Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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jeudi 30 octobre 2014

"Ce souverain prudent reçu une tribu d'anthropophages revêtu d'une magnifique armure". Jacques Damboise in "Pensées de l'à-peu près".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE N'A PAS D'ENNEMIS,
IL A DE FUTURS AMIS)

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(Parfois cette femme voilée
sortait de son apnée pour
venir respirer l'air du large)



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"Monsieur le Président, je vous suggère de faire
un reboot de tout ce que vous avez fait et de repartir
à zéro, OK?"




Vous vous souvenez du Barack Obama 
qui allait changer le monde? 
Qu'est-ce qu'il est devenu?

The Huffington Post

   (...) Lors de mes déplacements à Pékin, Auckland ou Rome, les gens me posent la même question: "Qu’est-ce qui lui arrive, à Barack Obama?" En fait, il y a plusieurs questions en une seule. Qu’est-il advenu de cet idéaliste qui nous apportait une bouffée d’air frais? Pourquoi est-il devenu aussi impopulaire et impuissant aux États-Unis? Pourquoi a-t-il perdu de son influence dans les discussions internationales? Pourquoi a-t-il échoué là où nous pensions qu’il réussirait? Voici quelques réponses...

Le Moyen-Orient

   La région qui lui a donné ce côté réfléchi le fait aujourd’hui paraître pour le moins dépassé. Il a réussi à se faire élire sur sa promesse de mettre un terme à la seconde guerre en Irak, qui aura duré neuf ans. Mais même si Oussama ben Laden est mort, l’organisation terroriste Daech a pris la relève. Et le président qui a obtenu le prix Nobel de la paix pour ses envolées lyriques bombarde aujourd’hui le territoire syrien et refuse d’envoyer des troupes sur le terrain.

Les mots ont leur importance

   Avocat de formation, Obama devrait connaître les limites de l'ambiguïté. Pourtant, il fait des déclarations à l’emporte-pièce qui nuisent à sa crédibilité. Il a affirmé à ses concitoyens que son système de santé leur laisserait la possibilité de continuer à voir le même médecin. C’était faux. Il a déclaré que si le président syrien Bachar el-Assad franchissait une "ligne rouge" en utilisant à des armes chimiques, les États-Unis lui en feraient subir les conséquences. El-Assad n’a pas tenu compte de cet avertissement, et les États-Unis n’ont pas bougé. Obama a dit qu’il y avait "très peu de chances" que des cas d’Ebola se déclarent aux États-Unis. Deux semaines plus tard, le virus a fait une victime à Dallas.

Des attentes irréalistes

   Obama est arrivé sur le devant de la scène avec le charme d’un Kennedy, l’optimisme de la jeunesse et un parcours universitaire remarquable, preuve indéniable que les États-Unis avaient surmonté leur "péché originel". Sa vie était une success-story multiraciale et internationale. Par ses seules origines, il allait mettre un terme aux conflits armés, faire la paix avec l’Islam, aider les plus démunis et sauver l’économie mondiale. Ces attentes (qu’il a encouragées) étaient irréalisables. Il ne les a pas mises en œuvre parce que nul ne le pourrait.

Internet

   L’ascension d’Obama a été fulgurante, même pour les États-Unis. En partie grâce au numérique, il est la première "marque" de la Maison-Blanche à s’être répandue comme une traînée de poudre. Mais la politique est d’autant plus fluctuante et fragmentée à l’âge de Facebook, Twitter et Instagram. Il y a six ans, Obama a réussi à contourner efficacement les médias "traditionnels" mais il a aujourd’hui du mal à se faire entendre dans la cacophonie numérique. Internet s’intéresse à d’autres marques et à d’autres tendances.

L’économie

   Obama a accompli plus de choses dans ce domaine que ses critiques, et même certains de ses alliés, ne sont prêts à l’admettre. Son soutien posé à des mesures de sauvetage au début de la crise économique ont permis d’éviter le pire. Son projet de relance s’est révélé assez efficace. Son équipe a permis aux États-Unis d’être mieux placée pour rivaliser (et coopérer) avec la Chine. Le système de santé d’Obama, après une mise en service assez chaotique, a aidé des millions de personnes et instauré des mesures de régulation nécessaires dans le secteur des assurances.

   Ces états de service lui ont permis d’être réélu en 2012, mais ils se sont révélés moins populaires que prévu. Pourquoi ? Parce que les riches sont devenus plus riches tandis que les classes moyennes stagnaient. La productivité est en hausse, mais les salaires sont en berne. Obama laisse entendre que sans lui les choses auraient été pires. Il dit vrai, mais le message n’est pas vraiment exaltant.

Washington

   Obama avait promis de mettre fin aux dysfonctionnements de l’État. Il ne l’a pas fait. Pour des raisons structurelles, d’abord : le président américain a beau être charismatique, il n’est ni un chef de parti, ni un premier ministre, ni un souverain. Les Pères de la nation ont pris soin de répartir le pouvoir entre les différentes branches du gouvernement, ce qui est toujours le cas.

   Les Républicains se sont appliqués à lui rendre la tâche encore plus difficile. Les nouveaux présidents bénéficient généralement d’un effet "lune de miel", qui lui a été refusé. Du jour où il a pris ses fonctions, en 2009, des Républicains se sont réunis pour lui barrer la route, déclarant publiquement que leur objectif principal était de l’empêcher d’être réélu.

Le racisme

   Les Américains sont partagés sur l’influence, et l’ampleur, du racisme dans les difficultés rencontrées par Obama. Ce qui lui a permis de servir de modèle à certains — en tant que premier président noir de l’Histoire des États-Unis — est perçu comme une menace par d’autres. Ceux qui prétendent que le racisme n’a rien à voir là-dedans ne connaissent pas les États-Unis, pas plus que ceux qui affirment qu’il explique tout.

La compétence

   Obama a évité les scandales d’incompétence gouvernementale de type Ouragan Katrina, et son mandat a été relativement épargné par les affaires. Mais gérer un pays au quotidien n’est pas donné à tout le monde. La mise en place de son système de santé a frôlé le désastre, la surveillance des frontières n’est pas totale et ses timides initiatives pour empêcher la propagation de l’épidémie d’Ebola aux Etats-Unis ont mis un certain temps à se mettre en place. Cette dernière menace pourrait même définir les deux dernières années de son mandat.

Obama lui-même

   Très fier et sûr de lui en public, Obama n’en est pas moins prudent et méfiant. Il préfère la complexité à la simplicité. Son intelligence et son parcours exceptionnel sont salués depuis toujours, et il a l’habitude qu’on lui témoigne du respect, même si beaucoup ne l’apprécient pas. Il aime mettre les gens à l’aise et ne cherche pas le conflit. Il a grimpé les échelons grâce à son charme et son sens du timing plutôt qu’en bombant le torse.

   Son côté réfléchi, calme et optimiste lui ont permis de se faire élire, mais il le rend dédaigneux du Congrès et des réalités politiques en général. Sa petite équipe est composée de collègues de l’époque où il était sénateur et de membres de sa première campagne présidentielle, et il a du mal à s’ouvrir à d’autres personnes. Il ne s’est pas fait beaucoup d’amis à Washington — ni d’ennemis jurés, d’ailleurs — et cela ne semble pas le déranger.

   Mais les menaces actuelles dans le monde pourraient laisser penser qu’il est nécessaire de faire preuve d’agressivité. Ses qualités de dirigeant seront mises à l’épreuve comme jamais auparavant au cours de ses deux dernières années à la Maison-Blanche. Les États-Unis ne sont plus en position de force, mais leur rôle demeure indispensable, et ce qui est arrivé à Obama importe moins que ce qui lui arrive maintenant.


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(Mon chien se présenta à la députation
et faillit se faire élire, mais la couleur blanche
de sa cravate fut un terrible handicap)



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Luc Desle

vendredi 9 mai 2014

"L'escargot à réaction, hé bien... Ça n'est pas encore ça". Jacques Damboise in "Ça n'est pas encore ça".

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Pensées pour nous-mêmes:

(PEUT-ON MANGER LA VIE?)

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(La femme et le fils du pétomane
supportaient mal son étonnant talent)



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"Bien, vénéré Maître lobbyiste...
Il sera fait selon votre bon plaisir"



LES CONFLITS D’INTÉRÊTS 
DES DÉPUTÉS EUROPÉENS 
SUR LA SELLETTE

Thibault Lescuyer
© 2014 Novethic - Tous droits réservé

   (...) Députée européenne et avocate en activité, Rachida Dati est-elle en position de conflit d'intérêt ? C'est la question que pose Friends of the Earth Europe dans uncourrier envoyé ce lundi 3 février à Martin Schulz, le président du Parlement européen. L'ONG y demande officiellement que soit ouverte une enquête pour permettre de faire la lumière sur le sujet. Car depuis juin 2013, les prises de positions de la députée sur l'énergie posent question. (...)

   (...) En juin 2013, un article des Echos affirme que l'élue était consultante pour GDF Suez. A l'époque, aucun démenti. Quatre mois plus tard Rachida Dati relaie dans le même journal l'appel fait par des grands énergéticiens européens dont GDF Suez, pour un changement de politique énergétique en Europe, des expérimentations sur le gaz de schiste et la fin des subventions aux « énergies renouvelables matures ». Dans la foulée, plusieurs médias mettent à jour que celle qui est aussi membre suppléante de la commission de l'Industrie, de la Recherche et de l'Energie, a proposé en 2012 plusieurs amendements à des textes qui vont dans le sens du soutien aux grands énergéticiens.

    De fait, si la députée Rachida Dati a effectivement travaillé pour des grands énergéticiens, au vu de ses prises de positions à Strasbourg sur l'énergie, il y a longtemps qu'elle aurait dû le préciser, souligne Paul de Clerck, de l'ONG Friends of the Earth (FoE) Europe. Car « d'après l'article 3 du code de conduite des Parlementaires, dans les cas où un élu participe à l'élaboration d'une loi spécifique, par exemple dans une commission parlementaire, tout en étant payé comme avocat par une entreprise qui est directement concernée par cette loi, il doit le préciser, soit par écrit dans sa déclaration d'intérêts, soit lors de ses interventions au Parlement ».

    Mais la députée nie catégoriquement un tel lien : « Je gagne de l'argent dans mon activité d'avocat, c'est totalement déclaré au parlement européen. (..) Il n'y a aucun conflit d'intérêt. D'annoncer comme ça des clients qui ne sont pas mes clients, (...) tout cela est faux », déclare-t-elle en décembre (émission Décideurs politiques du JDD, 13 décembre). Sur les détails de son activité d'avocate (plaidoirie, conseil, aux particuliers ou aux professionnels ?), Rachida Dati reste cependant muette. La députée n'a d'ailleurs répondu ni aux sollicitations de FoE Europe ni à celle de Novethic. 

   En revanche, elle pointe du doigt une autre députée, qu'elle estime être dans un cas similaire : Corinne Lepage. « En 2013, j'ai plaidé une fois devant un tribunal. C'était sur le dossier Fessenheim. En tant qu'avocate, j'ai exclusivement travaillé pour des associations locales de défense de l'environnement, une quinzaine en France. Absolument pas pour des grosses ONG présentes à Bruxelles », rétorque l'avocate spécialiste en droit public et en droit de l'environnement au sein du cabinet Huglo Lepage. (...)

   (...) Au-delà du cas Dati, l'affaire révèle un certain malaise dans la pratique du lobbying à Bruxelles. Pour assurer la transparence des décisions, les députés européens doivent en effet obligatoirement remplir une déclaration d'intérêt, avec leurs sources de revenus extra-parlementaires (en plus de respecter le code de conduite qui traite notamment des conflits d'intérêt). Pourtant, les parlementaires assurent souvent le minimum syndical. C'est particulièrement vrai pour ceux - au moins une douzaine (sur les 790 députés européens), d'après l'organisation Corporate Europe Observatory - qui sont avocats en exercice. Rachida Dati et Corinne Lepage, par exemple, précisent l'ordre de grandeur de leurs revenus dans leur déclaration, mais pas le nom de leurs clients même si la seconde accepte, on l'a vu, de donner plus de détails.

   Quant aux agences de lobbying, elles sont invitées à inscrire le nom de leurs clients et l'ordre de grandeur des budgets concernés sur le registre européen de la transparence. Environ 75% des agences de lobbying l'auraient fait, d'après un bilan récent établi par l'UE. Mais seuls certains jouent le jeu de la transparence complètement : chez les cabinets d'avocat qui font du lobbying, une quarantaine de petits acteurs seulement se sont inscrits dans le registre, et aucune des grosses « law firms » américaines. De l'autre côté, les grosses agences de relations publiques qui fournissent le gros des lobbyistes d'entreprise à Bruxelles, comme Burson Marsteller, choisissent d'inscrire la liste de leurs clients (et de leurs employés lobbyistes) sur le registre. 

   Car, pour ces dernières, il est tout à fait possible de travailler tout en dévoilant le nom de sa clientèle. Ainsi, pour Karl Isaksson, président de l'EPACA, une des principales fédérations de lobbyistes à Bruxelles, « la confidentialité est certes essentielle pour le travail d'avocat devant les tribunaux, mais est-elle vraiment indispensable pour l'activité de conseil et de relations politiques ? Il ne serait pas très difficile de séparer l'activité légale des law firms de l'activité de conseil ». Fait nouveau, l'EPACA demande désormais, comme le Parlement européen, que la mention des clients dans le registre des lobbyistes soit obligatoire pour tous. (...)


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"Ahah, tu es faite Athosse!
- Que nenni, d'Artagnanne!"



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Luc Desle

lundi 9 décembre 2013

"La petite sirène mordit à l'hameçon d'une proposition malhonnête". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ES-TU LE VISAGE 
SOURIANT DE LA MORT?)

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"Moi, z'aime pas les pandas"


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(Pub d'une  société capitaliste ventant les
mérites de l'investissement dans l'eau)






Entretien avec Claudia Serna,
défenseure colombienne des droits à l’eau, 
lauréate du prix Danielle Mitterrand 2013.




   (...) Le 23 novembre 2013, la Mesa Interbarrial de Desconectados (Table Inter-Quartiers des déconnectés) à Medellín en Colombie recevait le prix Danielle Mitterrand, octroyé par la Fondation France libertés. Cette organisation se bat pour obtenir l’accès aux services essentiels. Claudia Serna, avocate de l’organisation colombienne « Corporation Juridica Libertad », est venue à Paris pour porter la voix de ces sans-voix et recevoir le prix. Une fois de plus, les communautés et leurs défenseurs en Colombie sont ici pour nous rappeler que des hommes et des femmes luttent pour des droits qui sont essentiels à une vie digne et qui peuvent a priori paraître évidents en Europe.

   Claudia Serna a accepté notre interview pour faire connaître de première main le travail effectué avec les Desconectados (déconnectés) vis-à-vis de l’accès à l’eau, à l’électricité et un logement décent.

   /EntreTodos/Le Grand Soir: 2013 semble être marqué par un regain de mobilisation sociale en Colombie. Les luttes agraires, contre la locomotive énergétique du président Santos, voire contre les projets d’extraction minière ainsi que pour la protection de l’eau, sont quelques-uns des bannières les plus connues. Comment vous insérez-vous dans ce contexte ? Qu’est-ce que la Corporation Juridique Liberté ?

   - La Corporation Juridique Liberté (Corporacion Juridica Libertad) est une organisation des droits de l’homme travaillant à Medellin depuis 1993 en mettant l’accent sur la protection et la défense des droits de l’homme : l’accès à l’eau potable, les droits civils et politiques, en particulier la liberté des prisonniers politiques et la défense de la vie des victimes de conflits armés et des exécutions extrajudiciaires, font partie de nos combats.

   Depuis quelques années, la Corporation Juridique Liberté a également commencé à travailler sur la question des droits sociaux, économiques et culturels, comme étant des droits de l’homme d’une portée collective. Dans ce cadre, il ne s’agit plus des droits des individus, mais de la défense de groupes humains, et dans cette voie nos priorités sont l’accès à l’eau potable, à un logement décent et à l’électricité.

   / LGS / ET: Dans le contexte européen, la lutte pour l’eau peut sembler un peu ambiguë. Que signifie de ne pas avoir accès à l’eau ?

   -  Il faut tout d’abord comprendre que l’eau est un bien public qui appartient à tous mais qui, paradoxalement, semble n’appartenir à personne. Nous savons qu’il y a de l’eau et que l’Etat peut répondre aux besoins en eau de la population dans le respect et la protection de l’environnement. Cependant, même dans cette circonstance il y a certaines populations qui ne peuvent pas y accéder. La question à se poser est pourquoi. Dans la pratique, ceux qui n’ont pas assez d’argent pour payer l’eau potable ou qui sont situés dans les zones périphériques des villes n’ont pas les réseaux d’approvisionnement et n’ont pas d’accès économique réel aux ressources en eau.

   / ET / LGS: Pourquoi des gens n’ont pas accès à cette ressource dans une ville comme Medellin, une des plus grandes et les plus industrialisées de la Colombie ? Pouvez-vous nous donner quelques chiffres sur ces réalités ?

  -  Medellin a perdu beaucoup d’industries au cours des dernières décennies ce qui a accru la pauvreté et le chômage, et ce sont parmi les raisons pour lesquelles beaucoup de gens ne peuvent pas payer l’accès à l’eau potable ou à un logement décent, pour ne pas mentionner l’éducation et les services de santé. A l’heure actuelle, en Colombie, s’est mis en place un modèle où les droits sociaux ne peuvent être garantis que par l’argent. Donc, nous avons beaucoup de droits sur le papier, mais si votre famille n’a pas d’argent pour payer pour l’eau ou pour payer un logement, elle va vivre en situation nomade permanente à l’intérieur de la ville, sans logement définitif. Si votre famille n’a pas de quoi payer la santé, elle devra subir la précarité du système. Dans tous les cas, le manque d’argent empêche l’accès effectif aux droits sociaux.

   A Medellin, il y a au moins 20 000 familles, soit entre 100 000 et 130 000 personnes, qui n’ont pas l’électricité chez eux. Ces familles, en pleine modernité et au milieu du XXIème siècle, doivent cuisiner au feu de bois et s’éclairer avec de bougies ou en utilisant d’autres formes artisanales d’éclairage. Environ 32 000 familles, soit près de 150 000 personnes, sont sans accès à l’eau potable et doivent demander à leurs voisins pour des dons d’eau et se ’débrouiller’ pour trouver de l’eau potable chaque jour. En revanche, et le plus aberrant, Entreprises publiques de Medellín (EPM) est connue comme l’entreprise la plus « efficace et rentable en Amérique latine ». 

   Nous parlons d’une entreprise publique qui génère des bénéfices suffisants pour se soutenir, pour investir sur le long terme et même pour exporter de l’électricité aux pays tiers comme le Salvador, le Panama, le Honduras, l’Equateur ... Mais en même temps, cette Entreprise ne répond pas à la demande intérieure des propres citoyens et en particulier ceux de la ville de Medellín qui font vivre l’entreprise. C’est la grande contradiction que l’on trouve à Medellin.

/ LGS / ET: À quel moment et pourquoi la lutte pour l’eau comme un droit humain devient un pilier de la mobilisation sociale à Medellin ?

   - Dans Medellin, depuis de nombreuses années, il y a eu beaucoup de mobilisation pour l’accès aux services publics. Le travail de la Table Inter-Quartier est l’héritage d’autres organisations qui se sont articulées autour de ces luttes. Il est important de noter que quand la ville a commencé à s’urbaniser et à édifier les premières maisons et les premiers quartiers, la première forme de gestion des services publics a été la gestion communautaire. Donc, il y a toujours eu un intérêt de la population pour accéder à des services vitaux tels que l’eau et l’électricité.

   D’autre part, à Medellin, en particulier à partir des années 90, il y a eu des organisations sociales fortes qui ont favorisé l’accès aux services publics générant la mobilisation, la sensibilisation et propagation de la conscience citoyenne face au besoin que nous avons tous d’accès aux services publics. Nous sommes convaincus que nous ne nous battons pas pour une marchandise ; nous ne luttons pas pour des garanties superflues, nous parlons de besoins fondamentaux qui ne sont pas substituables.

   / ET / LGS : Quel est la portée et l’impact de vos actions d’organisation sociale et mobilisation ?

   - Nous sommes engagés dans cette lutte. Je ne peux pas vous dire où elle va finir. Depuis la Corporation Juridique Liberté, nous avons eu l’occasion d’influencer les changements du point de vue juridique : la Cour Constitutionnelle colombienne, le gardien de la Constitution et le garant de l’adaptation du service public au respect des droits de l’homme, a fait écho, par exemple, à une de nos actions déposées en 2009 (affaire T-546/09) en créant un précédent juridique fondamental. En effet, la Cour a interdit aux entreprises publiques (prestataires de services) de débrancher les ménages où il y a des mineurs même s’ils ne peuvent pas payer leur consommation. Cela a été une de nos victoires. Cependant, nous avons une tâche fondamentale d’information auprès des habitants des quartiers pauvres et dans la défense de leurs droits : là est notre priorité.

   On ne défend pas les droits que l’on ne connaît pas. Si vous ne savez pas que vous avez un droit à l’eau potable même lorsque vous ne pouvez pas la payer, vous ne pourrez jamais défendre votre droit. Pour cela, la mobilisation est un de nos plus importants piliers. Nous essayons de nous rapprocher de plus en plus des arrondissements, des organisations, des quartiers, des gens, pour leur parler de nos propositions pour renforcer l’appropriation des droits au sein des communautés et leur défense par la suite.

   / LGS / ET: Finalement, nous aimerions parler un peu de ce qui se passe en Colombie en ce moment. Les négociations de paix entre le gouvernement colombien et les FARC ont été instaurées à Oslo en 2012 et sont actuellement en cours à La Havane depuis 1 an. Comment vivez-vous la défense des droits de l’homme et la mobilisation sociale depuis le processus de paix ?

   - Le processus de paix en Colombie est pour tous une urgence et une nécessité. Nous vivons dans un conflit qui a duré longtemps et a été déshumanisé au point d’utiliser des méthodes et moyens de guerre qui nuisent à la plupart des civils. Pour la société, il est essentiel qu’un accord de paix puisse être réalisé.

   À cet égard, nous, dans la Corporation Juridique Libertés et d’autres organisations à Medellin, sommes d’accord avec une solution politique et négociée au conflit. Mais nous croyons que plus que la remise des armes, il doit y avoir un accord minimum pour rétablir les droits qui ont été refusés pendant des décennies aux populations les plus vulnérables. Donc, nous ne pouvons pas simplement parler d’accord de paix entre la guérilla et le gouvernement, avec soit les FARC soit l’ELN s’il est décidé qu’ils font partie d’un processus de négociation.

   Ce qui est requis de toute urgence est la mise en place de politiques sociales en accord avec les besoins de la population. Des politiques foncières : comme une véritable restitution qui permette aux familles de retourner à leur territoires et cultiver leurs aliments ; une politique de souveraineté alimentaire, d’éducation pour tous les enfants indépendamment de leur capacité économique, et une politique de santé publique, sont des prémisses fondamentales. Nous sommes conscients que de telles garanties sociales ne seront pas le produit d’un accord de paix. Dans la pratique, la société civile en tant que moteur de ces luttes doit continuer à se battre pour que ces droits soient rétablis et que s’opèrent des changements plus structurels au sein de l’Etat pour permettre une véritable paix. 

   Il ne suffit pas qu’il y ait un accord de paix, si nous n’arrivons pas à faire valoir d’autres besoins pour le progrès de la population. La Colombie est un pays appauvri avec de nombreux besoins. S’il y a une négociation entre la guérilla et l’Etat sans plus, des enfants continueront à naître au milieu de difficultés et par la suite, d’une manière ou d’une autre, continueront à se battre pour protéger leurs droits. En ce sens, nous nous félicitons vivement du processus de paix, mais nous pensons que cela devrait aller au-delà de l’abandon des armes.

Entretien réalisé par Claudia Barrantes (Entretodos France) le 23 Novembre 2013


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(Le hérisson libéral savait rendre ses piquants
délicieusement attractifs)


(Source: ambiendew, via anglepoiselamp)

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Benoît Barvin

samedi 1 septembre 2012

"Avec son appétit d'oiseau, la fille de l'Ogre faisait tache". Jacques Damboise in "Pensées désavouées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE TENDS JAMAIS TA MAIN AU BOURREAU)

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"Bon... Maintenant mettre le courant
et voir si cette fille est vraiment une lumière..."

En Floride, un détective 
au cœur d’une telenovela politique

   (...) En Floride, terrain de la convention républicaine cette semaine, un privé est à l’origine d’un scandale de fraude électorale à rebondissement, touchant, justement, des républicains du Sunshine State. Joe Carrillo, un détective privé de Miami, raconte qu’il a été contacté en juillet par un client avec une requête de filature. Sa mission: suivre Deisy Cabrera, une femme de 56 ans soupçonnée d’être une boletera, une trafiquante de votes, pour le candidat républicain à la mairie de Miami-Dade, le comté qui englobe Miami, et d'autres candidats en lice pour un poste de haut-fonctionnaire. La dame sillonne les localités et propose aux personnes âgées hispanophones de les aider à voter par procuration.

   Le 24 juillet, le privé Carrillo a assez d’informations pour contacter la police. Le détective et la police prennent Cabrera en filature, séparément: ils la filment et la photographient au bureau de campagne du candidat républicain, puis faisant des arrêts dans plusieurs appartements avant de se rendre à un bureau de poste. Là, elle dépose au courrier 19 votes par procuration qu’elle aurait complété en faveur des Républicains du comté. Or la loi électorale interdit de signer plus de 2 votes! Peu de temps après la boletera est arrêtée et inculpée pour fraude électorale. Un autre boletero est arrêté dans la foulée. L’affaire fait scandale mais n’empêche pas le Républicain Carlos Gimenez d’être réelu maire le 14 août dernier.

   En résumé, comme le souligne un chroniqueur de Miami, il a fallu qu’un détective privé mâche le boulot de la police pour qu’elle procède enfin à des arrestations après des années de rumeurs sur des votes par procuration frauduleux. Mais qui l’a embauché? Un pompier de la ville d’Hialeah, vice-président du syndicat des pompiers. Eric Johnson affime avoir recruté le détective privé en payant de sa poche «en tant que citoyen exaspéré.» Il se dit ravi du résultat: «Joe [Carillo] est inestimable,” a déclaré le pompier au Miami Herald, “Il a fait en une journée ce que la police locale n’avait pas pu faire en 20 ans.» (...)

Lire sur:


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(Le changement climatique induisait des transformations
assez inquiétantes dans les espèces animales )

cartier-pulp.illo-1940

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"Comment ça un député ne peut porter une double casquette?
Et pourquoi ça Monsieur-Je-Sais-Tout?"



Comment le député Fillon 
est devenu consultant VIP
François Krug

   (...) L’ancien Premier ministre a profité de la fenêtre de tir étroite que lui laissait la législation, entre son départ de Matignon et son arrivée à l’Assemblée nationale. Sauf s’il travaillait déjà comme consultant, un député n’a pas le droit de se lancer dans cette activité après son élection. L’astuce ? Devenir officiellement consultant... juste avant d’être élu.

   François Fillon a baptisé sa petite entreprise 2F Conseil, tout simplement. Début juin, il déposait au tribunal de commerce de Paris les statuts de cette SARL au capital de 1 000 euros, dont il est l’unique actionnaire. Au préalable, il avait ouvert un compte bancaire dans son ancienne circonscription, au Crédit agricole de Sablé-sur-Sarthe.

   Sollicitée par Rue89 ce jeudi après-midi, l’équipe de François Fillon n’avait pas donné suite à nos questions lorsque cet article a été mis en ligne. (...)

   (...) L’ancien Premier ministre ne compte pas travailler uniquement pour le privé. Selon les statuts de 2F Conseil, que Rue89 s’est procurés, il se réserve le droit d’offrir ses services à une clientèle qu’il a bien connue comme chef du gouvernement : « Tout Etat et [...] tout organisme international, européen, national, étatique, régional, départemental, municipal ou local, français ou non [...]. »

   Rentabiliser son expérience et son carnet d’adresses, c’est une tentation bien compréhensible pour les anciens ministres, y compris le Premier d’entre eux. Mais passer du gouvernement à l’Assemblée nationale complique un peu les choses. (...)

   Le consulting, source potentielle de conflits d’intérêts, figure en bonne place dans la liste des activités incompatibles avec celles d’un député nouvellement élu. Voici ce que prévoit l’article 146-1 du code électoral : « Il est interdit à tout député de commencer à exercer une fonction de conseil qui n’était pas la sienne avant le début de son mandat. Cette interdiction n’est pas applicable aux membres des professions libérales soumises à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé [les avocats principalement, ndlr]. »

   Le plus important, ici, ce n’est pas ce qui est interdit, mais ce qui ne l’est pas. La loi offre deux solutions aux députés voulant se lancer dans le consulting :
. créer sa société avant le début de son mandat : c’est ce que François Fillon a fait, deux semaines seulement avant son élection ;
. devenir avocat en cours de mandat : c’est ce que François Fillon aurait pu faire – en profitant du décret qu’il avait lui-même signé en avril, permettant aux anciens ministres de devenir avocat sans examen...

   L’ancien Premier ministre, qui aspire à devenir président de l’UMP, a donc parfaitement respecté la loi. A défaut d’avoir vraiment respecté l’esprit de la loi...

   Il pourra difficilement faire valoir qu’avec sa société, il préparait sa reconversion professionnelle en cas de défaite aux législatives. Son élection, dans une des circonscriptions les plus bourgeoises de Paris, ne faisait en effet aucun doute. (...)

Lire sur:

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"Hey, les gars, vous pouvez me donner un coup de pattes?
- Combien tu nous offres?
- P'tain! Le Capitalisme est vraiment partout!"

http://firsttimeuser.tumblr.com/

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Benoît Barvin