Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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dimanche 6 avril 2014

"Autant en emporte le gland était le film préféré de cette famille d'écureuils". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(N'ATTENDS PAS QUE LE FEU TE MOUILLE)

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(La naissance des bébés-bulles sous l'eau
n'était donc pas une légende...)



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"Et alors je te ferai... Psssssssttt...
Et ensuite... Pssssssttt...
Et encore... Psssssttt...
- Oh, quel coquin tu fais!"



°°°
"Tu crois qu'on peut leur demander un parapluie?
- Ben, évidemment... La Révolution, c'est l'entraide, non?"



Lucien-Étienne Mélingue “Messieurs du Tiers avant la séance royale” (1874, Versailles, Musée Lambinet)

Ce tableau évoque le moment où trois jours plus tard, les députés du Tiers Etat attendent devant la porte de l’hôtel des Menus-Plaisirs à Versailles. Bailly, président de l’Assemblée nationale, demande à M. de Dreux-Brézé, maître des cérémonies, que l’on veuille bien les laisser entrer. Dans la foule, on reconnaît au centre, de profil, Mirabeau et Robespierre. Le souci de vérité historique est manifeste dans la représentation du chromatisme sombre des vêtements des députés du Tiers Etat et l’évocation d’une journée pluvieuse.


°°°

"Voici la plus laide de nos damnées. Si tu la veux?
- La plus laide, hein? Hem... Et les autres,
elles sont comment?"


Norman Lindsay (1879 – 1969) - ”Adventure”, c.1921
etching, engraving and soft ground
28.5 x 25.5 cm.


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Blanche Baptiste

mercredi 26 mars 2014

"Pendant la nuit, ma montre phosphorescente me donna l'heure de ma mort". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE CHEMIN DE LA VÉRITÉ
EST PAVÉ DE MAUVAISE INTENTIONS)

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(Elle sentit le regard brûlant de L... sur ses épaules et,
en pivotant avec lenteur, son cœur battait à tout rompre...)


Ingrid Bergman, l'éternelle

(Source: dreamsgoneastray, via laperlla)

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"Moi, les bâtards, je sais
comment les traiter!"

(Cet ancien - petit - Résident
se la jouait Scarface au - tout petit - pied)




LA CHARGE DE SARKO CONTRE 
LE SYSTÈME DONT IL EST ISSU 
Une république totalitaire 
traquant les nouveaux suspects

Raoul Fougax 

   (...) Heureusement qu’il a parlé de Stasi et pas de Gestapo. Dans le cas contraire, en plus d’être lapidé, Sarkozy aurait été brûlé sur la place publique. Sur le fond, pourquoi aller chercher une référence si loin de la France, en Allemagne de l’est.

   Notre république qui s’assimile abusivement à une démocratie a des antécédents totalitaires plus français. Il suffit de se référer aux grands ancêtres de cette révolution dont la gauche s’estime l’héritière et Sarkozy aussi, tant pis pour lui. Héritière, elle l’est au niveau du totalitarisme idéologique. Le système (presse- justice – politique) a remis au goût du jour médiatique la loi des suspects. Les suspects, ce sont ceux qui ne seraient pas de bons républicains. Certes le monde a changé, c’est moins violent physiquement, mais l’approche est la même.

   La Loi des suspects est votée le 17 septembre 1793 pendant la Terreur de la Révolution française. Elle marque un net affaiblissement du respect des libertés individuelles, voire une « paranoïa révolutionnaire». Avec cette loi, sont réputés suspects ceux qui «soit par leur conduite, soit par leurs relations, soit par leurs propos ou leurs écrits, se sont montrés partisans de la tyrannie ou du fédéralisme, et ennemis de la liberté, ceux qui ne pourront justifier, de la manière prescrite par le décret du 21 mars dernier, de leurs moyens d'exister et de l'acquit de leurs devoirs civiques ; ceux à qui il a été refusé des certificats de civisme, les fonctionnaires publics suspendus ou destitués de leurs fonctions par la Convention nationale ou par ses commissaires et non réintégrés, ceux des ci-devant nobles, ensemble les maris, femmes, pères, mères, fils ou filles, frères ou sœurs, et agents d'émigrés, qui n'ont pas constamment manifesté leur attachement à la Révolution, ceux qui ont émigré dans l'intervalle du 1er juillet 1789 à la publication du 30 mars - 8 mars 1792, quoiqu'ils soient rentrés en France dans le délai prescrit par ce décret ou précédemment ».

   Cette loi ordonnait l'arrestation de tous les ennemis, avoués ou susceptibles de l'être, de la Révolution. Son contenu fut encore durci en 1794 et les arrestations furent confiées aux comités de surveillance et non aux autorités légales. Selon Jean Tulard, il y eut 500 000 prisonniers et 300 000 personnes assignées en résidence surveillée.

   Bien sûr, les temps ont changé et la guillotine a été remplacée par la lapidation médiatique. Mais on est condamné à une mort civique. Il y a bien un système qui considère à abattre ceux qui n’adhérent pas totalement à ses valeurs. Tous sont qualifiés d’anti-républicains d’une manière ou d’une autre. On n’est pas si loin de 1793 finalement. C'est bien la même mentalité… une mentalité de traque et d’épuration permanente. Sarkozy a été un dénonciateur avant d’en être une victime. Car on est toujours le suspect de quelqu’un.

   Cette vigilance républicaine est exercée notamment par les journalistes de gauche qui traquent les "mauvais citoyens" et les livrent à une justice militante. Qui peut penser le contraire? On a traqué les candidats du Fn pendant toute la campagne pour diaboliser le parti et entraver son ascension annoncée. Cela a été jusqu'à samedi où, la campagne étant terminée, on a rendu public pour le disqualifier un Sms du candidat Fn à perpignan, louis Alliot, ayant traité un journaliste de pute.

   Si on traite les magistrats de bâtards et les journalistes de putes dans des conversations privées, ces deux professions devraient s’interroger et ne pas seulement s’indigner. C’est que le vocabulaire traduit une colère face a des comportements partiaux et bénéficiant de l’impunité. Quand à la gauche elle traite Sarkozy de Berlusconi, ce qui n’est certes pas dans son esprit un compliment.

   A chacun ses références.



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"Ce que... pfff... ça me fait... pff...
d'atteindre le siècle... pff... he ben... pff...
heu..."


Bjørn Wad


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Benoît Barvin

mercredi 26 février 2014

"Comme le Temps passait, je lui fis un bras d'honneur". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'AMOUR EST TOUJOURS EN DEVENIR)

Chaval

   (...) Né dans une famille bourgeoise et conventionnelle de Bordeaux, il fait des études à l’École des beaux-arts de Bordeaux, puis à l'École des beaux-arts de Paris. Un oncle bohème et fantaisiste, peintre et décorateur, toujours habillé en clochard, ami d’Alphonse Mucha, l’initie aux œuvres des humoristes, Mark Twain, Alphonse Allais, Jerome K. Jerome. Il pratique la gravure et c’est à la demande d’un éditeur d’illustrer des livres qu’il s’est installé à Paris. Il exerce ensuite divers métiers, et travaille pour la publicité, illustrant notamment une longue campagne pour les produits en tube, tout en publiant ses dessins d’humour.

   Pendant la Seconde Guerre mondiale, il réalise plusieurs caricatures antisémites pour le journal collaborationniste bordelais Le Progrès. Dans les Entretiens avec Chaval de Pierre Ajame, il dit avoir eu « mentalement un côté collabo , ajoutant : « la chose publique ne m'intéresse pas, je n'ai jamais milité. Je suis toujours resté seul ». C'est seulement dans les années 1950 que Chaval connaît la notoriété. Il dessine alors dans de nombreux journaux à grand tirage où son humour décalé est diversement apprécié. Il obtient en 1953 la Coupe Internationale du Meilleur Dessinateur. Utilisant jeux de mots et calembours, ses dessins sont remplis de dérision.

   Son pseudonyme est choisi en hommage au facteur Cheval, qui fut transformé en Chaval après une erreur de transcription.

   Cinéaste amateur, il réalise lui-même plusieurs courts métrages à partir de ses dessins, notamment Conte médiocre et Les oiseaux sont des cons. Son ami Mario Ruspoli réalisera deux courts métrages sur lui après son décès : Chaval et Le Chavalanthrope.

   Il devient neurasthénique après la mort de sa femme, qui s'est suicidée après qu'il lui a avoué qu'il la trompait régulièrement depuis plusieurs années; il finit par se suicider chez lui le 22 janvier 1968 à Paris, au gaz après avoir calfeutré la porte et affiché cet avis « Attention, Danger d'Explosion ».


***
(De l'utilité des cornettes de Bonnes Soeurs)



***
(Magnat de l'acier américanophile 
tendant la main au peuple ukrainien)

La Clinton-Pinchuk Connection (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

   (...)  A la table de Kiev où a été négocié l’accord formel entre gouvernement, opposition, UE et Russie ne siégeait officiellement aucun représentant de la puissante oligarchie interne qui, plus liée à Washington et à l’OTAN qu’à Bruxelles et à l’Ue, pousse l’Ukraine vers l’Occident. Emblématique est le cas de Victor Pinchuk, magnat de l’acier, 54 ans, classé par la revue Forbes parmi les hommes les plus riches du monde.

   La fortune de Pinchuk commence quand en 2002 il épouse Olena, fille de Leonid Kuchma, second président de l’Ukraine (1994-2005). En 2004 l’illustre beau-père privatise le plus grand complexe sidérurgique ukrainien, celui de Kryvorizhstal, en le vendant à la société Interpipe, dont son gendre est co-propriétaire, pour 800 millions de dollars, un sixième environ de sa valeur réelle. Interpipe monopolise ainsi la fabrication des canalisations en acier. En 2007 Pinchuk constitue l’EastOne Group, société de consultance pour investissements internationaux, qui fournit aux multinationales tous les outils pour pénétrer dans les économies de l’Est. 

   Il devient en même temps propriétaire de quatre chaînes de télévision et d’un tabloïd populaire (Faits et commentaires) avec une diffusion de plus d’un million d’exemplaires. Sans négliger cependant les œuvres de bienfaisance : il crée la Victor Pinchuk Foundation, considérée comme la plus grande « fondation philanthropique » ukrainienne.

   C’est à travers cette fondation que Pinchuk se lie avec les Clinton, en soutenant la Clinton Global Initiativeétablie par Bill et Hillary en 2005, dont la mission est de « réunir les leaders mondiaux pour créer des solutions innovatrices aux défis mondiaux les plus urgents ». Derrière ce slogan rutilant se trouve l’objectif réel : créer un réseau international de puissants appuis à Hillary Clinton, l’ex first lady qui, après avoir été sénatrice de New York en 2001-2009 et secrétaire d’Etat de 2009 à 2013, tente à nouveau l’ascension à la présidence. La fructueuse collaboration commence en 2007 quand Bill Clinton remercie « Victor et Olena Pinchuk pour leur vigoureuse activité sociale et l’appui fourni à notre programme international ». 

   Appui que Pinchuk concrétise par une première contribution de 5 millions de dollars, auxquels en succèdent d’autres, à la Clinton Global Initiative. Ceci ouvre à Pinchuk les portes de Washington : il embauche pour 40 000 dollars mensuels le lobbyiste Schoen, qui lui organise une série de contacts avec d’influents personnages, y compris une douzaine de rencontres en une an, entre 2011 et 2012, avec de hauts fonctionnaires du Département d’Etat. Ceci favorise aussi les affaires, en permettant à Pinchuk d’augmenter ses exportations aux Etats-Unis, même si maintenant les métallurgistes de Pennsylvanie et d’Ohio l’accusent de vendre les tubes d’acier aux USA au-dessous du prix.

   Pour renforcer ultérieurement ses liens avec les Etats-Unis et l’Occident, Pinchuk lance la Yalta European Strategy (Yes), « la plus grande institution sociale de diplomatie publique en Europe orientale », dont le but officiel est d’ « aider l’Ukraine à se développer en un pays moderne, démocratique et économiquement puissant ». Grâce à la grosse disponibilité financière de Pinchuk (qui rien que pour fêter son 50ème anniversaire a dépensé plus de 5 millions de dollars dans une station de ski française), la Yes est en mesure de tisser un vaste réseau de contacts internationaux, qui devient visible lors du meeting annuel organisé à Yalta. Y participent « plus de 200 politiciens, diplomates, hommes d’Etat, journalistes, analystes et dirigeants du monde des affaires provenant de plus de 20 pays ». 

   Parmi ceux-ci émergent les noms de Hillary et Bill Clinton, Condoleezza Rice, Tony Blair, George Soros, José Manuel Barroso et Mario Monti (qui a participé au meeting de septembre dernier), aux côtés desquels on trouve des personnages moins connus, mais non pour autant moins influents, dont des dirigeants du Fonds monétaire international (comme Dominique Strauss-Khan, voir NdT).

   Comme a expliqué Condoleezza Rice au meeting Yes 2012, « les transformations démocratiques requièrent du temps et de la patience, requièrent un appui de l’extérieur comme de l’intérieur ». Excellente synthèse de la stratégie que l’Occident adopte sous le manteau de l’ « appui de l’extérieur » pour favoriser les « transformations démocratiques ». Une stratégie désormais consolidée, de la Yougoslavie à la Libye, de la Syrie à l’Ukraine : ficher des coins dans les failles qu’a tout Etat, pour en dégonder les bases en soutenant ou fomentant des rébellions anti-gouvernementales (type celles de Kiev, trop ponctuelles et organisées pour être considérées comme simplement spontanées), tandis qu’on déchaîne une trépidante campagne médiatique contre le gouvernement qu’on veut abattre. 

   Pour ce qui concerne l’Ukraine, l’objectif est de faire crouler l’Etat ou de le casser en deux : une partie qui entrerait dans l’OTAN et dans l’Ue, une autre qui resterait majoritairement reliée à la Russie. Dans ce cadre s’insère la Yalta European Strategy de l’oligarque ami des Clinton.

Edition de samedi 22 février 2014 de il manifesto



Et quelques aspects de la Pinchuk-French Connection (NdT)

   « Mercredi 27 mars [2013], la Ministre de la Culture et de la Communication, Mme Aurélie Filippetti, a remis les insignes de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres à Victor Pinchuk. Elle a salué en lui « le visage européen du mécénat » et le « mariage heureux entre l’industrie et la culture, à l’image de l’installation monumentale d’Olafur Eliasson qui, comme le fer y subit de constants changements d’état, métamorphose votre nouvelle aciérie »


   « Mon professeur en art contemporain est français, Nicolas Bourriaud (critique d’art, il a dirigé le Palais de Tokyo avec Jérôme Sans de 2002 à 2006 et il est l’actuel directeur des Beaux-Arts de Paris depuis octobre 2011). Je l’appelle même mon gourou ! Je l’ai rencontré en 2002 par l’intermédiaire de mon ami Marcel Gross, directeur associé d’Euro RSCG ».


   "Comment exister socialement dans son pays tout en ne faisant pas de politique ?" C’est Euro RSCG, en la personne du Français Stéphane Fouks, qui va lui fournir une réponse en trois points : 1. Créer un musée d’art contemporain qui valorise l’art ukrainien. 2. Mettre en place un think tank pour le rayonnement de l’Ukraine et son entrée dans l’Europe. 3. Créer une fondation anti-sida dont s’occupera sa femme.
L’oligarque s’investit dans la philanthropie.

   [...] « À une certaine période de la vie, il est temps de rendre un peu de ce qu’on a reçu, en étant guidé par une vision", dit-il. Pour autant, l’Ukrainien ne perd pas le nord : sa frénésie d’artistes n’est qu’une étape dans sa stratégie de conquête. Chaque automne, à Yalta, son think tank baptisé YES (pour Yalta European Strategy) travaille à faire rayonner l’Ukraine avec des invités comme Tony Blair ou Dominique Strauss-Kahn. À Davos, en marge du sommet, il imprime aussi sa marque : le 27 janvier, il organise une table ronde avec la jeune Cheikha Mayassa, princesse du Qatar très investie dans l’art, et Paulo Coelho (!) ».


Source : Marie-Ange Patrizio


***

(Élève d'un Maître de Sagesse
intervenant pour apaiser les conflits)


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Benoît Barvin

jeudi 26 septembre 2013

"Cet homme politique qui parlait de renouveau portait un sonotone". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE VRAI N'EST PAS FORCEMENT 
DÉJÀ ECRIT)

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(L'horrible suceuse de pouce était insatiable)



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"Une Révolution? Pfff...
Donnez-leur un portable, flattez leur Ego,
et que vogue le navire..."


Conrad Veidt

Yannick Haenel, 
« La révolution est une expérience physique »
Entretien, par Clémentine Autain

   (...) / Regards.fr. On n’écrit pas un livre sur l’irruption révolutionnaire par hasard… Qu’est-ce qui vous a conduit à ce récit ? Pourquoi ce livre ? Pourquoi maintenant ?

  -  Yannick Haenel. Je n’aurais pas eu l’idée d’écrire "Les Renards pâles" il y a dix ans. Les rapports de force se sont durcis et il y a eu des choses précises qui m’y ont conduit. J’ai été frappé par le nombre de suicides en entreprise, en France comme en Italie où je vis maintenant. Ces suicides ne sont pas seulement ceux d’employés asservis mais touchent aussi de jeunes chefs d’entreprises. Et puis, un fait divers en Grèce, que l’on retrouve dans mon livre, m’a bouleversé : un clochard qui dormait dans une benne à ordure a été broyé dans une poubelle. C’est le traitement des déchets… humains. J’ai vu l’irracontable qu’il fallait raconter : cette société qui broie et transforme les individus en déchets. J’étais en train d’écrire un livre sur un personnage tentant de reconquérir un sentiment politique. J’écrivais sans idée de suite, une sorte de panorama sur le fait que le rapport à la vie concrète politique relève du dégoût. Un sentiment antipolitique s’est diffusé.

   Dans "Les Renards pâles", le personnage ne sait même pas qu’il y a des élections le jour du vote pour la présidentielle. C’est ce non contact avec la politique que je voulais raconter, et aussi le réveil qui se produit avec des rencontres. Sous Sarkozy, quand je revenais en France alors que je vivais à Rome, mes copains me racontaient des choses terrifiantes sur l’atmosphère, notamment la violence policière, le délire sécuritaire. Le politique s’est dénaturé : il n’exerce plus son pouvoir que dans le contrôle social, l’autoritarisme. Associé au règne du libéralisme économique, il y a une cohérence dont je voulais parler.

   / En vous lisant, j’ai été frappée par la place des corps. « Être là », dites-vous : c’est la présence des corps comme geste politique, à l’instar de ce que revendiquent les Indignés par exemple. Vous parlez aussi de la mémoire, de l’histoire politique, qui « traverse les corps disponibles ». La révolution passe par le corps ?

   - La révolution est une expérience physique. Il s’agit de regagner des forces, celles de l’insurrection possible, par le corps. J’aime beaucoup cette phrase de Walter Benjamin : « Procurer à la révolution les forces de l’ivresse. » C’est la manière dont les corps sont transportés et se rencontrent, d’où la fin du livre qui met en scène une rencontre érotique. Les Indignés ou les Anonymous m’ont évidemment inspiré. Depuis quelques années, brandir un masque est devenu un acte de rébellion. Et pour cause : c’est interdit et les caméras partout nous surveillent !

   Sans slogan, sans mot d’ordre, la présence suffit. Nous sommes dans une période de saturation de la communication qui empêche l’audition : on n’entend plus le discours politique. Donc ce sont les corps des gens qui se rassemblent en silence, qui interpellent. "Les renards pâles" ne disent rien. Mais même sans mot, il y a un sens à se rebeller : le retournement complet des rapports de force. Le fait que des gens qui vivent à la marge de la société se mettent ensemble au centre, occupent le centre (dans mon livre, ils sont place de la Concorde par exemple), c’est déjà la révolution. Ceux qui n’occupent aucune place reconnue prennent la place.

   / Vous semblez faire de la figure du sans-papiers le sujet de l’émancipation aujourd’hui, la figure à caractère universelle. La façon dont vous en parlez m’a fait penser à Alain Badiou. Vous a-t-il inspiré ?

   Je suis d’accord avec cette idée mais j’ai peu lu Badiou, davantage Jacques Rancière. Selon ce dernier, la disparition du prolétaire est remplacée par l’immigré, et a fortiori le sanspapiers. C’est pourquoi les gouvernements tapent particulièrement sur cette population : c’est elle qui pourrait avoir le plus de force insurrectionnelle. Lorsque le champ politique sacrifie des individus, ceux-là ont la possibilité de construire une contre-société, un contre-monde. C’est la société des « sans » : sans-papiers, sans-abri, san semploi. 

   Dans "Les Renards pâles", il n’y a pas de substrat théorique. À travers la déambulation dans Paris, se joue un réveil des mémoires, de la Révolution française, de la Commune. J’ai plus lu Frantz Fanon qu’Alain Badiou. La population masquée que je décris ne se rallie pas autour d’une idéologie mais à partir de gestes simples quotidiens. Ces personnages n’ont pas le temps de lire des livres entiers mais en attrapent des bouts par un nom de rue, des inscriptions sur les murs, des discussions. En 2005, au moment des émeutes en banlieue, événement politique majeur présent dans mon livre, ce sont des bribes qui ont mis le feu aux poudres et non un apprentissage d’école militante.

   / Vous sentez aujourd’hui un climat pré-révolutionnaire ?

   - Toutes les conditions sont là. Mais je suis incapable de dire si la révolution est sur le point d’advenir. Il y a un climat, des bribes. Après… (...)



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"Si la Révolution est proche?
..."


Hertha von Walther in Wilhelm Pabst’s Die freudlose Gasse
 (The street of sorrow), 1925

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Benoît Barvin

samedi 13 avril 2013

"Attelé à de vieux boeufs malades, il conduisait à fond de train le char de l'Etat". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(AIME-LE POUR CE QU'IL EST,
NON POUR CE QU'IL CROIT ETRE)

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"C'est vous, mes Enfants, qui allez faire la Révolution...
- Laquelle, Père?
- Mais l'Industrielle et la Financière, bien sûr..."


Le jour où la classe moyenne se soulèvera
Marcin Król

   (...) Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les pauvres et les malheureux qui font les révolutions en Occident, mais bel et bien les classes moyennes. Ce fut le cas de toutes les révolutions, à commencer par la Révolution française, à l’exception près de la révolution d'Octobre, qui a été un coup d'Etat perpétré dans une situation de désordre politique extrême.

   Quand la classe moyenne décide-t-elle de déclencher la révolution ? Premièrement, il ne s'agit pas de la classe moyenne dans son ensemble, ni même d'un groupe organisé, encore moins d'une communauté mais plutôt de leaders de la classe moyenne, ceux qui aujourd'hui gagnent les élections en Europe et que l’on traite d’irresponsables (car n'appartenant pas à la gériatrique classe politique traditionnelle), mais qui tout à coup se révèlent non seulement très populaires, mais aussi étonnamment efficaces.(...)

   Dans le cas classique de la Révolution française, le rôle d'avant-garde révolutionnaire a été joué par des avocats, des entrepreneurs, des employés de l'administration publique de l'époque et par une partie des officiers de l'armée. Le facteur économique était important, mais pas primordial.

   Les éléments déclencheurs du mouvement révolutionnaire sont avant tout l'absence d’ouverture dans la vie publique et l'impossibilité de la promotion sociale. Lorsque l'aristocratie a tenté de limiter à tout prix l'influence des avocats et des hommes d'affaires, elle a incité à la révolution. Dans toute l'Europe, à l'exception de la sage Angleterre, la nouvelle classe moyenne, avec ses citoyens de deuxième catégorie, n'était pas en mesure de décider de son propre sort.

   Qu'en est-il de la discrimination aujourd'hui ? Elle est différente et semblable à la fois. Certes, l'aristocratie ne monopolise plus la prise de décisions, mais les banquiers, les spéculateurs boursiers et les managers qui gagnent des centaines de millions d'euros, écartent habilement du processus décisionnel la classe moyenne, qui en subit de sévères conséquences. Chypre en est le dernier, et très significatif, exemple.(...)

   Il en existe bien d'autres exemples. Prenons les universitaires, qui non seulement en Pologne mais dans toute l'Europe, tremblent pour leurs emplois, surtout s'ils ont le malheur d'enseigner des matières déclarées comme peu utiles par l'Union européenne, les Etats membres et les multinationales qui dictent le marché du travail.

   En Slovaquie, par exemple, les sciences humaines ont été quasiment anéanties, de sorte que les spécialistes de l'histoire, de la grammaire, de l'ethnographie, ou de la logique ont de sérieux soucis à se faire. D'ici peu de temps, d'autres catégories professionnelles vont suivre. Ainsi les fonctionnaires de l'administration publique, dont le nombre a littéralement explosé par le passé. Est-ce leur faute ? Bien sûr que non. Et que peut faire un fonctionnaire licencié avec 15 ans d'ancienneté, ayant toujours connu la sécurité de l'emploi ? Probablement pas grand chose. Il en va de même pour des jeunes diplômés laissés sur le bord de la route du marché de travail, ainsi que pour les artistes, les journalistes et autres métiers fragilisés par le secteur numérique.

   Les révolutions émergent dans les exclusions, professionnelle, décisionnelle, et dans le déficit démocratique. Elles se dressent aussi contre la barrière générationnelle, ou tout simplement, contre la domination des vieillards. (...)

Lire la suite sur:


°°°
"Mais c'est votre amant qui voudrait vous voir et...
- Chut, Monsieur Mon Mari, je ne veux pas qu'il
sache que nous couchons ensemble..."


Brigitte Bardot with co-star Antonio Vilar on the set of the film,
" La Femme et le Pantin", Spain, 1958. Photo by Loomis Dea

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(En Syrie, les Bédouins attendaient depuis un moment
les touristes étrangers, en se demandant ce qui
pouvait bien les retenir)


Bergers Bédouins Syriens


Qui sont les derniers touristes de Syrie?
Grégoire Fleurot

   (...) Les recettes touristiques de la Syrie ont baissé de 94% depuis le début du conflit en mars 2011, générant encore 130 millions d’euros en 2012 (contre 2,3 milliards d’euros en 2010). Qui sont les touristes qui vont encore en Syrie aujourd’hui, après les deux années d’affrontements qui ont fait plus de 70.000 morts?

   Le peu de touristes qui continuent à aller en Syrie sont principalement des touristes religieux venant des pays voisins comme l’Irak ou l’Iran, le reste étant des Syriens qui se déplacent à l’intérieur du pays et vont dans les hôtels.

   Une chose est sûre, les touristes français ou européens qui souhaiteraient s’y rendre pour découvrir l’amphithéâtre de Bosra ou le Crac des chevaliers doivent se débrouiller tous seuls. Les tours opérateurs et les agences de voyage ont cessé de proposer la destination au début du conflit au printemps 2011, suivant les recommandations du ministère des Affaires étrangères. Comme la plupart des pays occidentaux, les autorités déconseillent fortement aux Français de ne pas se rendre dans le pays, et à ceux qui y sont de le quitter au plus vite. (...)

   (...) La Syrie abrite six sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, dont certains sont des lieux majeurs de l'insurrection contre Bachar el-Assad: les anciennes villes d’Alep, de Damas et de Borsa, le Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din, le site de Palmyre et les villages antiques du nord du pays. Avant le début du conflit, la pays était une destination touristique relativement importante, et le secteur était en pleine expansion.

   Pour 2010, le gouvernement avait annoncé une hausse de 40% des touristes étrangers sur une année pour atteindre 8,5 millions de visiteurs, un chiffre supérieur à celui de la Tunisie (6,9 millions) ou encore de l’Afrique du Sud (8,1 millions) pour cette même année. La majorité des touristes étaient alors des Syriens expatriés qui revenaient au pays et des touristes venant des pays voisins. En 2009, 270.000 touristes européens se sont rendus en Syrie.

   Le Ceto, principale association de tour-opérateurs français qui représente 75% du marché, recensait quant à lui 4.700 départs de touristes de la France vers la Syrie en 2010, un chiffre qui était en augmentation de 48% par rapport à l’année précédente.(...)

   Mais depuis le début du conflit, il est très difficile pour n’importe quel touriste occidental de s’y rendre: les dernières compagnies aériennes ont cessé de desservir le pays fin 2012, au moment où le conflit gagnait en intensité. Aujourd’hui, la majorité des Français qui se rendent en Syrie sont des journalistes ou des humanitaires.

   Les derniers Français à avoir atterri à Damas sur un vol commercial sont sans doute les passagers du vol Paris-Beyrouth d’Air France dérouté vers la capitale syrienne en août 2012 à cause de violentes manifestations qui avaient coupé l’accès à l’aéroport de Beyrouth. Une décision qui avait rendu furieux le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui a reproché à Air France d’avoir mis en danger les passagers du vol. (...)
Lire la suite sur:


°°°
Luc Desle

lundi 11 février 2013

"Le croissant de lune fut mangé par le poète affamé". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

***
Pensées pour nous-mêmes:

( DANS TON BAGAGE
NE METS QUE L'ESSENTIEL)

***

"Nous, on ne gaspille plus nos vêtements.
On n'en met plus, tout simplement"

Une ville belge veut forcer les supermarchés
 à ne plus gaspiller. Et en France ?
JUSTINE BOULO

    (...) Fin janvier, le conseiller municipal socialiste Fabian Martin de la ville de Namur (Wallonie) a proposé un décret, au niveau municipal, pour obliger les grandes surfaces à donner leur surplus alimentaire aux associations d’aide aux démunis, comme les Restos du cœur.

   « Un concombre biscornu ne sera jamais vendu. Une boîte de conserve, si elle est toujours en rayon au bout de trois mois, elle est retirée, car ça ne fait bonne image, constate Fabian Martin. Et en contre-partie, les Restos du cœur de Namur n’ont pas reçu un seul légume depuis trois semaines. » L’objectif, avec cette législation, serait de redistribuer les produits approchant la date de péremption ou dont l’emballage est abîmé.

   La proposition de l’élu socialiste a fait l’unanimité, même chez les opposants. A droite, Alain Detry, (du Mouvement réformateur), responsable de l’environnement au niveau local, voit le projet d’un bon œil, même s’il « attend qu’un groupe de travail soit constitué afin d’examiner les différentes facettes de cette proposition ». (...)

   Parce qu’aussi séduisant qu’il paraît, le projet ne repose sur que sur des bases juridiques fragiles. En France, comme en Belgique ou ailleurs, « s’il existe des partenariats avec des enseignes, pour collecter les invendus, rien n’oblige les grandes surfaces à les donner », explique une porte-parole des Restos du cœur. Nos voisins de Namur se reposent sur une spécialité belge : le permis d’environnement.

   En somme, il s’agit d’un document qui a pour objectif de simplifier et d’harmoniser l’administration en matière d’environnement et qui pose les conditions d’exploitation à une entreprise. Telle ou telle compagnie devra se soumettre aux règles du jeu imposées. Olivier Cappellin est conseiller en environnement à l’Union wallonne des entreprises. Il explique qu’en Belgique, « c’est l’administration communale - la municipalité - qui octroie ou refuse ces permis d’environnement ».

   Mais on parle environnement. Pas social. L’astuce a déjà été dégotée par la ville de Herstal, près de Liège. Philippe Dosogne, conseiller en environnement de la commune, explique qu’en effet, « le décret wallon du 11 mars 1999 relatif au permis d’environnement a notamment pour objectif de contribuer à la gestion rationnelle des déchets. En l’occurrence, il s’agit pour l’exploitant de respecter une hiérarchie dans le traitement de ses déchets ». En gros, donner les surplus alimentaires avant de les jeter. Le conseiller avoue que derrière la législation environnementale,« les conséquences sociales de cette décision sont évidentes ».

   Fabian Martin le reconnaît lui-même, « c’est du plâtre sur une jambe de bois, mais mais nous n’avons pas d’autres solutions que d’agir localement ». N’empêche que depuis, six communes ont déposé un texte à leur tour. (...)

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(... dit l'Ogre en affûtant son grand couteau)

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(Des Frères musulmans sont cachés dans ces figurines.
Sauras-tu les retrouver?)


Les Frères tentent d'islamiser l'armée
Ibrahim Issa 
Al-Tahrir 

   (...) Après avoir décrété [le 27 janvier] l'état d'urgence dans trois provinces [Port-Saïd, Ismaïlia et Suez] situées sur le canal de Suez, le gouvernement égyptien des Frères musulmans voudrait en effet que l'armée sorte à nouveau de ses casernes pour assurer le maintien de l'ordre. Or l'armée ne se laissera pas entraîner à affronter les citoyens.

   Le général Abdelfattah Al-Sissi [chef des forces armées et ministre de la Défense] ne semble pas prêt à jouer ce rôle. Il se rappelle le prix que l'armée a eu à payer pendant la période de transition d'un an et demi [2011-2012] quand elle avait dirigé le pays et avait été amenée à se battre contre les forces politiques et les manifestants. La question est de savoir si l'armée se mettra au service du président Mohamed Morsi et des Frères musulmans, qui ont dilapidé leur légitimité morale, ou si au contraire l'armée défendra la révolution et la souveraineté du peuple.

   Les Frères ont donné à l'armée le droit d'arrêter des civils et lui demandent d'appliquer le couvre-feu. Et ce alors qu'ils n'ont cessé de dire que ce sont eux qui ont écarté l'armée du pouvoir. Ils ne veulent pas que l'armée soit au service du pays mais veulent en faire leur propre bras armé afin de frapper ceux qui s'opposent à leur politique et les révolutionnaires en colère. (...)

   Ils veulent que cette armée soit à la pakistanaise. Pour y parvenir, ils espèrent qu'Al-Sissi continue d'occuper le ministère de la Défense jusqu'aux élections législatives [prévues en avril prochain], élections dont ils imaginent encore qu'ils peuvent les remporter. Ensuite, ils se débarrasseront d'Al-Sissi comme ils l'ont fait avec [son prédécesseur] Hussein Tantaoui. Ensuite, ils comptent agir de la même manière que le général Zia ul-Haq au Pakistan après son coup d'Etat [1977] contre Zulfikar Ali Bhutto, à savoir islamiser l'Etat et la société.

   Or le plus dangereux est l'islamisation de l'armée. Comment Zia ul-Haq s'y est pris en son temps pour transformer une armée apolitique en armée islamiste ? Il a commencé par introduire l'enseignement religieux dans les académies militaires. L'école de guerre a commencé à enseigner les idées [des théoriciens du fondamentalisme islamique] d'Ibn Taymiya et de Mawdoudi. Pour avancer dans sa carrière, un officier devait non seulement être un bon professionnel, il devait aussi lire les préceptes coraniques concernant la guerre.

   Les Frères égyptiens attendent leur heure et souhaitent qu'Al-Sissi fasse le sale boulot et leur prépare le terrain. Or il est certain qu'Al-Sissi est plus intelligent que ses prédécesseurs. Il ne fera pas tirer une balle sur ceux qui manifestent contre les Frères. Il a d'ailleurs en quelque sorte expliqué le fond de sa pensée quand les Frères lui ont enjoint d'appliquer le couvre-feu dans les villes du canal. Sa réaction a consisté à laisser les soldats et officiers de l'armée jouer au football avec les manifestants. Un but marqué par l'armée contre les Frères et qui a été salué et applaudi par la foule qui y assistait en spectateur.

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Benoît Barvin