Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 22 août 2014

"Il vendait des bibelots beaux à de Blondes béotiennes ". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'ALCOOL DE LA FÉLICITÉ
N'EST PAS DANGEREUX)

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(Au tout début, ces ballons pudiques jouèrent le jeu... 
mais ils ne résistèrent pas longtemps


Marilyn Maxwell

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"Ah, il est l'heure de vérifier que mes investissements
pour l'aide aux gueux a bien fonctionné"


Picsou
hitek.fr

PAYS PAUVRES
Comment l’aide au développement se privatise
au profit des grandes multinationales

THOMAS CLERGET

   (...) Un réseau d’ONG s’alarme de la montée en puissance des « institutions financières de développement » (IFD), mandatées pour soutenir les investissements du secteur privé dans les pays émergents. Ces banques dépendent de l’argent que leur versent États ou organisations internationales. Mais, peu contrôlées, elles auraient une fâcheuse tendance à favoriser les multinationales des pays riches, voire à financer des projets privilégiant la rentabilité économique plutôt que l’utilité sociale des investissements. Quitte à solliciter, si nécessaire, des fonds implantés dans les paradis fiscaux...

   L’aide publique au développement (APD), en direction des pays pauvres, connaît-elle une privatisation silencieuse, déconnectée des besoins des populations mais conduite au plus grand bénéfice des entreprises multinationales ? Tandis que les parlementaires français entendent réduire le budget national consacré à cette aide publique, un rapport publié vendredi 11 juillet par le Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad) s’inquiète de la montée en puissance et de l’opacité de fonctionnement des institutions financières de développement (IFD). Celles-ci sont en charge des aides orientées vers le secteur privé des pays émergents. Et pour elles, entreprises et marchés sont désormais considérés comme les principaux leviers de leur développement.(...)

   (...) Qui sont ces « IFD » ? Banque européenne d’investissement (BEI), Société financière internationale (SFI) rattachée à la Banque mondiale, ou encore, en France, la société Proparco [1], une filiale de l’Agence française de développement (AFD). Elles mobilisent des capitaux en augmentation constante depuis le début des années 2000. Selon Eurodad, ces montants devraient atteindre, à l’échelle mondiale, les 100 milliards de dollars en 2015, soit l’équivalent des deux tiers de l’aide publique au développement. Fournie directement par les États pour, par exemple, soutenir l’accès à l’éducation ou la lutte contre le paludisme, l’aide publique tend à diminuer dans la plupart des pays européens. Au contraire des financements destinés, via les « IFD », à investir sur des projets portés par les entreprises dans les pays pauvres, en leur apportant des prêts, des garanties, voire une participation directe à leur capital.

   Illustration de ce dispositif, la BEI et Proparco vont avancer respectivement 200 millions et 50 millions d’euros, sous forme de prêts, pour le financement du « plus grand parc éolien d’Afrique subsaharienne », qui doit s’implanter près du lac Turkana dans le Nord du Kenya [2]. Le projet prévoit l’installation de 350 turbines, qui seront exploitées par un consortium réunissant des entreprises privées et des agences d’investissement européennes, tandis que « les français Siemens et Bolloré assureront respectivement la partie électrique et le transport des éoliennes ». « Les investissements réalisés par le secteur privé européen offrent d’immenses perspectives au Kenya ainsi que pour le développement de l’ensemble de la région », a commenté Lodewijk Briet, ambassadeur de l’Union européenne. (...)

   (...) Cette stratégie du « développement par le marché » est-elle profitable aux pays concernés ? Dans son rapport, issu d’une enquête menée pendant deux ans, Eurodad dénonce, chiffres à l’appui, une distribution des aides orientée en priorité vers les société multinationales des États les plus riches. L’organisation met en doute leur pertinence pour la satisfaction effective des besoins sociaux des populations. Entre 2006 et 2010, seules 25 % des entreprises aidées par la BEI et la SFI appartenaient à des pays à bas revenu, tandis que 50 % des aides étaient distribuées à des sociétés des pays de l’OCDE, voire même domiciliées dans les paradis fiscaux ! 40 % de ces aides concernent des entreprises de très grande taille, cotées sur les plus grandes places boursières de la planète. Ces nouvelles formes de financements ont donc tendance à sous-traiter le « développement » des pays pauvres auprès des entreprises multinationales des pays riches.

   Ce qui s’explique aisément, si l’on considère la très faible représentation des pays en développement dans les comités de décision de ces institutions. Ces derniers ne pèsent que 1,4 % des voix au sein de la BEI, tandis que la SFI leur autorise 28 % des droits de votes. L’ambiguïté des missions confiées est également pointée du doigt :« Bien que la plupart de [ces institutions financières] aient reçu un mandat en faveur du développement, elles sont organisées comme des entreprises privées, avec des objectifs de rentabilité commerciale impliquant des compromis entre ces différentes considérations », relève Eurodad. (...)

   (...) L’impact réel des projets financés sur les conditions de vie des populations concernées pose question. Ces politiques d’inspiration très libérale conduisent en effet les IFD à orienter 50 % des subsides en direction du secteur financier des pays émergents, qui n’est pas spécialement connu pour ses velléités redistributives. Autre exemple d’investissements à la portée plus que discutable, la SFI aurait financé deux multinationales de l’hôtellerie de luxe, Mövenpick et Marriot, à hauteur de 79 millions de dollars, pour les aider à s’implanter au Ghana et en Jamaïque, tandis que la banque de développement de Grande-Bretagne soutenait la construction de lotissement fermés, des gated communities, dans plusieurs pays pauvres.

   Côté français, la nature et les investissements de Proparco attirent également l’attention. Comme l’indique le site internet de l’agence, des groupes comme BNP Paribas, Bouygues, ou encore Bolloré Africa Logistics, figurent à son capital, aux côtés de l’AFD qui en est l’actionnaire majoritaire. « Potentiellement, ces entreprises peuvent aussi solliciter des financements, relève Mathilde Dupré, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). Cela peut soulever quelques interrogations. » Le groupe Veolia, lui-aussi actionnaire de Proparco, est précisément dans ce cas de figure. Fin 2007, Proparco est en effet entrée au capital de Veolia Water AMI, « filiale de Veolia Eau, opérateur des services de l’eau, de l’assainissement et de l’électricité sur l’Afrique, le Moyen-Orient et le sous-Continent Indien ». L’indépendance et l’intérêt des actions menées par cette agence, qui n’utilise pas d’argent public mais est adossée à l’AFD, demanderaient à être examinées dans les détails. (...)

   (...) Dans le cadre de discussions sur la loi d’orientation des politiques de développement adoptée le 7 juillet dernier, les parlementaires ont pourtant bloqué deux propositions d’amendement introduites à la demande des ONG, qui réclamaient une plus grande transparence des critères de sélection des projets financés, ainsi que sur la liste des bénéficiaires de ces aides. Pourtant, députés et sénateurs ont été informés des dérives de Proparco, via un article du Canard enchaîné du 11 juin 2014, révélant comment l’agence avait investi plus de 400 millions d’euros dans des sociétés situées à l’Île Maurice, aux Caïmans, au Luxembourg, ou encore à Chypre et à Jersey, tous des paradis fiscaux. Ces fonds d’investissement étaient ensuite chargés de réinvestir les montants alloués dans les pays en développement. Pour le plus grand bénéfice de leurs populations, comme on peut l’imaginer.

   « Proparco, malgré son mandat de développement, agit comme n’importe quel investisseur privé, guidé par la rentabilité des projets plus que par leur impact réel sur l’amélioration des conditions de vie des populations des pays du Sud », constatent, dans un communiqué, les membres de la Plateforme Paradis fiscaux et judiciaires, composée d’ONG, d’associations et de syndicats français. Le réseau Eurodad s’inquiète de son côté de « l’expansion rapide » des IFD et « des nombreuses questions posées par leurs pratiques ». « Elles sont contrôlées par les pays riches, et leur stratégie comme leur gouvernance intègrent très peu le point de vue des pays en développement. Le temps est venu d’une évaluation indépendante de ces institutions et de leurs opérations ».

Notes

[1] Société de promotion et de participation pour la coopération économique, créée en 1977 pour « favoriser les investissements privés dans les pays en développement ».
[2] Voir sur le site internet de la BEI, ainsi que sur celui de PROPARCO.


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(Au scanner cérébral, on confondait
facilement un terroriste)



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Benoît Barvin

lundi 14 avril 2014

"Ce roi du matraquage publicitaire aidait également ses copains CRS". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(GARDE TES ILLUSIONS
BIEN EN VIE)

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"Comment ça, mon costume est ridicule?!
Petit impertinent!
Je ne sais ce qui me retient de..."


Bela Lugosi


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"Aboulez le Cash!
Et vite!"


La vérité éclate :
un accès de franchise de la Banque d’Angleterre 
démolit les bases théoriques de l’austérité. 

David Graeber
(The Guardian)

   (...) On dit que dans les années 1930, Henry Ford aurait fait remarquer que c’était une bonne chose que la plupart des Américains ne savent pas comment fonctionne réellement le système bancaire, parce que s’ils le savaient, « il y aurait une révolution avant demain matin ».

   La semaine dernière, il s’est passé quelque chose de remarquable. La Banque d’Angleterre a vendu la mèche. Dans un document intitulé « La création de l’argent dans l’économie moderne », co-écrit par trois économistes de la Direction de l’Analyse Monétaire de la banque, ces derniers ont déclaré catégoriquement que les hypothèses les plus courantes sur le fonctionnement du système bancaire sont tout simplement fausses, et que les positions plus populistes, plus hétérodoxes qui sont généralement associées à des groupes comme Occupy Wall Street, sont correctes. Ce faisant, ils ont jeté aux orties les bases théoriques de l’austérité.

   Pour avoir une idée de la radicalité de cette nouvelle position de la Banque, il faut repartir du point de vue conventionnel, qui continue d’être la base de tout débat respectable sur la politique économique. Les gens placent leur argent dans des banques. Les banques prêtent ensuite cet argent avec un intérêt - soit aux consommateurs, soit aux entrepreneurs désireux d’investir dans une entreprise rentable. Certes, le système de réserve fractionnaire ne permet pas aux banques de prêter beaucoup plus que ce qu’elles détiennent en réserve, et il est vrai aussi que si les placements ne suffisent pas, les banques privées peuvent emprunter plus auprès de la banque centrale.

   La banque centrale peut imprimer autant d’argent qu’elle le souhaite. Mais elle prend aussi garde à ne pas en imprimer trop. En fait, on nous dit souvent que c’est même la raison d’être des banques centrales indépendantes. Si les gouvernements pouvaient imprimer l’argent eux-mêmes, ils en imprimeraient sûrement beaucoup trop et l’inflation qui en résulterait sèmerait le chaos. Des institutions telles que la Banque d’Angleterre ou la Réserve Fédérale des États-Unis ont été créées pour réguler soigneusement la masse monétaire pour éviter l’inflation. C’est pourquoi il leur est interdit de financer directement un gouvernement, par exemple, en achetant des bons du Trésor, mais au lieu financent l’activité économique privée que le gouvernement se contente de taxer.

   C’est cette vision qui nous fait parler de l’argent comme s’il s’agissait d’une ressource limitée comme la bauxite ou le pétrole, et de dire des choses comme « il n’y a tout simplement pas assez d’argent » pour financer des programmes sociaux, et de parler de l’immoralité de la dette publique ou des dépenses publiques « au détriment » du secteur privé. Ce que la Banque d’Angleterre a admis cette semaine est que rien de tout ça n’est vrai. Pour citer son propre rapport : « Plutôt que de recevoir des dépôts lorsque les ménages épargnent pour ensuite prêter, le crédit bancaire crée des dépôts » ... « En temps normal, la banque centrale ne fixe pas la quantité d’argent en circulation, pas plus que l’argent de la baque centrale n’est « démultiplié » sous forme de prêts et dépôts. »

   En d’autres termes, tout ce que nous croyions savoir est non seulement faux – mais c’est exactement le contraire. Lorsque les banques font des prêts, elles créent de l’argent. C’est parce que l’argent n’est qu’une simple reconnaissance de dette. Le rôle de la banque centrale est de superviser une décision juridique qui accorde aux banques le droit exclusif de créer des reconnaissances de dette d’un certain genre, celles que le gouvernement reconnaît comme monnaie légale en les acceptant en paiement des impôts. Il n’y a vraiment pas de limite à la quantité que les banques pourraient créer, à condition de trouver quelqu’un disposé à emprunter. Elles ne seront jamais prises de court pour la simple raison que les emprunteurs, en général, ne prennent pas l’argent pour le cacher sous leur matelas ; en fin de compte, tout argent prêté par une banque finira par retourner vers une banque. 

   Donc, pour le système bancaire dans son ensemble, tout prêt devient simplement un autre dépôt. De plus, lorsque les banques ont besoin d’acquérir des fonds auprès de la banque centrale, elles peuvent emprunter autant qu’elles le souhaitent ; la seule chose que fait la banque centrale est de fixer le taux d’intérêt, c’est-à-dire le coût de l’argent, pas la quantité en circulation. Depuis le début de la récession, les banques centrales américaines et britanniques ont réduit ce coût à presque rien. En fait, avec « l’assouplissement quantitatif » [« quantitative easing » ou planche à billets - NdT] elles ont injecté autant d’argent que possible dans les banques, sans produire d’effets inflationnistes.

   Ce qui signifie que la limite réelle de la quantité d’argent en circulation n’est pas combien la banque centrale est disposée à prêter, mais combien le gouvernement, les entreprises et les citoyens ordinaires sont prêts à emprunter. Les dépenses du gouvernement constituent le principal moteur à l’ensemble (et le document admet, si vous le lisez attentivement, que la banque centrale finance bien le gouvernement, au final). Il n’est donc pas question de dépenses publiques « au détriment » d’investissements privés. C’est exactement le contraire.

   Pourquoi la Banque d’Angleterre a-t-elle soudainement admis cela ? Eh bien, une des raisons, c’est parce que c’est évidemment vrai. Le travail de la Banque est en fait de faire fonctionner le système, et ces derniers temps le système n’a pas très bien fonctionné. Il est possible qu’elle a décidé que maintenir la version conte-de-fées de l’économie, un version qui s’est avérée très pratique pour les riches, est tout simplement devenu un luxe qu’elle ne peut plus se permettre.

   Mais politiquement, elle prend un risque énorme. Il suffit de considérer ce qui pourrait arriver si les détenteurs d’hypothèques réalisaient que l’argent que la banque leur a prêté ne vient pas en réalité des économies de toute une vie de quelques retraités économes, mais que c’est quelque chose que la banque a tout simplement créée avec une baguette magique que nous, le public, lui avons donnée.

   Historiquement, la Banque d’Angleterre a eu tendance à jouer un rôle de précurseur, en présentant une position apparemment radicale qui finissait par devenir la nouvelle orthodoxie. Si tel est le cas ici, nous pourrions peut-être bientôt savoir si Henry Ford avait raison.

Traduction "ça donne envie de solder quelques comptes" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.



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(L'Homme sans jambes 
prétendait être un fantôme)



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Luc Desle

lundi 7 octobre 2013

"Le Maître de la platitude et du syntagme figé était mon voisin". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE BONHEUR NE TE DONNE 
NI ORGUEIL NI FIERTÉ)

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"Monsieur Barroso m'a permis d'emporter ce pain rassis...
Comment le remercier?"



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"Pour m'endormir, je compte le nombre de pays
que nous avons appauvris en les obligeant à
suivre drastiquement des règles budgétaires absurdes"


nelsonsantos.pt

L’Euro, une malédiction ! (EUobserver)
David CRONIN

   (...) Ne vous imaginez pas qu’ils aient renoncé à leur dessein sadique. Tous les gouvernements de la zone euro ont reçu l’ordre de présenter leurs budgets nationaux au contrôle de Bruxelles avant le 15 octobre. Les strictes règles budgétaires qui aboutissent au démantèlement de nombreux états providence sont toujours en vigueur. J’avais un méchant maître en primaire. Cette brute aux cheveux de feu adorait frapper ses élèves avec deux canes noires qu’il avait baptisées Katie et Maggie. Quand il n’était pas occupé à taper sur nos tendres paumes, M. C nous expliquait que la violence, ce n’est pas bien. José Manuel Barroso me rappelle M. C – même s’il ne lui ressemble pas physiquement. Le Commissaire Européen est à l’origine d’un plan d’action sadique qui a puni des millions de personnes qui n’avaient rien à voir avec la crise financière. Et maintenant il prétend s’être refait une conscience sociale.

   Barroso et ses collègues ont cyniquement entrepris cette semaine de dorer la pilule de l’austérité. La Commission [1] a donné de nouvelles directives prônant davantage de soutien à l’emploi dans la zone euro. Cela est présenté comme un effort courageux pour donner à la monnaie unique une "dimension sociale". (...)

  (...)  La volonté de donner une "dimension sociale" à l’euro entre en contradiction avec l’essence fondamentalement antisociale du projet européen. Comme je passe mon temps à le dire, le plan directeur de 1988 pour la monnaie unique a été rédigé par une coterie de grands patrons qui n’avaient aucun mandat démocratique. Ce groupuscule, appelé Association de l’Union Monétaire de l’Europe, incluait des représentants de Goldman Sachs, Deutsche Bank, Total et British American Tobacco. Son but était de réaliser les rêves des plus riches et pas du tout de favoriser l’amitié entre les peuples de l’Europe comme les spin-docteurs ont essayé de nous le faire croire.

   Un quart de siècle plus tard, une coterie similaire décide des politiques économiques de l’Europe. En juin, les gouvernements de l’Union Européenne se sont engagés à fournir à tous les jeunes un emploi ou un contrat d’apprentissage dans les quatre mois qui suivent leur sortie du système éducatif ou la perte de leur emploi. Des éléments clés de ce projet provenaient directement de recommandations rédigées par la Table Ronde Européenne des Industriels (TRE) qui réunit les présidents et directeurs généraux de Shell, BP, Volvo, Nestlé et Heineken. (...) 

   Il ne s’agit pas d’un projet altruiste, bien au contraire, l’avenir que la TRE veut imposer aux jeunes est fait de stress, de précarité et de petits boulots sous payés. Ce groupement ne cesse de souligner que "les règles qui protègent les salariés doivent être modernisées et réactualisées" (cassons donc les droits des salariés et faisons-en des moutons du travail, entre autres, du dimanche) dans la plupart des états européens.

   Cette "modernisation" signifie en fait le retour à l’époque qui a précédé l’avancée significative des droits des salariés réalisée par les organisations de travailleurs. Si la TRE obtient ce qu’elle veut, les grandes entreprises pourront raccourcir les délais de préavis de licenciement et diminuer drastiquement les indemnités de licenciement. La rémunération spécifique des heures supplémentaires et des jours fériés travaillés sera sans doute abolie au nom de la "flexibilité".

   Jacques Delors est souvent présenté comme une sorte de visionnaire, ici à Bruxelles. Si son objectif était d’augmenter les inégalités et de réduire des millions de personnes à la misère, alors je suppose que c’était un visionnaire. Car c’est exactement ce qu’a provoqué ce Français en soutenant avec tant d’enthousiasme le projet de monnaie unique quand il était le président de la Commission Européenne.

   Aujourd’hui Delors dirige un "think tank" appelé Notre Europe qui est financé en partie par le géant de l’énergie GDF Suez. Ses adeptes continuent à donner l’impression que l’euro mérite d’être sauvé : il faut juste l’astiquer un peu.

   Un des derniers papiers publiés par Notre Europe défend l’idée que la règle budgétaire qui sous-tend l’euro doit rester basée sur le principe de la punition de ceux qui désobéissent. Toute "dimension sociale" qui serait introduite devra reposer, quant à elle, sur de mesures incitatives plutôt que sur des sanctions .(...)

  (...) Cela résume bien les choses. On peut contraindre par la force les gouvernements à réduire les dépenses de santé et d’éducation. Mais toute mesure qui pourrait atténuer le choc est facultative. Cela serait bien si les syndicats se battaient contre ces projets antisociaux. Il y a certes beaucoup de militants syndicaux qui montent au créneau mais hélas trop d’officiels des organisations de travailleurs passent leur temps à faire des courbettes aux patrons.

   La Confédération des Syndicats Européens s’est récemment associée au groupement d’entreprises BusinessEurope pour publier une proposition conjointe concernant le problème de l’emploi des jeunes. Cette proposition met l’accent sur les "réformes" et la "compétitivité" - deux termes qui sont synonymes de démantèlement du droit du travail - et elle est donc simplement une version diluée de la litanie de la TRE dont j’ai déjà parlé.

   L’euro a été une malédiction pour les gens du peuple. Il est absolument nécessaire d’y renoncer si on veut construire une meilleure Europe.

 PS: David Cronin vient de publier : « Corporate Europe : How Big Business Sets Policies on Food, Climate and War »aux éditions Pluto Press.

Traduction : Dominique Muselet


[1] ..."Concernant les actions à mener en 2014, le Parlement et la Commission s’accordent sur la nécessité de maintenir la croissance et l’emploi en tête des priorités. Nous devons continuer d’encourager les États membres à mener des politiques d’assainissement budgétaire différenciées, propices à la croissance, à poursuivre les réformes structurelles pour renforcer la compétitivité, à revenir à des pratiques normales en matière de prêts à l’économie, à trouver des moyens innovateurs de créer des emplois, de soutenir ceux qui sont dans le besoin et de libérer le potentiel créatif de l’Europe et à moderniser l’administration publique"...http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-13-778_fr.htm


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"Ben dis donc, il est gros et long, ce truc...
- Ce truc, c'est une longue vue... Tu pensais à quoi, coquine?
- Hihihi..."



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Luc Desle

vendredi 30 août 2013

"Dans cette ferme expérimentale on élevait des humains en batterie". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LES FEUILLES QUI BRUISSENT
A TES OREILLES TE PARLENT
DE LA VIE)

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"Regardez-moi bien dans les yeux
et répétez: je-ne-dois-pas-critiquer-
la-démocratie-qui-est-la-plus-belle-conquête
de-l'homme-moderne-surtout-du-banquier"


Greta Garbo from ‘Mata Hari’
photo by Clarence Sinclair Bull  1931


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"Corriger ce stagiaire qui n'a fait que 69 heures
de boulot? Ok, Boss, comptez sur moi!"


Stages en banque d’affaires : 
« Ici, on ne part pas avant 3 heures du matin »
Ludovic Tomnet 

   (...) L’« Investment Banking » est l’une des filières les plus prestigieuses pour un stagiaire d’école de commerce qui voudrait s’assurer un futur poste avec une forte rémunération à la clé.

   En quelques années, ces emplois – qui s’occupent des introductions en Bourse, émissions de dette ou de fusion/acquisition [voir encadré] – peuvent assurer des salaires astronomiques. En moyenne, il n’est pas rare de gagner un demi-million d’euros par an après une dizaine d’années de carrière.

   Mais avant de parvenir au CDI, les étudiants des grandes écoles de commerce doivent passer par le statut de stagiaire. Dans chaque école, ils ont un an de stage minimum à réaliser, qu’ils répartissent au cours de leur scolarité. Ils sont généralement de six mois en France et dix semaines à Londres lors des « summers », ces stages d’été étant la voie royale pour l’embauche.

   Payés entre 1 300 et 3 000 euros par mois, ils bénéficient d’un salaire honnête quand la loi oblige l’employeur à verser une rémunération mensuelle de 436,05 euros pour les stages de plus de deux mois (une somme que les entreprises dépassent rarement). La partie la moins agréable est celle des horaires de travail.(...)

   « 35 heures par semaine, pas de travail de nuit, ni le week-end. » La convention est claire, en phase avec la législation française, ce qui est obligatoire pour que l’école de commerce donne son aval. Pourtant, en pratique, on est loin des horaires de bureaux : les jeunes banquiers passent en moyenne 70 à 100 heures par semaine dans ces banques.

   Jean-Baptiste prévient d’éventuelles critiques :« Les banques ne sont pas inhumaines, elles remboursent le dîner et le taxi pour rentrer le soir. » Plutôt que de se plaindre, les étudiants ont détourné ces conditions en une véritable fierté. Dans le métier, il est bien vu de dire qu’on a fait une « nocturne » : qu’on est resté toute la nuit au travail.

   Entre stagiaires des différentes banques, ils s’amusent à comptabiliser le nombre d’heures passées au bureau. Celui qui fait exploser les compteurs en tire une certaine reconnaissance.(...) 

   Suite à la publication d’articles relatant la mort de Moritz Erhardt, des témoignages sur des forums attestent d’une justification aveugle des conditions de travail. Sur le forum WallStreetOasis,« Marcus_Halberstram » relativise: « Ces horaires sont horribles en comparaison à un travail normal où tu peux boire un verre après le travail, et “bruncher” ou jouer au football le week-end.

   Même si tu fais des semaines de 100 heures, tu as toujours une moyenne de 5-6 heures de sommeil par nuit durant la semaine, et dormir autant que tu veux le week-end. [...] Personne n’est esclave dans une galère. (ahaha)»(...) 

   Dans ce milieu très sélectif, l’employeur veut des stagiaires dévoués, capables de mettre de côté leur vie personnelle pour leur travail. Thomas (prénom d’emprunt), étudiant d’une grande école de commerce française, se souvient d’un entretien de pré-stage dans le service fusion et acquisition d’une banque :

   « Ils m’ont prévenu qu’ici, on ne quittait pas avant 3 heures du matin en moyenne. Ils ont ajouté fièrement qu’il fallait que j’oublie mes week-ends. J’ai aussitôt répondu que je n’en serais pas capable. » Thomas ne sera pas retenu à l’issue de son entretien. Il estime de toute façon avoir besoin d’au moins six heures de sommeil par nuit. (...)
Suite sur:
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"Oui, oui, c'est ça...
Je m'entraîne à recevoir mon ami
toréador, l'ami des traditions..."


Life size pin up design of Lili St Cyr
for a man cave door or wall 1953


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Luc Desle

vendredi 5 avril 2013

"Dopée par la victoire de sa cousine, la tortue hémiplégique défia le lièvre à la course". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE VRAI N'EST PAS UNIVOQUE)

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"Vous voulez taxer mes fleurs à combien?
Et d'abord, taxer, ça veut dire quoi?"


Chypre,
le début de l'avalanche
Jean-Luc Mélenchon

   (...) Depuis le début de l'attaque spéculative contre la dette grecque, nous répétons qu'il faut que la Banque centrale européenne prête directement à l'Etat grec à des taux très bas. C'est la seule solution qui permet de briser la spéculation. Au lieu de cela, les libéraux dogmatiques qui gouvernent ont imposé des cures d'austérité toujours plus drastiques. L'austérité a aggravé la crise économique. L'économie grecque s'est contractée de près de 20% en deux ans ! Il y a donc eu moins d'impôts et de taxes perçues. Et la dette grecque s'est creusée au lieu de se réduire. C'est le cercle vicieux que j'ai déjà présenté des dizaines de fois. Face à leur échec, les libéraux et les sociaux-libéraux européens auraient pu se ranger à l'idée de mobiliser la Banque centrale européenne. Non, ils ont préféré rester dans le cadre, ne rien changer à la règle du jeu en mettant au point une restructuration de la dette grecque. 

   Cet exercice comprenait une annulation partielle de la valeur des titres de la dette grecque. Au royaume des menteurs qu’est le monde la finance et de la spéculation, personne n’a abattu ses cartes. Les grosses protestations des banques européennes n’ont ému personne, à juste titre. D’autant que la Banque centrale européenne achetait le papier pourri de titre de dette sur le « second marché ». Mais personne n’avait l’air de savoir que les banques chypriotes étaient déjà totalement enfoncées. En l'occurrence, les deux grandes banques de Chypre détenaient beaucoup de dette grecque. 4,5 milliards d'euros. Donc, en croyant atténuer le problème en Grèce, les dirigeants européens l'ont étendu à Chypre. Belle réussite!

   Evidemment le système bancaire de Chypre était déjà extravagant. Ceci explique cela. Les banques de Chypre étaient déjà malades de la dérégulation totale de la finance. On apprend à présent que les oligarques, les banques et les grands groupes russes possèdent entre 20 et 30 milliards d'euros dans les banques chypriotes. Chypre est une sorte de paradis fiscal dans la zone euro. 

   La finance chypriote a attiré ces fonds en profitant pleinement de la liberté totale de circulation des capitaux dans l'Union européenne, et entre l'Union européenne et le reste du monde. Ce modèle fou conduit à des situations incongrues. Ainsi, le président russe Vladimir Poutine se sent obligé d'intervenir dans le règlement d'une crise interne à la zone euro alors que son pays n'est pas membre de cette zone, ni même de l'Union européenne.

   On apprend aussi que les banques chypriotes possèdent des actifs correspondant à huit fois la richesse produite par le pays. Dans ces conditions, le défaut d'une des deux grandes banques ferait exploser l'économie du pays et les finances de l'Etat ne suffiraient pas à garantir les dépôts des épargnants. Bien sûr, tout le monde crie au scandale. Mais personne ne se demande comment une telle chose a pu arriver. Ni comment il se fait que les importants moyens de la presse euro-bêlante ne lui ai jamais permis de voir la situation. 

   Dès lors, le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, a beau jeu de donner des leçons. N’était-il pas membre de la réunion où ces décisions stupides ont été prises ? Il ferait mieux de lutter contre la reproduction de cette situation en France : les actifs des banques représentent quatre fois la richesse du pays. Et à elle seule, la BNP possède des actifs supérieurs à la richesse produite par la France en une année !

   La BCE, la Commission européenne et le FMI veulent faire payer le peuple pour la folie des banques. Ce fut le cas en Irlande, en Espagne et ainsi de suite. Comme aucun gouvernement n’a regimbé, lorsque le tour de Chypre est arrivé, la méthode était déjà prête. Compte tenu de la faiblesse de l’île, le plan pouvait même être plus féroce. C'est ainsi qu'ils ont imaginé leur "plan de sauvetage". 

   Pour faire face à la situation de ses banques, Chypre aurait besoin de 17 milliards d'euros : dix venant des Etats de l'Union européenne, un milliard venant du FMI. Les 6 milliards manquant alors devaient être pris dans la poche des Chypriotes eux-mêmes. En fait, c’était un test. Ce plan est en effet le premier qui contient cette idée. Car la mesure est d’une violence sans précédent. Une telle idée n'a été appliquée en Europe que deux fois dans tous le vingtième-siècle selon le journal Le Monde. Et encore, que ce soit en Italie en 1992 ou en Norvège en 1936, la mesure était bien plus limitée que ce qu'ont proposé les dirigeants européens !

   Ces six milliards de rançon, la troïka voulait les prélever grâce à une taxe sur les dépôts des particuliers et des entreprises dans les banques du pays. Avec sa brutalité habituelle, la troïka proposait que tous les épargnants soient taxés ! Ceux disposant de plus de 100 000 euros devait être taxés à 9,9% de leurs économies. Mais les petites gens qui ne disposaient que de quelques centaines ou milliers d'euros d'économies devaient aussi être taxées ! Que vous ayez un euro ou 100 000 euros, l'Union européenne proposait de vous taxer à 6,75% sur vos dépôts. Même si vous ne les retiriez pas et les laissiez à la banque. 

   C'est cette invention stupide qui a provoqué la ruée sur les guichets, chacun essayant de sortir son argent avant d'être spolié. C'était une sorte de hold-up en silence, pour éviter aux actionnaires des banques de perdre leur mise. La légitimité d’une telle mesure est déjà on ne peut plus discutable du point de vue de la cohérence des eurocrates eux-mêmes. En effet, la directive européenne du 2 juillet 2010 prévoit que les Etats doivent garantir les dépôts des épargnants jusqu'à 100 000 euros en cas de défaillance des banques. Taxer ces dépôts est donc une violation de cette garantie. Bravo "L'Europe qui protège" !(...) 

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"Tu mglmglaiglmes?
- Qu'est-ce que tu glmditglm?
-Rien... Glglm..."

A CHRISTMAS KISS LONDON 1941
(VIA MUDWERKS)

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"Oui... Blub, blub... Je sais...
Pas faire... Blub, blub... caca dans l'eau..."


Comme un médicament dans l'eau...
Patrice Halimi
Chirurgien-pédiatre, secrétaire général 
de l’Association santé environnement France

   (...) Aujourd'hui (22 mars 2013), c'est la Journée Mondiale de l'Eau. Qu'est-ce que ça va changer ? Probablement rien. C'est un peu comme la Journée de la Femme. Ça ne change rien à la condition féminine, mais, cela montre que le problème commence à être pris en compte... En France, nous trouvons "normal" d'ouvrir notre robinet et de voir instantanément sortir de l'eau claire, potable et immaculée. Mais, l'est-elle vraiment ? Aujourd'hui, de nombreuses questions se posent et notamment celle des résidus médicamenteux qui peuvent se retrouver au fond de nos carafes. Un sujet incontournable lorsqu'on est médecin et que l'on prescrit tous les jours des médicaments... Mea culpa ou pas ?

   Depuis plusieurs années, notre consommation en médicaments n'a cessé de croître. Rien qu'en France, en 2011, nous avons consommé pas moins de 3,12 milliards de boîtes de médicaments! Le problème c'est qu'ils laissent des traces dans l'environnement. Ce sont les fameux "résidus médicamenteux", à savoir la partie des médicaments qui n'a pas été dégradée par le corps et qui via urines et selles va se retrouver dans les eaux usées et donc l'environnement... Ces molécules sont des substances actives biologiquement, et c'est une partie du problème. 

   Un antibiotique est conçu pour tuer des bactéries. Mais, lorsqu'il se retrouve dans l'environnement il peut s'attaquer à des espèces non-cibles telles que la flore et la faune...A la fin des années 70, on a découvert ces phénomènes en observant un lien entre la féminisation des poissons et les œstrogènes rejetés par les femmes sous pilule. Quelques années après, on observait une quasi disparition des vautours au Pakistan lié à une contamination par un antiinflammatoire bien connu, le diclofénac. En 4 ans, 95% de la population de ces malheureux rapaces avait disparu ! Depuis, la science cherche mais a encore du mal à établir l'impact de ces polluants sur la santé humaine. Malgré tout, une étude récente a montré que la présence d'antidépresseurs et de psychotropes (Prozac et Effexor) dans l'eau potable pourrait activer l'expression de gênes associés à l'autisme...

   Mais à qui la faute ? A priori, nous aurions plusieurs coupables ! Rejets de l'industrie pharmaceutique, eaux usées des hôpitaux, déjections des animaux d'élevage sous traitements, les sources de pollution sont nombreuses, mais la principale reste le consommateur. Pourtant, tout le monde sera d'accord : quand on en prend c'est qu'on ne peut pas faire autrement ! Certes, mais ce ne sont pas uniquement les médicaments utilisés qui posent problème... 

   En effet, ce que l'on prend se retrouve dans nos selles et nos urines qui vont terminer leur route dans des stations d'épuration pas équipés pour filtrer les résidus médicamenteux... Mais, mis à part moderniser les stations d'épurations, on ne peut effectivement pas y faire grand-chose. Par contre, en ce qui concerne les médicaments que l'on ne consomme pas, chacun de nous peut véritablement agir ! En France, chaque année sur des dizaines de milliers de tonnes de médicaments non utilisés moins d'un quart seulement est recyclé ! Le reste est jeté à la poubelle, dans les éviers et même dans les toilettes ! Sur ce dossier, tout le monde peut agir ! 

   Les médecins pourraient prescrire uniquement les médicaments nécessaires, les pharmaciens vendre leurs médicaments à l'unité, les patients ramener leurs médicaments en pharmacie ! (...) 
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Luc Desle

jeudi 21 février 2013

"Le baratineur des Lilas se fit rosser par des filles du MLF". Jacques Damboise in "Pensées rosses".

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Pensées pour nous-mêmes:

(CONDUIS-TOI
TOI-MÊME)

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"Pas Des Croissants!
Décroissant... Dé-Croi-Ssant...
Mais qu'est-ce qui m'a fichu
des aphalna... heu... Des alnafa... Heu...
des abrutis pareils!"


Un projet décroissant : 
« Faire payer le prix réel 
de ce qu’on consomme »
Sophie Caillat 

   (...) Vincent Liegey est l’un des co-auteurs du livre « Un projet de décroissance – Manifeste pour une dotation Inconditionnelle d’Autonomie », préfacé par Paul Ariès (Editions Utopia). Il est l’un des visages de ce qui s’appelle un « parti » pour la décroissance (PPLD) mais s’apparente plutôt à une mouvance informelle, dont le combat contre Notre-Dame-des-Landes est l’une des formes concrètes. (...)

   / (...) Rue89 : Vos racines intellectuelles se trouvent-elles chez Dennis Meadows, auteur en 1972 du rapport sur « Les Limites de la croissance », à la demande du Club de Rome ?

   Vincent Liegey : Oui et non, il y a deux sources intellectuelles pour les décroissants :
   - l’approche physique, qui est celle du Club de Rome mais que nous trouvons trop technocratique. L’un de ses éminents représentants est l’économiste Nicholas Georgescu-Roegen, qui a écrit l’article fondateur « La loi de l’entropie et les processus économiques », expliquant que sur une planète finie on ne peut croître à l’infini ;
   - l’autre approche est une critique de la société de consommation autour d’Ivan Illich et de son livre « La convivialité » (1973). Il y a aussi Jacques Ellul, François Partant, André Gorz et Cornelius Castoriadis, auteur du concept d’autonomie.

   Tous ces penseurs ont connu une traversée du désert dans les années 1980 avec la victoire du néolibéralisme et la sacralisation de l’argent. Puis, dans les années 2000, on s’est rendu compte qu’ils étaient plus que jamais d’actualité, comme l’a rappelé la republication l’an dernier du livre de Dennis Meadows.

   En 2002, Serge Latouche, professeur émérite en sciences humaines, a animé un colloque à l’Unesco qui s’appelait « Défaire le développement, refaire le monde », où il a fait la synthèse entre différentes approches et construit une matrice de réflexion critique par rapport à la société occidentale. (...)

   / (...) Votre mesure phare pour sortir de la course à la croissance est d’apporter la prospérité avec la « dotation inconditionnelle d’autonomie ». Qu’est-ce que c’est que ce machin ?

   On a travaillé pendant quatre ans sur ce projet, qui concentre différentes choses :
   - le revenu inconditionnel d’existence, qui est donné en argent et sur lequel on est donc assez critique ;
   - l’extension des sphères de la gratuité : avec Paul Ariès, nous sommes pour donner des crédits au bon usage et taxer plus des mésusages, comme l’excès de consommation d’eau, qui est un bien commun ;
   - l’autonomie ne passe pas nécessairement par l’argent, c’est aussi de ne pas dépendre du système des banques pour l’argent, d’où notre soutien au développement de systèmes monétaires alternatifs avec les monnaies locales.

   Nous pensons que la dotation ne doit pas être donnée en argent mais en droit de tirage, droit d’accès et en systèmes d’échanges locaux (SEL) ; en cela elle représente un outil de repolitisation.

   Devra être débattue localement la question des quantités décentes : de quelle quantité de nourriture a-t-on besoin pour vivre dignement ? Oui, il y aura une forme de rationnement, mais l’argent est un rationnement !

   / Comment voyez-vous le passage de la société actuelle à celle d’après ?

      Il y a trois scenarii :
   - l’extension des alternatives concrètes, qui peu à peu transforment par la base la société ;
  - la prise de pouvoir révolutionnaire et le partage du temps de travail : le temps est réinvesti dans une plus forte participation à la vie de la cité ;
  - la mise en place à l’échelle européenne d’un revenu inconditionnel d’existence, qui localement se décline en dotation d’autonomie.

   / Dans le programme économique des Colibris, que Pierre Rabhi a présenté la semaine dernière, il y avait le revenu inconditionnel d’existence...

   On les connaît bien, d’autant que Pierre Rabhi a fait partie du mouvement de la décroissance au départ, et son mouvement est une manière de renouer avec la politique au sens noble du terme.

   Mais eux pensent qu’on peut changer la société uniquement par le bas, alors que nous pensons que les alternatives concrètes vont se heurter à la question des institutions, menacer l’oligarchie, et donc il faut jouer aux équilibristes et être à la fois dedans et en dehors des institutions. (...)

La suite sur:

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"Heu... Tu es sûre que personne ne nous observe?
Les lesbiennes, on n'a pas bonne presse, tu sais...
- Meuh non... On dira qu'on est des actrices
de pornos et personne ne nous em... plus"


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"Ma banque? C'est mon chien...
Lui, au moins, il est fidèle..."

Estonie:
Le crédit communautaire 
est la banque de demain

Edward Lucas
EUROPEAN VOICE BRUXELLES

   (...) La banque est le grand point faible de l’économie. Elle offre des produits d’épargne radins, grignotés en plus par les frais, et des prêts exorbitants pleins de sales coûts cachés. Les intermédiaires s’en mettent plein les poches, et d’autant plus lorsqu’ils sont cupides et sans scrupules. Quand ça tourne mal, comme cela se produit inévitablement, c’est le contribuable qui paie la facture. Bref, à part ça, tout va bien.(...)

   (...) Autant dire que les solutions alternatives sont les bienvenues. C’est le cas du crédit communautaire, qui met en contact direct d’un côté, ceux qui ont besoin d’argent, et de l’autre, ceux qui en ont, via des plateformes qui prélèvent au passage une commission. Zopa, une plateforme britannique, a ainsi prêté quelque 260 millions de livres (310 millions d’euros) depuis sa création en 2005.

   Isepankur (littéralement “autobanquier”, mais le mot sonne en estonien comme “easy banker”, “banquier facile”) fonctionne d’autant mieux qu’elle offre des prêts dans des pays dont le système bancaire est moins développé. Les Estoniens, même les plus solvables, paient généralement un taux d’intérêt de 50 % pour un prêt sur salaire. Grâce à Isepankur, de parfaits étrangers, dont moi, pouvons leur faire crédit à des taux bien plus bas – souvent 28 %. C’est une bonne affaire pour moi, quand on sait que le meilleur rendement que je puisse espérer pour mon épargne dans une banque britannique est inférieur à 3 % (et que les maigres bénéfices iront pour moitié au fisc).

   Isepankur s’est ouverte aux investisseurs non estoniens à la fin de l’année dernière. J’ai commencé par engager quelques centaines d’euros – et immédiatement, le président de la société m’a téléphoné : ça, c’est du service-clients comme on en voit guère (depuis, j’ai participé à l’amélioration de la version anglaise de leur site internet).

   Les emprunteurs potentiels doivent convaincre les bailleurs de fonds de leur solvabilité. “Tanelvakker”, par exemple, est un ingénieur en téléphonie qui, en vue de travaux dans son appartement, souhaitait emprunter 2 600 euros sur 36 mois, à 12 %. Il est célibataire et gagne 2 500 euros par mois, et il s’engageait à rembourser par tranches de 86 euros, intérêts compris. J’ai jeté un œil à ses autres dépenses (prêt immobilier, prêt automobile, carte de crédit), et estimé qu’il pouvait largement se le permettre. Je lui ai donc prêté 10 euros. Et des dizaines d’autres en ont fait autant. Il verse un remboursement mensuel à Isepankur, qui à son tour répartir cet argent entre nous, les prêteurs. Et si certains prêts posent problème, Isepankur les revend à une société de recouvrement de créances. (...)

   (...) La concurrence pousse le coût du crédit à la baisse : les emprunteurs présentant un risque raisonnable paient moins cher. “Akiraam”, une secrétaire gagnant 600 euros par mois, voulait 200 euros pour s’offrir des cours de finnois. Elle était prête à payer jusqu’à 28 % d’intérêts, mais les bailleurs se multipliant, son taux est finalement tombé à 12 %. A l’inverse, les emprunteurs douteux sont à la peine, ou paient plus cher : les prêteurs peuvent les questionner via le site internet, et s’ils fournissent de mauvaises réponses (ou ne répondent pas), leur crédibilité s’en ressent. (...)

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Luc Desle