Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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samedi 20 avril 2013

"Ces auréoles sous les bras ne faisaient pas de lui un ange". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(VOIS TOUJOURS LE MEILLEUR
DU MEILLEUR)

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"Une conférence de qui?
- Wouahahahahahaha!!!"

Aller voir Nicolas Sarkozy en conférence, 
combien ça coûte ? (en neurones?)
 Etienne Comte

   (...) Depuis qu'il n'est plus président de la République (mais l'a-t-il jamais été?), Nicolas Sarkozy gagne sa vie en donnant des conférences. Sa nouvelle orientation est un succès puisque, selon les estimations, il gagne entre 100 000 et 250 000 euros par intervention (pour des prestations durant rarement plus de deux heures).

   Habituellement, l'organisateur débourse une somme pharaonique et accueille gratuitement ses invités. Ce n'est pas le cas de la Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain (CCMM) qui fait payer (cher) le ticket d'entrée (voir les tarifs dans le tableau ci-contre). (...) 



   Le "Billet Général", le plus abordable coûte la bagatelle de 225 dollars canadiens (169€). Et encore, il faut être membre de la CCMM. Pour le spectateur lambda, il faudra payer 325 dollars (243€). Et ne vous réjouissez pas trop vite : les prix indiqués sont hors taxes.

    Malheureusement, la réduction de 10% pour la location d'une table de 10 personnes est aussi réservée aux membres. (...) 

   Pour les fans absolus de l'ancien président, 150 places d'exception sont à vendre au prix de 795 dollars (595 euros). Les possesseurs de ces billets d'exception seront assis aux premiers rangs, seront autorisé à pénétrer le salon VIP (pénétrer le salon VIP... Miam!) et auront le plaisir d'être pris en photo individuellement avec Nicolas Sarkozy. Ce dernier devra donc enchaîner 150 clichés avec un grand sourire. Attention au claquage des zygomatiques. (...)

   Peut-être soucieuse de justifier ces tarifs très onéreux, la CCMM a légèrement gonflé le CV de Nicolas Sarkozy. La Chambre de Commerce lui a attribué à tort un diplôme de Sciences-Po Paris. L'ancien président n'avait jamais obtenu ce sésame, la faute à une note éliminatoire en anglais. Fort heureusement, l’événement se tiendra en français. (français causé ou parlé?) (...)


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(Député hésitant entre son mandat 
et son porte-feuille d'actions)


Substitutes for Said (T-Y)
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"Tu veux des conseils, peut-être?
J'te les fais gratos!"


De Fillon à Chatel : 
enquête sur les députés 
qui vendent leurs conseils
(et leur âme... mais cela fait longtemps)
François Krug

   (...) Le cas des députés-consultants n’avait jusqu’ici guère ému l’Assemblée nationale. En 2011, l’écologiste François de Rugy avait bien proposé à ses collègues d’interdire cette double activité, mais n’avait pas réussi à les convaincre. (...)

   François Hollande l’a promis la semaine dernière, en annonçant sa grande loi post-Cahuzac : certaines activités seront désormais interdites aux parlementaires. Le texte ne sera présenté en Conseil des ministres que mercredi prochain, mais selon Le Canard enchaîné qui a pu le consulter, il précise bien que « l’exercice des professions de journaliste et d’avocat est incompatible » avec un mandat de député ou de sénateur. Cette interdiction concerne aussi les « fonctions de conseil ».

   L’affaire Cahuzac oblige l’Assemblée à se pencher un peu plus sérieusement sur la question. Le consulting devrait faire partie des activités interdites aux parlementaires dans le futur projet de loi organique pour la moralisation de la vie politique (voir l’encadré).

   Combien sont-ils, ces députés-consultants ? Pour le savoir, il ne faut pas compter sur l’Assemblée : contrairement au Sénat et au gouvernement, elle rechigne encore à publier les déclarations d’intérêts de ses membres, recensant leurs éventuelles activités parallèles. (...) 

   (...) Rue89 a identifié ceux qui possèdent leur propre cabinet de consulting, en croisant la liste des députés avec les données des registres du commerce(disponibles sur le site Infogreffe). Cette méthode ne permet pas de mettre en lumière des activités plus discrètes, mais offre une première indication.

   Ils sont actuellement neuf dans ce cas, selon notre décompte. Ils seraient dix si Jérôme Cahuzac ne s’était pas résolu à démissionner : Cahuzac Conseil, désormais célèbre pour ses liens avec les labos pharmaceutiques, est en sommeil depuis la fin des années 90, mais reste inscrite au registre du commerce.

   Parmi ces petits patrons, une vedette : François Fillon. Rue89 avait déjà signalé l’été dernier que l’ex-Premier ministre avait créé en toute discrétion sa société, 2F Conseil. La semaine dernière, en dévoilant sa déclaration de patrimoine sur France 2 et sur son blog, il n’a pas jugé utile d’évoquer cette activité annexe.

   Ce n’était pas un oubli, nous assure la responsable de la communication de François Fillon. La déclaration rendue publique serait tout simplement celle qu’il avait remise à l’Assemblée après les législatives, comme tous les députés. Or, à cette époque, 2F Conseil n’avait encore eu aucune activité. (...) 

   Depuis, la société ne servirait qu’à facturer les prestations de François Fillon lors de conférences, organisées par des entreprises pour leurs cadres et leurs clients. On ne connaîtra pas les noms de ces entreprises, mais pas d’inquiétude :

   « Ce sont des interventions sur les perspectives économiques de l’Europe. Il n’y a aucun souci de conflit d’intérêts, car c’est sa vision (vision?) d’ancien Premier ministre que les gens recherchent. »

   Pour se lancer dans cette nouvelle activité, François Fillon a respecté à la lettre la loi en vigueur. C’est-à-dire en profitant pleinement de ses failles : l’article 146-01 du code électoral interdit seulement à un parlementaire « de commencer à exercer une fonction de conseil qui n’était pas la sienne avant le début de son mandat » ; il n’interdit donc pas explicitement de faire semblant d’avoir été consultant avant le début du mandat, en créant une société peu avant les législatives.


   C’est ce qu’a fait François Fillon, deux semaines avant d’être élu à Paris. C’est aussi ce qu’a fait son ancien ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, désormais vice-président délégué de l’UMP : il a immatriculé sa société LCH début juin 2012.

   L’équipe de Luc Chatel nous précise simplement qu’il se livre à une double activité de conseil « en stratégie et en organisation » et de conférencier (comme l’annoncent déjà les statuts de sa société), et que celle-ci a été déclarée au bureau de l’Assemblée et à sa déontologue (1) (comme l’exige déjà le règlement). (...)


(1) Sur proposition de M. Claude Bartolone, Mme Noëlle Lenoir a été désignée le 10 octobre 2012, à l'unanimité du Bureau, déontologue de l'Assemblée nationale, après avoir recueilli l'aval des Présidents des groupes d'opposition (on n'attend plus que la désignation de la proctologue de l'Assemblée nationale?)

Lire sur:

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Benoît Barvin

jeudi 1 novembre 2012

"Je réfute l'idée suivant laquelle cette Dame Pipi est incontinente". Jacques Damboise in "Je réfute l'idée".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA SAGESSE N'EST NI ICI
OU LA, ELLE EST AILLEURS)

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"Regarde! Une distribution gratuite de sucre
pour nous carrier les dents...
- Chouette! Merci les dentistes!"

GW Sugar, 1963

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Grands-parents à tout faire
Sandrine Morel

   (...) Selon une enquête du ministère de la Santé et des Politiques sociales, près de la moitié des grands-parents espagnols s'occupent de leurs petits-enfants quotidiennement et ils sont près de 70 % à les prendre en charge durant les vacances scolaires. En Espagne, les grands-parents ont toujours occupé une place centrale mais avec la crise, leur aide est devenue plus que jamais une nécessité. Une étude du Conseil économique et social d'Espagne (CES), qui regroupe les partenaires sociaux, estime à 422 600 le nombre de foyers vivant en 2011 grâce à la pension des grands-parents, sur 17 millions de foyers. C'est 21 % de plus qu'un an plus tôt. (...)

   (...) Pilar, retraitée depuis le mois de mars, fait trois quarts d'heure de métro pour s'occuper de Mario jusqu'au retour de son fils Miguel et de sa belle-fille Virginia. A 37 ans, ils sont tous deux des mileuristas (ils gagnent 1 000 euros par mois). Lui est employé d'une agence de voyage, elle, agent de contrôle de la qualité dans un laboratoire. S'offrir une nounou à temps plein : impossible. Mais Pilar ne s'en plaint pas. "Je suis amoureuse de mes petits-enfants", proclame-t-elle en tendant un biscuit en forme de dinosaure au petit Mario.

   En Espagne, plus de 1,7 million de foyers comptent la totalité de leurs membres au chômage et près de 300 000 familles ont perdu leur logement depuis le début de la crise. Alors pourquoi le pays n'explose-t-il pas ? Les économistes et les sociologues apportent tous la même réponse : "le poids de l'économie souterraine", qui représenterait entre 20 et 25 % du PIB national. Mais surtout, "la solidarité familiale", véritable filet de sécurité en cas de coup dur.

   Une expression presque trop faible pour résumer le rôle que jouent les grands-parents dans la crise actuelle. Eléments essentiels de la société, ils pallient les défaillances du système social, à commencer par le manque de place dans les crèches publiques ou leurs horaires souvent incompatibles avec une vie professionnelle. Ils sont là aussi pour héberger ceux qui ont perdu leur logement, prendre le relais des indemnités chômage quand ces dernières arrivent à échéance ou payer les vacances.(...)

Lire sur:


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"Tu as vu comme ça sent bon,
une crotte de chien chaude?
- Ca sera super avec cette boisson
débouche cabinet"

Boy Scouts Pepsi Ad1959 (by sallyedelstein)

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"Ch't'aime pas, vieille crapule...
- Moi itou, vieux cochon..."


(Chez ce vieux couple gay,
les insultes volaient bas)

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Fillon-Copé : un débat, huit erreurs
(Ci-dessous, 2 seulement sont évoquées,
car on n'a pas que ça à faire...)

   (...) 2/ Fillon : [sur le plan social à PSA] "Repousser les plans sociaux après les élections ? C'est absolument faux ! Nicolas Sarkozy a demandé qu'on repousse le plan social, mais pas l'annonce du plan social. C'est un choix politique."

   Pourquoi cette phrase est gênante ? L'accusation avait été martelée par la gauche durant la présidentielle : le gouvernement sortant aurait fait reculer des annonces de plans sociaux. M. Fillon s'emporte, assurant que tout cela est absolument faux... mais reconnaît tout de même que le président sortant a bien demandé qu'on repousse le plan social lui-même. Ce que M. Sarkozy a toujours nié.

   L'ancien ministre du travail, Xavier Bertrand, qui a annoncé vendredi 25 octobre son soutien à M. Fillon, a d'ailleurs nié que M. Sarkozy ait demandéun délai à PSA. Et M. Fillon est revenu sur ses propos, expliquant dans un communiqué vendredi que"Nicolas Sarkozy n'a pas demandé qu'on repousse l'annonce du plan social, mais que tout soit tenté pour l’éviter, comme il a toujours essayé de le faire pour toutes les entreprises pendant cinq ans".

   Mais cette phrase vient contredire les propos du patron de PSA, Philippe Varin, qui affirmait pour sa part, en début d'été "c'est une décision tellement importante qu'il n'était pas question d'en faire un enjeu de la période électorale. Nous avons attendu dès que possible", rappelle LeFigaro.fr, 

   3/ Fillon : [sur le mariage homosexuel] "En revanche, s'il y a une alternance, c'est une mesure sur laquelle il faudrait revenir, Parce que sur un sujet comme celui-là, on ne peut pas considérer qu'une fois le texte voté, les choses sont acquises"

   Pourquoi cela paraît très complexe, pour ne pas dire impossible ? Sans doute conscient du rejet de ce projet socialiste parmi les militants UMP, M. Fillon promet un peu trop rapidement que si la droite reprend le pouvoir, elle "reviendra" sur cette loi. Or ce ne serait probablement pas possible.

   L'article 2 du code civil le postule : "La loi ne dispose que pour l'avenir ; elle n'a point d'effet rétroactif ". En France comme dans la plupart des pays, la loi ne revient pas en arrière.

   Le principe est également inscrit dans le droit européen et consacré par la jurisprudence. Il serait donc en théorie possible de modifier la loi et d'abroger l'union entre couples de mêmes sexes, mais pas de faire perdre cet avantage aux bénéficiaires de la mesure, surtout s'ils sont nombreux. On créerait donc une situation d'inégalité de droit entre couples de même sexe unis avant l'abrogation et couples désirant s'unir après celle-ci. Une majorité qui arriverait au pouvoir une fois le mariage homosexuel rendu légal aurait donc très probablement beaucoup de mal à le défaire.

   Un cas récent à l'étranger est celui de la "proposition 8", par laquelle les républicains de Californie ont tenté de faire annuler les mariages homosexuels conclus dans cet Etat. Après des années de procédure, elle a été jugée inconstitutionnelle. En Espagne également, une procédure judiciaire est en cours depuis sept ans pour abroger le mariage homosexuel, permis depuis 2005, mais les juristes estiment peu probable que la justice revienne en arrière et supprime une liberté civile acquise.

   Si l'UMP revient au pouvoir en 2017, après quatre ans durant lesquels le mariage homosexuel aura été autorisé et des dizaines de milliers - on peut le supposer - de couples homosexuels unis, il sera donc extrêmement compliqué, notamment juridiquement, mais aussi politiquement, de trouver une manière de l'abroger. (...)
Reste à lire éventuellement sur:

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Benoît Barvin (avec Blanche Baptiste)

samedi 1 septembre 2012

"Avec son appétit d'oiseau, la fille de l'Ogre faisait tache". Jacques Damboise in "Pensées désavouées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE TENDS JAMAIS TA MAIN AU BOURREAU)

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"Bon... Maintenant mettre le courant
et voir si cette fille est vraiment une lumière..."

En Floride, un détective 
au cœur d’une telenovela politique

   (...) En Floride, terrain de la convention républicaine cette semaine, un privé est à l’origine d’un scandale de fraude électorale à rebondissement, touchant, justement, des républicains du Sunshine State. Joe Carrillo, un détective privé de Miami, raconte qu’il a été contacté en juillet par un client avec une requête de filature. Sa mission: suivre Deisy Cabrera, une femme de 56 ans soupçonnée d’être une boletera, une trafiquante de votes, pour le candidat républicain à la mairie de Miami-Dade, le comté qui englobe Miami, et d'autres candidats en lice pour un poste de haut-fonctionnaire. La dame sillonne les localités et propose aux personnes âgées hispanophones de les aider à voter par procuration.

   Le 24 juillet, le privé Carrillo a assez d’informations pour contacter la police. Le détective et la police prennent Cabrera en filature, séparément: ils la filment et la photographient au bureau de campagne du candidat républicain, puis faisant des arrêts dans plusieurs appartements avant de se rendre à un bureau de poste. Là, elle dépose au courrier 19 votes par procuration qu’elle aurait complété en faveur des Républicains du comté. Or la loi électorale interdit de signer plus de 2 votes! Peu de temps après la boletera est arrêtée et inculpée pour fraude électorale. Un autre boletero est arrêté dans la foulée. L’affaire fait scandale mais n’empêche pas le Républicain Carlos Gimenez d’être réelu maire le 14 août dernier.

   En résumé, comme le souligne un chroniqueur de Miami, il a fallu qu’un détective privé mâche le boulot de la police pour qu’elle procède enfin à des arrestations après des années de rumeurs sur des votes par procuration frauduleux. Mais qui l’a embauché? Un pompier de la ville d’Hialeah, vice-président du syndicat des pompiers. Eric Johnson affime avoir recruté le détective privé en payant de sa poche «en tant que citoyen exaspéré.» Il se dit ravi du résultat: «Joe [Carillo] est inestimable,” a déclaré le pompier au Miami Herald, “Il a fait en une journée ce que la police locale n’avait pas pu faire en 20 ans.» (...)

Lire sur:


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(Le changement climatique induisait des transformations
assez inquiétantes dans les espèces animales )

cartier-pulp.illo-1940

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"Comment ça un député ne peut porter une double casquette?
Et pourquoi ça Monsieur-Je-Sais-Tout?"



Comment le député Fillon 
est devenu consultant VIP
François Krug

   (...) L’ancien Premier ministre a profité de la fenêtre de tir étroite que lui laissait la législation, entre son départ de Matignon et son arrivée à l’Assemblée nationale. Sauf s’il travaillait déjà comme consultant, un député n’a pas le droit de se lancer dans cette activité après son élection. L’astuce ? Devenir officiellement consultant... juste avant d’être élu.

   François Fillon a baptisé sa petite entreprise 2F Conseil, tout simplement. Début juin, il déposait au tribunal de commerce de Paris les statuts de cette SARL au capital de 1 000 euros, dont il est l’unique actionnaire. Au préalable, il avait ouvert un compte bancaire dans son ancienne circonscription, au Crédit agricole de Sablé-sur-Sarthe.

   Sollicitée par Rue89 ce jeudi après-midi, l’équipe de François Fillon n’avait pas donné suite à nos questions lorsque cet article a été mis en ligne. (...)

   (...) L’ancien Premier ministre ne compte pas travailler uniquement pour le privé. Selon les statuts de 2F Conseil, que Rue89 s’est procurés, il se réserve le droit d’offrir ses services à une clientèle qu’il a bien connue comme chef du gouvernement : « Tout Etat et [...] tout organisme international, européen, national, étatique, régional, départemental, municipal ou local, français ou non [...]. »

   Rentabiliser son expérience et son carnet d’adresses, c’est une tentation bien compréhensible pour les anciens ministres, y compris le Premier d’entre eux. Mais passer du gouvernement à l’Assemblée nationale complique un peu les choses. (...)

   Le consulting, source potentielle de conflits d’intérêts, figure en bonne place dans la liste des activités incompatibles avec celles d’un député nouvellement élu. Voici ce que prévoit l’article 146-1 du code électoral : « Il est interdit à tout député de commencer à exercer une fonction de conseil qui n’était pas la sienne avant le début de son mandat. Cette interdiction n’est pas applicable aux membres des professions libérales soumises à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé [les avocats principalement, ndlr]. »

   Le plus important, ici, ce n’est pas ce qui est interdit, mais ce qui ne l’est pas. La loi offre deux solutions aux députés voulant se lancer dans le consulting :
. créer sa société avant le début de son mandat : c’est ce que François Fillon a fait, deux semaines seulement avant son élection ;
. devenir avocat en cours de mandat : c’est ce que François Fillon aurait pu faire – en profitant du décret qu’il avait lui-même signé en avril, permettant aux anciens ministres de devenir avocat sans examen...

   L’ancien Premier ministre, qui aspire à devenir président de l’UMP, a donc parfaitement respecté la loi. A défaut d’avoir vraiment respecté l’esprit de la loi...

   Il pourra difficilement faire valoir qu’avec sa société, il préparait sa reconversion professionnelle en cas de défaite aux législatives. Son élection, dans une des circonscriptions les plus bourgeoises de Paris, ne faisait en effet aucun doute. (...)

Lire sur:

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"Hey, les gars, vous pouvez me donner un coup de pattes?
- Combien tu nous offres?
- P'tain! Le Capitalisme est vraiment partout!"

http://firsttimeuser.tumblr.com/

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Benoît Barvin

vendredi 10 février 2012

"Endettée jusqu'au cou, cette tortue fut obligée de vendre son logement principal". Jacques Damboise in "Pensées de noeud-noeud".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TES PENSÉES SONT TES ENFANTS,
ÉLÈVE-LES AVEC AMOUR)


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"Je cherche un certain Lindsay Owen-Jones,
c'est pour régler définitivement un litige"

Lindsay Owen-Jones attaque... 
une baraque à frites
(sal... de - sales - pauvres!)

   (...) L'ancien patron de L'Oréal, propriétaire d'un appartement au pied de la station de Val d'Isère a assigné en justice la gérante d'une baraque à frites pour "troubles au voisinage". (...)

   (...) "Pour des personnes fortunées, c'est sûr qu'une cabane à frites devant chez soi cela dérange, mais nous, nous sommes obligés de travailler pour gagner notre vie", proteste Valérie Maertens poursuivie devant le tribunal d'Albertville par l'ex-PDG du premier groupe mondial de cosmétiques (1988-2006).
   "Ils se plaignent du bruit et des odeurs de frites, mais si vous voulez être tranquilles vous n'achetez pas un appartement sur le front de neige", déplore la gestionnaire de ce chalet de 5m2 devant lequel une quarantaine de transats ont été installés pour accueillir la clientèle. (Voir l'interview de la propriétaire, sur le site d'Europe 1).
   Les copropriétaires reprochent à la commerçante le non-respect du code de l'urbanisme (pour des qui le violent à chaque fois qu'ils peuvent, c'est gonflé), ainsi que la violation des règles d'hygiène (ah, péter dans un bas de soie, c'est pas donné à tout le monde!). Ils demandent en cas de non-fermeture du chalet une compensation financière liée à la perte de valeur de leur bien (combien de millions d'euros?).
   Contacté par l'AFP, l'avocat de Lindsay Owen-Jones a refusé de s'exprimer. (...)


   Info relayée par http://www.pensezbibi.com/, blog que nous vous conseillons de visiter régulièrement. Vous ne serez pas déçus.

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« La fortune est aveugle 
et l'argent n'a pas d'odeur, 
disent des communs proverbes. 
C'est pourquoi les financiers 
s'efforcent de perfectionner 
le toucher. »
 Paul Laffitte
Extrait du Jéroboam 
ou la finance sans méningite 

"Moi... Chomp, chomp...
quand je serai grand,
c'est aux mamelles d'un pays
que... Chomp, chomp...
je m'abreuverai... 
A m'en faire péter le ventre"

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La retraite en or d'Owen-Jones
Laurent Mauduit 

   (...) Le groupe L'Oréal, ou plus précisément son ancien directeur général et actuel président du conseil d'administration, Lindsay Owen-Jones, qui arrive en tête de ce hit-parade, avec une retraite-chapeau qui culmine selon le magazine à 3,3 millions d'euros par an, devant le PDG de Danone Franck Riboud, qui touchera à sa retraite 1,8 million d'euros de rente annuelle, et celui d'Axa, Henri de Castries, dont la rente prévue, alors qu'il n'a que 55 ans, est de 1,1 million d'euros annuels. Derrière eux se trouvent le PDG du réassureur Scor et ancien numéro deux du Medef, Denis Kessler (800.000 euros annuels), l'ancien président de Sanofi-Aventis Jean-François Dehecq (779.000 euros) et Henri Proglio, qui outre une pension de 769.000 euros versés par Veolia Environnement, touche 1,6 million d'euros annuels comme PDG d'EDF.

   De ce classement transparaît donc deux grandes tendances. D'abord l'extrême boulimie des PDG français qui, malgré les pressions de l'opinion et les fausses interpellations de l'Elysée (et leur peu de réussite?), ne modèrent toujours pas leurs faramineuses rémunérations. Pour mémoire, le même Lindsay Owen-Jones a en poche la fortune absolument insensée de 360 millions d'euros en stock-options.

   Et puis surtout, l'affaire Bettencourt-L'Oréal révèlent la double caractéristique des plus grandes firmes françaises : en certains aspects, comme les stock-options ou les retraites dites chapeau, elles miment les travers les plus sulfureux du capitalisme anglo-saxon ; et puis, dans la vie ordinaire, elles n'en continuent pas moins à barboter dans les allées poisseuses du capitalisme de connivence parisien (mauvaise langue...). 



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« Les financiers ne font bien leurs affaires 
que lorsque l'État les fait mal. »
 Talleyrand

"Moi, j'me la pète...
L'Résident, y s'occupe de moi, 
alors..."

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Fillon (qui?) 
monte au front (de gauche?),
 avec une cote de confiance en chute
(ça s'appelle un boulet, alors?)

ELSA FREYSSENET

   (...) La chute est rude (désolé, j'ai pas de sparadrap pour vous). François Fillon est désormais tout aussi impopulaire que Nicolas Sarkozy selon le dernier baromètre CSA pour « Les Echos » (qui a dit "enfin"?). Pas moins de 61 % (c'est tout?) des sondés ne font « pas confiance » au Premier ministre « pour aborder efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays », soit 7 points de plus que le mois dernier. 
   Le contingent de ceux qui lui font confiance (35 % à égalité avec le chef de l'Etat) a diminué de 6 points (re c'est tout?). La baisse est particulièrement sensible chez les ouvriers et employés, ainsi que chez les travailleurs indépendants (oh, surprise...). Les premiers sont sensibles (heu... "touchés par" serait plus exact) au chômage record, les seconds sont « traumatisés par la TVA sociale » ("assommés par " serait, là, plus judicieux), selon Jérôme Sainte-Marie, le directeur du département opinion de CSA. 
   Pour celui-ci, cette chute est aussi le signe que la différence de style entre les deux têtes de l'exécutif, qui a longtemps profité au Premier ministre, ne joue plus (ben, si le fond est le même, le style, hein?) : « François Fillon s'est banalisé ("a toujours été banal" serait plus exact), car il est entraîné dans la campagne (qui a ricané: "héhéhé"?). Il était le numéro deux de l'exécutif ; maintenant il est le numéro deux de la campagne de Nicolas Sarkozy. » 

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"Non, Messieurs, je ne m'ennuie jamais...
Je travaille toujours, d'arrache-pied et...
Comment ça, ça ne vous étonne pas?"


Faire la grasse matinée 
rend plus créatif

   (...) Une étude publiée en 2011 démontre en effet que pour les personnes qui ne sont pas du matin, c'est à cette période de la journée que le pic de créativité a lieu. En étant un peu endormi, notre attention est plus diffuse et amène notre esprit à vagabonder d'avantage, augmentant de ce fait la capacité à gérer les problèmes de manière originale... Annie Murphy Paul explique que c'est dans ces moments de rêverie que «les procédés mentaux qui inhibent les pensées déconcentrantes ou hors de propos sont à leur niveau le plus bas, ce qui permet à des connexions inattendues et parfois très inspirées de se faire.»
   D'où l'intérêt de ne pas se presser le matin, pour laisser notre esprit en errance nous rendre créatif (ouah! Juste ce que les gens de Tu Quoque font chaque matin...).
   En octobre, un article publié sur Wired montrait également, en se fondant sur plusieurs études scientifiques, que la rêvasserie est une source importante de créativité intellectuelle et artistique, sorte de mode «par défaut» du cerveau qu'il faut apprendre à maîtriser pour le développer.
   «Ce n'est pas l'ennui en soi qui compte, résumait alors Jonah Lehrer. C'est la façon qu'a l'ennui de nous amener à réfléchir. Quand les gens sont immergés dans la monotonie, ils tombent automatiquement dans cette forme très spéciale d'activité cérébrale», à mi-chemin entre rêve et réflexion consciente.


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Benoît Barvin

mardi 22 novembre 2011

"Chaque week-end, le roi des Belges taquinait le gardon avec le roi des Berges". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"


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"Comment ça, on me hait?
- Mais pas vous, Monsieur, un aéroport.
- Comment ça, Monsieur! Je suis général...
- Laisse-le tomber, c'est un vieux schnock.
- Hein? Un vieux schnock?!!!
- P'tain, heureusement qu'il a clamsé, ce vieux...
- QUOI??"
fr.wikipedia.org

Charles de Gaulle (Roissy),
«l'aéroport le plus haï du monde»

   (...) Cette fois-ci, c’est au tour de CNNGo, le site de la chaîne d’informations américaine CNN dédié aux voyages en Asie pacifique, de s’intéresser, non pas au pire aéroport du monde, mais au plus haï, expliquant ainsi la nuance entre les deux:
   «Il y a une forme de haine bien spécifique envers les bâtiments qui vous obligent à enlever vos chaussures, à faire la queue, à acheter de la mauvaise nourriture et à courir vers une porte d’embarquement changée arbitrairement avant l’annulation de votre vol. "[…]
   Pour arriver à notre liste, qui n’est absolument pas scientifique, nous avons parcouru les sites Internet, blogs et forums de discussion. Et fait appel à nos propres souvenirs de voyage catastrophiques. Ce qui suit sont dix hubs internationaux qui, bien qu’ils puissent avoir quelques fervents fans et même avoir gagné des prix, ont tous généré assez de fureur, de griefs et de "plus jamais ça" pour mériter une place sur la liste.»
   Et le résultat ne déroge pas à la règle: l’aéroport de Roissy arrive tout simplement à la première place, devant l’aéroport international de Los Angeles et celui d’Heathrow à Londres qui complètent le podium. Les aéroports de Toncontin au Honduras, de Ninoy Aquino aux Philippines ou encore de Nairobi au Kenya font tous meilleure figure que notre Charles de Gaulle national. (...)

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"Et des chanteuses sous plastique,
ça vous va, Messieurs les fondamentalistes?"
toutlecine.com
(Zardoz)

Cachez ces femmes
que l'on ne saurait voir


   (...) Le mois dernier, le chef ashkénaze Yona Metzger a déclaré dans un décret religieux que les FDI doivent s'assurer que les soldats religieux ne soient pas obligés d'assister à des spectacles où il y aurait des chanteuses...
   "L’extrémisme religieux dans l’armée est une menace plus grave que l’Iran", juge un ancien chef du Mossad - des cadets de l’armée ayant refusé d’assister à un spectacle mettant en scène des femmes (Jerusalem Post)

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"Vous avez le choix, gueux. Ou vous vous suicidez
ou c'est nous qu'on le fait. Choisissez. On a tout votre temps.
vince0088.blogspot.com

Dans le pressoir des banksters
et des hypra libéraux

   (...) En France, notre premier sinistre Fillon, qui, campagne électorale oblige, est désormais préposé aux mauvaises nouvelles, vient d’annoncer un nouveau “plan d’austérité”. C’est le troisième en quelques mois. Surréaliste et ridicule à la fois. En plus d’être parfaitement vain. Il devrait permettre d’économiser 7 milliards d’euros. Fort bien. Ca paiera tout juste l’ardoise du “sauvetage” de la banque Dexia, 6 milliards. Pour ça, il a pourtant fallu augmenter la TVA, l’impôt qui frappe les pauvres. On a glosé sur la restauration et la rénovation du bâtiment. On a moins parlé des “services à la personne”, ou des livres. De toute façon, c’est mauvais de lire des livres. Ça fait réfléchir…
   Fillon est un malin (hum...). Il fait passer la TVA des restaurateurs de 19.6 à 5%. 3 milliards de moins chaque année dans les caisses de l’Etat en faillite. Ah oui, mais ça “crée des zemplois®”. Oui, 30000 à peu près. Ça nous met l’emploi subventionné à 100000 euros par an. Ca fait cher du loufiat… (et quand on voit comment ils reçoivent la clientèle, ces loufiats, notamment parisiens...)
   Croyez-vous qu’il reconnaîtrait son erreur en annulant cette connerie ? Non, il passe de 5.5 à 7. Foutaise.
   Il paraît que c’est pour faire comme les Allemands. On fait tout comme les Allemands. Du moins quand ça arrange Sarkozy et Fillon. Car les Allemands, ils ont compris qu’il faut sortir du nucléaire, mais curieusement, là on ne les imite pas (oui, curieusement...). Les Allemands, contrairement à nous qui avons laissé partir toutes nos usines en Asie ou en Europe de l’Est, ils fabriquent encore chez eux. Du coup, ils vendent plus qu’ils n’achètent. Du moins pour l’instant. Croire qu’un modèle économique capitaliste puisse marcher à l’infini, c’est grotesque. Le pic pétrolier, qui fera que plus personne n’achètera rien, aura raison de l’économie allemande comme des autres. En attendant, ce qu’on loue chez les Allemands, ce sont les “réformes” dictées par les alliés ultralibéraux de Merkel, les baisses de salaires, la casse du droit du travail… (l'argent sale également? Les ventes d'armes en augmentation constante? la Rigueur teutonne?)
   Par contre je n’ai pas bien compris le coup de pied de l’âne du passage à la retraite à 62 ans plus tôt que prévu. Bénéfice sur le budget 2012 : 0. C’est juste idéologique. Si vous regardez le parcours de Fillon, vous verrez qu’à chaque fois que le gouvernement a attaqué les retraites, il n’était jamais loin. Il a dû être frappé par un retraité quand il était gamin, et il a décidé de se venger, probablement… (hypothèse intéressante... Quant à son Maître, c'est un petit chiot qui a dû lui mordiller les oreilles quand il était n'enfant...) (...)
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"La démondialisation? Nous, on s'en fout..."
 Crânes de victimes de torture
dans un Stûpa  en dehors de Phnom Penh, Cambodge.

La démondialisation, 
imaginaire utopique
Jean-Marc Proust
   (...) La démondialisation trouve sans doute ses sources dans les premiers textes utopiques où sont décrites des cités idéales, situés dans des lieux éloignés ou inconnus, comme la Cité du Soleil (Campanella, 1602), La Nouvelle Atlantide (Francis Bacon, 1627) et, surtout Utopia(1509), premier du genre. Cet ouvrage a été inspiré à Thomas More par l’observation des inégalités sociales. Voilà ce qu’il imagine, comme le relève ce cours de lettres en ligne:
   «Une société où la propriété privée n’existerait pas, où la terre appartiendrait à tous". Cet aspect “communiste” de l’humanisme de More marque profondément son Utopie: les habitants doivent intervertir leurs habitations tous les dix ans et sont dans l’obligation de trouver un métier utile à la communauté. More trouve en effet révoltant que certains groupes oisifs de la société (bourgeoisie rentière des villes et des campagnes, noblesse, clergé) s’enrichissent sur le dos d’une majorité laborieuse. Ainsi, les habitants d’Utopie sont religieux, mais leurs prêtres et leurs hommes politiques doivent se plier à la loi commune. On ne trouve ni riches évêques, ni rentiers, ni domestiques en Utopie.»
   Dans ce monde idéal, tout n’est qu’harmonie:
   «Les Utopiens entretiennent admirablement leurs jardins, où ils cultivent des plants de vignes, des fruits, des légumes et des fleurs d’un tel éclat, d’une telle beauté que nulle part ailleurs je n’ai vu pareille abondance, pareille harmonie.»
   Utopie: l’étymologie renvoie au grec «ou-topos» («nulle part») ou encore «eu-topos», «lieu du bonheur». Thomas More pose ainsi le principe de la perfection introuvable (ce qui n'empêche pas de la chercher...).
   A leur tour, les Lumières (que l’on songe à l’Eldorado dans Candide de Voltaire, à L’Ile des esclaves de Marivaux…) explorent le thème. Sade lui-même, lumière sombre (hum...), s’en empara (Aline et Valcour).(...)
   (...) La démondialisation a fait une entrée remarquée dans le vocabulaire politique. Sous ce joli mot, encore plus radical que l’altermondialisme, se nichent quelques préconisations fort prosaïques (nationaliser des banques, imposer des barrières douanières…) qui n’expliquent pas ce succès symbolique.  
   En fait, le mot donne à rêver parce qu’il réveille le mythe de la cité idéale et celui de Robinson Crusoé (Daniel Defoe, 1719), faisant de nous d’éternels adolescents (que ne sont évidemment pas ceux qui, par le biais de leur pouvoir financier, gouvernent le Monde comme dans un Lego(c)...). (...)
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Luc Desle