserveraient leur souveraineté sur les produits alimentaires élaborés localement, ils ne disposeraient que d’une« capacité limitée à appliquer leurs politiques à leurs partenaires commerciaux et aux produits importés pour être consommés localement ». En clair, un produit réputé conforme aux États-Unis, même s’il ne répond pas aux normes européennes, pourrait être autorisé à la vente en Europe (la réciproque étant valable).

   Ce principe aurait des conséquences pour la sécurité alimentaire des consommateurs, mais aussi pour les producteurs, soumis à une concurrence déloyale qui les contraindrait à abaisser leurs standards sous peine de disparaître. Sont directement concernées les normes sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes, sur l’utilisation d’antibiotiques et d’hormones dans l’élevage ou sur les additifs alimentaires. C’est-à-dire la rupture des barrières réglementaires, qui sont aussi des barrières sanitaires. La "reconnaissance mutuelle" ne serait qu’une première étape, avant une marche forcée vers "l’harmonisation" des réglementations, au sein du grand marché transatlantique. (...) 

   (...) Souhaitée par les industriels, la "coopération réglementaire" impliquerait en réalité d’étendre les principes majeurs des négociations actuelles pour le TTIP : opacité et influence directe des lobbies. Ladite coopération ne serait rien d’autre qu’une manière de réviser les règles et les standards, et de bloquer leur évolution puisque toutes les décisions – politiques – en faveur d’une plus grande sécurité sanitaire et environnementale pourraient être contestées comme des obstacles au libre-échange.

   Comme l’écrit CEO : « Des organisations comme BusinessEurope et la chambre de commerce américaine ont œuvré en faveur d’un tel scénario de rêve, avant même que les négociations transatlantiques ne commencent. Elles attendent de la coopération réglementaire de pouvoir co-écrire les législations. » Le pire est que la Commission européenne les encourage, en épousant les souhaits de lobbies comme ECPA et Croplife (pesticides) ou FoodDrinkEurope et COPA-COGECA (industries alimentaires et agriculture intensive). Des propositions de sa part, qui ont fuité en décembre dernier, prônent un système de coopération réglementaire permettant des décisions qui esquiveraient toute consultation démocratique. Il consisterait à tuer dans l’œuf toute velléité législative, y compris au niveau des États, avec un dispositif d’alerte dès les premiers stades d’élaboration et les fourches caudines d’une instance américano-européenne chargée d’évaluer l’impact économique des règlementations envisagées pour les industriels.

   Les industries agroalimentaires entendent ainsi se placer à la racine de toutes les initiatives réglementaires et législatives, afin de mieux les bloquer en usant au besoin de la menace de procès contre les États – comme l’ont illustré les dossiers des pesticides ou des OGM, et comme ils l’espèrent au travers des instances arbitrales internationales que le Traité transatlantique pourrait instaurer par dessus les pouvoirs nationaux et européens, et par conséquent au détriment des souverainetés populaires. Dans leur conception, le TTIP est un processus évolutif, impliquant des négociations permanentes et qui ne se limitera pas à ce qu’il établira à court terme : « Même si le texte final n’inclut pas de concessions explicites sur l’alimentation ou l’environnement, la "coopération réglementaire" ouvre la voie à ces concessions. C’est l’aspect le plus dangereux du TTIP, qui verrouillera l’action politique dans de nombreux domaines », conclut CEO. (...)

   (...) Au-delà des dossiers agro-alimentaires, l’enquête de CEO montre que les consultations de la Commission sont totalement déséquilibrées en faveur des lobbyistes : 520 des 560 rencontres organisées pour préparer les négociations, soit 92%, l’ont été avec eux, contre 26 (4%) avec des représentants de la société civile – syndicats ou associations. Un rapport de un à vingt. Il apparaît aussi que presque un tiers des groupements d’intérêts du secteur privé ne figurent pas dans le registre de transparence de l’UE, parmi lesquels des géants comme Walmart, General Motors, France Telecom ou Maersk. Ces données confortent celles récemment collectées à propos de la seule industrie financière, édifiantes quant à la puissance et l’opacité des mécanismes d’influence sur les décisions européennes (lire "Comment le lobby financier condamne Bruxelles à l’impuissance politique").

   « La direction du commerce a activement impliqué les lobbies d’affaires dans la définition des positions de l’UE envers le TTIP, tout en maintenant soigneusement à l’écart les "encombrants" syndicats et organisations citoyennes. Le résultat, ce sont des négociations dominées par les grands intérêts économiques et qui menacent beaucoup de réalisations européennes pour lesquelles les gens se sont battus depuis longtemps, comme la sécurité alimentaire et la protection de l’environnement », a résumé Pia Eberhardt, responsable de la campagne pour CEO.

Notes

   [1] Un e-mail de la direction du Commerce, que s’est procuré CEO, invitait ainsi en octobre 2012 les producteurs de pesticides, via leur lobby ECPA, à faire part de leurs désidératas.

   [2] Traduction imparfaite de "sound science", qui désigne une hypothétique science rigoureuse, officielle.


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(La voleuse de poissons
n'était pas très maligne)


Paintings by Iranian Artist Afarin Sajedi

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Luc Desle

mardi 1 avril 2014

"Il était aussi attachant qu'un boa constrictor". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE BONHEUR
NE S'ATTRAPE PAS AU LASSO)

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(La femme cubique s'entraînant au remplacement
de celle du magicien, pour le tour de
la caisse angulaire)


Untitled #2,from Sculptural Nudes, 2012

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(Le gaz hilarant à effet de serre
était-il vraiment dangereux?)



Lutte contre les gaz à effet de serre : 
quand les actionnaires mettent la pression

Bertrand Stocker, à Washington 

   (...) Alors que le GIEC vient de publier un nouveau rapport alarmant sur le réchauffement du climat, aux Etats-Unis, une coalition d'Organisations Non Gouvernementales (ONG) et d'investisseurs durables tente d'entrainer les actionnaires dans la lutte contre les gaz à effet de serre. La stratégie choisie ? Contraindre les géants pétroliers et énergétiques à afficher les risques qui pèsent sur leur valeur, si le monde s'engage sur la voie d'une économie moins consommatrice de pétrole, de charbon ou de gaz.

   C’est un rapport d’un genre inédit que s’apprête à publier Exxon Mobil. Disponible publiquement sur le site web de la plus grande compagnie pétrolière mondiale, cette étude détaillera comment la valeur de ses actifs risque d'évoluer, si le monde s'engage réellement sur la voie d'une économie moins consommatrice en énergie fossile.

   Les sables bitumineux, dont le bilan carbone est désastreux, ou les gisements en eau très profonde, très coûteux à exploiter, ne risquent-t-ils pas de perdre leur valeur? L'argent des actionnaires est-il réellement bien employé en investissant dans ces énergies qui risquent d'être prise pour cible par des pouvoirs publics soucieux d'éviter la catastrophe écologique? (...)

   (...) La publication de ce rapport est le fruit du travail de pression conjoint de deux actionnaires militants, Arjuna Fund, un gestionnaire de patrimoine spécialisé dans l'investissement durable, et As you sow (Ce que l'on aura semé), une association qui mobilise les investisseurs pour des entreprises plus responsables, notamment sur le plan environnemental.

   Arjuna et As you sow ont menacé Exxon de soumettre une résolution sur le “risque carbone” lors de l'assemblée générale des actionnaires. Ils n'ont accepté de la retirer qu'à la condition que la firme publie cette analyse.

   « C'est un grand pas en avant », se félicite Natasha Lamb, d'Arjuna Fund. « Les investisseurs pourront examiner les éléments d'information fournis par Exxon, analyser les risques », explique-t-elle. Ils pourront ensuite « parvenir à leurs propres conclusions: quels sont les actifs les plus susceptibles d'être dévalués à l'avenir ? Dans quel domaine l'argent est-il le mieux dépensé ? Ne vaut-il pas mieux exiger un rachat de ses propres actions par Exxon si l'entreprise ne peut pas présenter d'investissement avec un profil de risque satisfaisant ? »

   Exxon n'est pas la seule entreprise à avoir été visée par cette forme de pression actionnariale. La démarche d'Arjuna Fund et d'As you sow fait partie d'une campagne menée par Carbon tracker, une ONG britannique, et le Ceres, une coalition américaine d'ONG, de caisses de retraites et d'investisseurs durables, qui affirment ensemble peser près de 3.000 milliards d dollars d'investissements financiers. (...)

   (...) 45 grandes entreprises énergétiques ont été destinataires d'une lettre demandant des informations sur leur “risque carbone” à l'automne, et dix d'entre elles ont été visées par une proposition de résolution à leur prochaine assemblée générale d'actionnaires.

   L’attitude d’Exxon reste pour l’instant un cas unique. Mais d'autres compagnies ont accepté de mieux rendre des comptes sur leur dépendance aux énergies fossiles, comme l’affirme Ryan Salmon, du Ceres. L'électricien américain First Energy, par exemple, va publier un rapport sur l'évolution prévue de ses émissions de carbone, alors que le président Obama a fixé l'objectif de réduire celle-ci de 80% d'ici 2050.

   Avec ces rapports ou résolutions, « nous faisons avancer la conversation sur le risque que le changement climatique fait peser sur les producteurs d'énergies fossiles », se félicite Ryan Salmon. « Il est tout à fait clair désormais que ce risque est en tête des préoccupations de certains investisseurs. Bloomberg vient d’ailleurs de lancer un outil d'évaluation du risque carbone des entreprises, disponible sur les écrans des traders ».

   L'an dernier, près de 20% d'actionnaires avait voté favorablement une résolution sur le risque carbone, lors de l'assemblée générale de Consol Energy, un producteur américain de gaz naturel et de charbon.

   L'Agence internationale de l'Energie estime qu'il ne faut pas consommer plus d'un tiers des ressources prouvées des ressources prouvées d'énergie fossiles de la planète d'ici 2050, pour éviter un réchauffement climatique de 2 degrés.
© 2014 Novethic - Tous droits réservés


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(Cet homme à femmes s'aimait lui-même)


Ulay, S’he, 1972.

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Benoît Barvin

lundi 15 avril 2013

"L'Homme Invisible avait toujours été adepte de la transparence, mais sans beaucoup de succès". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ES-TU LE FUNAMBULE
SOUMIS AU VERTIGE?)

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(Hyènes OGM fêtant grossièrement leur victoire)


Le "Monsanto act" met les OGM 
au-dessus de la loi aux Etats-Unis
Grégoire Allix

   (...) C'est un amendement discret glissé dans une loi budgétaire pour l'agriculture aux Etats-Unis, mais il provoque scandale et stupéfaction chez les défenseurs de l'environnement et les ennemis des OGM : la justice américaine ne pourra plus s'opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si leur homologation est contestée devant un tribunal. Une disposition perçue comme un cadeau aux géants de l'agrochimie, Monsanto en tête.(...)

   (...) Que dit l'article 735 de ce texte de loi, affublé du surnom de "Monsanto Protection Act" et désormais voté par le Congrès et approuvé par le président Barack Obama? Que "dans le cas où une décision [d'autorisation de culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l'agriculture doit (...), sur simple demande d'un cultivateur, d'un exploitant agricole ou d'un producteur, accorder immédiatement une autorisation ou une dérogation temporaire."

   Au cas où la finalité commerciale de l'opération n'irait pas de soi, l'article précise que les autorités doivent "s'assurer que les cultivateurs ou d'autres acteurs sont en mesure de déplacer, planter, cultiver, introduire dans le commerce" les semences en question et les cultures qui en sont issues.

   Pour Greenpeace Canada, "la signature de cette loi par le président Obama ne permettra plus aux tribunaux américains d'empêcher la vente et la plantation de plantes OGM même si elles n'ont pas été approuvées par le processus pourtant déjà laxiste des autorisations et quelles que soient les conséquences pour l'environnement ou la santé".

   Les ONG soupçonnent le sénateur républicain du Missouri, Roy Blunt, décrit par le magazine Mother Jones, le 4 avril, comme "l'homme de Monsanto à Washington", d'être l'auteur de cet amendement. La firme a son siège à Saint Louis et finance de longue date les campagnes politiques de M. Blunt.

   D'autres élus ont tenté de s'opposer au texte, comme le sénateur démocrate du Montana Jon Tester. Selon lui, par cette loi, le gouvernement contraint son propre ministère de l'agriculture à "ignorer une décision d'un tribunal qui interdise la plantation de cultures OGM parce qu'elles sont illégales". Une autre sénatrice démocrate, Barbara Mikulski (Maryland), a présenté des excuses publiques pour l'adoption de cette loi. (...)
Lire la suite sur:

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(Robe imperméable transparente
pour SDF femelle)


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(Gauchiste olé-olé militant pour la transparence
du Libéralisme)


La transparence, 
fille de la gauche et du libéralisme
Pascal Riché 

   (...)  La transparence, qui est contre ? Personne : elle fait consensus, du Medef au Front de gauche. On ne critique jamais la transparence, même si elle agace : tout au plus dénonce-t-on son prétendu excès. Pour s’en prendre à elle, il faut lui adjoindre un autre mot, plus péjoratif. Exemples :

   Obsession de la transparence : « Je crois beaucoup au secret (et j'en ai abusé?). Ça peut être un atout considérable dans un monde hypermédiatisé qui a l’obsession de la transparence » (Jacques Chirac, propos recueillis par Franz-Olivier Giesbert).

   Totalitarisme de la transparence : « La transparence absolue, c’est le début du totalitarisme... La transparence, ça veut dire qu’il n’y a plus d’intimité, plus de discrétion ; plus rien n’a d’épaisseur dans la transparence, à commencer par les êtres humains [...] on n’est plus responsable de rien, il faut juste faire attention de ne jamais rien dire » (Henri Guaino) (toujours le mot pour rire notre Guano national).

   Névrose de la transparence : « Je suis favorable au contrôle du patrimoine des élus par un organisme indépendant, il n’y a pas de raison que ces informations se retrouvent sur la place publique. La transparence ne doit pas être une exigence névrotique » (Jean-Luc Mélenchon). (...)

   La transparence est un thème partagé par deux courants de pensée : le libéralisme et la gauche non-totalitaire. C’est ainsi que de drôles de jonctions ont parfois lieu. Récemment, un référendum suisse a rendu la fixation de la rémunération des patrons des sociétés cotées plus transparente vis-à-vis des actionnaires. C’est un chef d’entreprise, parlementaire, apparenté au parti de droite UDC, qui a poussé cette proposition ; c’est la gauche européenne qui a applaudi.

   Les libéraux croient à une société de responsabilité : personne ne doit avoir honte de ce qu’il fait et ce qu’il est. La transparence est le pendant naturel de cette responsabilité (sauf dans les affaires?).

   Par ailleurs, elle participe du bon fonctionnement de l’économie de marché : les travers induits par l’opacité des relations entre les agents économiques (passe-droits, pistons, conflits d’intérêts...) sont autant d’entraves à la répartition optimale des ressources.

   C’est la transparence qui permet la prévisibilité et l’évaluation des actions des décideurs, c’est elle qui empêche les abus de pouvoir. Aujourd’hui, les libéraux associent « transparence » à « bonne gouvernance ».(...)

   La gauche française porte également en elle une revendication de transparence. C’est une tradition qui remonte aux Lumières : il faut sortir de l’opacité des ordres et des corporations, rendre la connaissance accessible à tous, rompre avec les relations de sujétions obscures...

   La psychanalyse et le structuralisme vont venir renforcer cette aspiration à la transparence, qui trouvera son apogée dans le sillage de Mai 68, analyse Stéphane Arbin dans un article publié en 2008 [PDF].

   Tout ce qui est caché, tout ce qui est enfoui, doit être mis au grand jour : de l’exploitation des travailleurs aux désirs sexuels, en passant par les textes censurés. Le mot de « transparence » prend alors son essor dans le vocabulaire politique.  C’est la gauche libertaire qui a reçu tout cela en héritage, et il n’est pas étonnant de voir aujourd’hui les écologistes être les plus en pointe dans la divulgation de leur patrimoine.(...)

   Quand des auteurs de la gauche de la gauche critiquent la transparence, ce n’est pas l’idée même qui est visée, c’est son détournement. Ils pointent le fait qu’elle est entrée dans la novlangue dominante, de même que « gouvernance » ou « moralisation ».

   Eric Hazan lui consacre ainsi quelques pages dans son petit livre « La LQR ». Selon l’éditeur engagé, le mot s’est paradoxalement mis au service de ceux qui entretiennent l’opacité (politique, financière, policière...). La transparence est devenue un outil permettant de rendre acceptables certains scandales, comme les rémunérations pharaoniques des patrons.

   Malgré tout, l’exigence de transparence fait son chemin, sous la double pression du libéralisme et de la gauche. La rencontre des deux courants a eu lieu à la faveur de la mondialisation et des luttes qu’elle a engendrées.

   A la fin des années 90, de nombreuses ONG, imprégnées de culture anglo-saxonne, ont ainsi protesté contre le secret entourant les négociations commerciales. Pour tuer l’ACTA, un projet d’accord controversé, les opposants prônaient la « stratégie Dracula » : il suffirait de mettre en lumière ce projet pour qu’il s’évapore de lui-même. (...)

Lire sur:

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Benoît Barvin

jeudi 11 avril 2013

"Satan, de prime abord, était quelqu'un de très chaleureux". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(DANSE DANS LES ETOILES
EN GARDANT LES PIEDS SUR TERRE)

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"Qu'ils essaient de me donner...
Qu'ils essaient... Mon Donateur,
il n'est pas de ce monde..."

blogs.lexpress.fr

RUSSIE 
Les danseuses du ballet seraient offertes 
aux généreux donateurs...
C.C.

   (...) Le Bolchoï au cœur de la tourmente. Après l’agression à l’acide de son directeur artistique commanditée en janvier par l’un des danseurs du fameux ballet russe, une ex-danseuse l’a comparé dimanche à un «bordel géant», a rapporté mercredi ABC News.

   Anastasia Volochkova a révélé que ses ex-congénères étaient livrées aux désirs sexuels des riches mécènes du ballet lors de grandes fêtes organisées par ces derniers. Selon elle, tout refus de la part des danseuses pouvait avoir des conséquences sur leur carrière.

   Mais Anastasia Volochkova, renvoyée du Bolchoï en 2003 car jugée trop grosse, est une personnalité controversée en Russie. Citée par ABC News, la direction du ballet a réagi mardi en refusant de commenter ces «propos sales et absurdes». (...)


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"Hop! 
Si à l'Opéra de Paris on veut m'envoyer de l'acide...
Hop! J'évite! Hop! Je saute!"



Le Bolchoï  nie offrir ses ballerines 
aux donateurs riches

   (...) Ancienne étoile de ballet, Anastasia Volotchkova a fait sensation, dans un talk show russe, ce dimanche (31 mars 2013), en qualifiant le théâtre du Bolchoï de "bordel géant."

   La jeune femme a affirmé que certaines ballerines avaient été contraintes par la direction du théâtre d'assister à des parties fines organisées par ses plus grands bailleurs de fonds, parties qui se seraient terminées  au lit avec de riches hommes d'affaires. Elle a affirmé que certaines ayant refusé, cela pourrait avoir de fâcheuses répercussions professionnelles au sein du théâtre.

   Anastasia Volotchkova a été renvoyée par le Bolchoï en 2003, parce que la compagnie la trouvait trop "grosse".

   Le directeur général du Bolchoï, Anatoly Iksanov, a rejeté ces allégations, affirmant, selon les médias russes, "Je ne commente ni la saleté ni les non-sens."

   Hier, le porte-parole du théâtre, Katerina Novikova, s'est refusé à tout commentaire concernant des revendications internes qui ont agité la troupe. Ces revendications font suite à  l'attaque à l'acide qui a été commis sur le directeur artistique du théâtre en Janvier.

   En effet, Sergei Filin a été aspergé avec de l'acide sulfurique alors qu'il se dirigeait vers son immeuble, le 17 janvier 2013. Plus tard, la police a arrêté Pavel Dmitrichenko, un danseur du Bolchoï, et deux autres individus, pour avoir prétendument ordonné et réalisé cette attaque.

   Certains, dans le théâtre, pointent le doigt vers d'autres danseurs de haut niveau qui seraient accusés d'avoir fomenté cet attaque. La semaine dernière, cependant, plusieurs centaines d'employés du Bolchoï ont signé une lettre soutenant Pavel Dmitrichenko, lettre qui expliquait que son aveu lui aurait été extorqué.

   Rappelons que Sergei Filin a subi de graves brûlures au visage et qu'il est actuellement en convalescence dans un hôpital allemand où les médecins se battent pour sauver sa vue.

(Texte original traduit et reformaté par Nadine Estrella)


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(Cette électrice avait une manière bien à elle
de traiter les politiciens menteurs)

Audrey Hepburn

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"Vous donner à vous, les déposants? 
Sans contrepartie?
Mais n'est-ce pas déjà ce que nous faisons?"


Donner, 
c'est bon pour l'économie
Catherine Bernard

   (...) Donner? Dans une société marchande, où l'économie repose sur l'échange, pourquoi serait-il judicieux de donner? Voire d'ériger le don en véritable outil économique comme le propose l'auteur? N'est-ce pas même limite dangereux puisque que l'on risque ainsi de financer des projets sans intérêt?

   Eh bien figurez-vous que le don peut, dans certaines circonstances, se révéler plus rentable que l'échange monétaire. Précisons à ce stade que Jean-Michel Cornu ne s'intéresse pas à n'importe quelle forme de don: le seul don qui vaille, pour lui, est le don «désintéressé», autrement dit celui qui n'attend pas de contrepartie de la part de la personne à qui l'on a donné. Exit donc le mécanisme du don-contre don cher à Marcel Mauss: celui-là n'est qu'une forme d'échange décalé dans le temps et où les valeurs monétaires ne s'équilibrent pas nécessairement.

   Non: Jean-Michel Cornu parle bien du don sans réciprocité motivé seulement par le désir de rendre heureux, ou de secourir des personnes. Et cette forme de don remplit parfois des fonctions précieuses que l'échange monétaire, lui, ne sait pas satisfaire.(...)

   (...) Par exemple: c'est mathématique, le don ne crée pas, par définition, de dette. Rien n'empêche donc de multiplier les dons, sans pour autant mettre en cause la solvabilité à terme des personnes ou des groupes qui en profitent. Une façon, en quelque sorte, de remettre les compteurs à zéro. 

   Autre différence: dans l'échange, le vendeur et l'acheteur éprouvent chacun un besoin que la transaction satisfait simultanément. Quitte à ce que le vendeur use et abuse du marketing pour «créer» un besoin naguère inexistant chez l'acheteur. Le don en revanche est motivé par une seule chose: le besoin de celui à qui l'on donne. Il régule donc mieux la production de richesses, et se révèle plus efficace que l'échange en termes de répartition de ces richesses: elles peuvent circuler y compris chez les moins solvables.

   Enfin, le don peut créer de la valeur de façon illimitée: un petit don pour moi peut avoir une importance considérable pour celui qui reçoit. C'est bien du reste sur ce thème que pas mal d'ONG fondent leurs campagnes de collecte. Et c'est ainsi, aussi, qu'ont été mis au point des concepts comme le «pay it forward». Là, le don initial est bien désintéressé –le premier donateur ne reçoit rien en échange–, mais le bénéficiaire doit ensuite réaliser trois dons nouveaux, à trois personnes distinctes. (...)
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Jean-Michel Cornu, 
Editions Fyp

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Benoît Barvin