Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

lundi 23 décembre 2013

"Le plombier que je plombai, mon épouse couchait avec lui". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

+++
Pensées pour nous-mêmes:

(LE DISCIPLE N'EST QU'ACTION)

+++

(Les riveteurs avaient bien du mal à faire tenir les parois 
contenant la Mondialisation Bienheureuse)


"Riveteur  au chantier naval de l'île Hog" par Kadel et Herbert, près de Philadelphie, Pennsylvanie, 1918. Au cours de la Première Guerre mondiale, l'île Hog était le plus grand chantier naval au monde. À son apogée, l'endroit employait plus de 30 000 ouvriers qui ont construit 122 navires en 2 ans. Les travailleurs de Hog Island avaient leur propre restaurant, leur ligne de tramway, et ont publié leur propre journal," Les Nouvellesde  Hog Island".


+++

(Maîtres du Monde riant à la blague
 concernant l'éthique et la morale)



 Bill Gates et  (feu) Steve Jobs ...

Microsoft et l’UE, 
un mariage de vingt ans


  (...) Les révélations, publiées récemment par Mediapart, sur le piratage dont a été la cible le service de messagerie du Parlement européen auraient pu être l'occasion d'une remise à plat de la sécurité informatique des institutions européennes.

   Difficile d'imaginer moment mieux choisi. Pressée par des députés et des associations qui demandent depuis des années l'abandon des contrats les liant à Microsoft, confrontée aux révélations d'Edward Snowden sur le dispositif d'espionnage mondial mis en place par les Etats-Unis, ces institutions ont désormais la preuve de la facilité avec laquelle il est possible de s'introduire dans un service de messagerie. L'an prochain, la Commission européenne, qui contracte pour l'ensemble des institutions de l'Union, aura l'occasion de renégocier ses contrats passés avec le géant américain du logiciel, son principal fournisseur depuis vingt ans.

   Pour l'instant, la Commission européenne fait la sourde oreille et ne veut pas voir de problème de fond, limitant le piratage du Parlement européen à un simple problème "technique". Interrogé par Mediapart sur ses motivations, le hacker avait pourtant insisté sur la dimension politique de son acte. Il ne s'agissait pas de s'attaquer à un logiciel en particulier. Outré par le manque de réaction des responsables politiques face au scandale Prism, il voulait "les secouer un peu" pour "améliorer la prise de conscience" et, "qui sait, améliorer les choses pour le prochain mandat".

   Or c'est à cette même Commission européenne que reviendra la charge de négocier avec Microsoft ses deux principaux contrats arrivant à échéance en 2014. Pourtant, depuis 1993, la firme fondée par Bill Gates a réussi à rester le principal partenaire des institutions européennes. L'alliance a été reconduite à six reprises, sans aucune concurrence, car précédée d'aucun appel d’offres !(...)

   (...) La passation de marchés publics est pourtant encadrée par un "règlement financier" qui prévoit, par défaut, que tout contrat doit au préalable faire l’objet d’une mise en concurrence. Mais les textes prévoient également certaines dérogations permettant à la Commission de choisir directement une entreprise, dans le cadre d’une "procédure négociée", notamment lorsque celle-ci est capable de répondre à elle seule à l’ensemble de la demande. Et jusqu’à présent, Microsoft s’est toujours arrangé pour bénéficier de l’une de ces "procédures négociées".

   Dans les années 1990, le principal argument avancé pour ce régime de faveur était que la société américaine était quasiment la seule sur son marché. Puis, au fur et à mesure qu’apparaissaient de potentielles alternatives, la commission a commencé à justifier son choix par le fait que changer de fournisseur coûterait trop cher et serait trop compliqué techniquement à mettre en place.

   (...) Ce dernier argument est justement celui avancé par les défenseurs du logiciel libre, c’est-à-dire ouvert et ne dépendant d’aucune licence propriétaire, qui réclament une véritable rupture avec le système actuel."En fait, ce qu’ils disent, c’est ‘nous ne pouvons rien acheter d’autre que du Microsoft car ça serait trop compliqué à faire fonctionner’. Et cela nous mène à la question du ‘lockin’, de l’enfermement", explique Karsten Gerloff, président de la Free Software Foundation Europe (FSFE). (...)

   Ce quasi-monopole de Microsoft est d’autant plus étrange que les institutions européennes n’ont de cesse de vanter non seulement les vertus de la concurrence et la nécessité de marchés publics transparents, mais aussi les mérites des logiciels libres. De plus, les différentes équipes techniques semblent avoir pleinement conscience des enjeux.

   Il existe ainsi, au sein du Parlement européen, une association des utilisateurs de logiciels libres, l’EPFSUG, qui travaille en collaboration avec la direction des services informatiques (DIGIT). Par ailleurs, les institutions européennes ont déjà mis en place plusieurs projets de logiciel, comme "AT4AM" permettant de gérer les amendements. De son côté, la Commission a bien mis en place, en 2011, une "stratégie pour l’usage interne des logiciels libres" sous la forme d’une déclaration d’intentions. Mais le document, qui s’arrête en 2013, n’a pour l’instant pas été mis à jour.

   Les députés n’ont de cesse de questionner leur administration sur la question. En 2012, le Parlement a demandé des explications sur l’utilisation des logiciels libres à l’occasion du vote de la décharge, c’est-à-dire le contrôle du budget pour l’année 2011, durant laquelle ont été conclus les derniers contrats avec Microsoft. Depuis, le groupe Vert se bat pour obtenir des explications. (...)

   (...) Les détails mêmes des contrats passés avec Microsoft en 2011 n’ont pas été rendus publics. "Ce qu’ils disent, c’est qu’ils ne peuvent pas donner les détails du contrat car cela violerait les intérêts commerciaux de Microsoft", explique Karsten Gerloff. "Personnellement, en tant que citoyen, je me moque des intérêts commerciaux de Microsoft. Ce qui m’intéresse, en tant que contribuable, ce sont les intérêts des institutions européennes, de savoir où va mon argent, s’il est utilisé d’une manière efficace ou non. Or, la tendance est plutôt à conserver les contrats de fourniture secrets."(...)

   (...) A ce jour, la Commission européenne est liée à Microsoft par deux contrats. Le premier, passé via un fournisseur du nom de Fujitsu, est celui portant directement sur la fourniture des logiciels pour un montant de 50 millions d’euros. Le second, signé directement avec Microsoft pour un montant de 44,7 millions d’euros, porte lui sur le "support", c’est-à-dire l’entretien des logiciels vendus.

   Or, ces deux contrats arrivent tous deux à échéance l’année prochaine. La Commission se décidera-t-elle à sauter le pas du logiciel libre en remettant en cause sa dépendance vis-à-vis de Microsoft ?

   Interrogée par Mediapart sur son intention de lancer, ou non, un appel d'offres, la Commission refuse pour l'instant de se prononcer. Elle rappelle que "ses décisions dans le domaine du choix des logiciels, d’une part, respectent toujours pleinement la législation applicable en matière de marchés publics et, d’autre part, sont basées sur des analyses coût-bénéfice visant à déterminer le coût total de possession (et les risques) de chaque alternative". (...)


+++

(Les trois serveuses de ce bar
avaient des hauts et des bas)





Jack Cole

+++
Luc Desle

dimanche 22 décembre 2013

"Le Collectionneur fou de tatouages ne savait plus où donner du scalpel". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

¤¤¤
Pensées pour nous-mêmes:

(LA HAINE NE TE CONDUIT QU'A LA HAINE)

¤¤¤

(Miss Main Chaude était toujours prête)


Mrs Marvel

¤¤¤

(Ce constructeur véreux, qui avait mégoté sur
les matériaux, n'avait qu'à bien se tenir)


World Finest

¤¤¤

(Culotté, l'Oncle Sam faisait la manche
auprès des pays qu'il avait ruinés)


Uncle Sam
¤¤¤

(Ce héros avait un art consommé de la conversation)

Cobb by Eduardo Barreto

¤¤¤
Jacques Damboise

samedi 21 décembre 2013

"A force de raboter les mêmes idées il devint menuisier". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

@@@
Pensées pour nous-mêmes:

(LES MANUELS DE SAGESSE
SONT-ILS SAGES?)

@@@

(La Princesse aux yeux de braise
voulait devenir hypnotiseuse)


Charles Allen Winter
(Source: valentinovamp, via issafly)

@@@

"La reprise... hic! est là... hic!
Vive la... hic! crise..."




La grande récession, 
la reprise invisible et la crise silencieuse

Laurent Eloi

   (...) S’il y a bien un moment de l’histoire récente où l’insuffisance de nos indicateurs de réussite économique et de progrès social éclate au grand jour, c’est la « reprise invisible » que vivent les citoyens en Europe et aux Etats-Unis.

   Le fossé entre les décideurs politiques et leurs électeurs sur l’état réel de l’économie est tellement béant qu’il semble désormais y avoir deux univers parallèles : l’un, où la « grande » récession de 2009 a cédé le pas à une reprise économique solide et partagée dont chacun devrait se réjouir ; l’autre, où la reprise en question est si partielle, fragile et inégalitaire qu’elle mérite le qualificatif non seulement de « petite » mais d’invisible.

   La chronique de la « reprise invisible » diffère pour l’Union européenne et les Etats-Unis. Aux Etats-Unis, la production (mesurée par le PIB), qui a fortement chuté au cours de la « grande » récession, a commencé à se rétablir plus tôt et plus intensément et a reconquis à la mi-2011 le terrain perdu en 2008 et surtout en 2009. Mais le revenu moyen des ménages n’a pas suivi la tendance, loin s’en faut, et la capture des revenus par les plus riches du fait du régime actuel des inégalités laisse l’immense majorité des Américains avec guère plus que des miettes de reprise. Pourtant, les dirigeants politiques de toutes obédiences – principalement démocrates il est vrai – vont répétant que la crise économique appartient au passé. C’est loin d’être le cas, quand on en prend la juste mesure.

   En Europe (et en particulier dans la zone euro), la production a été plus longue à se redresser pour replonger dans le rouge en 2011 sous l’effet de l’erreur stratégique des politiques d’austérité budgétaire. Le PIB vient à peine de reprendre sa croissance. Mais cela n’empêche nullement les dirigeants européens et nationaux de prétendre que le pire est à présent derrière nous, au moment même où le chômage et la précarité sociale atteignent un pic historique et continuent leur inexorable progression dans la plupart des pays du continent.

   Cet écart entre le discours politique et l’expérience quotidienne des citoyens est un poison pour la démocratie de part et d’autre de l’Atlantique. Il cristallise une incompréhension et une méfiance grandissantes entre les électeurs et leurs élus au sujet de la réalité économique et sociale. Il reflète un désaccord sur les faits, pas sur les opinions ou les convictions, désaccord qui ne peut être résolu par l’échange patient d’arguments raisonnables entre gens de bonne volonté. Il suggère qu’au delà même des très réelles stagnation économique et régression sociale que connaissent actuellement l’Europe et les Etats-Unis, c’est une crise démocratique silencieuse qui est en cours, dont les spasmes populistes ne forment que la surface. Les citoyens et les politiques ne parlent tout simplement plus la même langue.

   Les nouveaux indicateurs de bien-être et de soutenabilité, qui visent à aller « au delà du PIB » (c’est-à-dire au delà des indicateurs, des modèles et des analyses économiques standards), sont parfois perçus ou caricaturés comme d’amusants gadgets. Ils sont bien plus que cela. La mesure précise et pertinente du bien-être et de la soutenabilité (c’est-à-dire du bien-être dynamique) est une dimension essentielle du débat public en démocratie. Ce qui n’est pas compté non seulement ne compte pas, mais devient invisible pour tout un chacun. Mais que nous ne percevions pas ou ne comprenions pas les évolutions sociales en cours ne signifie pas qu’elles ne se produisent pas ou qu’elles n’auront pas de conséquences lourdes.

   Inversement, mesurer, c’est en partie gouverner, une autre façon de dire que les indicateurs déterminent les politiques. Si le but collectif, le seul bien commun de la société américaine devait devenir l’augmentation exponentielle de l’indice Dow Jones, les politiques publiques ne viseraient plus que cet objectif, indépendamment de leurs dommages collatéraux sociaux ou environnementaux. Dans la même veine, si les pouvoirs publics en Europe ne devaient plus prêter attention qu’aux profits de l’industrie bancaire, ils consacreraient l’intégralité de leurs ressources à cette fin (ces deux futurs indésirables ne sont hélas que trop réels). En d’autres termes, le PIB aujourd’hui n’est pas seulement un horizon trompeur : c’est une boussole faussée qui désoriente la politique et affaiblit la démocratie.

   Il est donc urgent d’introduire dans le débat public, par exemple au moment de l’examen du budget, des indicateurs de répartition du revenu et d’inégalités (notamment territoriales) en complément des indicateurs macroéconomiques dont dispose la représentation nationale en France et aux Etats-Unis, afin que les politiques et les citoyens retrouvent un langage commun. Mais il ne s’agirait que de la première étape. L’étape suivante consiste à prendre la pleine mesure de l’horizon de long terme de la démocratie, qui est la répartition équitable du capital entre les générations et au sein de chacune d’entre elles, le capital du siècle qui s’ouvre étant social, naturel, humain autant que physique.

   La crise économique, qui dure encore n’en doutons pas, ne pourra prendre fin que lorsqu’on en prendra la juste mesure. L’alternative pour les responsables politiques consiste à poursuivre leur dialogue de sourd avec leurs électeurs au sujet des réalités économiques, sociales et écologiques, jusqu’au point où ces derniers cesseront de les écouter. (...)


@@@

"My greatest ambition would have been
 to kiss you, darling..."


Jean Seberg et Jean-Pierre Melville


@@@

vendredi 20 décembre 2013

"Chaque jour il astiquait son ego pour qu'il ne rouille jamais". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

+++
Pensées pour nous-mêmes:

(LÈVE-TOI CHAQUE MATIN
AU CHANT DES OISEAUX)

+++

(Parce qu’on ne parlait jamais de lui,
le Petit Chaperon Blanc avait le spleen)


Paintings by Enoki Toshiyuki


+++

(Charmant regard de la NSA sur les activités
de chacun des 7 milliards d'êtres humains)



Un juge américain condamne 
la «technologie quasi-orwellienne» 
de la NSA
(pourquoi "quasi"?)


   (...) Les partisans de la protection de la vie privée et leur «héros» lanceur d'alerte Edward Snowden ont marqué un point important ce lundi, quand un juge fédéral d'un tribunal civil de Washington a jugé que la collecte de métadonnées réalisée par l'agence nationale de sécurité NSA sur le téléphone de plusieurs particuliers était sans doute anticonstitutionnelle (pourquoi"sans doute"?). Dans une cinglante injonction préliminaire, le juge Richard Leon a qualifié cette pratique «d'atteinte à la vie privée», évoquant «une technologie quasi-orwellienne». «Il est évident qu'un tel programme de collecte de métadonnées (l'enregistrement des numéros appelés, la durée des appels, leur date, mais non leur contenu), «empiète sur les valeurs défendues par le quatrième amendement de la Constitution américaine, relatif à la protection de la vie privée», a-t-il jugé. James Madison, l'un des pères fondateurs de la constitution américaine, «serait horrifié» par l'ampleur des programmes de surveillance de la NSA, a ajouté Richard Leon. (...)

   Cette décision est remarquable car c'est la première fois qu'un tribunal, autre que les Cours secrètes régies par le Foreign Surveillance Act, se prononce sur les activités d'écoutes de la NSA depuis l'éclatement du scandale au printemps. Le juge enjoint l'agence de renseignement d'arrêter la collecte des métadonnées téléphoniques des comptes Verizon de Larry Klayman et Charles Strange, les deux personnes privées qui avaient porté plainte. Le gouvernement devra également détruire toutes les métadonnées qui ont déjà été collectées sur les plaignants. Mais, conscient que le dossier transcende sa juridiction et touche à une interrogation fondamentale sur l'équilibre sécurité/libertés qui occupait déjà les pères fondateurs au 18e siècle, le juge n'en a pas moins gelé son injonction pour 6 mois, afin de laisser au gouvernement la possibilité de préparer sa défense en appel (trop gentil, vraiment...): 

   «Il s'agit du dernier chapitre dans la longue lignée des défis auxquels le pouvoir judiciaire a dû répondre pour ménager la sécurité nationale des États-Unis et les libertés individuelles de nos citoyens», écrit Richard Leon, pour justifier sa décision. Un porte parole du ministère de la Justice, Andrew Ames, a expliqué que les avocats du gouvernement étudiaient la décision du juge, mais estimé que le «programme est constitutionnel comme d'autres juges l'ont affirmé». Seuls les juges des cours secrètes supervisant l'activité de la NSA avaient émis des avis, jusqu'à ce que Leon se prononce. (...) 

   Depuis Moscou, où il est réfugié pour échapper aux poursuites judiciaires lancées contre lui par l'État américain, Edward Snowden a salué la décision. Le journaliste Glenn Greenwald, qui défend sa cause et a participé à toute l'opération de divulgation des données subtilisées par Snowden à une série de journaux à travers le monde, a estimé sur CNN que l'avis du juge Leon donnait raison à l'action du contractant de la NSA. Une interprétation évidemment battue en brèche par les autorités américaines qui rappellent qu'il a enfreint la loi en divulguant des informations secrètes obtenues illégalement.

   L'une des questions est de savoir si cette décision accroîtra la pression à la fois intérieure et extérieure qui pèse sur le gouvernement pour réformer l'encadrement des activités de surveillance de la NSA. La pression des alliés, notamment européens, de l'Amérique est forte. Ces derniers se disent furieux d'avoir découvert que Washington les espionnait sans complexes et demandent un coup d'arrêt de ces pratiques. Les grandes compagnies d' Internet, qui ont vu révélée leur embarrassante collaboration avec les services de renseignement et ont découvert que la NSA siphonnait aussi leurs banques de données internes à leur insu, ne sont pas en reste. Elles craignent une désaffection de leurs utilisateurs. Sept des grands patrons de la planète Internet doivent d'ailleurs rencontrer ce mardi matin le président à la Maison Blanche pour évoquer ces problèmes de surveillance et les conséquences économiques de l'effet Snowden.

   Soucieux de calmer les esprits, mais visiblement décidé à maintenir le principe du programme, le président a mandaté depuis l'été un groupe de travail chargé d'explorer des pistes visant à l'amender. Ce groupe d'experts a remis son rapport vendredi dernier à la présidence, qui a annoncé qu'elle allait l'étudier dans les prochaines semaines avant d'en rendre compte à la presse. L'une des recommandations faites par le rapport consisterait à rendre publiques de nouvelles mesures de protection de la vie privée des ressortissants étrangers. Ce serait une nouveauté importante. Le cadre juridique actuel américain encadrant l'activité de la NSA ne protège absolument pas les étrangers. (...) 


+++

"Non, Votre Majesté, mon nom n'est pas
'petit avorton', pas plus que le vôtre n'est
'grande gigue'..."



John Bauer

+++
Benoît Barvin

jeudi 19 décembre 2013

"Ils s'entendaient à merveille pour jouer les sourds, ces muets". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

$$$
Pensées pour nous-mêmes:

(NE RÉPANDS PAS INUTILEMENT
LE SANG DE LA TERRE)

$$$

"Aboule ta casquette, et plus vite que ça!"


R. B. MORRISON (1875-1945)

(Le collectionneur de casquettes
était prêt à tout)

$$$

(Peuples libres cherchant à corriger certains points
de détails de l'Economie Mondialisée)

R. B. MORRISON (1875-1945)

Voir venir, réfléchir, proposer
Le Monde Diplomatique

   (...) « Je n’ai rien vu venir », a admis tout récemment Alan Greenspan, qui présida la Réserve fédérale américaine de 1987 à 2006. L’aveu lui paraît assez significatif pour qu’il choisisse d’en faire le titre de son article paru dans le numéro de novembre de Foreign Affairs. Mais l’ancien génie avait été célébré par les dirigeants politiques du monde entier. Par les médias aussi, qui le qualifiaient de « maestro » : en 1999, Time Magazine avait même fait de lui un des trois membres du « Comité pour sauver le monde ». Les deux autres ? MM. Robert Rubin et Lawrence Summers.

   Autant dire que, sans l’imaginer, l’hebdomadaire avait ainsi choisi comme couverture la photo du trio de cracks qui conduisit l’économie américaine et l’économie mondiale… à la catastrophe générale de 2007-2008. Leur grande idée commune : la déréglementation des marchés et l’ « innovation financière » (titrisation, crédits subprime, etc.).

   S’il admet sa cécité – pourquoi ne pas le dire, sa nullité –, M. Greenspan ne manque pas d’associer à son échec d’autres brillants esprits et institutions prestigieuses qui, à la veille de la catastrophe, annonçaient eux aussi un avenir radieux : le Fonds monétaire international, estimant que « le risque économique mondial » avait « décliné » au printemps 2007 ; la banque JP Morgan, prévoyant une accélération de la croissance pour 2009 ; l’hebdomadaire The Economist, sûr et certain, fin 2006, que « le capitalisme de marché, la locomotive qui tire l’économie mondiale, fait bien son travail ». Tous ceux-là, et tant d’autres, n’ont « rien vu venir »…

   Contrairement à ce qu’on essaie de faire croire aujourd’hui, l’aveuglement ne fut pas universel. Dans les années précédant la grande catastrophe qui a entamé à la fois le mode de vie et l’espérance de peuples entiers, en particulier en Europe, Le Monde diplomatique avait ouvert ses colonnes à des analystes francs-tireurs. Ils signalèrent le péril extrême découlant de la financiarisation de l’économie et du monde, les dangers sociaux, politiques, les menaces écologiques aussi qui y étaient associés. En août 2008, un mois avant la faillite de Wall Street, ce journal publiait même un article titré : « Une trajectoire financière insoutenable »…

   Mais alerter ne suffit pas. Il faut aussi proposer, prendre des risques intellectuels, formuler des idées, faire un pas (ou un bond) de côté. Année après année, Le Monde diplomatique s’y est essayé alors que d’autres s’affairaient à commenter les mêmes sondages médiocres ou à polémiquer autour des derniers « dérapages » perpétrés par quelque politicien de second ordre incapable de résister à l’envoi d’un message imbécile sur son compte Twitter.

   Garantir un revenu pour tous, plafonner celui des plus riches à un niveau très inférieur à l’actuel, c’est possible. Quitter l’OTAN, c’est possible. Obliger les Etats à tenir leurs engagements internationaux, c’est possible. Il est tout aussi possible de fermer la Bourse, de réduire ou d’éliminer le poids de la dette, de calculer le coût du capital. Voire de réfléchir à une stratégie de la reconquête. Au risque, peut-être, de ne pas avoir à dire ou à écrire bientôt : « Je n’ai rien vu venir ». (...)



$$$

"Ne tirez pas, ce ne sont que des nègres, 
des sous-développés,
heu... des êtres humains..."
(Certaines mauvaises habitudes 
avaient du mal à être éradiquées...)


R. B. MORRISON (1875-1945)

http://www.pulpartists.com/Morrison.html

$$$
Luc Desle

mercredi 18 décembre 2013

"La Danse du Pantin, ce Peuple l'apprenait au berceau". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

¤¤¤
Pensées pour nous-mêmes:

(LOUES-TU TON ÂME,
ET A QUI?)

¤¤¤

Coralie Clément


   Issue d'une famille de musiciens, arrière-petite fille de l'inventeur de l'opinel, son père est clarinettiste et elle est la sœur de Benjamin Biolay. Elle commence à pratiquer le violon à six ans et arrête à l'adolescence.

   Ses inspirations musicales sont Françoise Hardy, Jane Birkin ou encore Serge Gainsbourg.

   C'est un peu par hasard que son frère lui fait chanter plusieurs chansons qu'il a écrites. Et c'est ainsi que parallèlement à ses études d'histoire à l'université, elle enregistre treize chansons qui constitueront son premier album écrit par son frère.

Albums
2001 : Salle des pas-perdus (Capitol Records)
2005 : Bye bye beauté (Virgin Records)
2008 : C'est la vie EP (Discograph)


¤¤¤

Coralie Clement - L'ombre et la lumière



 L'ombre Et La Lumière

Un beau jour
Ou était-ce une nuit
On s'assoit sur un banc
On décide de refaire sa vie
Et sous le firmament
On oublie les règles et les acquis
Et tous nos différends
Sont différents

Un beau jour
Une fin d'après-midi
On vole aux quatre vents
Vers un ailleurs
Un atoll, un abri
Une rivière de diamants
On oublie les comptes et les débits
Les quoi, les où, les quand
Simplement, simplement

C'est l'ombre et la lumière
Ces petits riens qu'on aimait tant naguère
San Rémo, le printemps en fleurs
Au loin j'entends battre ton coeur

C'est l'ombre et la lumière
Les vacanciers qui partent aux sports d'hiver
Monaco, Venise ou Honfleur
Plus qu'un rêve, un leurre

Un beau jour
Ou était-ce une nuit
On s'assoit sur un banc
On reprend le cours de sa vie
On oublie simplement
Qu'on a vu un peu de paradis
Des mers, des éléments
Simplement, simplement

C'est l'ombre et la lumière
Ces petits riens qu'on aimait tant naguère
San Rémo, le printemps en fleurs
Au loin j'entends battre ton coeur

C'est l'ombre et la lumière
Les vacanciers qui partent aux sports d'hiver
Monaco, Venise où Honfleur
Plus qu'un rêve, un leurre

[ Ces sont L'ombre Et La Lumière Paroles sur http://www.parolesmania.com/ ] 

¤¤¤

Le jazz et le gin - Coralie Clément



Le Jazz et le Gin

(Benjamin Biolay) 

Je veux le jazz et le gin 
Que mon chagrin se débine 
Je veux le slow et le swing 
Le pong et le ping 
Je veux le fond, la forme 
et la frime 
Je veux le vertige 
des abîmes 
Et la plus grande limousine 
Les danseurs en string 
Je veux les snobs 
et je veux les has been 
Un Manhattan grenadine 
Je veux l'océan, la piscine 
Le yang et le yin 
Parce que c'est toi 
parce que c'est moi 
Je veux tout 
et n'importe quoi 
Le jazz est in, le gin est là 
Et le boeuf est sur le toit 
Je veux les rires et la peine 
La perle rare et la rengaine 
La palissandre et l'ébène 
Le joker et la reine 
Je veux du toc et 
je veux des diadèmes 
Etre la seule de ton harem 
La variation et le thème 
Le théorème 
Je veux là-bas 
et je veux ici-même 
Je veux le rien, le suprême 
Je veux l'opposé et l'idem 
L'autre et le même 
Parce que c'est toi 
parce que c'est moi 
Je veux tout 
et n'importe quoi 
Le jazz est in, le gin est là 
Et le boeuf est sur le toit


¤¤¤

Coralie Clément- Salle Des Pas Perdus



Salle des pas perdus

Mon nom ne vous dit rien
Vous devez ignorer
Que nous sommes voisins
Depuis le mois de mai
Mes cheveux sont châtains
Mon air est détaché
Vous sentez mon parfum
Tous les soirs sur le palier

Je vous ai aperçu
Salle des pas perdus
Un soir, était-ce à Saint-Lazare ?
Avec une inconnue
Coiffée d'un fichu jacquard.
Vous portiez sa guitare

Si j'ose néanmoins,
Vous écrire ce billet
C'est pour, tenez vous bien,
C'est pour vous déclarer
Ma flamme et mon chagrin
Mais aussi mes regrets
De ne vous avoir pas
Suivi sur le quai

Et de n'avoir pas su
Salle des pas perdus
Vous dire quel était mon désir
Je serai à la terrasse
Du café d'en face
Ce soir à dix heures moins le quart



¤¤¤
Nadine Estrella