Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 23 août 2013

"Le chocolat Bamboula attaqua devant les tribunaux la fonderie africaine qui l'avait nommé ainsi". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE MARCHE PIEDS NUS
DANS SA TÊTE)

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"Oh... T'as une tache...
- Où?
- Là... Juste là..."

Freddie Mercury signing a stripper’s ass.
(via marcuku)

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"Les yeux dans les yeux,
sachez que je n'ai pas,
que je n'ai jamais eu,
que je n'aurai jamais
de réserve parlementaire!
- Ah ça..."


Explorez les 150 millions 
de subventions de la réserve parlementaire
Hélène Bekmezian et Alexandre Léchenet

   (...) Plus de mille pages de documents, des dizaines de tableaux, des centaines de communes, des milliers de projets… Pour la première fois, la valise de la réserve parlementaire est ouverte. Grâce à la ténacité d’un professeur de mathématiques, Hervé Lebreton, qui voulait "montrer que les citoyens peuvent agir en démocratie",le ministère de l’intérieur a fini par dévoiler l’utilisation, pour l’année 2011, de cette enveloppe de 150 millions d’euros distribuée chaque année entre les parlementaires pour financer des projets "d’intérêt général".

   Une ligne budgétaire en hausse constante depuis 2008 (+ 29 % en cinq ans), orientée à 90 % sur les collectivités et à 10 % vers les associations et les fondations – seules subventions sur lesquelles l’intérieur n’a pas transmis d’informations. Inscrit dans aucun texte, le système repose sur une coutume qui remonte, pour certains, aux années 1970, pour d’autres à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. La réserve parlementaire se maintient et l’exploration des informations recueillies sur l’année 2011 donne des enseignements précieux sur cet archaïsme de la République.(...) 

   (...) Avant les premières réformes impulsées par la nouvelle majorité, l’arbitraire régnait en maître. Au début, même, "seuls les membres de la commission des finances étaient au courant de son existence. Ils se partageaient la cagnotte entre eux", selon le député René Dosière (PS, Aisne). En 2011, encore, les mieux lotis étaient dans la majorité : quand un député UMP pouvait octroyer, en moyenne, 191 000 euros de subventions, un élu PS devait se contenter de 39 000 euros.

   Au sein même de l’UMP, les écarts étaient flagrants entre le premier d’entre eux, le président de l’Assemblée de l’époque, Bernard Accoyer (11,9 millions) et le tout dernier, le député du Nord Sébastien Huyghe (1 319 euros). Dans le carré de tête, trois autres hommes, tous haut placés : Gilles Carrez, alors rapporteur du budget à l’Assemblée (3,85 millions), Gérard Larcher, à l’époque président du Sénat (3,13 millions) et Philippe Marini, ex-rapporteur du budget au Sénat (2,7 millions).

   Une aide au financement pour les communes Parmi les 222 parlementaires également maires en 2011, plus de la moitié (112) ont utilisé une partie de leur réserve parlementaire pour financer un projet dans leur commune, et 78 d’entre eux y ont consacré plus de la moitié de leur enveloppe. Ainsi, M. Carrez a versé l’intégralité de sa réserve à sa ville du Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) pour aider à financer 51 projets, allant de l’aménagement urbain à l’acquisition de matériel informatique. Jean-François Copé, député de Seine-et-Marne et maire de Meaux, a quant à lui utilisé ses 200 000 euros pour subventionner une nouvelle salle des fêtes, dans sa ville de Meaux.

   Noël Mamère, député écologiste de la Gironde et maire de Bègles, a utilisé sa réserve dans sa commune pour un montant total de 26 000 euros, auxquels s’ajoutent 3 000 euros perçus au titre de la réserve d’Yves Cochet, ancien député écologiste de Paris. (...)

  (...) Ils sont un petit pourcentage (4,8 %) à utiliser leur réserve en dehors de leur circonscription – ce qui représente tout de même 14 % du montant global de la réserve parlementaire. Ainsi, M. Accoyer a certes pu octroyer les subventions les plus généreuses, mais il en a fait bénéficier 44 départements, en portant des projets au nom d’autres députés.

   Idem pour Gérard Larcher, qui a financé des projets dans 39 départements ou encore pour le sénateur socialiste David Assouline, vice-président de la commission de la culture, dont l’importante réserve de 636 000 euros correspond à l'ensemble des doléances de ses collègues qu'il était chargé de rassembler. Laurent Fabius, à l’époque député de la Seine-Maritime, ou Xavier Bertrand (UMP, Aisne) ont externalisé leurs subventions vers leur lieu de vacances : Carla-Bayle en Ariège pour le premier et le village d’Aregno (Haute-Corse) pour M. Bertrand, d’où est originaire sa femme, et où il a participé à la rénovation des portes de l’église. (...)

   (...) L’utilisation de la réserve parlementaire soulève un véritable conflit d’intérêts en ce qui concerne les sénateurs, dont l’élection dépend des élus locaux. Selon un calcul de Mediapart, M. Larcher, l’ancien président du Sénat, a orienté 83 % de ses 3,13 millions de réserve vers des communes concernées par le renouvellement sénatorial de septembre 2011. Le président du groupe radical du Sénat, Yvon Collin, admettait à cette époque avoir fait bénéficier des collègues renouvelables d’une partie de sa réserve.

   Côté Assemblée, M. Carrez, député du Val-de-Marne, a financé le renforcement d’une route dans la Vienne… où son attaché parlementaire entre 2004 et 2010, Enguerrand Delannoy, allait être candidat aux législatives de 2012. En Eure-et-Loir, le maire de Maillebois, Vincent Gajas, a bénéficié d’une part de la réserve de François Trucy, sénateur (UMP) du Var, dont il est l’attaché parlementaire. (...)

   (...) Les réformes mises en place par la gauche, fin 2011 au Sénat puis en 2012 à l’Assemblée, ont changé la donne. Chaque parlementaire se voit désormais attribuer le même montant (environ 130 000 euros), avec double ration pour les responsables de groupe et bonus pour les élus à des postes à responsabilités. Claude Bartolone, président de l’Assemblée, a décidé de rendre publique, chaque année, l’utilisation de la réserve parlementaire.

   Rares sont ceux qui plaident pour sa suppression, à l’instar de René Dosière. Les partisans de son maintien la jugent nécessaire pour compenser les inégalités entre Paris et les régions, d’autant plus en période de restriction des dotations publiques. Personne ne veut être le premier à baisser la garde, car les élus locaux connaissent le système et attendent à la caisse. (...) 


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(Cette Démocratie avait des yeux
- et des intérêts - partout)


Spiderlady, 2013.
(via chem-love)

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Luc Desle

samedi 20 avril 2013

"Ces auréoles sous les bras ne faisaient pas de lui un ange". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(VOIS TOUJOURS LE MEILLEUR
DU MEILLEUR)

***
"Une conférence de qui?
- Wouahahahahahaha!!!"

Aller voir Nicolas Sarkozy en conférence, 
combien ça coûte ? (en neurones?)
 Etienne Comte

   (...) Depuis qu'il n'est plus président de la République (mais l'a-t-il jamais été?), Nicolas Sarkozy gagne sa vie en donnant des conférences. Sa nouvelle orientation est un succès puisque, selon les estimations, il gagne entre 100 000 et 250 000 euros par intervention (pour des prestations durant rarement plus de deux heures).

   Habituellement, l'organisateur débourse une somme pharaonique et accueille gratuitement ses invités. Ce n'est pas le cas de la Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain (CCMM) qui fait payer (cher) le ticket d'entrée (voir les tarifs dans le tableau ci-contre). (...) 



   Le "Billet Général", le plus abordable coûte la bagatelle de 225 dollars canadiens (169€). Et encore, il faut être membre de la CCMM. Pour le spectateur lambda, il faudra payer 325 dollars (243€). Et ne vous réjouissez pas trop vite : les prix indiqués sont hors taxes.

    Malheureusement, la réduction de 10% pour la location d'une table de 10 personnes est aussi réservée aux membres. (...) 

   Pour les fans absolus de l'ancien président, 150 places d'exception sont à vendre au prix de 795 dollars (595 euros). Les possesseurs de ces billets d'exception seront assis aux premiers rangs, seront autorisé à pénétrer le salon VIP (pénétrer le salon VIP... Miam!) et auront le plaisir d'être pris en photo individuellement avec Nicolas Sarkozy. Ce dernier devra donc enchaîner 150 clichés avec un grand sourire. Attention au claquage des zygomatiques. (...)

   Peut-être soucieuse de justifier ces tarifs très onéreux, la CCMM a légèrement gonflé le CV de Nicolas Sarkozy. La Chambre de Commerce lui a attribué à tort un diplôme de Sciences-Po Paris. L'ancien président n'avait jamais obtenu ce sésame, la faute à une note éliminatoire en anglais. Fort heureusement, l’événement se tiendra en français. (français causé ou parlé?) (...)


***
(Député hésitant entre son mandat 
et son porte-feuille d'actions)


Substitutes for Said (T-Y)
***
"Tu veux des conseils, peut-être?
J'te les fais gratos!"


De Fillon à Chatel : 
enquête sur les députés 
qui vendent leurs conseils
(et leur âme... mais cela fait longtemps)
François Krug

   (...) Le cas des députés-consultants n’avait jusqu’ici guère ému l’Assemblée nationale. En 2011, l’écologiste François de Rugy avait bien proposé à ses collègues d’interdire cette double activité, mais n’avait pas réussi à les convaincre. (...)

   François Hollande l’a promis la semaine dernière, en annonçant sa grande loi post-Cahuzac : certaines activités seront désormais interdites aux parlementaires. Le texte ne sera présenté en Conseil des ministres que mercredi prochain, mais selon Le Canard enchaîné qui a pu le consulter, il précise bien que « l’exercice des professions de journaliste et d’avocat est incompatible » avec un mandat de député ou de sénateur. Cette interdiction concerne aussi les « fonctions de conseil ».

   L’affaire Cahuzac oblige l’Assemblée à se pencher un peu plus sérieusement sur la question. Le consulting devrait faire partie des activités interdites aux parlementaires dans le futur projet de loi organique pour la moralisation de la vie politique (voir l’encadré).

   Combien sont-ils, ces députés-consultants ? Pour le savoir, il ne faut pas compter sur l’Assemblée : contrairement au Sénat et au gouvernement, elle rechigne encore à publier les déclarations d’intérêts de ses membres, recensant leurs éventuelles activités parallèles. (...) 

   (...) Rue89 a identifié ceux qui possèdent leur propre cabinet de consulting, en croisant la liste des députés avec les données des registres du commerce(disponibles sur le site Infogreffe). Cette méthode ne permet pas de mettre en lumière des activités plus discrètes, mais offre une première indication.

   Ils sont actuellement neuf dans ce cas, selon notre décompte. Ils seraient dix si Jérôme Cahuzac ne s’était pas résolu à démissionner : Cahuzac Conseil, désormais célèbre pour ses liens avec les labos pharmaceutiques, est en sommeil depuis la fin des années 90, mais reste inscrite au registre du commerce.

   Parmi ces petits patrons, une vedette : François Fillon. Rue89 avait déjà signalé l’été dernier que l’ex-Premier ministre avait créé en toute discrétion sa société, 2F Conseil. La semaine dernière, en dévoilant sa déclaration de patrimoine sur France 2 et sur son blog, il n’a pas jugé utile d’évoquer cette activité annexe.

   Ce n’était pas un oubli, nous assure la responsable de la communication de François Fillon. La déclaration rendue publique serait tout simplement celle qu’il avait remise à l’Assemblée après les législatives, comme tous les députés. Or, à cette époque, 2F Conseil n’avait encore eu aucune activité. (...) 

   Depuis, la société ne servirait qu’à facturer les prestations de François Fillon lors de conférences, organisées par des entreprises pour leurs cadres et leurs clients. On ne connaîtra pas les noms de ces entreprises, mais pas d’inquiétude :

   « Ce sont des interventions sur les perspectives économiques de l’Europe. Il n’y a aucun souci de conflit d’intérêts, car c’est sa vision (vision?) d’ancien Premier ministre que les gens recherchent. »

   Pour se lancer dans cette nouvelle activité, François Fillon a respecté à la lettre la loi en vigueur. C’est-à-dire en profitant pleinement de ses failles : l’article 146-01 du code électoral interdit seulement à un parlementaire « de commencer à exercer une fonction de conseil qui n’était pas la sienne avant le début de son mandat » ; il n’interdit donc pas explicitement de faire semblant d’avoir été consultant avant le début du mandat, en créant une société peu avant les législatives.


   C’est ce qu’a fait François Fillon, deux semaines avant d’être élu à Paris. C’est aussi ce qu’a fait son ancien ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, désormais vice-président délégué de l’UMP : il a immatriculé sa société LCH début juin 2012.

   L’équipe de Luc Chatel nous précise simplement qu’il se livre à une double activité de conseil « en stratégie et en organisation » et de conférencier (comme l’annoncent déjà les statuts de sa société), et que celle-ci a été déclarée au bureau de l’Assemblée et à sa déontologue (1) (comme l’exige déjà le règlement). (...)


(1) Sur proposition de M. Claude Bartolone, Mme Noëlle Lenoir a été désignée le 10 octobre 2012, à l'unanimité du Bureau, déontologue de l'Assemblée nationale, après avoir recueilli l'aval des Présidents des groupes d'opposition (on n'attend plus que la désignation de la proctologue de l'Assemblée nationale?)

Lire sur:

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Benoît Barvin

jeudi 6 décembre 2012

"Le jour de son exécution, il se leva tout guilleret, sans savoir pourquoi". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pets".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L’HÉSITATION N'EST PAS AVEU

DE FAIBLESSE. 
ELLE N'EST QU’HÉSITATION)

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(Champ de ruines après le cyclone "Moi-Président-Toi-Jamais")

(Source: abandonedporn)


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"P'tain de notations qui changent

tout l'temps! J'en ai ras la touffe!"



(Les nouvelles contraintes de l'UE
semblaient stresser les agents des agences)

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L’UE impose de nouvelles contraintes
(Parce qu'il y en avait déjà?)
PresseuropLes Echos

   (...) “Régulièrement brocardées (stigmatisées serait mieux) pour être une des causes de la crise, les agences de notation vont avoir droit à de nouvelles contraintes en Europe”, écrivent Les Echos, au lendemain de l’accord survenu entre le Parlement européen et le Conseil sur une nouvelle directive afin de les encadrer.

   Le quotidien économique estime cependant que les mesures adoptées sont “nettement en retrait par rapport aux propositions initiales de la Commission européenne” (comme c'est bizarre...).

   Les Echos précisent ainsi que "Concernant les dettes souveraines, le texte prévoit que les agences ne pourront changer les notations non sollicitées des Etats que trois fois par an au maximum et à des dates indiquées à l'avance. Bien loin des propositions initiales de Michel Barnier, le commissaire au Marché intérieur, qui songeait au départ à interdire purement et simplement les notes pour les pays sous aide internationale. De la même façon, l'exécutif européen voulait imposer que les Etats et les entreprises changent obligatoirement d'agences de notation tous les trois ans, pour stimuler la concurrence. Là encore, la mesure n'a pas été reprise et la rotation est strictement limitée à la notation de certains produits structurés."

   Le texte prévoit aussi notamment un “régime européen de responsabilité civile pour faute intentionnelle ou négligence grave”. Il interdit également aux investisseurs d’avoir plus de 5% du capital de deux agences différentes, afin de lutter contre les conflits d’intérêts. (...)


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(Dinde d'un parti politique catastrophée 
par le spectacle donné par ses dirigeants)

cassowary
(photo by tway76, flickr)


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"Moralement, tu n'as pas le droit de piquer son flouze!
- Pratiquement, si. Tu en veux la moitié je suppose?
- Comment t'as deviné?"


Réduire la géopolitique à la morale 
est une erreur souvent commise
Pierre Guerlain
Professeur de civilisation américaine 
a l'Université Paris Ouest Nanterre

   (...) Dans les discussions médiatiques, et parfois universitaires, il y a confusion entre nature d'un régime politique et interactions géopolitiques. Ainsi l'on évoque les régimes dictatoriaux de Syrie ou d'Iran voire de Corée du Nord ou la nature du Hamas en tant que mouvement islamique pour justifier une position géopolitique ou une intervention dite humanitaire. Si l'école dite "réaliste" en relations internationales ne se prête pas autant à cette confusion que ceux que l'on appelle les "idéalistes", il n'en reste pas moins que la réduction de la géopolitique à des facteurs dits moraux est fréquente et motive des acteurs comme Susan Rice aux Etats-Unis ou Bernard-Henri Lévy en France.

   Cette conception a conduit l'ONU à adopter la résolution 1674 en 2006, confirmée en 2009 (A/RES/63/308) appelée "R2P" ("responsibility to protect" ou "responsabilité de protéger").
   Les puissances agissent, certes, en fonction de leurs choix politiques internes, de la personnalité de leurs dirigeants mais surtout en fonction de leurs atouts et positionnements sur l'échiquier géopolitique. L'évocation de la nature d'un régime pour justifier une intervention va de pair avec l'oubli de situations similaires dans lesquelles aucune intervention n'est envisageable ou envisagée. Les motifs humanitaires ne sont jamais les seuls.

   Ainsi, trois puissances occidentales, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ont lancé une guerre "humanitaire" en Libye en 2011 mais elles n'auraient jamais imaginé intervenir dans un pays trop puissant comme la Chine ou la Russie ni même au Bahreïn au côté des manifestants pro-démocratie. L'Arabie saoudite est intervenue dans ce pays avec l'accord tacite des Etats-Unis pour écraser la révolte qui pourtant faisait partie du printemps arabe. Le ministre de la défense américain, Robert Gates, qui avait servi Bush avant Obama, était opposé à cette intervention que Mmes Clinton et Rice, chefs de file de "l'interventionnisme humanitaire", ont réussi à la vendre au président américain. Les motivations non-humanitaires se mêlent au "désir de protéger" qui d'ailleurs sert de masque à d'autres intérêts. La France de Sarkozy voulait gommer ses multiples accords et transactions antérieures avec le dictateur Kadhafi, son intervention a été décisive pour le liquider lors de sa tentative de fuite. Les preuves de ses liens étroits avec la France ont disparu avec lui.

   Les régimes dictatoriaux ne sont pas tous terribles de la même façon à l'intérieur de leurs frontières: la famine et la répression brutale sont le lot de la Corée du Nord contre laquelle on ne songe pas à intervenir car ses moyens militaires sont trop dangereux. L'Iran est loin d'assurer la sécurité et la liberté à ses citoyens et les dernières élections ont été truquées mais l'Iran du Shah, soutenu par l'Occident, n'était pas dans une bien meilleure situation sur le plan des droits humains ou des libertés civiques. 

   La Syrie est un vrai dilemme pour les responsables politiques car le régime dictatorial et meurtrier jouit encore de soutiens internes, les oppositions ne sont pas vraiment unies et font une place importante à des islamistes radicaux fort mal disposés vis à vis de l'Occident. Les Etats-Unis et la France n'ont pas exactement la même position, Hollande s'affirme plus interventionniste qu'Obama mais la France ne peut rien sans les Etats-Unis. Le Hamas est présenté comme un groupe terroriste avec lequel on ne discute pas et pourtant les négociations du Caire en novembre 2012 sur le cessez le feu avec Israël ont constitué une forme de contact indirect avec ce groupe. L'Egypte a joué un rôle important et a négocié avec les Etats-Unis, Israël et le Hamas - juste avant que son président ne lance une attaque contre le système judiciaire de son pays. Régime liberticide, rôle géopolitique positif.(...) 

Lire la suite sur:


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Luc Desle

samedi 10 novembre 2012

"Cet admirateur de Dieu, quand il le rencontra, ne le reconnut pas." Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE NE TE DONNE RIEN
ET C'EST DÉJÀ BEAUCOUP)

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"La route pour l'Ouest sauvage, je vous prie...
- Pardon?"


Broken Arm.
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"Maman... T'es zomosexuelle?
- Que dans l'intimité, ma chérie...
- Ouf, tu me rassures, je croyais
que tu l'étais tout le temps..."

verocomtois.com

Mariage homosexuel : 
le PS répond à l'Eglise catholique

   Erwann Binet, rapporteur PS du projet de loi sur le mariage homosexuel, répond au discours de l'Eglise catholique dans une interview au "Journal du dimanche" du 4 novembre.

   A propos du discours de l'Eglise, opposée au mariage homosexuel, Erwann Binet souhaite "que les chrétiens, comme tous les Français, ne cherchent pas à imposer leur vision de la famille à la société".

   "Qu'ils ouvrent les yeux sur les familles d'aujourd'hui qui font cette société, des familles monoparentales, homoparentales, recomposées (...) Je pense donc essentiel que les parlementaires que nous sommes s'assurent que toutes ces formes de familles puissent avoir les mêmes droits", souligne-t-il.(...)

   Erwann Binet estime aussi que l'UMP réclame des états généraux à propos du projet de loi sur le mariage homosexuel parce qu'elle n'a "pas beaucoup d'arguments" pour s'opposer au texte.

   "Depuis trois ou quatre mois, l'UMP réclame des états généraux, une commission spéciale... Je vais être dur, mais ces gens-là n'ouvrent la bouche que pour demander des débats sans y prendre part", déclare-t-il. Le débat est, selon lui, "ouvert, et c'est une hypocrisie de dire qu'il n'a pas lieu. Tout ça démontre que, derrière, il n'y a pas beaucoup d'arguments".

   Interrogé sur les amendements qu'entendent proposer les parlementaires socialistes "notamment sur l'assistance médicale à la procréation", le député de l'Isère estime que celle-ci "est une suite logique du mariage et de l'adoption". "C'est accorder une stabilité et une protection supplémentaires aux couples de même sexe et aux enfants élevés par ces couples qui sont de plus en plus nombreux", explique-t-il. (...)
Lire sur:


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"Il faut que je tienne la tringle de la douche
pour l'empêcher de tomber? OK. Pendant
combien de temps?
- Oh, un certain temps..."


Joan Crawford photographed by Elmer Fryer, 1931


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"Quoi, l'Europe? J'm'en fous, d'l'Europe!
P'tain, 4 ans de plus!
Je kiffe grave..."


Obama, un allié sans éclat
Eric Maurice 

   (...) C’est un fait entendu, Barack Obama symbolise un tournant, celui d’une Amérique qui ne sent plus d’affinités avec le Vieux continent. Né à Hawaï d’un père africain, ayant grandi en Indonésie, Obama préside un pays dans lequel la part de la population hispanique, noire et asiatique est en augmentation constante. Et même le candidat républicain, certes élu de Nouvelle-Angleterre, mais mormon, n’a plus grand-chose à voir avec cette élite WASP (blanche, anglo-saxonne et protestante) qui a donné le ton de la politique intérieure et internationale pendant des décennies.

   Pendant ce premier mandat de Barack Obama, l’Europe aura dû gérer deux héritages : celui des guerres d’Irak et d’Afghanistan, et celui de la crise des subprimes qui a éclaté en 2007. Au prix de quelques vigoureux débats internes (qui ont fait tomber un gouvernement aux Pays-Bas) et tensions au sein de l’OTAN, la plupart des pays européens ont engagé ou terminé leur retrait d’Afghanistan, sans que cela ne remette en cause leur lien à l’Amérique ou l’unité de l’UE, comme cela avait été le cas en 2003 avec la guerre en Irak.

   En revanche, la crise des subprimes, qui s’est muée en crise des banques, de la dette, des économies et des sociétés, est un héritage beaucoup plus lourd. Malgré de nombreuses réunions du G8 et du G20 et de multiples coups de téléphone d’Obama aux dirigeants européens, aucune gestion en commun efficace n’a semblé pouvoir se mettre en place. Et, même si le dollar et l’euro ont une influence réciproque sur leur santé, Washington et la zone euro n’ont pas engagé de politique monétaire concertée, notamment vis-à-vis du yuan chinois.

   Pour le reste, Barack Obama, qui a géré les relations transatlantiques par vidéoconférence, a su être aux côtés des Britanniques et des Français lors de leur intervention en Libye, fournissant les équipements militaires qui leur faisaient défaut et leur évitant ainsi un enlisement humiliant. Mais il a laissé les Européens quasiment seuls dans les négociations sur le changement climatique, et aura contribué à faire perdre à la planète quelques précieuses années. 

Lire sur:


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Benoît Barvin

vendredi 2 novembre 2012

"Ce héros était si modeste qu'il évitait tout acte héroïque". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

°°°
Pensées pour nous-mêmes:

(NE FAIS PAS COMME LE SERPENT 
QUI MUE ET RESTE LE MÊME)

°°°

"Comment ça mon masque est ridicule?
Viens le dire ici, si t'es un homme,
hé, tarlouze!"

MASKED NUDE  BY ADOLPH DE MEYER. CA. 1912
(VIA MUDWERKS)

(Cette élève d'une Grande Ecole
avait parfaitement intégré ses codes 
de déontologie)

°°°

"Allez, fais pas ta mijaurée,
c'est Guéant qui régale!"


AIMÉ JULES DALOU - BACCHANALES, 1891 

Sciences Po : c'est Claude Guéant 
qui fixait l'aide de l'Etat
 Patrick Fauconnier

   (...) L’inspection de la Cour s’est déroulée d’octobre 2011 à juin 2012. Son rapport définitif (c’est à dire avec les réponses de Sciences Po) sera rendu public le 22 novembre prochain. D’après les informations publiées par l’agence AEF, ce rapport est un document articulé en trois chapitres, débouchant sur une conclusion composée de 19 "principales recommandations".

   Sa lecture confirme qu’un très grand laxisme s’était installé dans la gestion de ce temple de formation d’élites. Beaucoup de procédures légales n’étaient pas ou plus respectées (mode de rémunération des enseignants chercheurs, code des marchés publics…) l’arbitraire et l’opacité entouraient la fixation de salaires et l’attribution de primes, voire de logements de fonction et de cartes de crédit (passées de 37 à 58 entre 2005 et 2010, avec un montant de dépense de 498 000 E pour 2010) , ainsi que les décharges d’enseignement.

   On y trouve confirmation du salaire extravagant que s’était octroyé l’ancien directeur, passé de 315 311 E (bruts) en 2005 à 537 247 E en 2010, "augmentations décidées sur sa seule proposition". Ces modalités n’étaient fixées dans aucun contrat de travail. La Cour réfute la comparaison avec les salaires pratiqués des universités étrangères car "le directeur n’a pas été recruté dans le cadre d’un appel d’offres international." Le rapport confirme une indiscrétion qui a déjà filtré, à savoir que les membres du Conseil d’administration de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP, la fondation qui gère Sciences Po) n’étaient pas au courant du montant de ce salaire. Seules en avaient connaissance les 8 membres du comité des rémunérations, qui ne rapportaient pas à la Fondation.

   La Cour confirme une information que nous avions révélée ici le 5 juillet dernier : la Mission sur la réforme du Lycée, confiée à Richard Descoings par Xavier Darcos, a été réglée par Sciences Po (pour un montant de 636 252 E ), sans que le Conseil d’administration en ait été informé. La Cour en rend fautifs aussi bien l’Etat que l’ancien directeur. (...)

Lire sur:

°°°
(Même les Déesses de pierre pleuraient
la prochaine disparition de l'Humanité)


SILENCE 
(SOURCE:DANYASAFRONOVA)

°°°
"Vous avez raison, Pierre...
Heu... L'agriculture respectueuse
de la nature, c'est mieux pour vous
que la... heu... Musique..."

Star Trek
(SOURCE: URSAMINORJIM, VIA MUDWERKS)

Pierre Rabhi: 
«Je ne remue pas 
des concepts pour m'amuser»
Propos recueillis par Antoine Galindo

/ Êtes-vous pessimiste?

   Ni optimise ni pessimiste. Il y a une loi des réalités et si l’être humain ne comprend pas qu’il doit soigner la nature et que c’est à elle qu’il doit sa survie, et bien il disparaîtra comme des tas d’espèces ont disparu. Je ne me fais pas de souci pour la nature, elle rebondira. Ce qui commence à m’énerver, c’est que nous sommes dans une espèce de discours complaisant à l’égard de nous même. On pleurniche tout le temps sur notre sort, on cherche des boucs-émissaires aux guerres et aux conflits, mais il ne faut pas perdre de vue que c’est nous qui fournissons des armes aux hommes en guerre. Et après on y va de son moralisme…

/ Comment aller contre ça?

   On ne peut pas sauter d'une réalité à une autre par un coup de baguette magique. Cette réalité est construite depuis tout petit. Déjà à l’école, au lieu de parler de coopération, on parle de compétition. Ce qui produit une société hiérarchisée. Mais les meilleurs en compétence ne sont pas forcément les meilleurs en tant qu’êtres humains. Après on s’étonne qu’il y a de l’angoisse et de l’insécurité.

/ Vous dressez un constat sévère…

   Je ne suis pas dans la ségrégation de qui que ce soit. Je dis tout ça par affection. Je constate juste que le règne de l’argent et du superflu rend l’humanité malheureuse. J’ai rencontré un chef d’entreprise qui m’a dit: «Gagner de l’argent je sais faire. Mon entreprise va bien, mais moi je vais mal.»

/ Et concrètement, que faites-vous, à votre échelle? (hein, sous-entendu, donneur de leçon?)

   Si je n’agissais pas, je ne permettrais pas de parler. Je ne suis pas en train de remuer des concepts pour m’amuser. Dans ma ferme, je pratique une agriculture respectueuse de la nature. Je ne crois pas à la politique, elle n’est pas en phase avec la réalité, alors je fais ma part, à mon échelle.

/ Certains (ah, ce certains...)  vous reprochent d’être un gourou… (ah, gourou, qui devient peu à peu aussi prégnant  que raciste ou antisémite)

   Loin de moi cette idée. Très loin de moi. Je ne fais que défendre une philosophie de vie, tirée de mon expérience et de mon vécu. Je ne suis pas rentré dans la philosophie par contrainte, mais chemin faisant, on est bien obligés d’avoir recours à la pensée pour exprimer ses idées. (et dire que Rabhi est contraint de souligner cette évidence... face à un journaliste, ceci dit, on comprend mieux...)

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Benoît Barvin