Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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dimanche 9 février 2014

"Ces religieux circoncisaient les idées gênantes". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:
(LA GUERRE N'EST PAS LA
POUR RESSUSCITER LES MORTS)
PCC Jacques Damboise

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(Un seul soldat est un traître à son régiment.
Sauras-tu le reconnaître?)


US soldiers wearing different styles of gas masks
 used by Allied and German forces during the First World War. 
(Photo by Hulton Archive/Getty Images). Circa 1917


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(L'imitation du canard des étangs de ce jeune homme
laissait à désirer)


A very simple 'gas' mask used during WWI
by the allies in the campaign in France. 
(Photo by Hulton Archive/Getty Images). Circa 1915


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(La femme du sergent, surprise dans un accoutrement ridicule,
alors qu'elle sort de chez son amant)


An American nurse wearing her gas mask
while working in the trenches near the front. 
(Photo by Russell/Getty Images). 1918


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(Petits comiques envoyant du gaz hilarant
 en direction des troupes ennemies)


Russian officers release gas during gas
attack training at Newmarket. 
(Photo by Topical Press Agency/Getty Images). October 1910


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Jacques Damboise

dimanche 3 novembre 2013

"Cet enfant boulet était le fils de l'Homme Canon". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ÉVITE D'AVOIR A TE PARDONNER)

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Nouveau court récit au long cours (2)

LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD 


   Notre "Héros" part pour l'île de Corfou où il doit séjourner dans un club de vacances, pour une mission qui semble très secrète. Que va-t-il y trouver?



CHAPITRE 1

« Il faut savoir oublier
pour goûter la saveur du présent. »

Marc Augé

   A l’arrivée, des caïques venaient tous les chercher à Kerkyra et ils rejoignaient Ipsos en bateau. Cela leur permettait de faire connaissance. Il faut dire que dans les premières semaines, en mai et en juin, le nombre de vacanciers n’excédait pas quatre cents personnes. Le Village était à eux ; ils s’y sentaient accueillis, ils y prenaient leurs aises, ils avaient de l’espace et du calme…

   Les temps ont changé. Des organisateurs jeunes et artificiellement sympathiques les ont fait monter dans un autocar grand luxe où la climatisation distille sa fraîcheur, et une radio, la musique US qui sévit partout.

   Une douzaine de jeunes costauds, allure rugbymen, soulagés d’avoir retrouvé le plancher des chèvres, entonnent une chanson à boire.

   Il ne sait pas ce qui se passe mais il se sent agressé, mortifié. Il ne retrouve pas l’ambiance habituelle et cela le dérange comme si l’on portait atteinte à la dignité de l’être humain dans sa globalité.

   - Ne te laisse surtout pas atteindre par la nostalgie, lui avait rappelé Gabriel. Tu dois faire abstraction de ce que tu as pu aimer là-bas. On te demande juste une étude comparée sur le terrain pour confirmer nos études préalables. Nous savons que tu ne feras qu’entériner nos premières conclusions. Tu es là, disons, pour mettre la touche finale à notre travail. Ce que tu verras et vivras au Village ne pourra que te décevoir, tu t’en doutes bien. Nous sommes loin des idées somme toute généreuses du fondateur. L’art d’être Père Noël ne fait plus recette. Depuis le rachat de l’association par de puissants groupes financiers et la situation actuelle, bien de l’eau sale a coulé sous les pontons. Tu vas tout découvrir de tes propres yeux. Ne sois pas trop touché !

   Il faut qu’il se remémore toutes leurs mises en garde. Qu’il reste détaché et ne prenne pas trop vite parti pour des sujets finalement très prosaïques. Il est parvenu, il y a peu, au détachement, à la légèreté de ceux qui ne font que passer. Ce n’est pas le moment de retomber dans le jugement, l’hypersensibilité et la faiblesse.

   - C’est la première fois que vous allez à Ipsos ? lui demande de but en blanc une jeune femme au profil d’oiseau, assise à ses côtés.

   Ne sachant pas mentir, il répond que non. Elle enchaîne aussitôt, heureuse d’avoir trouvé un informateur.

   - C’est si joli que cela, le Village, les cases ? Mes parents m’ont dit qu’il y avait des fleurs partout. Un restaurant idyllique. Que c’était un vrai paradis… C’est vrai ?

   - C’est effectivement l’image que j’en ai gardée. Seulement mes références datent un peu

   Sa réflexion la fait rire. Un beau rire franc, naturel.

   - Il paraît que l’ambiance est parfois un peu lourde… comme en ce moment dans le car…

   - Effectivement, on ne peut pas empêcher ce laisser-aller. Mais tout dépend du chef du Village. L’ancien savait canaliser tous ces débordements. Quand il voyait qu’il avait à faire à toute une bande de joyeux fêtards, genre excités portés sur l’alcool, il organisait des tournois, des tas de challenges pour que les gars échauffés puissent suer leur agressivité. Pour finir, on arrivait tous à faire assez bon ménage.

   - A ce sujet mes parents m’ont conseillé de réserver une case par fax, une semaine avant mon arrivée. Ils m’ont dit : « Rachel, loge à la presqu’île ». C’est vraiment mieux ?

   - Oui, ils ont eu raison, c’est situé légèrement à l’écart, en hauteur. On domine la mer. Les habitués choisissent toujours ce coin-là.

   - C’est donc là que vous logerez, déduit-elle avec un petit air futé.

   - Tout juste.

   Il remarque, tout en parlant, que la route sinueuse a été agrandie, que de nouvelles constructions, pour la plupart en instance, viennent surcharger le paysage. Mais le ciel est toujours bleu et sa loquace voisine d’une fraîcheur apaisante.

   - Voilà, nous arrivons. L’entrée, avant, était plus haut, vous voyez ? Certainement trop étroite pour le trafic des nouveaux autocars. Voici les tennis… très ensoleillés… et le début du village de cases.

   Que se passe-t-il ? Elles n’ont plus la même allure rustique qu’autrefois. Se pourrait-il qu’ici aussi, ils aient voulu normaliser, aseptiser, rendre plus confortable et plus cher ? Il avait comme consigne de ne rien consulter ayant trait au Village avant son arrivée. Ce sont ses supérieurs qui ont tout organisé. Il découvre donc en même temps que Rachel, mais contrairement à elle, ses yeux ne sont pas vierges. Ils ont connu plus beau autrefois et ne peuvent l’oublier. Ils trouvent de la fadeur, là où ceux de Rachel ne voient que joliesse.

   - C’est carrément une forêt d’oliviers ! C’est splendide.

   - Ce n’est pas fini, vous allez voir.

(A Suivre)


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(Une fois remontées, les Soeurs "Dance Shoulders"
ne s'arrêtaient plus)



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(Derrière le Miroir, Alice faisait des grimaces)


Victoria Audouard - Mirrors (2012)

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(Banquier affamé se ruant sur une bonne affaire)


(Source: mizzkandikizzes, via snowsgreen)

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(Palace faisant entrer en douce un trader sous couverture)


VIP
(Source: 66lanvin, via maskofzorro)

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Jacques Damboise

mercredi 11 septembre 2013

"Le corps du délit était un beau brin de fille". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA SAGESSE RESSEMBLE
AU VOL DU PAPILLON)

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"Hum... Ce gâteau plaira aux amateurs 
de tartes dans la figure... De plus,
il est brûlant..."


Sandra Dee in ‘If a Man Answers’, 1962.
(Source: pinterest.com, via retrogirly)

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"Moi, Résident normal,
c'est normalement que j'éjecterai tout ministre
qui dira tout haut ce que je ne pense même
pas tout bas"


Un tuyau : 
- Saviez-vous que tout est normal ?
Mauris DWAABALA

   Saviez-vous que, soucieux de la grandeur du Gouvernement de la France, son Premier ministre ravale son rôle à celui d’une municipalité ?

   "Dans un conseil municipal, lorsqu’on participe à la majorité et qu’on ne vote pas le budget, en exerçant des responsabilités d’exécutif, on quitte immédiatement le gouvernement municipal", a-t-il déclaré, à l’Assemblée nationale en réponse à une question du député UMP Martial Saddier.

   Saviez-vous en revanche, que lorsque on est députée socialiste à Toulouse, conseillère municipale, et présidente depuis 12 ans de la MJC Roguet, comme l’est Mme Martine Martinel, on gère le budget de cette dernière comme si on était le Chef de l’État ?

   "... mener conjointement deux types de chantiers dont l’aboutissement conditionne le redressement et le développement de la MJC : celui d’une nouvelle rigueur budgétaire, gage de notre crédibilité auprès des institutions qui nous soutiennent, mais aussi de notre liberté d’agir : celle d’une nouvelle identité associative, que nous souhaitons recentrer sur la cause des jeunes et qui occupera une place centrale dans le projet reconstruit de la MJC."

   La subvention du Conseil général est en effet passée de 199 000 euros en 2012 à 90 000 euros prévus pour 2014. Sans commentaire.

   Saviez-vous que lorsque Delphine Batho est renvoyée de manière expéditive elle n’a droit qu’à ces paroles de la porte-parole du gouvernement Mme N. Vallaud-Belkacem : Il ne s’agit "ni d’une question de personne, ni d’une question de sujet. Delphine Batho a manqué à un principe majeur de solidarité et de cohésion gouvernementale"

   Saviez-vous qu’il a fallu plusieurs mois pour que, finalement à sa demande, J. Cahuzac subisse les effets de la même force centrifuge tandis que Delphine Batho remarque : "... que Jérôme Cahuzac a été remercié et salué pour l’ensemble de son travail au service de la République et que ce n’est pas le cas dans le communiqué de presse qui m’a congédiée".

   Saviez-vous que le successeur du même Jérôme Cahuzac, le Ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve a mis en avant la nécessité de faire "bloc face aux épreuves" dans la situation difficile que connaît la France ? Qu’il a expliqué que ce limogeage avait valeur d’avertissement pour l’ensemble du gouvernement ?  "C’est peut être la dernière" fois qu’un ministre étale ses états d’âme, a-t-il dit sur France Info en référence aux nombreux "couacs" qui ont parsemé la vie du gouvernement depuis un an.

    Savez-vous, Monsieur le Ministre, que lorsque on chasse par un coup de pied au cul une vérité dérangeante par la porte, il y a de fortes probabilités pour qu’elle vous revienne à la figure avec une force décuplée un jour prochain par la fenêtre ?

   Savez-vous, Monsieur le Ministre, que vos récents propos sur Public Sénat tentant un contre-feu face à ceux de Delphine Batho ("un mauvais budget") vous ramènent, mais l’exemple de la dégoulinade vient de haut, à ceux d’une présidente de MJC : "Il n’y a pas de tournant de la rigueur [... mais] on ne fait pas 14 milliards d’économies sans que cela se voie", au sujet des engagements du gouvernement pour 2014.

   Saviez-vous que le patron de l’entreprise Vallourec, "Leader mondial des solutions tubulaires premium", qui servent principalement les industries du pétrole et du gaz, de l’énergie électrique, de la pétrochimie et de la construction... et à ce titre intéressé au premier chef par la question du gaz de schiste, a pour épouse Mme Philippe Crouzet, Directrice de cabinet de François Hollande, et que Delphine Batho a demandé :

   "Est-il normal que le patron de l’entreprise Vallourec, directement intéressé par l’exploitation des gaz de schiste, ait pu annoncer ma marginalisation des semaines à l’avance devant des responsables de son entreprise aux Etats-Unis?"

   Est-il normal , aurait-elle pu demander, que le Président de la République soit normal ?


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"Les z'hominidés?... Attendez voir... 
Ça me dit quelque chose...
Je l'ai sur le bout de la langue..."


Crested black macaque (Natural World - BBC)

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Luc Desle

vendredi 23 août 2013

"Le chocolat Bamboula attaqua devant les tribunaux la fonderie africaine qui l'avait nommé ainsi". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE MARCHE PIEDS NUS
DANS SA TÊTE)

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"Oh... T'as une tache...
- Où?
- Là... Juste là..."

Freddie Mercury signing a stripper’s ass.
(via marcuku)

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"Les yeux dans les yeux,
sachez que je n'ai pas,
que je n'ai jamais eu,
que je n'aurai jamais
de réserve parlementaire!
- Ah ça..."


Explorez les 150 millions 
de subventions de la réserve parlementaire
Hélène Bekmezian et Alexandre Léchenet

   (...) Plus de mille pages de documents, des dizaines de tableaux, des centaines de communes, des milliers de projets… Pour la première fois, la valise de la réserve parlementaire est ouverte. Grâce à la ténacité d’un professeur de mathématiques, Hervé Lebreton, qui voulait "montrer que les citoyens peuvent agir en démocratie",le ministère de l’intérieur a fini par dévoiler l’utilisation, pour l’année 2011, de cette enveloppe de 150 millions d’euros distribuée chaque année entre les parlementaires pour financer des projets "d’intérêt général".

   Une ligne budgétaire en hausse constante depuis 2008 (+ 29 % en cinq ans), orientée à 90 % sur les collectivités et à 10 % vers les associations et les fondations – seules subventions sur lesquelles l’intérieur n’a pas transmis d’informations. Inscrit dans aucun texte, le système repose sur une coutume qui remonte, pour certains, aux années 1970, pour d’autres à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. La réserve parlementaire se maintient et l’exploration des informations recueillies sur l’année 2011 donne des enseignements précieux sur cet archaïsme de la République.(...) 

   (...) Avant les premières réformes impulsées par la nouvelle majorité, l’arbitraire régnait en maître. Au début, même, "seuls les membres de la commission des finances étaient au courant de son existence. Ils se partageaient la cagnotte entre eux", selon le député René Dosière (PS, Aisne). En 2011, encore, les mieux lotis étaient dans la majorité : quand un député UMP pouvait octroyer, en moyenne, 191 000 euros de subventions, un élu PS devait se contenter de 39 000 euros.

   Au sein même de l’UMP, les écarts étaient flagrants entre le premier d’entre eux, le président de l’Assemblée de l’époque, Bernard Accoyer (11,9 millions) et le tout dernier, le député du Nord Sébastien Huyghe (1 319 euros). Dans le carré de tête, trois autres hommes, tous haut placés : Gilles Carrez, alors rapporteur du budget à l’Assemblée (3,85 millions), Gérard Larcher, à l’époque président du Sénat (3,13 millions) et Philippe Marini, ex-rapporteur du budget au Sénat (2,7 millions).

   Une aide au financement pour les communes Parmi les 222 parlementaires également maires en 2011, plus de la moitié (112) ont utilisé une partie de leur réserve parlementaire pour financer un projet dans leur commune, et 78 d’entre eux y ont consacré plus de la moitié de leur enveloppe. Ainsi, M. Carrez a versé l’intégralité de sa réserve à sa ville du Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) pour aider à financer 51 projets, allant de l’aménagement urbain à l’acquisition de matériel informatique. Jean-François Copé, député de Seine-et-Marne et maire de Meaux, a quant à lui utilisé ses 200 000 euros pour subventionner une nouvelle salle des fêtes, dans sa ville de Meaux.

   Noël Mamère, député écologiste de la Gironde et maire de Bègles, a utilisé sa réserve dans sa commune pour un montant total de 26 000 euros, auxquels s’ajoutent 3 000 euros perçus au titre de la réserve d’Yves Cochet, ancien député écologiste de Paris. (...)

  (...) Ils sont un petit pourcentage (4,8 %) à utiliser leur réserve en dehors de leur circonscription – ce qui représente tout de même 14 % du montant global de la réserve parlementaire. Ainsi, M. Accoyer a certes pu octroyer les subventions les plus généreuses, mais il en a fait bénéficier 44 départements, en portant des projets au nom d’autres députés.

   Idem pour Gérard Larcher, qui a financé des projets dans 39 départements ou encore pour le sénateur socialiste David Assouline, vice-président de la commission de la culture, dont l’importante réserve de 636 000 euros correspond à l'ensemble des doléances de ses collègues qu'il était chargé de rassembler. Laurent Fabius, à l’époque député de la Seine-Maritime, ou Xavier Bertrand (UMP, Aisne) ont externalisé leurs subventions vers leur lieu de vacances : Carla-Bayle en Ariège pour le premier et le village d’Aregno (Haute-Corse) pour M. Bertrand, d’où est originaire sa femme, et où il a participé à la rénovation des portes de l’église. (...)

   (...) L’utilisation de la réserve parlementaire soulève un véritable conflit d’intérêts en ce qui concerne les sénateurs, dont l’élection dépend des élus locaux. Selon un calcul de Mediapart, M. Larcher, l’ancien président du Sénat, a orienté 83 % de ses 3,13 millions de réserve vers des communes concernées par le renouvellement sénatorial de septembre 2011. Le président du groupe radical du Sénat, Yvon Collin, admettait à cette époque avoir fait bénéficier des collègues renouvelables d’une partie de sa réserve.

   Côté Assemblée, M. Carrez, député du Val-de-Marne, a financé le renforcement d’une route dans la Vienne… où son attaché parlementaire entre 2004 et 2010, Enguerrand Delannoy, allait être candidat aux législatives de 2012. En Eure-et-Loir, le maire de Maillebois, Vincent Gajas, a bénéficié d’une part de la réserve de François Trucy, sénateur (UMP) du Var, dont il est l’attaché parlementaire. (...)

   (...) Les réformes mises en place par la gauche, fin 2011 au Sénat puis en 2012 à l’Assemblée, ont changé la donne. Chaque parlementaire se voit désormais attribuer le même montant (environ 130 000 euros), avec double ration pour les responsables de groupe et bonus pour les élus à des postes à responsabilités. Claude Bartolone, président de l’Assemblée, a décidé de rendre publique, chaque année, l’utilisation de la réserve parlementaire.

   Rares sont ceux qui plaident pour sa suppression, à l’instar de René Dosière. Les partisans de son maintien la jugent nécessaire pour compenser les inégalités entre Paris et les régions, d’autant plus en période de restriction des dotations publiques. Personne ne veut être le premier à baisser la garde, car les élus locaux connaissent le système et attendent à la caisse. (...) 


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(Cette Démocratie avait des yeux
- et des intérêts - partout)


Spiderlady, 2013.
(via chem-love)

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Luc Desle

dimanche 11 août 2013

"Dieu, dans son Infinie Sagesse, laissait les hommes s’entre-tuer". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE NE DOIT
JAMAIS SE SERVIR EN PREMIER)

Pcc Jacques Damboise

***
rockysawyer.blogspot.com

Karl Malden 

   Né à Chicago d'une mère tchèque et d'un père serbe, Karl Malden exerce divers métiers après ses études mais embrasse dès 1934 une carrière d'acteur. Il s'inscrit au Goodman Theater puis part tenter sa chance à New York en 1937 et se produit dès lors régulièrement sur les scènes de Broadway. Mobilisé pendant la guerre, il doit interrompre ses activités (il apparaît toutefois, crédité avec son grade de caporal, dans le film de propagande américaine Winged Victory de George Cukor). Il revient ensuite sur les planches, travaillant sous la direction du metteur en scène Elia Kazan pour "All My Sons" d'Arthur Miller et "Un tramway nommé Désir" de Tennessee Williams.

   Après quelques apparitions au cinéma, Karl Malden participe tout naturellement à la version cinématographique signée Elia Kazan d'Un tramway nommé Désir en 1951 aux côtés de Marlon Brando et Vivien Leigh. Il remporte l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour le rôle de Mitch et voit véritablement sa carrière démarrer sur le grand écran. Il trouve d'autres personnages mémorables sous la direction de Kazan, en prêtre dans Sur les quais en 1954 (qui lui vaut une nomination à l'Oscar) et en mari de Carroll Baker dans Baby Doll en 1956. S'il tient le premier rôle du film Le Fantôme de la rue Morgue (1954), Karl Malden impose surtout son talent dans des rôles secondaires, mais sa présence rehausse l'intérêt du film dans lequel il apparaît, qu'il soit policier dans La Loi du silence d'Alfred Hitchcock (1953), hors-la-loi devenu shérif après avoir trahi Marlon Brando dans La Vengeance aux deux visages (1961), directeur de prison dans Le Prisonnier d'Alcatraz avec Burt Lancaster (1962) ou général dans Patton (1970), entre autres.

   Après être apparu régulièrement au cinéma pendant une vingtaine d'années (il a aussi réalisé un film de guerre avec Richard Widmark : La Chute des héros en 1957), Karl Malden entreprend une carrière à la télévision en 1972 en tenant l'un des deux rôles principaux (celui du sympathique et intègre lieutenant Mike Stone) dans la célèbre série télévisée Les Rues de San Francisco aux côtés de Michael Douglas (puis de Richard Hatch dans la cinquième saison). La série s'arrête en 1977 après cent-vingt épisodes. Karl Malden revient alors brièvement au cinéma et tourne une douzaine de téléfilms ainsi qu'une autre série, très éphémère celle-ci, Skag  en 1980. À noter qu'il reprendra le rôle de Mike Stone en 1992 le temps d'un téléfilm. Il apparaît également dans de nombreux spots publicitaires aux États-Unis pour la carte American Express.

   Karl Malden, qui n'a plus tourné depuis 1993 hormis une apparition dans un épisode de la première saison de À la Maison-Blanche en 2000, publie ses mémoires intitulés "When Do I Start" en 1997. Il s'était marié en 1938 avec Mona Greenberg : il s'agit de l'un des mariages les plus longs de l'histoire d'Hollywood.

   Karl Malden était, dans sa jeunesse, un ami proche d'Issur Danielovitch Demski, futur Kirk Douglas. Ils ont travaillé ensemble dans la même usine. C'est la femme de Malden, Mona, qui leur a suggéré leurs pseudonymes respectifs. Karl Malden, quant à lui, avait toujours déploré avoir dû changer de nom pour sa carrière et il insista (en vain) pour que son personnage dans Sur les quais porte le nom de Sekulovich.

   Il décède le 1er juillet 2009 de mort naturelle à son domicile de Brentwood (un quartier de Los Angeles).


***

"- Je vous assure, Frida, il est NOR-MAL.
- Par la Sainte Vierge, je n'en crois pas
mes oreilles!
- Si, si... Un Résident normal, que je vous dis,
qui ment normalement, voilà tout ce que c'est...
- On me l'aurait dit que je ne l'aurais
pas cru..."
***

"Alors, n'a-qu'un-oeil, que viens-tu faire ici?
- Vous savez bien, patron, que j'aime pas
quand vous m'appelez n'a-qu'un-oeil...
- Oeil crevé ça te conviendrait mieux?"
Deux photos tirées de "Le Fantôme de la Rue Morgue"

***
"Tenez, Médéme... Ce gri-gri vous empêchera
de vieillir. Effet garanti.
- Je vous dois combien, Docteur?
- Très très cher, Médéme..."


Karl Malden et claudette Colbert in "Parrish".

***

"Dis-moi, Marierke... Un oiseau il aurait pas déposé
un gros cadeau sur mon si beau crâne chauve?
- Ahaha... Toujours le mot pour rire, oncle Karl!"

"La colline des potences"  avec Maria Schell

***
Jacques Damboise (dit le Maldeniste invétéré)

jeudi 1 août 2013

"Il avait la tête farceuse, le clown de ce petit cirque". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE TEMPS NE COMPTE PAS,
TOI SI)

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(L'assemblée de requins applaudit à tout rompre
ce nouveau numéro alléchant)


(Source: adavistoremember)

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(Africaine "moderne" vue par les Occidentaux)



Mon Afrique n'est pas 
celle des maîtres du "Je"
Rokia Traoré
Auteur, compositeur malienne


   (...) Il y a quelques semaines j'ai visité au Tate Modern à Londres les expositions d'œuvres d'art de deux artistes africains : Ibrahim El-Salahi (Soudan) et Meschac Gaba (Bénin). Deux hommes dont tant le travail artistique que la réflexion intellectuelle qui l'accompagne méritent d'être mis en valeur au moins autant que les conflits sur leur continent sont mis en avant par les médias dans le monde développé, ces pays du G8, les maîtres du "Je".

   Le politiquement correct protège le principe du "on est infaillible" des maîtres du "Je" dont les erreurs, détruisant des milliers de vies humaines en Afrique, ne sont jamais assumées. Cependant, il arrive que le politiquement correct soit ébranlé par des actions de ses propres maîtres, ainsi l'intervention militaire dirigée par la France au nord du Mali n'est pas aussi facile à protéger que les conséquences de la stratégie qui a été décidée pour mettre fin à la dictature de Kadhafi. Il est vrai que la notion d'erreur est relative. Tant que la sécurité et le bien-être sont assurés pour les électeurs dans le monde développé, il n'y a pas d'erreur.

   Dans les pays des maîtres du "Je", les médias écrivent et montrent de l'Afrique ce qui est le moins susceptible de leur faire perdre leur clientèle: consommateursn lecteurs et téléspectateurs du monde développé. L'Afrique des guerres, de la misère, l'ancestral folklore africain et l'Afrique préhistorique, continent mère des grands singes, se vendent bien auprès des consommateurs du monde développé. La réalité d'une Afrique dynamique, actuelle et positive est moins attirante.

   Dans le monde développé, le consommateur est sacré, on lui donne ce qu'il demande pas plus ni moins. Une image de l'Afrique dans sa forme préhistorique et ses réalités les plus négatives intéresse à la fois le client paternaliste, défenseurs des valeurs africaines polluées par le contact européen, et le client nationaliste européen, ainsi réconforté dans sa conviction d'une Europe qui doit à présent se décharger du poids de cette Afrique qui n'avance pas, et s'occuper de la sécurité et du bien être en son sein. (...)

   (...) Ma peine est profonde de sentir la négativité et/ou la désuétude de l'image d'Afrique qu'ont bien souvent ceux de mon autre moitié. Car je suis bien africaine, mais également européenne, pas par ma double nationalité qui n'est qu'une banale décision administrative, mais par le vécu.

   Mon Afrique est celle d'une Africaine. L'Afrique des difficultés mais également celle d'Africains dignes et forts. Mon Afrique est celle d'Ibrahim El-Salahi et Meschac Gaba, celle de Fatou Diom, celle de Ntone Ejabe avec Chimiranga à Cape Town, celle d'Africains connus ou anonymes qui progressent et croient au progrès en Afrique. (...)


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"Ton nom? Je l'ai sur le bout de ma langue..."



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Benoît Barvin