Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
Affichage des articles dont le libellé est scandale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est scandale. Afficher tous les articles

lundi 25 août 2014

"J'emprisonnai le fils de mon voisin dans une pièce empuantie par l'odeur infâme de sardines que faisait griller son père, tous les week-ends, dans son jardin". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

@@@

Pensées pour nous-mêmes:

(N'ATTENDS PAS DU MAÎTRE QU'IL NE 
T'INDIQUE PAS LA MARCHE A SUIVRE)

@@@

(Alice avait sacrément mal tourné)


Giggle their true nature revealed
(Source : lordwanjavi, via whateversexy)

@@@

(Les lobbyistes transatlantiques avançaient masqués)



Le Partenariat transatlantique, 
outil de démolition de la sécurité sanitaire 
et environnementale


   (...) Un véritable déploiement de forces : ainsi peut-on résumer l’action des lobbies agro-industriels auprès de la Commission européenne dans le contexte des négociations sur le Partenariat transatlantique entre l’UE et les États-Unis (TTIP, TAFTA ou GMT – lire "C’est quoi le Partenariat transatlantique ?"). L’ONG Corporate Europe Observatory a récemment publié une enquêtesur les rencontres entre les représentants des différents secteurs économiques concernés, indiquant notamment que les multinationales de l’alimentation, les traders de denrées et les semenciers ont eu plus de contacts avec la Direction générale du commerce que les industries pharmaceutique, chimique, automobile et financières réunies.

   C’est dans les domaines sensibles de l’alimentation et de l’environnement que s’exerce l’action des lobbies agro-industriels sur les négociations transatlantiques, comprenant bien quelles opportunités elles présentent pour eux – le tout dans une confortable discrétion, que les mobilisations ont fini par compromettre au cours des derniers mois. Malgré les réassurances données par le commissaire au Commerce Karel de Gucht ou le président Obama lui-même, les demandes de ces secteurs ont bien été mises sur la table par les négociateurs. Notamment américains, s’agissant de remettre en cause les législations européennes restrictives sur les OGM ou la viande aux hormones, mais aussi européens [1]. (...)

   (...) La volonté, en matière de sécurité alimentaire, d’introduire la nécessité de "certitudes scientifiques" [2]pour interdire des substances, des produits ou des modes de production revient à remettre en cause le principe de précaution. L’application de ce dernier s’est étendue en Europe au cours des dernières années (par exemple pour les OGM ou des substances comme les parabens ou le bisphénol A), en s’appuyant sur des présomptions de risques, sans attendre une unanimité scientifique qui survient – on l’a vu dans les différents scandales sanitaires – toujours trop tard. Ce sont particulièrement les politiques de santé européennes, plus contraignantes que leurs équivalents états-uniens (notamment parce qu’elles s’attachent à toutes les étapes de la production, et pas seulement au produit fini), qui sont visées. Alors que les industriels vantent leur référence à cette science rigoureuse, eux-mêmes préservent la plus grande opacité sur leurs propres recherches, combattant les initiatives en faveur de l’accès des citoyens à leurs données.

   Les programmes européens d’encadrement des perturbateurs endocriniens et de recherche sur leurs effets sont particulièrement dans le collimateur des intérêts privés, malgré un consensus scientifique toujours plus large sur l’urgence d’agir. Sous la pression des lobbies, la Commission et la Direction générale de la santé et des consommateurs ont entrepris des démarches dilatoires visant, selon la députée verte Michèle Rivasi, à retarder les démarches réglementaires et scientifiques jusqu’à la signature du traité. « Les initiatives contre ces substances chimiques constituent un engagement acquis de l’Union européenne, mais elles sont désormais violemment attaquées par les entreprises transnationales, qui se servent du TTIP comme d’un outil de démolition », résume Corporate Europe Observatory. (...)

   (...) Pour parvenir à leurs fins, les industriels comptent sur plusieurs leviers, comme la notion de "reconnaissance mutuelle" consistant à retenir les dispositions les plus avantageuses de part et d’autre de l’Atlantique, ce qui permettrait aussi de contourner les législations existantes sans devoir les remettre en cause. Si les États conserveraient leur souveraineté sur les produits alimentaires élaborés localement, ils ne disposeraient que d’une« capacité limitée à appliquer leurs politiques à leurs partenaires commerciaux et aux produits importés pour être consommés localement ». En clair, un produit réputé conforme aux États-Unis, même s’il ne répond pas aux normes européennes, pourrait être autorisé à la vente en Europe (la réciproque étant valable).

   Ce principe aurait des conséquences pour la sécurité alimentaire des consommateurs, mais aussi pour les producteurs, soumis à une concurrence déloyale qui les contraindrait à abaisser leurs standards sous peine de disparaître. Sont directement concernées les normes sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes, sur l’utilisation d’antibiotiques et d’hormones dans l’élevage ou sur les additifs alimentaires. C’est-à-dire la rupture des barrières réglementaires, qui sont aussi des barrières sanitaires. La "reconnaissance mutuelle" ne serait qu’une première étape, avant une marche forcée vers "l’harmonisation" des réglementations, au sein du grand marché transatlantique. (...) 

   (...) Souhaitée par les industriels, la "coopération réglementaire" impliquerait en réalité d’étendre les principes majeurs des négociations actuelles pour le TTIP : opacité et influence directe des lobbies. Ladite coopération ne serait rien d’autre qu’une manière de réviser les règles et les standards, et de bloquer leur évolution puisque toutes les décisions – politiques – en faveur d’une plus grande sécurité sanitaire et environnementale pourraient être contestées comme des obstacles au libre-échange.

   Comme l’écrit CEO : « Des organisations comme BusinessEurope et la chambre de commerce américaine ont œuvré en faveur d’un tel scénario de rêve, avant même que les négociations transatlantiques ne commencent. Elles attendent de la coopération réglementaire de pouvoir co-écrire les législations. » Le pire est que la Commission européenne les encourage, en épousant les souhaits de lobbies comme ECPA et Croplife (pesticides) ou FoodDrinkEurope et COPA-COGECA (industries alimentaires et agriculture intensive). Des propositions de sa part, qui ont fuité en décembre dernier, prônent un système de coopération réglementaire permettant des décisions qui esquiveraient toute consultation démocratique. Il consisterait à tuer dans l’œuf toute velléité législative, y compris au niveau des États, avec un dispositif d’alerte dès les premiers stades d’élaboration et les fourches caudines d’une instance américano-européenne chargée d’évaluer l’impact économique des règlementations envisagées pour les industriels.

   Les industries agroalimentaires entendent ainsi se placer à la racine de toutes les initiatives réglementaires et législatives, afin de mieux les bloquer en usant au besoin de la menace de procès contre les États – comme l’ont illustré les dossiers des pesticides ou des OGM, et comme ils l’espèrent au travers des instances arbitrales internationales que le Traité transatlantique pourrait instaurer par dessus les pouvoirs nationaux et européens, et par conséquent au détriment des souverainetés populaires. Dans leur conception, le TTIP est un processus évolutif, impliquant des négociations permanentes et qui ne se limitera pas à ce qu’il établira à court terme : « Même si le texte final n’inclut pas de concessions explicites sur l’alimentation ou l’environnement, la "coopération réglementaire" ouvre la voie à ces concessions. C’est l’aspect le plus dangereux du TTIP, qui verrouillera l’action politique dans de nombreux domaines », conclut CEO. (...)

   (...) Au-delà des dossiers agro-alimentaires, l’enquête de CEO montre que les consultations de la Commission sont totalement déséquilibrées en faveur des lobbyistes : 520 des 560 rencontres organisées pour préparer les négociations, soit 92%, l’ont été avec eux, contre 26 (4%) avec des représentants de la société civile – syndicats ou associations. Un rapport de un à vingt. Il apparaît aussi que presque un tiers des groupements d’intérêts du secteur privé ne figurent pas dans le registre de transparence de l’UE, parmi lesquels des géants comme Walmart, General Motors, France Telecom ou Maersk. Ces données confortent celles récemment collectées à propos de la seule industrie financière, édifiantes quant à la puissance et l’opacité des mécanismes d’influence sur les décisions européennes (lire "Comment le lobby financier condamne Bruxelles à l’impuissance politique").

   « La direction du commerce a activement impliqué les lobbies d’affaires dans la définition des positions de l’UE envers le TTIP, tout en maintenant soigneusement à l’écart les "encombrants" syndicats et organisations citoyennes. Le résultat, ce sont des négociations dominées par les grands intérêts économiques et qui menacent beaucoup de réalisations européennes pour lesquelles les gens se sont battus depuis longtemps, comme la sécurité alimentaire et la protection de l’environnement », a résumé Pia Eberhardt, responsable de la campagne pour CEO.

Notes

   [1] Un e-mail de la direction du Commerce, que s’est procuré CEO, invitait ainsi en octobre 2012 les producteurs de pesticides, via leur lobby ECPA, à faire part de leurs désidératas.

   [2] Traduction imparfaite de "sound science", qui désigne une hypothétique science rigoureuse, officielle.


@@@

(La voleuse de poissons
n'était pas très maligne)


Paintings by Iranian Artist Afarin Sajedi

@@@
Luc Desle

samedi 2 août 2014

"Ce pêcheur amateur demanda à acheter une poignée d'artichauts". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

µµµ
Pensées pour nous-mêmes:

(LES CAILLOUX LAVÉS PAR
LA RIVIÈRE RESTENT DES CAILLOUX)

µµµ

(Ce Maître-espion, même en vacances,
continuait à travailler)



µµµ

"Hihihi... Cette cité lacustre sous les eaux,
c'est rigolo..."



ROUMANIE
Constantza, une cité balnéaire à la dérive

IULIA BADEA-GUÉRITÉE

   (...) Constantza, principale ville roumaine sur les rives de la mer Noire, fait régulièrement la une des journaux du pays. La cité est au centre d'un scandale politique majeur depuis le début de l'été : Mircea Basescu, originaire de Constantza et frère du président roumain, a été mis en examen le 14 juillet pour trafic d'influence, annonce Ziua de Constanta. Les mauvaises langues n'hésitent pas à soutenir que son frère, Traian Basescu, n'en sortira pas indemne. A quatre mois de l'élection présidentielle, même si le président actuel ne peut pas se représenter, le scandale affaiblit la droite.

   Quant au maire centre gauche de la ville, Radu Mazare, “mis en examen depuis 2005 pour diverses affaires concernant la restitution des terres confisquées par les communistes”, selon le quotidien, il n'en finit pas de faire parler de lui. Fêtard invétéré et amateur de mises en scène rocambolesques, il finance avec l'argent public les événements qu'il organise – où il apparaît déguisé tantôt en Hitler, tantôt en César. Le dernier carnaval en date, organisé le 5 juillet pour son anniversaire, lui a valu des tombereaux d'insultes sur les réseaux sociaux. Une cinquantaine de personnes seulement ont eu le courage de se rassembler devant la mairie pour protester. (...)

   (...) Radu Mazare n'est pas le seul notable de la ville à avoir maille à partir avec la justice : une demande d'extradition a été lancée aux Etats-Unis à l'encontre du président du conseil départemental, Nicusor Constantinoiu. L'archevêque Teodosie, quant à lui, est accusé de complicité de corruption... Au point que, pour la journaliste Ada Codau, la célèbre ville portuaire et balnéaire, qui fut la terre d'exil du poète Ovide, est devenue “la fierté du pays en matière de scandales”.

   L'agglomération urbaine est à la dérive. Le maire n'a ni le temps ni l'argent nécessaires pour restaurer le lustre d'une ville jadis prisée des touristes, avec son aéroport et ses nombreuses attractions. Ni même pour ce qui est de restaurer le fleuron de la ville, son casino historique.

   Exaspérés, les habitants, inspirés par l'initiative d'une ONG bucarestoise de jeunes architectes et designers nommée Calup, ont décidé de prendre les choses en main : le casino ouvrira ses portes du 1er au 10 août pour accueillir un événement artistique qui mêle littérature, histoire et musique de l'entre-deux-guerres. Le tout sera financé par crowdfunding… Pour les habitants de cette “république dans la République”, surnom de Constantza sur les réseaux sociaux, il est temps d'organiser eux-mêmes leurs réjouissances.


µµµ

"La... blub, blub... taxe sur l'air... blub, blub,
Moi je m'en balance"


laestlaquestion.tfo.org

VENEZUELA
L'aéroport de Caracas 
impose une taxe sur l'air


   (...) C’est une première mondiale, selon El Universal : désormais les passagers au départ de Caracas devront s’acquitter d’un impôt de 127 bolivars, soit une vingtaine de dollars, pour le nouveau système de climatisation. Ce système, qui insuffle de l’ozone dans l’air afin de supprimer les particules, répond avant tout à une question de sécurité, selon le vice-président du Conseil législatif qui a décidé du tarif de l’impôt vendredi (fin juillet).

   Cette taxe s’ajoutera au prix des billets coûteux, en raison notamment des récentes suspensions de vols de compagnies aériennes occidentales. Ces compagnies, telles que Delta Air Lines ou American Airlines, ont pris la décision de réduire la fréquence des vols à destination et en provenance du pays pour cause d’impayés gouvernementaux.


µµµ
Benoît Barvin

samedi 7 décembre 2013

"Ce martyr s'insurgea contre ses bourreaux qui faisaient mal leur boulot". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

+++
Pensées pour nous-mêmes:
(LE BONHEUR POUSSE DANS LES ETOILES)

+++
(La vieillesse avait bien changé)


(Source: fuckanimals, via viva-la-ink)

+++

(Prisonnier de Guantanamo reconduit dans son 
home résidentiel en limousine américaine)


Pour la restitution à Cuba 
du territoire occupé par la base militaire US 
de Guantanamo
 (Granma)

   (...) Des pacifistes du monde entier se sont donnés rendez-vous dans la province de Guantanamo pour exiger la restitution à Cuba du territoire illégalement occupé depuis plus d’un siècle par la base navale des États-Unis.

   Cette revendication était au centre du 3e Séminaire pour la paix et pour l’élimination des bases militaires étrangères, qui a tenu séance pendant trois jours dans la province de l’est de l’île.

   Prenant la parole à ce séminaire, Silvio Platero, président du Mouvement cubain pour la paix et la souveraineté, a souligné que cette revendication est une question de principes.
  
   Pour sa part, René Gonzalez, président de l’Institut d’Histoire de Cuba, a qualifié la présence de la base navale des États-Unis à Guantanamo d’absurdité stratégique, militaire et politique.

   Selon Gonzalez, l’enclave que les États-Unis occupent contre la volonté du gouvernement et du peuple cubains constitue un foyer de tension susceptible de servir de prétexte à une agression. « Cette base est d’autant plus absurde que plusieurs hauts responsables militaires étasuniens ont signalé que Cuba ne constitue aucune menace pour la sécurité nationale des États-Unis », a-t-il rappelé.

   Parmi les personnalités présentes à ce séminaire figuraient la présidente du Conseil mondial pour la paix, la Brésilienne Maria do Socorro Gomes, et l’ancien procureur général des États-Unis, Ramsey Clark. (c'est tout?)

   Les autorités cubaines sont opposées à la présence de cette enclave militaire, considérée comme la plus ancienne base des États-Unis hors du continent nord-américain et la seule située dans un pays n’ayant pas de relations diplomatiques avec eux. Elle constitue une violation de la souveraineté et de l’intégrité de Cuba, ainsi que du Droit international.

   Depuis 2002, la base navale abrite une prison militaire de haute sécurité que les États-Unis ont transformé en un centre de torture

   Rappelons que Washington a occupé ce territoire au début du XXe siècle en vertu d’instruments juridiques imposés à Cuba comme condition pour accéder à son indépendance formelle suite au retrait de l’armée coloniale espagnole.

   Ce Séminaire, de fréquence biennale, qui réunit des dirigeants de mouvements populaires, pacifistes et des activistes sociaux de nombreux pays, se veut une tribune pour exiger la fin de la domination impérialiste.

PL, La Havane, le 20 Novembre 2013.


+++
(Certaines femmes musulmanes étaient décourageantes)


(Source: National Geographic, via nevver)

+++
Benoît Barvin

mercredi 18 septembre 2013

"Dans son enfance le petit Jésus était beau comme un Dieu". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

@@@
Pensées pour nous-mêmes:

(NE FARDE PAS LA FEMME
QUI EST EN TOI)

@@@

"Comment-ça-c'est-pas-de-cette-manière-
qu'on-range-le-manger?"


The Mummy (1959)


@@@

"Ils m'ont enfermée car je savais que Soren Kierkegaard est
un philosophe existentialiste..."

Elvira


Etats-Unis :
 le ras-le-bol des femmes philosophes
Clémence Faber


   (...) L'affaire a agité le milieu universitaire américain pendant tout l'été. Colin McGinn, éminent philosophe du langage, a dû quitter ses fonctions à l'Université de Miami, fin juillet, accusé de harcèlement sexuel par l'une de ses étudiantes. Il lui aurait envoyé plusieurs mails contenant des propositions graveleuses. Il s’est défendu en invoquant sa connaissance supérieure des subtilités du langage, subtilités qui auraient, selon lui, échappé à sa jeune étudiante.

   Le scandale aura au moins eu le mérite de révéler un problème qui ne date pas d'hier. Dans les départements de philosophie, les enseignantes et étudiantes ont la vie dure. Tout l'été, les langues se sont déliées sur les blogs et les forums, pour dénoncer un sexisme ambiant. Face à ce déferlement, le «New York Times» a même choisi d'ouvrir ses colonnes à cinq femmes philosophes. Le constat est amer, et unanime. (...)

   «Aux Etats-Unis, seulement 17% des philosophes employés à plein temps sont des femmes», s’indigne Jennifer Saul sur son blog «What is it like to be a woman in Philosophy?» («Qu’est-ce qu’être une femme en philosophie?»). Diplômée de Princeton, elle dirige le département de philo de l’Université de Sheffield, en Angleterre. Elle a créé ce blog en 2010. «Je n’étais pas préparée à ce qui est arrivé: presque immédiatement, le blog a été inondé de témoignages de harcèlement sexuel.» Depuis, elle dénonce inlassablement l’impunité des collègues fautifs, qui agissent pourtant au vu et au su de tous, ou la complicité des institutions universitaires.
   Car McGinn n'a pas tardé à recevoir des soutiens. A Harvard, Steven Pinker a écrit une lettre au département de philosophie de l’université de Miami. Avec emphase, il y déplore sa démission et affirme au nom de son département de psychologie que ce licenciement «est susceptible d’entraver la communication entre la faculté et les étudiants, l’ouverture et la spontanéité dont dépend la scolarité.»

   Louise Antony, professeur de philo à l'Université du Massachusetts, doute dans le «New York Times» que le fait de considérer une conversation lubrique comme une faute grave constitue une menace pour l’enseignement. «Ne sommes-nous pas un brin catastrophistes?», ironise-t-elle: La réaction surchauffée de Pinker sur les événements de Floride est symptomatique de l'atmosphère d’anxiété masculine qui flotte dans les couloirs de l’académie. J’entends constamment des hommes stressés expliquer ce que "tout ce bazar" de règles contre le harcèlement sexuel pourrait avoir comme conséquences sur leur quotidien: "Je ne peux donc même plus dire à une femme qu’elle est jolie ?" J’ai entendu en salle des profs : "Gardez toujours la porte ouverte quand vous parlez à une étudiante, on ne sait jamais ce qu’elle pourra dire plus tard."»

   Et Louise Antony de remettre les pendules à l’heure: on recense très peu de cas de déposition ou de mises en examen d’universitaires pour harcèlement sexuel. A l’inverse, assure-t-elle, presque toutes les femmes dans la profession pourraient donner quatre ou cinq exemples de comportements grossiers de professeurs mâles, passés totalement inaperçus. Quel est le vrai problème ici ? La véritable inquiétude des hommes vient du fait qu’ils vont avoir à changer leurs habitudes. Ils devront ménager ce qu’ils diront aux enseignantes et aux étudiantes. Ils devront réfléchir à deux fois avant de draguer de jolies doctorantes pendant les conférences."»

   Louise Antony conclut avec d’ironiques conseils donnés aux vilains garçons: regarder leurs collègues dans les yeux pendant une conversation, se renseigner sur les dégâts du harcèlement sexuel sur les étudiantes… «Quoi que vous fassiez, ne me dites pas que le coût de votre vigilance renforcée sera la perte de relations pédagogiques "ouvertes et spontanées". Je ne gobe pas ça.» (...) 

   En 2003, le pourcentage de femmes occupant des postes d’enseignant à temps plein dans le domaine était de 16,6%, sur 13.000 philosophes recensés. Cette année-là, 27,1% des doctorants étaient des femmes. Sally Haslanger, toujours dans le «New York Times», préfère en rire: Beaucoup d’entre nous ont fait l’expérience d’être questionnées par un voisin dans l’avion : "Que faites-vous dans la vie ?" (…) Quand je réponds que je suis philosophe, la réaction est régulièrement le rire. Une fois, j’ai demandé à mon interlocuteur pourquoi il riait, et la réponse fut: "Je vois les philosophes comme de vieux bonshommes barbus, ce que vous n’êtes pas ! Vous êtes trop jeune et trop jolie pour être philosophe." Je suis sûre qu’il voyait ça comme un compliment, néanmoins j’ai arrêté de me déclarer philosophe.»

   Le philosophe est-il uniquement cet homme de raison à la barbe de Dumbledore ? Rae Langton, professeur de Philosophie à l’Université de Cambridge, voit dans cette caricature un héritage historique: l'étude de la philosophie commence souvent par son histoire, laquelle s’ouvre avec Socrate bannissant les femmes gémissantes avant d’amorcer un véritable travail de philosophie. Il est tentant de voir dans l’héritage philosophique une filiation exclusivement masculine.

   Ainsi, souligne Rae Langton, des femmes qui ont marqué l'histoire de la philosophie se voient évincées de l’enseignement de la philo à l’université. Comme la princesse Elisabeth de Bohême, qui dans sa correspondance avec Descartes opposa une pertinente objection au système cartésien. Ou encore comme Maria Von Herbert, étrangement absente des dernières biographies de Kant, déplore Rae Langton, alors qu'elle provoqua chez le philosophe un questionnement profond. Avec de telles évictions, nous laissons tomber des philosophes du passé, du présent, et du futur. Nous nourrissons les stéréotypes, et les préjugés que Descartes méprisait.»


@@@

"Comment ça, belle pouliche?
Qui c'est qu'a dit ça?!"


Nathalie wood

@@@
Luc Desle

lundi 8 juillet 2013

"Il lisait des livres aux pages blanches pour se reposer l'esprit". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

µµµ
Pensées pour nous-mêmes:

(N'AIME NI NE DÉTESTE
MAIS AIDE)
µµµ

Long Texte au long cours (2/3). 
Blanche Baptiste


   La jeune Lucie se souvient de son enfance et de ces travailleurs espagnols qui venaient, chaque année, pour les vendanges... 


HAUTES DILUTIONS



   Marcel finissait de décharger la camionnette. Et le gros de la troupe était là en train de rassembler ses affaires. Matilda, la doyenne, toujours alerte malgré ses soixante deux ans. Puis venaient José, son fils et sa femme Cristina , Santiago, un de ses frères, et d’autres adultes dont les noms échappaient à Lucie. Enfin, sortant du fourgon, les jeunes Camillo, Luis, José… Mais elle avait beau chercher Ricardo du regard, elle ne le voyait pas. Elle avait failli sortir avec lui l’année précédante et ensuite, pendant onze mois, il avait occupé ses rêveries. Du coup, elle n’était pas une seule fois allée en discothèque. 

   Penser à Ricardo lui avait suffi et lui avait donné assez d’énergie pour bûcher son bac comme une dingue. D’ailleurs, elle avait toujours fonctionné comme cela depuis qu’elle avait mis les pieds au lycée. La présence lointaine de fiancés potentiels et la certitude de leur venue tous les ans lui procuraient une joie et un allant que beaucoup de ses copines lui enviaient sans pour autant tomber dans ce genre de dévotions imaginaires, leur préférant les sorties répétées et les flirts plus tangibles.

   Lucie, elle, portait dans sa tête un imaginaire très fort dont l’archétype majeur se devait d’être Espagnol, brun, doux comme l’étaient certainement les anges, mystérieux, spirituel, tout puissant, amoureux et fraternel. Bien évidemment, une relation prolongée avec cette personne idéale aurait certainement fait descendre rapidement cette dernière de son piédestal. Mais les jeunes hidalgos repartaient si vite au pays de Don Quichotte, que Lucie avait tout le loisir de les magnifier et de jouer les princesses éprises d’amour courtois mais cependant sensibles aux songes torrides qui, parfois, fulgurants, faisaient des incursions nocturnes du côté des vignobles des Guirandes.

***

   Lucie sentait son cœur battre. La déception s’infiltrait en elle, piquante. Il fallait qu’elle sache.

   - Holà, vous voilà enfin !

   Quelques mots de bienvenue à chacun en espagnol. Puis sur un ton anodin, cette question qui lui barrait la gorge.

   - Je ne vois pas Ricardo.

   - Il vient de se mettre militaire. Un de ses amis le remplace. Pas vrai Tonio ?

   Elle sentit comme une pointe au creux de l’estomac mais déjà, un solide gaillard lui tendait la main. Une poignée de main ferme, sèche et douce au toucher, avec un bon sourire en prime, des yeux sombres qui lui semblèrent familiers.

   - Enchantée, je suis Lucie. Je vendangerai avec vous.

   Elle n’aimait pas dire d’emblée qu’elle était la fille du régisseur.

   Tonio la regardait avec simplicité. Il aimait ce genre de fille fraîche et spontanée. 

   Un homme aux cheveux grisonnants s’avançait vers le groupe. Il arborait une grosse moustache qui faisait ressortir ses yeux perçants. Celui-là voyait tout, remarquait tout d’un seul regard. 

   - Hé bien, il y a deux nouveaux à ce que je vois et on ne m’a pas averti. 

   Matilda, la chef d’équipe, la mousseigne comme on dit en Roussillon, expliqua les défections de dernière minute. D’abord, son mari Juan, une jambe dans le plâtre, puis Ricardo, juste engagé. 

   - Vous verrez, señor Mirales, vous ne serez pas déçu. Alfredo c’est un de mes gendres et Tonio, c’est Ricardo qui nous l’a recommandé et… 

   - Bon, ça ira, abrégea Mirales. Vous leur montrerez les logements et vous les mettrez au courant de nos habitudes… Je vous attends d’ici une demi-heure dans mon bureau pour signer les papiers. 

   Puis, il se tourna vers Lucie. 

   - Et toi, tu as peut-être autre chose à faire qu’à traîner là. Tu ne vois pas qu’ils ont fait un long voyage et qu’ils ont envie de s’installer. 

   - Justement, je venais les aider ! 

   Son père lui lança un regard noir. Cette attirance maladive qu’elle montrait pour ces bougres d’Espagnol commençait à lui porter sur le système. Et si elle avait la tête dure, lui aussi. Elle n’aurait pas le dernier mot !

***
(A Suivre)
µµµ

"Comment ça, je dois dormir dans un clapier surpeuplé?
- C'est comme ça et pas autrement,
Monsieur mon futur repas...
- Futur quoi?"


Le scandale de l'élevage 
en batterie des lapins
Bioaddict

   (...) Ce mardi 2 juillet, une délégation de L214 a remis à la Commission européenne 40 000 signatures de citoyens français demandant l'interdiction de l'élevage en cage des lapins.

   La requête de l'association de protection des animaux fait suite à quatre ans d'enquêtes au sein de la filière cunicole française, documentant les problèmes de bien-être causés aux animaux par cette forme d'élevage.

   En mars dernier, L214 révélait en effet les conditions d'élevage exécrables des lapins sur 8 sites de production industrielle français : de nombreux lapins morts ou malades au sein des élevages et des poubelles remplies de cadavres et de flacons d'antibiotiques.

   Reçue par Andrea Gavinelli, chef d'unité Bien-être des animaux de la Direction générale de la santé et des consommateurs, L214 a exposé le résultat de plusieurs années de recherches sur la production française de lapins de chair :

   / une haute morbidité : d'origine bactérienne (pasteurellose, colibacillose, entérotoxémie, staphylococcie, klebsiellose, salmonellose...) , virale (maladie hémorragique virale) ou parasitaire (coccidiose) ;
   / une consommation d'antibiotiques plus élevée que dans toute autre filière animale (proportionnellement 6 fois plus importante qu'en élevage porcin) ;
une haute mortalité : 20% des lapins de chair n'atteignent pas l'âge d'abattage de 73 jours.
une liberté de mouvement entravée par des densités d'élevage très élevées (jusqu'à 19 lapins/m2) et des cages exiguës ;
   / un environnement dénué de tout aménagement et un sol grillagé source de blessures aux pattes et d'écrasement de lapereaux. La Directive 98/58 CE concernant la protection des animaux dans les élevages exige une liberté de mouvement conforme aux besoins éthologiques et biologiques des animaux. Cette condition n'étant jamais respectée en élevage en cages de lapins, L214 a demandé au représentant de la Commission européenne de mettre les pratiques de l'élevage cunicole en conformité avec droit européen en interdisant l'élevage des lapins en cages de batterie.(...)

   (...) Le mercredi 27 mars 2013, L214 a rendu public un film d'enquête réalisé dans 8 élevages français de lapins de chair, commercialisant notamment la viande dans les grandes surfaces. Les images ont été filmées entre novembre 2012 et janvier 2013 en Bretagne et Poitou-Charente.

   L'enquête réalisée dans la plus grande zone productrice de France montre les conditions d'élevage exécrables des lapins élevés pour leur viande et l'état de santé très dégradé de nombreux animaux. Les images montrent de nombreux lapins malades (syndrome vestibulaire), blessés (infections aux yeux, oreilles, nécroses...) ou morts au fond des cages dans des élevages comptant en moyenne plus de 6000 animaux. Huit à neuf lapins s'entassent dans chaque cage de batterie nue. Chaque animal dispose d'une surface équivalente à une feuille A4.

   Les statistiques professionnelles indiquent que 20 lapins sur 100 meurent dans les élevages avant d'avoir atteint l'âge de deux mois et demi.

   La vidéo d'enquête montre également des poubelles remplies de flacons antibiotiques et d'hormones. Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), les lapins sont les animaux d'élevage les plus exposés aux antibiotiques. En 2011, 71.09 tonnes d'antibiotiques ont été vendus à destination des élevages cunicoles. Pour une production de viande équivalente, il faut au moins 6 fois plus d'antibiotiques pour l'élevage de lapins que pour l'élevage porcin.

   La viande de lapin présente également le taux de résidus d'antibiotiques non conforme à la réglementation le plus élevé (0,62% en 2010). En 2010, un échantillon prélevé en France présentait un résidu de Chloramphénicol, un antibiotique interdit du fait d'une grave toxicité potentielle. (...)


µµµ

"Oh, un joli papillon... Je fais un voeu."
(Le chat):
"Oh, un joli papillon,
je fais un bond... 
et, hop!"

(outerlimboから)

µµµ

(Voiture allemande non polluante)


Limitation en trompe l'oeil 
pour les émissions de CO2 
des voitures européennes
Claire Stam à Francfort 
© 2013 Novethic - Tous droits réservés

   (...) Selon l’accord conclu entre les représentants du Parlement européen et la présidence irlandaise le 24 juin 2013, les constructeurs devront limiter les émissions de CO2 de leurs flottes automobiles à une moyenne de 130g/km de CO2 d’ici 2015, et 95g/km d’ici 2020. Pour être validé, l’accord doit être voté par les Etats membres et le Parlement.

   Ce seuil-limite fixé par Bruxelles aura un impact certain sur l’industrie automobile allemande. Selon l’organisation International Council on Clean Transportation (ICCT), la flotte automobile des constructeurs allemands émet en moyenne 147g de CO2/km, contre une moyenne européenne de... 132g de CO2/km (en 2011). «Les constructeurs allemands se sont concentrés sur la production de grosses cylindrées, explique Gerd Lottsiepen, de l’Organisation pour une mobilité écologique. Ils ont produit des modèles toujours plus lourds, toujours plus puissants et fortement émetteurs. Limiter les seuils d’émissions revient à revoir la conception de leur modèle économique et de leurs stratégies». (...) 

   (...) Un argument repris par l’industrie automobile allemande : revoir les modèles signifie devoir disposer de temps et de moyens pour développer de nouvelles technologies répondant aux normes européennes. Or, dans cette course contre la montre, elle s’estime "lésée" par rapport à ses concurrentes française et italienne, qui, avec leurs modèles de moyenne gamme, électriques et hybrides, peuvent remplir plus facilement et plus rapidement les objectifs européens. Des arguments entendus par Bruxelles, qui a mis en place un système de bonification prévoyant l’attribution de crédits d’émissions de CO2 aux fabricants de modèles faiblement émetteurs. 

   «Les constructeurs allemands tentent avec ces crédits de contourner les seuils fixés par Bruxelles pour pouvoir continuer à vendre leurs gros modèles», critique Wolfgang Lohbeck, expert du secteur automobile chez Greenpeace. De quoi s’agit-il? Appelés «super crédits», ces allocations doivent favoriser le développement des technologies électriques et hybrides. Pour les organisations environnementales, il ne s’agit ni plus ni moins que de « permis à polluer ».

   Les «super crédits» sont calculés sur la base d’un facteur multiplicateur, ou coefficient. Ainsi, si on applique un coefficient 2, la vente d’une voiture électrique à zéro émission sera comptabilisée deux fois et permettra la vente de deux voitures émettant 190g de CO2/km. Cette astuce comptable permet au constructeur de pouvoir remplir l’objectif des 95g de CO2/km - tout du moins sur le papier. Plus le coefficient sera élevé, plus le dispositif sera avantageux aux constructeurs de véhicules fortement émetteurs. 

   C’est donc sans surprise que les constructeurs allemands revendiquaient pendant les négociations l’application d’un coefficient de... 3,5 pour 2016, 1,5 pour 2020. Les négociateurs européens ont finalement retenu le coefficient 2, applicable en 2020 et pour 3 ans. Les constructeurs allemands souhaitaient une entre en vigueur à plus court terme, demande rejetée, de même que celle visant à transférer les crédits inutilisés d’une année sur l’autre.

   «En fait, l’application des super crédits contribuera à reporter de facto les objectifs des 95g de 2020 à 2023. L’objectif sera atteint, oui, mais avec trois ans de retard», relève Gerd Lottsiepen. Pour autant l’accord n’est pas entièrement mauvais selon les ONG. Comme le résume Wolfgang Lohbeck, «nous aurions préféré avoir un accord avec les 95g de CO2/km sans les super crédits, mais nous aurions également pu voir bien pire». (...)


µµµ
Luc Desle