Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 23 août 2013

"Le chocolat Bamboula attaqua devant les tribunaux la fonderie africaine qui l'avait nommé ainsi". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE MARCHE PIEDS NUS
DANS SA TÊTE)

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"Oh... T'as une tache...
- Où?
- Là... Juste là..."

Freddie Mercury signing a stripper’s ass.
(via marcuku)

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"Les yeux dans les yeux,
sachez que je n'ai pas,
que je n'ai jamais eu,
que je n'aurai jamais
de réserve parlementaire!
- Ah ça..."


Explorez les 150 millions 
de subventions de la réserve parlementaire
Hélène Bekmezian et Alexandre Léchenet

   (...) Plus de mille pages de documents, des dizaines de tableaux, des centaines de communes, des milliers de projets… Pour la première fois, la valise de la réserve parlementaire est ouverte. Grâce à la ténacité d’un professeur de mathématiques, Hervé Lebreton, qui voulait "montrer que les citoyens peuvent agir en démocratie",le ministère de l’intérieur a fini par dévoiler l’utilisation, pour l’année 2011, de cette enveloppe de 150 millions d’euros distribuée chaque année entre les parlementaires pour financer des projets "d’intérêt général".

   Une ligne budgétaire en hausse constante depuis 2008 (+ 29 % en cinq ans), orientée à 90 % sur les collectivités et à 10 % vers les associations et les fondations – seules subventions sur lesquelles l’intérieur n’a pas transmis d’informations. Inscrit dans aucun texte, le système repose sur une coutume qui remonte, pour certains, aux années 1970, pour d’autres à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. La réserve parlementaire se maintient et l’exploration des informations recueillies sur l’année 2011 donne des enseignements précieux sur cet archaïsme de la République.(...) 

   (...) Avant les premières réformes impulsées par la nouvelle majorité, l’arbitraire régnait en maître. Au début, même, "seuls les membres de la commission des finances étaient au courant de son existence. Ils se partageaient la cagnotte entre eux", selon le député René Dosière (PS, Aisne). En 2011, encore, les mieux lotis étaient dans la majorité : quand un député UMP pouvait octroyer, en moyenne, 191 000 euros de subventions, un élu PS devait se contenter de 39 000 euros.

   Au sein même de l’UMP, les écarts étaient flagrants entre le premier d’entre eux, le président de l’Assemblée de l’époque, Bernard Accoyer (11,9 millions) et le tout dernier, le député du Nord Sébastien Huyghe (1 319 euros). Dans le carré de tête, trois autres hommes, tous haut placés : Gilles Carrez, alors rapporteur du budget à l’Assemblée (3,85 millions), Gérard Larcher, à l’époque président du Sénat (3,13 millions) et Philippe Marini, ex-rapporteur du budget au Sénat (2,7 millions).

   Une aide au financement pour les communes Parmi les 222 parlementaires également maires en 2011, plus de la moitié (112) ont utilisé une partie de leur réserve parlementaire pour financer un projet dans leur commune, et 78 d’entre eux y ont consacré plus de la moitié de leur enveloppe. Ainsi, M. Carrez a versé l’intégralité de sa réserve à sa ville du Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) pour aider à financer 51 projets, allant de l’aménagement urbain à l’acquisition de matériel informatique. Jean-François Copé, député de Seine-et-Marne et maire de Meaux, a quant à lui utilisé ses 200 000 euros pour subventionner une nouvelle salle des fêtes, dans sa ville de Meaux.

   Noël Mamère, député écologiste de la Gironde et maire de Bègles, a utilisé sa réserve dans sa commune pour un montant total de 26 000 euros, auxquels s’ajoutent 3 000 euros perçus au titre de la réserve d’Yves Cochet, ancien député écologiste de Paris. (...)

  (...) Ils sont un petit pourcentage (4,8 %) à utiliser leur réserve en dehors de leur circonscription – ce qui représente tout de même 14 % du montant global de la réserve parlementaire. Ainsi, M. Accoyer a certes pu octroyer les subventions les plus généreuses, mais il en a fait bénéficier 44 départements, en portant des projets au nom d’autres députés.

   Idem pour Gérard Larcher, qui a financé des projets dans 39 départements ou encore pour le sénateur socialiste David Assouline, vice-président de la commission de la culture, dont l’importante réserve de 636 000 euros correspond à l'ensemble des doléances de ses collègues qu'il était chargé de rassembler. Laurent Fabius, à l’époque député de la Seine-Maritime, ou Xavier Bertrand (UMP, Aisne) ont externalisé leurs subventions vers leur lieu de vacances : Carla-Bayle en Ariège pour le premier et le village d’Aregno (Haute-Corse) pour M. Bertrand, d’où est originaire sa femme, et où il a participé à la rénovation des portes de l’église. (...)

   (...) L’utilisation de la réserve parlementaire soulève un véritable conflit d’intérêts en ce qui concerne les sénateurs, dont l’élection dépend des élus locaux. Selon un calcul de Mediapart, M. Larcher, l’ancien président du Sénat, a orienté 83 % de ses 3,13 millions de réserve vers des communes concernées par le renouvellement sénatorial de septembre 2011. Le président du groupe radical du Sénat, Yvon Collin, admettait à cette époque avoir fait bénéficier des collègues renouvelables d’une partie de sa réserve.

   Côté Assemblée, M. Carrez, député du Val-de-Marne, a financé le renforcement d’une route dans la Vienne… où son attaché parlementaire entre 2004 et 2010, Enguerrand Delannoy, allait être candidat aux législatives de 2012. En Eure-et-Loir, le maire de Maillebois, Vincent Gajas, a bénéficié d’une part de la réserve de François Trucy, sénateur (UMP) du Var, dont il est l’attaché parlementaire. (...)

   (...) Les réformes mises en place par la gauche, fin 2011 au Sénat puis en 2012 à l’Assemblée, ont changé la donne. Chaque parlementaire se voit désormais attribuer le même montant (environ 130 000 euros), avec double ration pour les responsables de groupe et bonus pour les élus à des postes à responsabilités. Claude Bartolone, président de l’Assemblée, a décidé de rendre publique, chaque année, l’utilisation de la réserve parlementaire.

   Rares sont ceux qui plaident pour sa suppression, à l’instar de René Dosière. Les partisans de son maintien la jugent nécessaire pour compenser les inégalités entre Paris et les régions, d’autant plus en période de restriction des dotations publiques. Personne ne veut être le premier à baisser la garde, car les élus locaux connaissent le système et attendent à la caisse. (...) 


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(Cette Démocratie avait des yeux
- et des intérêts - partout)


Spiderlady, 2013.
(via chem-love)

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Luc Desle

vendredi 21 juin 2013

"Cette femme mystérieuse n'avait de mystérieux que l'importance de son compte en banque". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TOUT ABOUTIT TOUJOURS AU BONHEUR,
MÊME SI TU NE LE SAIS PAS)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/44)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

   Le docteur Gleize, qui soigne la jeune Elaine au couvent avoue qu'il utilise les onguents de l'apothicaire...
ANGÉLUS 
ou
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE


Norman Rockwell 


   Le soir même, la Supérieure vint la voir dans sa cellule et lui parla de la miséricorde de Dieu, de Sa Bonté et de Sa grande Douceur. Elaine remarqua une nouvelle fois la similitude qui existait entre le regard de Soeur Camille et celui d’Angélus Gabrielli. Cette constatation ne fit qu’entériner le projet qu’elle avait mûri depuis quelques jours et qui prenait forme enfin.

   - Je vous remercie, ma Mère. Mon délire a cessé et, bien que fatiguée, je suis redevenue moi-même et...

   - Et ?

   - J’ai pris une décision qui, pour moi, est très importante.

   En disant ses mots, Elaine parlait avec une petite voix contrite et baissait la tête. Elle se reprochait de jouer ce jeu, mais une volonté nouvelle et farouche l’habitait, irriguant son corps de forces nouvelles. Elle avait décidé de ne pas partir du couvent sans avoir dénoué les fils d’une intrigue dans laquelle, elle en était sûre à présent, la mort d’Adrien jouait un très grand rôle.

   - Cette décision, reprit-elle, m’a été dictée par ces quelques jours où l’Esprit a soufflé en moi... Je voudrais devenir religieuse, ma Mère, et servir Notre Seigneur !

   Mère Camille de l’Incarnation sursauta et ses yeux se rétrécirent. Elaine fut persuadée qu’elle ne croyait pas un mot de cette soudaine conversion, mais pas une fois le visage lisse de la Bénédictine ne trahit sa méfiance. Elle répondit simplement, d’une voix neutre.

   - C’est une décision grave et noble que vous prenez, Mon Enfant. Sachez que Soeur Adèle et Soeur Jeanne ont déjà trouvé beaucoup d’embûches sur la route qui les conduit au service de Notre Seigneur. Soeur Adèle atteint enfin le sommet à partir duquel l’Esprit Saint va souffler sur elle, du moins nous l’espérons toutes. 

   Elle s’arrêta de parler et joua avec les grains de son chapelet tout en jaugeant son interlocutrice. Enfin elle ajouta :

   - C’est le Chapitre qui va décider, pour la Sainte Marie, si Soeurs Adèle et Jeanne sont dignes de servir Notre Seigneur Jésus. C’est également au cours de cette assemblée que je soumettrai à mes chères filles le voeu que vous venez d’émettre. Si la décision vous est favorable, sachez que nous vous accueillerons comme postulante. Votre âme sera comme un livre ouvert et vous appartiendrez ensuite à la grande communauté des amantes de Dieu. Puisse ce voeu que vous ne tarderez pas à prononcer vous engager au plus profond de votre cœur !

   La Mère Supérieure venait d’appuyer sur la fin de sa phrase d’étrange manière. Elaine comprit alors avec certitude que la Supérieure n’était pas dupe de sa subite conversion.

***

   Deux semaines plus tard, la jeune femme se promenait dans le jardin. Il faisait exceptionnellement doux. Des senteurs parfumées embaumaient l’air et ce subit changement de température semblait en parfaite adéquation avec sa volonté nouvelle. Elle avait commencé à interroger les Soeurs au sujet de la Supérieure, arguant que, puisqu’elle allait bientôt devenir une des leurs, elle se devait de connaître tous les arcanes du monastère et le trajet spirituel de celles qui y résidaient. 

   Comme personne n’avait aucune raison de se méfier d’Elaine, on lui apprit que soeur Camille était une femme courageuse qui, toute jeune, avait pris en charge son frère Jean, après que sa propre mère soit morte en couches. Elle l’avait longtemps élevé puis était devenue novice. Jean, après quelques tribulations sur lesquelles les Soeurs n’avaient que peu de renseignements, était malheureusement décédé et Soeur Camille de l’Incarnation avait pris le voile comme un saint suaire.

   Soeur Lucie, qui se révéla finalement autant bavarde que Soeur Jeanne, ajouta ceci :

   - Notre Mère Supérieure est tout entière dévouée au service de Notre Seigneur. Mais sa conduite, autrefois sévère et sans tache, est aujourd’hui plus sujette à caution...

   - Tais-toi ! souffla Soeur Jeanne, effrayée. Tu ne sais pas ce que tu dis !

   La conversation avait lieu dans la bibliothèque, heureusement déserte en ce tout début d’après-midi. Cependant Soeur Lucie poursuivit, en baissant simplement la voix.

   - Je ne dis pas de sornettes, Soeur Jeanne. Certaines de nos compagnes affirment que notre Supérieure se conduit bizarrement. On murmure qu’elle rajeunirait indûment...

   - Que veux-tu insinuer? questionna Elaine, le coeur battant.

   - Ne l’écoute pas ! supplia la jeune novice. 

   Mais Soeur Lucie était lancée. Elle se pencha vers Elaine et révéla ainsi encore plus crûment que d’habitude la peau crevassée de son visage et ses lèvres gercées. Faute de soins, son nez pelait continuellement, ce qui gommait la douceur et la beauté de ses traits. En cet instant, les yeux brillant d’excitation, Soeur Lucie ressemblait à un laideron.

   - Notre Mère a dépassé les quarante printemps, susurra-t-elle, d’un ton railleur. Pourtant elle en paraît beaucoup moins... On dirait même qu’elle rajeunit de semaine en semaine... Elle qui était si laide à vingt ans ! Il y a dessous cette métamorphose quelque diablerie que je n’en serais pas étonnée.

    La conversation n’avait pu continuer, en raison de l’intervention de Soeur de la Miséricorde. Mais les propos de la jeune Soeur n’avaient fait que confirmer les soupçons d’Elaine. 

   Elle était à présent persuadée que la Mère Supérieure usait de drogues semblables à celles qu’avait achetées et utilisé son pauvre Adrien. Mais cette certitude, devant un tribunal, ne pèserait pas lourd. Il lui fallait des preuves tangibles afin de faire enfermer à jamais Angélus Gabrielli (ou celui qui se cachait derrière lui) dans l’enceinte d’une prison.

***
(A Suivre)

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(Proposition de députés:
- Acceptons que nos élus règlent leurs différents virilement)


Dix députés en colère : 
« Abolissons nos privilèges ! »
Emmanuelle Bonneau

   (...) Le Nouvel Obs – qui appartient au même groupe que Rue89 – publie ce jeudi dix propositions de députés PS, EELV et UMP contre... leurs avantages d’élus. Leurs « solutions concrètes », dont la liste est reproduite ci-dessous, « vont beaucoup plus loin que la “moralisation” proposée par le gouvernement », dit l’hebdomadaire, dont l’appel à suscité de vives réactions (aussi, plus étonnant, dans la forme) :

   Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne : « Publions les augmentations de patrimoine»,
   Laurent Wauquiez (?), député UMP de Haute-Loire : « Supprimons le régime de retraite»,
   Bruno Le Maire (?), députe UMP de l’Eure : « Démissionnons de la haute fonction publique »,
   Gérald Darmanin, député UMP du nord : « Encadrons l’achat des permanences »,
   François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique : « Contrôlons les lobbys »,
   Barbara Pompili, députée EELV de la Somme : « Réformons l’assurance-chômage »,
   Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne : « Fiscalisons les frais de mandat »,
   Razzy Hammadi, député PS de Seine-Saint-Denis : « Clarifions les groupes d’amitié »,
   Barbara Romagnan, députée PS du Doubs : « Adoptons le mandat parlementaire unique»,
   Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes : « Publions la réserve parlementaire ». (...)


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"Je suis trop gentille... La prochaine fois,
je ferai dormir le monstre sous le lit, non mais!"


LATIBULE
[noun]
a hiding place.

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(Dans ce centre de rétention,
les prisonniers gardaient l'esprit - et l'oeil -
bien ouverts sur la méchanceté du Monde)


Dans le Guantánamo de Rome
Raffaella Cosentino
La Repubblica

   (...) Karim a 24 ans, un fort accent milanais, plusieurs an­nées derrière lui en Italie, une compagne italienne et bientôt un enfant. Mais il a aussi un passeport égyptien et risque d’être prochainement expédié à des milliers de kilomètres avec l’interdiction formelle de revenir. 

   Karim fait partie des soixante personnes actuellement internées à Ponte Galeria, près de Rome, le plus grand centre de rétention administrative d’Italie (centre d’identification et d’expulsion, CIE). Comme tous les autres détenus, il a participé à la grève de la faim [courant mai] pour protester contre les conditions de détention. Leurs revendications ? 

   “Des procédures plus rapides, une amélioration de l’hygiène, la traduction des notifications dans la langue d’origine, que les visites soient facilitées, que l’expatriation de ceux qui le demandent soit plus rapide, que les toxicomanes soient accueillis dans des structures adaptées, que ceux qui font l’objet de poursuites judiciaires puissent se présenter à leurs procès afin de ne pas être condamnés par contumace”, lit-on dans un document communiqué par Gabrielle Guido, coordinatrice de la campagneLasciateCIEntrare [campagne nationale contre la rétention administrative des migrants]. (...)

  (...)  “Ce que demandent les détenus, c’est avant tout que leur dignité soit respectée, qu’elle ne soit pas abandonnée à l’entrée du centre de rétention, explique Gabrielle Guido. La campagne LasciateCIEntrare dénonce l’iniquité des normes sur la détention administrative, censée être rediscutée au plus vite par le Parlement.”Le document contient aussi une accusation extrêmement grave. Les détenus demandent qu’aucune violence psychique ou physique ne soit utilisée contre eux, précisant que récemment “une piqûre a été administrée à un détenu contre sa volonté”. Son organisme a mal réagi et il a souffert de troubles graves. Le texte des grévistes de la faim se conclut sur ces mots : “Des centres comme ceux de Ponte Galeria cassent la dignité des personnes et devraient être fermés pour toujours. Nous motivons notre grève de la faim. Maintenant, à vous de nous expliquer pourquoi nous purgeons une peine sans avoir commis aucun délit.” 

   Dans ces centres de rétention s’entassent de plus en plus de personnes privées de leur permis de séjour. Ce sont des étrangers sur le papier, mais des Italiens de fait, qui refusent leur rapatriement. Comme Karim. “Je deviens fou. Je n’en peux plus. Ils disent que je suis entré en Italie en 2006, mais ce n’est pas vrai. Je vis en Italie depuis 1996, raconte-t-il. Il y a quelques jours, ils m’ont dit que j’allais être libéré, qu’ils acceptaient de me laisser rendre visite à ma mère et à ma compagne, enceinte de deux mois. Ils m’ont dit : ‘Vas-y, tu peux rentrer chez toi tranquillement.’ J’ai passé toutes les portes et les grilles du centre et quand je suis arrivé à la dernière porte, ils m’ont annoncé qu’en fait ils m’emmenaient à l’aéroport. Je me suis débattu en leur disant que j’avais ma vie ici, un enfant sur le point de naître, un petit frère né en Italie, un autre marié à une Italienne. Qu’en Egypte je n’avais personne… 

   Ils m’ont répondu que la prochaine fois ils viendraient me chercher avec une escorte, qu’ils me feraient sortir de force. Je parle mieux italien qu’arabe, je vis à l’occidentale. En Egypte, je me sentirais comme un poisson hors de son aquarium. Ils piétinent tous mes droits.” (...)
Lire sur:

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Luc Desle

vendredi 7 juin 2013

"Elle l'envoya sur les roses qui, en plus, étaient pleines d'épines". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MIRACLE C'EST
QUE TU SOIS TOI)

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LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/30)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

   La soeur d'Angélus rapporte les changements que son accident a provoqué chez Angélus...
ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE


Satanico pandemonium

DEUXIÈME PARTIE 

   « Si seulement après être tombées, les âmes pouvaient se relever et marcher droit sur la terre... » 

CHAPITRE 12 

   « Il me faut absolument rencontrer cet Angélus Gabrielli », se dit Elaine. Elle se faisait l’effet d’une enquêtrice qui, peu à peu, découvre le fil d’Ariane et remonte, lentement, jusqu’à la source du mystère. 

   Car mystère il y avait. Tout d’abord, le comportement de la Mère Supérieure était tout bonnement scandaleux. Se dénuder de la sorte, au risque d’être découverte, n’était rien d’autre qu’une forme particulièrement obscène d’exhibitionnisme. De cela, au moins, Elaine était sûre... 

   D’autre part, l’attitude du Père Grangeais se révélait très équivoque. Pourquoi couvrait-il ainsi la religieuse ? Elaine, tout en se reprochant d’avoir une idée aussi épouvantable, se dit que le prêtre éprouvait certainement pour la Mère Supérieure un sentiment coupable. Sinon, pourquoi aurait-il voulu étouffer le scandale ? 

   En toute logique, il fallait qu’il dénonce les agissements de Sœur Camille, non seulement parce que cela pouvait nuire au monastère tout entier, mais par charité chrétienne. La Supérieure avait peut-être sombré dans les méandres de la folie ? L’absence d’un homme à côté d’elle l’avait sûrement perturbée, au point qu’elle s’abandonnait à présent à cette ridicule licence... 

   Même si le prêtre se taisait, le secret de toute façon finirait par être éventé et alors... Alors c’en serait fini de cette vie monacale, de cette étrange retraite dans laquelle les religieuses et leur confesseur s’étaient assoupis. Les agissements hérétiques de la Supérieure du couvent finiraient par transpirer à l’extérieur et le lieu lui-même serait peut-être fermé, à jamais sujet d’opprobre. Pourquoi donc le Père Grangeais ne dénonçait-il pas ce libertinage intolérable ? 

   « Sotte que tu es, se morigéna Elaine. Cette histoire n’est pas la tienne. Laisse ces gens agir à leur guise, puisque tu n’es en aucune façon partie prenante dans cette affaire. Et puis, ne te souviens-tu pas que tu as toujours considéré le célibat des prêtres comme une absurdité ? Quant à la règle qui régit ce monastère et aux agissements de Soeur de la Miséricorde, là non plus tu n’as pas à intervenir ! Soeur Jeanne est assez grande pour dire son fait à sa tortionnaire. De plus, elle a choisi librement la vie de moniale et cette dernière nécessite une foi sans faille. Les macérations, les épreuves de toutes sortes font partie du jeu... » 

   Non, à vrai dire, ce n’était pas le comportement des différents protagonistes qui intriguait la jeune femme. Sans qu’elle puisse se l’expliquer, Elaine avait l’impression que la mort de son Adrien et la présence de l’apothicaire formaient chacun les deux bouts d’une même chaîne. En son for intérieur, elle avait relié ces deux destins et admis que leurs relations étaient très étroites. 

   Adrien était allé chercher des onguents dans un village voisin, comme il l’avait dit. Or le bourg le plus proche étant Fonserrane et l’apothicaire du lieu ayant pour nom Angélus Gabrielli, le lien entre les deux paraissait patent. Il y avait, en outre, l’étrange apparition de ce qui semblait être une main, dans l’étalage de la boutique de ce Gabrielli. Mi-humaine mi-animale, cette main appartenait-elle vraiment au maître des lieux ? Et pourquoi avait-elle éprouvé, à sa vue, une telle répugnance ? 

   De plus, la présence de l’apothicaire sur le seuil de sa boutique lui avait également laissé un goût de cendre dans la bouche. Cet homme lui faisait peur et l’attirait, tout à la fois. Se pourrait-il qu’il ait quelque chose à voir avec la mort de son Adrien ? 

   Plus Elaine réfléchissait, et plus cette hypothèse lui semblait digne d’intérêt. A présent, elle savait pour quelle raison Dieu l’avait guidée vers ce monastère. Il voulait qu’elle venge la mort de son fiancé ; qu’elle fasse subir un juste châtiment à celui - quel qu’il soit - qui avait empoisonné indirectement son amant. Si l’apothicaire, cet Angélus Gabrielli, avait quelque chose à se reprocher, elle saurait le démontrer, en apporter des preuves évidentes afin de le confondre et permettre qu’il soit puni. 

   Mais, pour cela, mieux valait être prudente. Il semblait bien que le bourg était le lieu de différents événements étranges. A chaque fois qu’on lui avait parlé, ses interlocuteurs avaient évoqué la présence du Malin... Était-ce seulement pour l’effrayer ou bien cette ambiance sulfureuse était-elle réelle ? Est-ce que cela expliquait le comportement révoltant de la Supérieure du couvent ? 

   Un moment, la jeune femme eut la tentation d’aller voir sur le champ la Maréchaussée afin de lui faire part de ses soupçons. Mais elle savait combien la parole d’une femme était peu respectée. De plus, Elaine avait déjà été la protagoniste d’une histoire dans laquelle elle n’avait pas eu le beau rôle. 

   Trois ans en arrière, elle avait cru voir un loup errant dans les pâturages autour de l’Espigouze. Elle en avait informé les gendarmes. Ces derniers, par acquis de conscience, avaient entamé une battue qui s’était achevée près d’un tertre où un pauvre diable dormait, recouvert d’une vieille fourrure mitée. Les gens du village en avaient fait des gorges chaudes et Elaine avait subi stoïquement leurs moqueries durant un bon trimestre. C’est depuis cette époque que la seule vue d’un gendarme lui faisait monter au front le rouge de la honte et de la colère. 

   Il n’était donc pas question qu’elle parle à quiconque de ses interrogations. Non, elle devrait mener toute seule son enquête afin d’étayer ses soupçons. Et d’abord, comme elle l’avait affirmé quelques minutes auparavant, elle devait rencontrer Angélus Gabrielli. Cette décision fit battre follement son coeur. Elle songea de nouveau à l’échoppe de l’apothicaire, à sa main abîmée et un frisson d’angoisse la parcourut. Pourtant, sa décision était prise. 

***
(A suivre)

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"Y'a quoi à manger, ce soir?
- Des petits végétariens...
- Beurk..."


Les végétariens vivent plus longtemps 
que les carnivores
(les animaux avec les végétariens également...)
ALEXANDRA BRESSON

   (...) Entre un steak bien saignant et quelques années d'espérance de vie, il faut choisir. C'est en substance ce qu'affirme une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association(JAMA) et relayée par le Wall Street Journal. Réalisée par l’American Medical Association, l'étude s'est penchée sur 73 000 personnes issues d'une communauté religieuse prônant le végétarisme.

   Ces personnes ont été suivies pendant six ans dans le but de comprendre l'impact d'un tel régime alimentaire sur l'organisme et ses possibles conséquences. Résultat : grâce à ce choix alimentaire, les participants à l'étude ont compté 12% de morts en moins sur cette période que les consommateurs de viande. Ces derniers auraient davantage été épargné par le diabète, l'insuffisance rénale ou les maladies cardiaques.(...)

   En clair, ce n'est pas les calories absorbées qui importent, mais bel et bien la qualité des aliments consommés (oh, la révélation!). Ce choix de régime n'a en revanche eu aucun impact sur le cancer puisque selon l'étude, les végétariens comme les carnivores ont été touchés de manière égale par cette maladie. Pour autant, les auteurs précisent qu'il est important de ne pas éliminer totalement la viande des assiettes.
   Selon eux, un repas végétarien riche en graisse s'avère en effet bien plus néfaste qu'un repas équilibré composé d'un morceau de viande. Outre, le végétarisme, il existe un autre régime alimentaire, le végétalisme, qui exclut toute chair animale ainsi que les produits dérivés des animaux. Moins contraignant, le semi-végétarisme consiste à ne manger que du poisson, des fruits de mer et de la volaille, à l'instar du régime méditerranéen. (Et toi,, tu es quoi? Un semi-végétarien... oui, ça le fait...) (...)



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(La publicité pour ce détachant miracle ne faisait pas l'unanimité)


The Stunning Image Of ‘The Lady In Red’ 
Will Endure Even After The Turkey Protests End
Michael Kelley
REUTERS/Osman Orsal


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(Homme politique transparent)


Transparence: 
le projet de loi adopté en commission, 
mais profondément remanié

   (...) Les députés ont adopté mercredi 5 juin en commission l'ensemble du projet de loi sur la transparence sur la vie politique, mais en remaniant profondément le texte du gouvernement en atténuant sa portée. Les députés ont ajouté des mesures sur les micro-partis mais ont décidé de ne pas interdire l'exercice d'une profession pendant le mandat parlementaire, contrairement à ce prévoyait le gouvernement.

   En outre, un amendement de René Dosière (PS) visant à limiter les revenus tirés d'une activité professionnelle pendant le mandat à 50% du montant de l'indemnité parlementaire (soit environ 2750 euros) a été retiré. Le groupe socialiste avait apporté son soutien mardi à cette idée, défendue depuis longtemps par les écologistes. Le projet de loi, largement détricoté par les députés après son passage en commission mardi et mercredi, sera examiné le 17 juin en séance publique.(...)

   La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a défendu mercredi le compromis passé avec les députés sur le projet de loi sur la transparence, affirmant que l'exécutif restait "ferme sur les objectifs mais ouvert sur les modalités" (et le détricotage de la loi?). Depuis l'annonce des mesures sur la transparence après l'affaire Cahuzac, et en particulier la publicité de la déclaration de patrimoine, les députés de gauche étaient remontés comme rarement depuis le début de la législature.

   Après avoir voté mardi l'amendement sur les déclarations de patrimoine, qui seront consultables, mais pas publiées contrairement à ce que voulait le gouvernement, les députés sont aussi revenus mercredi sur l'interdiction de l'exercice de profession de conseil. La profession d'avocat d'affaires était sur la sellette.(...)

   Mais, finalement, il sera seulement impossible d'entamer une profession de conseil après le début du mandat, interdiction déjà en vigueur pour une partie des professions. En revanche, ils ont estimé qu'il n'était pas possible d'être avocat et membre du Conseil constitutionnel. Ils ont aussi décidé d'en rester à la situation actuelle en matière d'indemnités lorsqu'un ministre quitte le gouvernement: ce sera toujours six mois alors que le gouvernement voulait réduire ce délai à un mois.

   Dernièrement, les émoluments de l'ex-ministre du Bugdet Jérôme Cahuzac avaient fait scandale, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lui demandant, en vain, de renoncer à ces six mois d'indemnités. "Il a choisi de les toucher. Le Premier ministre lui a demandé de ne pas le faire. Nous n'avons pas les moyens d'interrompre cela, c'est légal", avait expliqué le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici.(...)

   (...) Autre amendement voté, à l'initiative cette fois des écologistes, par ailleurs très hostiles à l'affadissement des mesures sur la transparence : l'encadrement des micro-partis. Cette mesure était déjà dans l'air du temps depuis la dernière loi budgétaire.

   Les députés ont précisément adopté un dispositif qui avait été voté à l'automne mais censuré par le Conseil constitutionnel: la limitation des dons d'un contribuable à des partis politiques à 7500 euros par an et non plus à 7500 euros par parti. Dans cette somme globale de 7500 euros sont comprises les cotisations d'adhésion à un parti politique.

   Les coprésidents du groupe écologiste à l'Assemblée Barbara Pompili et François de Rugy se sont félicités, expliquant que ces mesures répondaient "à des situations dénoncées de longue date par de nombreux organismes officiels et par les associations de lutte contre la corruption et pour la transparence".(...)


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Luc Desle

samedi 21 juillet 2012

"Même morte, son épouse, qui avait été une incurable bavarde, lui téléphonait pour lui parler en long et en large des potins du Paradis". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"

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Pensées pour nous-mêmes:


(TON BUT EST INATTEIGNABLE
MAIS C'EST TON BUT)

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(Cette super héroïne était amoureuse d'un mur blanc,
amour bien partagé)

Kabuki. (Alex Maleev.)

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"Je danse pour mon député far away from his home"

Députés d'outre-mer: 
un quotidien à géographie variable
LAURE EQUY

   (...) Dix-huit heures de trajet - escales en Nouvelle-Ecosse et à Montréal comprises - séparent sa terre d’élection du Palais-Bourbon. «On est les pires après Wallis-et-Futuna», rigole la députée (radicale de gauche) de Saint-Pierre-et-Miquelon, Annick Girardin, «l’horloge biologique un peu détraquée» à force de jongler entre les fuseaux horaires. Ils sont 27 députés, élus dans les départements et les collectivités d’outre-mer, à avoir pris leurs marques dans la nouvelle Assemblée. Comme leurs camarades métropolitains, ils sont encore dans les cartons, à la recherche d’un bureau, pour certains en train de recruter un attaché parlementaire. Mais pour eux, pas de vendredi rituel en circonscription, pas de saut de puce pour une réunion en commission dans la journée. Il faut anticiper davantage, planifier les aller-retour l’oeil sur l’ordre du jour.

   La rentrée parlementaire et la session extraordinaire les obligent, cet été, à passer beaucoup de temps à Paris. La plupart a participé aux élections du président de l'Assemblée et des présidents de groupes - seul David Vergé (Wallis-et-Futuna) siège comme non inscrit - et a assisté au discours de politique générale. Et ils seront nombreux à débattre du collectif budgétaire qui débute ce lundi. Si bien que Gabriel Serville, du groupe GDR (Front de gauche) n’est rentré qu’un week-end en Guyane depuis son élection et n’y retourne que fin juillet. «C’est mon premier mandat de député, je voulais trouver mes repères, connaître les procédures, visiter les lieux, avoir d’emblée une grille de lecture.»(...)

   (...) Eric Jalton (PS, Guadeloupe) reste aussi six semaines de juin à juillet. En régime de croisière, il privilégie les longs séjours en métropole, «3 à 5 semaines trois fois par an» qu’il fixe selon les textes à l’examen: «On hésite moins à louper une proposition de loi sur l’ostréiculture en Bretagne!» Jean-Claude Fruteau (PS, La Réunion), qui préfère les passages très fréquents de deux jours à Paris, effectuera son cinquième voyage depuis le 17 juin pour le collectif budgétaire, surtout pour suivre le débat sur les transports aériens dont il est rapporteur. Annick Girardin partage son temps entre quinze jours à Paris et quinze jours à Saint-Pierre-et-Miquelon et reste deux mois à l’automne pour le projet de loi de finances.

   Le règlement de l’Assemblée prévoit une enveloppe annuelle correspondant «au coût de 26 passages en classe "club-affaires" entre Paris et la circonscription» pour un députés des DOM et, pour un député d’une collectivité du Pacifique, «au coût de 16 passages en première classe». Les ultramarins sont aussi exemptés de sanction financière prévue pour un député absent plus de deux fois par mois en commission. Et ils ont une priorité de réservation sur les chambres de la résidence hotelière de l’Assemblée, rue de l’Université. Certains ont testé le lit dans le bureau, d’autres louent un studio à Paris ou en banlieue. (...)

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"Nos parents, ben ils z'ont pas passé 
beaucoup de temps avec nous"


Passez donc moins de temps 
avec vos enfants
Allison Benedikt

   (...) Elizabeth Kolbert introduit son article «Gâtés pourris» par une scène qui se déroule en Amazonie péruvienne, alors qu’une famille tribale part pour une expédition de collecte de feuilles de cinq jours le long de la rivière, accompagnée par Yanira, une fillette d’une autre famille. Voici les observations de l’anthropologue Carolina Izquierdo: 

   Bien que Yanira n’ait pas eu de rôle précis dans le groupe, elle ne tarda pas à trouver le moyen de se rendre utile. Deux fois par jour, elle balayait le sable des matelas, et aidait à empiler les feuilles de kapashi pour les rapporter au village. Le soir, elle pêchait des crustacés, qu’elle nettoyait, faisait bouillir, et servait aux autres. Calme et maîtresse d’elle-même, Yanira «ne demandait rien» se rappelle Izquierdo. Le comportement de la fillette fit une forte impression à l’anthropologue car au moment de cette excursion, Yanira avait juste 6 ans.

   Kolbert décrit ensuite une autre étude anthropologique: celle de 32 familles de classe moyenne de Los Angeles qui ont accepté d’être filmées en train de «manger, se disputer, se préparer et faire la vaisselle». Seulement voilà, devinez qui ne la faisait pas, la vaisselle? Les enfants de 6 ans.

   Dans les familles de LA observées, aucun enfant n’accomplissait de tâche ménagère sans en avoir reçu l’ordre. Souvent, il fallait les supplier pour qu’ils accomplissent les tâches les plus simples; et souvent, ils refusaient quand même. Lors d’un épisode assez typique, un père demande cinq fois de suite à son fils de 8 ans d’aller prendre un bain ou une douche s’il te plaît. Au bout de la cinquième demande sans réaction, le père va chercher le garçon et le traîne jusque dans la salle de bains. Quelques minutes plus tard, l’enfant toujours pas lavé va dans une autre pièce jouer au jeu vidéo.

   L’argument de fond de Kolbert est que nous, les parents américains, nous y prenons mal. Du moment où nous laçons les chaussures de nos enfants jusqu’à notre analyse de leur moindre déception émotionnelle, en passant par la punition uniquement appliquée après avoir compté jusqu’à trois —sans oublier nos tentatives désespérées pour ne surtout, surtout pas atteindre ce chiffre fatidique— nous gérons les moindres faits et gestes de nos enfants jusqu’à ce qu’ils ne soient plus capables d’en faire un sans nous.(...)

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"Ben... Y sont où les gars du gardiennage 
qui devaient nous tenir les paravents?"


G4S : le scandale 
qui enflamme (?) l'Angleterre 
avant les Jeux
(Ah? On croyait que c'était le
dépassement du budget initial...)

   (...) G4S est la plus importante société de gardiennage privée au monde. Elle emploie 650 000 personnes dans 125 pays. Choisie par le comité international olympique pour assurer le recrutement et la formation d'une partie des agents de sécurité lors des Jeux olympiques de Londres, qui débute le 27 juillet, elle avait passé un contrat avec le Locog (London Organising Committee of the Olympic Games, ou Comité d'organisation des Jeux olympiques de Londres). D'un montant de plus de 360 millions d'euros, ce contrat prévoyait que G4S fournisse 10 400 gardes pour les Jeux olympiques de Londres sur les 23 500 nécessaires au total.

   Le samedi 7 juillet, moins de trois semaines avant le début des Jeux, le gouvernement anglais a appris que G4S ne remplirait son contrat et ne fournirait qu'une petite partie des 10 400 gardiens attendus. Nick Buckles, le directeur général de G4S s'est excusé samedi 14 juillet sur la BBC : "Nous reconnaissons que nous avons sous-estimé la tâche de fournir du personnel pour les JO. Nous le regrettons profondément." (...)




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Benoît Barvin