Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 18 avril 2014

"Au chômage, l'Homme à la volonté de fer rouillait sur place". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE RÉGURGITE JAMAIS TA COLÈRE)

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(Le livre de l'Homme Invisible
n'eut pas le succès escompté)



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(Cette nouvelle tenue anti-pollution
obtint un franc succès)



A qui profite la pollution ?

   (...) Le vent a poussé les nuages, les alertes ont été levées. N’empêche, une nappe compacte et légèrement ocre recouvrait encore le ciel de la capitale, ce lundi matin. Paris comme de nombreuses villes de province ont connu ces dernières semaines des pics de pollution aux particules fines à répétition. Un smog qui fait les affaires de certains, et développe l’imagination d’autres. Revue de solutions techniques plus ou moins gadgets. Pas question néanmoins de perdre de vue la priorité : lutter contre cette pollution et ses sources. (...)

   « Suite à la médiatisation des masques anti-pollution, nous constatons une demande plus importante sur ce produit depuis quelques jours. Nous sommes actuellement en rupture de stock », explique le magasin Go Sport. Ce n’est pas le cas chez Protechnique, entreprise qui propose des protections individuelles (yeux + nez combinés) à destination des professionnels. Daniel Humbert, le dirigeant, « n’a pas constaté d’augmentation des ventes » même si, fait inhabituel, « une dizaine de particuliers » l’ont approché récemment pour l’interroger sur l’efficacité de ce type d’équipement quand on se déplace en ville et à vélo.

   Alain Azem, directeur commercial de Respur, société fabriquant des petits filtres respiratoires discrets qui se glissent dans les narines et captent polluants et allergènes via un filtre à charbon actif, rappelle qu’en cette période printanière « on vend toujours deux fois plus que pendant le reste de l’année ». Mais depuis un mois, les chiffres sont particulièrement bons et les ventes de boîtes de 15 filtres (vendues 9,50 euros) « plus importantes ». Alain Azem évalue à « 25% les ventes directement dues à la pollution ». Et son répondeur comme sa boîte mail sont chargés de messages de particuliers cherchant à en savoir davantage sur son produit. (...)

   (...) Midas a eu du flair : le spécialiste de l’entretien des voitures propose depuis l’automne dernier – et la sortie d’études sur la piètre qualité de l’air à l’intérieur des autos – un « pack dépollution habitacle » composé d’un filtre à charbon actif combiné à un système de purification de l’air calé sur le circuit de ventilation. « Dire si cela répond à une demande ou la devance est toujours délicat », explique-t-on chez Midas sans donner le nombre de ventes réalisées.

   Netatmo vend depuis 2012 des stations météo pour smartphones, tablettes et ordinateurs aux particuliers. Elles les informent sur la qualité de l’air intérieur et extérieur et « les aident à décider s’il est bon de faire son jogging ou de sortir ses enfants un jour donné », précise Virginie Golicheff, la responsable communication de l’entreprise. Depuis un mois environ « le trafic du site est en augmentation », précise-t-elle. Mais la forte progression des ventes depuis le début de l’année fait qu’il est difficile de mesurer l’impact des pics de pollution sur ces bons résultats. Ils ne peuvent en tout cas pas leur nuire. (...)

   (...) Au delà de ces solutions somme toute assez classiques, il existe des moyens bien plus étonnants de mesurer la pollution à laquelle on est exposé et de lutter contre elle. (...) Des chercheurs de l’université d’Oregon viennent de publier, dans la revue Environmental Science & Technology, une étude dans laquelle ils assurent que les bracelets en silicone absorbent les polluants et les substances chimiques contenues dans l’air que nous respirons.

   Un vélo purificateur d’air A Bangkok, en Thaïlande, un groupe de designers a développé un étonnant concept de vélo : le guidon filtre l’air ambiant chargé de CO2 et de poussières et le nettoie, permettant aux passants de respirer un air plus sain. La structure en aluminium du vélo est, quant à elle, capable de produire de l’oxygène via un système de photosynthèse, qui fonctionne même quand le vélo est immobile. A ce jour, ce vélo n’est qu’un prototype.

    (...) L’artiste néerlandais Daan Roosegaarde envisage de tester à Pékin, dans le courant de l’année prochaine, son aspirateur de pollution mis au point avec l’université de Delft (Pays-Bas). Le Smog project consiste à enterrer, sous les pelouses des parcs, des bobines de cuivre qui produiront un champ électromagnétique de faible tension capable d’attirer les particules de pollution. Il se formerait alors des colonnes d’air propre de 50 à 60 mètres de diamètre dans le smog qui, une fois attiré au sol, serait ramassé par une sorte d’aspirateur puis compressé, pour être transformé en... bague. (...)

   (...) On l’appelle le Catclo pour « catalytic » et « clothes » (habits). Il s’agit d’une poudre qu’on ajoute à la lessive et qui vient recouvrir les vêtements, qui deviennent ainsi capables de capturer les particules nocives d’oxyde d’azote présentes dans l’air. La pollution est ensuite éliminée au lavage. Né de la collaboration entre l’université de Sheffield et le London College of Fashion, CatClo est actuellement en test et ses concepteurs en discussion avec de grandes marques de lessive, pour une commercialisation dans les années à venir.


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"Hein? C'est... 
C'est tout ce que me laisse mon mari, 
milliardaire,  comme héritage?
- Oui, Madame, mais ce bonbon est au miel des Andes,
nuance..."


This fucked me up
(Source: sizvideos, via pinecurls)

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Luc Desle

mardi 11 mars 2014

"Ce cul-de-jatte entraînait une équipe de bras cassés". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(DANS LA COMPÉTITION DE LA VIE,
LA MORT GAGNE TOUJOURS)

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(Hélène européanisée se moquant de la statue d'Athéna,
avant qu'elle ne s'effondre sur elle)



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"Automate herculoïde pour trancher
la tête de l'hydre mafieuse)



En Italie, les terres fertiles 
souillées par la mafia

MATHILDE AUVILLAIN

   (...) Au pied de « l’Asse mediano » – axe routier Naples/Caserte dont le ciment et l’asphalte regorgeraient, selon l’association écologiste Legambiente, de déchets toxiques enfouis au moment de sa construction – la « Guardia Forestale » effectue une inspection. « Simple contrôle de routine », assure l’un des agents, tentant de chasser les curieux. Des douilles de cartouches de carabine recouvrent le sol. Deux ouvriers d’origine étrangère poursuivent impassiblement leur tâche, élaguant patiemment des plants de fraisiers.

   A moins de 100 mètres de là, un monticule recouvert de végétation barre l’horizon. « Voilà l’une des décharges où les ordures ménagères de Naples ont été entassées, au plus fort de la crise en 2008 », explique Vincenzo Tosti, médiateur social à la retraite qui dénonce énergiquement les déversements clandestins de déchets sur les parcelles agricoles de l’arrière-pays napolitain.« Regardez, là ça s’est effondré, on voit bien les sacs plastiques, les boîtes, les emballages. C’est dégoûtant. » Sur le flanc de cette colline artificielle, il montre du doigt des monticules d’amiante, des tas de bidons de produits chimiques et des chutes de cuir et tissus synthétiques à moitié carbonisés. « Ils viennent déverser ces déchets ici, ensuite ils incendient un pneu pour faire tout disparaître et il se dégage une épaisse fumée noire. » (...) 

   (...) Entre janvier 2012 et août 2013, les pompiers de la région ont recensé 6 034 incendies clandestins dans 49 communes alentour. « Les incendies sont en général déclenchés le soir, entre 18h et minuit », indique un rapport de Legambiente. Une pratique désormais reconnue comme criminelle, qui a donné son nom à la région : « Terra dei Fuochi », Terre des Feux.

   L’arrière-pays de Naples était depuis l’époque romaine appelé « Campania Felix », allusion à la fertilité des terres d’origine volcanique. Pendant des centaines d’années, les paysans y ont fait fortune grâce à la culture des tomates, brocolis, courgettes, chicorées, choux-fleurs, des fèves et des poivrons, oranges, mandarines, pommes et poires exportés dans toute l’Europe, voire dans le monde entier, souvent sur les tables des plus grands. Jusqu’aux années 1990, les bufflonnes aux imposantes cornes pouvaient pâturer paisiblement dans des prairies luxuriantes et produire un lait de qualité conférant ce goût unique aux mozzarellas, très prisées par la France qui en importe des milliers de tonnes chaque année.(...)

   (...) C’était jusqu’au jour où la mafia a mis la main sur le business des déchets. Les hommes des clans sanguinaires de la mafia napolitaine ont empoché des centaines de millions d’euros pour enfouir des millions de tonnes d’ordures de toutes sortes dans les puits, les grottes, les gouffres, sur les terrains en jachère et dans les carrières désaffectées, contaminant irrémédiablement la terre et les nappes phréatiques.

   En 2008, le scandale de la dioxine dans les mozzarellas di bufala (de bufflonne), déjà lié aux déversements sauvages de déchets toxiques par la mafia, avait ébranlé toute l’Europe. Suite à la promesse du ministère italien de la Santé de redoubler les contrôles sur les produits, la Commission européenne avait aidé à calmer le vent de panique qui avait balayé les marchés.

   Aujourd’hui, si elle n’a pas encore dépassé les frontières italiennes, la psychose guette de nouveau. Alertée par les mises sous séquestre récentes et répétées de centaines d’hectares d’exploitation agricole – dont un champ à Caivano où poussaient des choux-fleurs jaunes fluos –, la population locale a cessé d’acheter fruits et légumes sur les marchés. Elle se montre également effrayée par l’augmentation du taux de mortalité par cancer en Campanie de 40% chez les femmes et de 47% chez les hommes au cours des vingt dernières années. « Je préfère aller au supermarché. Même si les produits sont importés, au moins je suis sûr qu’ils ont été contrôlés », explique Mario, un père de famille napolitain. (...) 

   (...) Par mesure de précaution, ils se voient interdire d’utiliser l’eau de certains puits pour l’irrigation de leurs champs et doivent les abandonner à la jachère. « Les fruits et légumes cultivés ici sont exportés dans toute l’Europe. S’ils étaient contaminés, on constaterait une augmentation des maladies ailleurs, pas ici », insiste l’agronome Crispino Pasquale. « Nous ne sommes pas des criminels, si les analyses prouvent que nos produits sont contaminés, nous sommes prêts à tout détruire devant les caméras. » (...)

   « Cette situation fait soudainement la une des journaux parce que les citoyens se sont réveillés, avant ils ne savaient rien. C’était les institutions qui savaient, les premières enquêtes remontent au début des années 1990. La population s’est réveillée quand elle a commencé à mourir ! », raconte de son côté Vincenzo Tosti. Le 16 novembre, entre 60 000 et 100 000 personnes ont défilé dans les rues de Naples pour protester contre « l’écocide » en Campanie et pour demander des réponses au gouvernement. La mobilisation, d’une ampleur inédite, a été reléguée à la fin des journaux télévisés et les responsables politiques se sont bien gardés de la commenter sur le moment. 

   Mais trois semaines plus tard, le gouvernement d’Enrico Letta adoptait un décret-loi introduisant un délit d’incendie de déchets passible de peines de prison, prévoyant dans les 150 jours un recensement des terres aptes à la culture de fruits et légumes et donnant un coup d’accélérateur aux opérations de décontamination des zones polluées, grâce à un nouveau budget de 600 millions d’euros. Le décret prévoit aussi la possibilité d’envoyer l’armée dans les champs, là où cela sera jugé nécessaire par le préfet.

   Après vingt ans d’omerta d’immobilisme coupable, quelque chose commence à bouger. Grâce à un premier travail de surveillance et de cartographie des parcelles concernées par la pollution effectuée par une cellule spéciale mise en place par les préfectures locales, l’organisation écologiste Legambiente remarque une diminution de la fréquence des incendies criminels ces derniers mois. Sur place, la réponse du gouvernement national est accueillie avec soulagement mais non sans prudence. Les habitants restent très perplexes quant aux fonds débloqués pour la décontamination. « Ceux qui ont pollué et gagné des millions pour enfouir des déchets vont tout d’un coup retourner leur veste et se présenter pour tout nettoyer », prévient Vincenzo Tosti « Il faut être très attentifs. Et nous serons très attentifs ! »

   Mis à jour le 7 mars 2014 : Un réseau mafieux d’enfouissement de déchets a été démantelé en région parisienne ce jeudi 6 mars. Sévissant dans toute la région parisienne, la société véreuse RTR Environnement proposait aux entreprises de recycler les déchets à prix cassé. En fait de recyclage, elle se contentait d’enterrer les déchets parfois dangereux. Plusieurs hectares situées en zone inondable et proches d’un cours d’eau ont notamment été polluées à Villeparisis, en Seine-et-Marne. Selon la police, citée par l’agence AFP, l’entreprise s’inspirait là « des méthodes de la mafia italienne ». Des méthodes que nous vous décrivions dans cette enquête publiée en décembre dernier.


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"Je voulais entrer...
-  Mais tu ne sortiras pas!
- Heu..."


celiabasto:
100% ART


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Benoît Barvin

lundi 10 février 2014

"Il était aussi délicat qu'on peut l'être quand on est un tueur en série sans éducation". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE JUSTE N'EST PAS 
FORCEMENT LE BEAU)

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(Dans cette usine de jambons on mettait des
lunettes aux cochons pour qu'ils ne se doutent de rien)


weirdvintage


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L'empreinte environnementale 
de la viande s'alourdit

Magali Reinert 

   (...) Dans l'Atlas de la viande, la Fondation Heinrich Böll et les Amis de la terre brossent un paysage inquiétant de l'extension de l'élevage industriel. Son empreinte environnementale est plus que préoccupante alors que les pays émergents rejoignent aujourd'hui les niveaux de production occidentaux.

   Publié conjointement par la Fondation Heinrich Böll et les Amis de la terre en janvier 2014, l’Atlas de la viande dresse un constat accablant des conséquences de l’industrialisation de la production mondiale de viande sur l’environnement. Exemples choisis. (...)

   (...) Une dizaine de multinationales de la viande domine aujourd’hui le marché international. En tête, JBS, une entreprise brésilienne, qui abat chaque jour 12 millions de volailles, 85 000 bovins et presque autant de porcs, qu’elle distribue ensuite dans 150 pays. Cette concentration s’applique aussi à la sélection génétique. Quatre compagnies se partagent 97 % de la recherche sur le poulet et 75 % de la recherche sur les bovins et le porc. Conséquence : la diversité génétique se réduit drastiquement, reléguant aux oubliettes la majorité des 8 000 espèces domestiquées actuellement recensées. 

   Par exemple, la race de vache Holstein couvre 83 % du marché mondial du lait. Quant aux porcs, trois races se partagent les trois quarts du marché. Comme pour les cultures, cette réduction de la biodiversité inquiète les experts, alors qu’elle réduit d’autant les capacités d’adaptation de l’élevage au changement climatique.(...) 

   (...) Concernant le climat justement, l’élevage est très émetteur de gaz à effet de serre. Au-delà des rejets connus de méthane liés à la digestion des ruminants, l’Atlas de la viande comptabilise aussi les émissions de dioxyde de carbone et de protoxyde d’azote. Ce dernier, lié aux excédents d’azote, est un GES particulièrement nuisible, 300 fois plus que le CO2. L’ensemble des activités liées à l’élevage, y compris les cultures destinées à l’alimentation des animaux, contribuerait ainsi à 32 % des émissions de GES. (...)

   (...) 40 % des céréales mondiales sont aujourd’hui dédiées à l’élevage, soit 800 millions de tonnes, auxquelles il faut ajouter 250 millions de tonnes de soja. Ces cultures représentent un tiers des surfaces cultivées. Selon l’Atlas de la viande, cette proportion s’élèverait même aux trois quarts de la surface agricole en tenant compte de l’ensemble des coproduits des cultures destinés à l’élevage comme la paille, les tourteaux de soja… (voir La trop forte "empreinte terres" des Européens). 

   Dans les nouveaux pays grands producteurs de viande et de soja, l’élevage est aussi une des premières causes de la déforestation. En Amazonie, 62% des terres sont déforestées directement par les éleveurs. Cet impact devrait s’aggraver, alors que les élevages les plus industrialisés (porcs et volailles) enregistrent les plus fortes croissances. La production de poulet devrait croître de 25 % entre 2010 et 2020. Cette évolution conduit à une marginalisation des pâturages dans l’alimentation animale au profit des cultures. (...)

   (...) L’élevage est également très gourmand en eau : il mobilise 20 % des ressources mondiales disponibles. Et pour cause : produire un kilo de bœuf nécessite environ 15 500 litres d’eau, soit cent fois plus que pour un kilo de carotte. Si l’Atlas invite à modérer sa consommation de viande, il rappelle aussi que tous les modes d’élevages ne se valent pas. Et qu’un animal élevé à l’herbe consommera moins d’eau que celui engraissé à l’intérieur d’un bâtiment. Si la croissance de la production se maintient, prévient le rapport, la consommation d’eau pourrait encore doubler d’ici 2050. Quant à la pollution de l’eau, les dégâts du lisier en Bretagne donnent une image inquiétante de ce qui attend la Chine. Ce géant, qui produit plus de porcs que l’Europe, les États-Unis et le Brésil réunis, aura industrialisé la moitié de sa production porcine d’ici quelques années. (...) 

   (...) Autre source d’inquiétude, la contribution de l’élevage au développement de l’antibiorésistance. L’élevage consomme en effet plus d’antibiotiques que l’humanité. Cette situation est une conséquence directe des conditions intensives d’élevage, plus exposées aux épidémies. Les antibiotiques sont aussi largement utilisés pour accélérer la croissance des animaux. A titre d’exemple, un porc qui reçoit des antibiotiques a besoin de 10 à 15% d’aliments en moins pour atteindre le même poids qu’un animal non dopé. Si l’Union européenne a interdit l’usage des antibiotiques comme facteur de croissance, leur consommation n’y a toujours pas baissé. 

   Ailleurs, elle continue d’augmenter. A elle seule, la Chine administre à ces élevages 100 000 tonnes d’antibiotiques chaque année. Cette surconsommation de médicaments contribue également à la pollution de l’environnement par des molécules chimiques (voir L’eau potable est-elle polluée par les médicaments ?).

© 2014 Novethic - Tous droits réservés


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(Cette maîtresse, inconsciente, buvait
devant son chien qui avait fait voeu d'abstinence alcoolique)



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Luc Desle

samedi 14 décembre 2013

"Il prétendait dominer son ego avec un simple fouet". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(SI TU N'ATTENDS PAS LE TEMPS
IL NE VIENDRA PAS)

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(Cette chaîne reproductrice de filles blondes
- et apparentées - manquait d'un brin d'originalité)




Models sunbathe on the beach at Cypress Gardens theme park, Florida,1953 (via)

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"J'espère qu'en me cachant dans le sous-sol français,
je ne serai pas empoisonnée et détruite..."



Pollué, labouré, oublié :
 le sol français est en train de disparaître


   (...) Sous les pavés et le bitume, la terre est bien mal en point. Dans de nombreux champs, c’est encore pire. Les sols de France sont en danger, et on commence à peine à s’en rendre compte. « On a longtemps considéré les sols comme un simple support de l’agriculture, et on pensait qu’on savait très bien les gérer. Les scientifiques ont commencé à réaliser dans les années 1990 que ce n’était pas le cas, mais il a fallu attendre 2012 pour qu’il y ait une prise de conscience internationale du phénomène » , alerte Dominique Arrouays, président de l’Association française pour l’étude des sols (Afes) et organisateur d’un colloque dans le cadre de la journée mondiale des sols, la semaine passée, le 5 décembre.

   Difficile à concevoir, mais le sol qui nous entoure est bien une ressource très limitée. La couche de 30 cm de terre qui recouvre une bonne partie des terres non immergées (et non bétonnées) de la planète est le subtil résultat de la très lente dégradation des roches. On trouve plus d’organismes vivants dans une poignée de ce mélange richissime que d’êtres humains sur la surface de la planète. De ces terres dépend la quasi-totalité de notre alimentation bien sûr, mais aussi notre climat. En effet, les sols du monde contiennent sur à peine 30 cm de hauteur autant de CO2 que toute l’atmosphère terrestre (environ 800 milliards de tonnes). (...)

   (...) Et pourtant nous dégradons ce patrimoine à grande vitesse. Une partie des sols s’érode et finit sa course dans les rivières et les océans. La faute principalement à l’agriculture intensive qui laboure et laisse les sols nus et donc sans défense une bonne partie de l’année. Et qui a détruit les haies et prairies qui limitaient le ruissellement des eaux. La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que cette seule érosion frappe 24 milliards de tonnes de sols par an, soit 3,4 tonnes par être humain. Énorme. En France, la situation est inquiétante notamment en région parisienne mais aussi dans une partie de la Bretagne et de la Picardie 

(voir carte ci-dessous réalisée dans le cadre du projet GISSOL).


   « Dans ces régions, on peut voir l’érosion à l’œil nu avec les ravines, les rigoles ou les rivières qui sont marrons, pleines de boues », indique Dominique Arrouays. L’autre grand danger pour le sol, c’est le béton. D’après le ministère du Développement durable (aujourd’hui remplacé par le Service de l’observation et des statistiques), 600 km2 de terres sont artificialisées chaque année en France, soit l’équivalent d’un département tous les dix ans. « Le sol n’est alors plus exploitable à jamais. Et il ne joue plus son rôle de filtration des eaux de pluie », note le spécialiste. On s’en rend compte souvent trop tard, lors d’événements violents, comme les inondations. Et la liste des mauvais traitements infligés aux sols ne s’arrête pas là : ils sont aussi tassés, pollués, contaminés, acidifiés et perdent en biodiversité. (...)

   (...) Le problème, c’est que l’on dégrade ces sols beaucoup plus vite que la nature n’en crée. A-t-on atteint le « pic sol », comme on a atteint le pic du pétrole ou le pic de certains métaux? « A mon avis on l’a déjà dépassé oui. Il y a des régions en France où l’on perd entre 20 tonnes de sol par hectare et par an, alors qu’il s’en forme entre 100 kilos et une tonne par hectare et par an », s’alarme le président de l’Afes qui estime qu’au moins 20% des sols français sont en situation de déficit. Soit autant de territoires qui pourraient se retrouver sur le caillou à l’échelle de quelques dizaines d’années. A tel point que, selon l’expression du spécialiste des sols Claude Bourguignon« nous manquerons de blé avant de manquer de pétrole ». La course au sol est déjà lancée, notamment en Afrique où l’accaparement des terres se fait au détriment des populations locales

   Peut-on faire machine arrière ? De nombreuses solutions sont connues. D’abord, reconquérir les milliers d’hectares de friches industrielles plutôt que de bétonner des sols « vivants ». Ensuite, changer les pratiques agricoles, en labourant moins, voire plus du tout, en cultivant des plantes « pièges à nitrates » entre deux cultures, en retrouvant les bienfaits de la prairie. Cela passe aussi par nos jardins où ne pousse trop souvent qu’une pelouse bien tondue et où les pesticides sont répandus sans façon. Chacun peut aussi contribuer à nourrir la terre de ses déchets organiques en adoptant des lombrics. Pas d’excuses, de nombreux citadins montrent que c’est possible même sans jardin, voire même au pied des immeubles. (...)

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"Psssittt... Madame....
 Heu, vous avez... Heu...
- Oui?
- Quelque chose qui dépasse.
- Et alors?
- Alors certains réseaux sociaux n'apprécient pas..."


Francesco Hayez - La Meditazione (1850)

(La réponse de la dame fut étonnamment grossière)

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Luc Desle

mardi 12 novembre 2013

"Ce collectionneur de grosses coupures finit exsangue". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ÉTOILE TON CIEL INTÉRIEUR)


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Nouveau court récit au long cours (11)


LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD

   Et Daniel continue à décortiquer les changements qui sont intervenus dans ce Club alors que, pendant ce temps, on l'observe, via un système sophistiqué de caméras... 




CHAPITRE 3

   Thibault, alias Ptiboss, vient d’arrêter le ronron du système d’insonorisation et maintenant ce sont les cigales qui scient le silence. De sa villa de fonction, il voit la mer qui scintille, sillonnée par les premiers skieurs. Il voit aussi la terrasse de la discothèque où s’agitent les derniers balayeurs, et sur le chemin, ce couple aperçu la veille. Un couple bizarre, oui. La fille, la trentaine, et lui, au moins septuagénaire ! Une allure à la Cousteau, se débrouillant drôlement bien en ski nautique. Il l’a aperçu au ponton et on voit bien qu’il a été entraîné le mec. C’est louche qu’il rôde par ici. Il y a d’autres Clubs pour ce type de clients…
 
   Ca le turlupine, le Ptiboss. Il se dit qu’il a peut-être à faire à un indic’. En général, la direction les choisit plus jeunes, se fondant dans la masse. C’est certainement une nouvelle tactique, roublarde, mais qui se veut efficace. Mais on ne l’aura pas. Il va faire son enquête. Il y a aussi ce stagiaire qu’on lui a imposé et qui ne lui dit rien qui vaille. Un étudiant en doctorat, affecté aux sports terrestres, même pas capable de faire dix pompes d’affilé, qui ne boit pas, ne fume pas et ne met pas les pieds au night, et qui risque d’emmerder les G.M. avec des questions à la con ! Pas du tout le genre de la maison.

   Bon, c’est pas tout ça. Comment s’est passé la nuit ?

   Ptiboss consulte l’écran de surveillance en baillant. On relève que dix personnes sont sorties du camp entre 23h15 et 0h40, que deux personnes sont restées sur le ponton de voile toute la nuit et qu’il a fallu raccompagner cent treize Gravepartistes à leur cases.

   Le marquage magnétique résistant aux douches, bains de mer et autres frottaisons, a été une sacrée invention. Depuis, on peut suivre à la trace tous les vacanciers du Club, sans qu’ils puissent trouver de parade. Pour cela, les bracelets n’étaient pas fiables. Trop facilement enlevables ou détériorables.

   Sur l’écran apparaît la liste des noctambules ayant participé à la soirée Grave, de ceux qui sont restés dans leur case, pas plus de trente. Un très bon score. Tant mieux que ça remonte un peu, car à Paris, ils lui mettent la pression. Et que ça ne consomme pas assez au bar, et qu’il faut insister sur l’animation sonore, encore et encore !

   Les deux guignols sur le ponton, c’était les numéros 43 et 47, respectivement, Rachel Leroy et Daniel Doucet. Il suffit de cliquer sur « entrée » et ça donne le numéro de case et l’état civil complet. Vue la date de naissance qui s’affiche pour le mec, il pourrait bien s’agir, justement, de ce vieux qui l’intrigue. Tout de même, c’est une erreur grave de la part de l’agence que d’avoir inscrit ce vétéran dans ce Village. Il faudra rajouter ça sur la brochure : Club interdit au moins de dix-huit ans et aux plus de trente.

   Ptiboss est content de lui. Il n’aura pas à se déranger pour faire son enquête auprès de ces zigotos. Rien qu’en consultant son écran, il peut en apprendre pas mal sur eux.

   La nana vient de Montpellier, célibataire, en formation. Le type vient de Nîmes, départ Marseille, veuf, cadre supérieur retraité.

   Il faut creuser un peu plus dans d’autres fichiers, et de bon matin, ça lui prend la tête, au chef.

   Rubrique fréquentation du Club : premier séjour pour la miss, douzième pour monsieur ! En fait, ce n’est peut-être qu’un habitué qui a décidé de venir se payer une jeunette à Corfou. En tout cas, il doit trouver qu’il y a eu du changement depuis son premier séjour qui remonte en mai 65. Fichtre ! Il a dû connaître toute la bande à Jean-Pierre Batard... Celui qui, paraît-il, avait instauré les Crazy Signs, les fameux gestes démentiels qui sont devenus aujourd’hui les Mad Mouvements, copyright oblige. Et puis, il faut innover, reformuler. On ne va pas rester confiner à ce soit-disant bon vieux temps ! Une autre époque que Ptiboss n’a pas connue mais dont les nostalgiques n’ont pas pu s’empêcher de lui parler, tant et si bien qu’il les a fait virer, à commencer par l’ancien chef des sports, le chef de la maintenance et pour finir le staff des spectacles. Tous avaient des vues archaïques à vous faire chuter le chiffre d’affaires en moins de deux.

   En observant bien les dates de séjour de monsieur Doucet, Ptiboss remarque qu’il est toujours venu en mai ou en juin, et une fois en septembre. Apparemment, ce n’était pas par économie mais pour profiter de ce qui était alors considéré comme la saison creuse. Du coup, tu pouvais faire dix tours de ski dans la matinée et idem l’aprèm’. Les moniteurs étaient en surnombre. Les G.M. avaient tout à gogo ! Or maintenant, il n’y a plus à proprement parlé de périodes creuses. Les prix d’appel et l’étalement généralisé des vacances font que le Village est plein tout le temps. ( Il est même prévu d’ouvrir toute l’année, mais cela personne ne le sait encore. Ce sera la surprise de la brochure d’hiver. 

   Si la formule Grave-Party continue de faire un tabac, bien sûr.). Comme il s’est mis à y avoir foule sur les pontons, et que cela tournait vite à la bagarre parce qu’untel passait devant tel autre, ou en avait eu plus qu’un autre, on a restreint encore plus les prestations sportives. Belle économie ! Et parallèlement, on a investi dans les animations terrestres, avec des Mad-afternoon, Crazy-night, bain géant de mousse et autres joyeusetés psychédéliques remises au goût du jour pour ne pas faire ringard. Et ça marche! Et le bar réalise des records de vente !

   En plus, les nouveaux G.M. deviennent vraiment des gentils membres dans tous les sens du terme. Ils sont tellement crevés, anéantis, qu’ils ne songent même plus à s’envoyer en l’air. Exit les pugilats et les histoires de cul. Contrairement à ceux qui pensaient que le marché du sexe allait s’imposer, le Club Mod’M, lui, a misé sur la défonce. Bourguignon, l’ancien PDG du Club Med, s’y était essayé avec son village Oyyo, mais il avait lésiné sur la qualité. Les gens s’attendaient à mieux, ils voulaient une orgie de techno et de rap, jour et nuit confondus, tout ça dans une ambiance luxueuse et sécurisante. Corfou, au nom évocateur, a été choisi, pour relancer le concept. 

   De gros investissements ont permis au site de demeurer ce qu’il était, sans attirer les foudres des autorités locales, tout en y gagnant en confort. Le pari semble gagner. Et Ptiboss se dit qu’il est là au bon moment, que c’est excellent pour sa promotion, lui qui aspire à partir aux Bahamas, donner un coup de fouet aux Villages-Hôtels qui battent de l’aile depuis la récession touristique de 2001 et deux cyclones dévastateurs. Il espère bien en faire des lieux de totale éclate et devenir responsable de ces nouveaux Villages, qui seront appelés « Club Mad ». 

   Une appellation qu’il a fallu payer bonbon à un jeune publiciste qui s’était amusé à faire enregistrer auprès de l’INPI, l’Institut National de la Propriété Industriel, tous les jeux de mots tournant autour de l’ancienne marque.

(A Suivre)

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(Le Bourreau avait l'habitude de
s'entraîner tous les matins)



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(Rapport sur la pollution mondiale,
 brûlant écologiquement dans une rue de New-York)


On nous pollue

Patrick Schindler

   (...) On a beau le dire, le répéter jusqu’à indigestion, les profiteurs et affameurs de la planète s’en tapent le coquillard des alertes ! Pourtant, selon le rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE), la pollution atmosphérique demeure à des niveaux jugés dangereux dans de nombreuses régions de l’Union européenne (UE) et est responsable de décès précoces, de troubles de la santé et de dégâts sur l’écosystème. En entrée en matière, si le rapport salue la baisse des rejets de polluants atmosphériques au cours des dernières décennies, il souligne en revanche que « le problème de la pollution de l’air est loin d’être résolu en Europe. Vingt-deux pays de l’UE, dont la France, l’Italie et la Pologne, affichent des niveaux d’émission quotidienne de particules fines supérieurs au plafond prévu par l’Union en 2011 ». 

   On est donc en droit de se demander ce à quoi peuvent bien servir les institutions de contrôle… En effet, selon l’AEE, « les seuils plus bas mais non contraignants fixés par l’OMS ne sont quasiment jamais respectés, selon les relevés effectués par les antennes locales de contrôle ». Pour résoudre le problème (et ce n’est pas un gag), Janez Potocnik, commissaire européen à l’Environnement, estime que « l’UE peut se fixer d’une manière réaliste l’objectif de parvenir aux seuils préconisés par l’OMS au plus tard en 2050 ». Si, d’ici-là, nous ne sommes pas tous crevés ! Continuons avec le même optimisme en plein naufrage : toujours selon le rapport, « la réglementation plus restrictive appliquée depuis dix ans a permis une réduction de 50 % des émissions de dioxyde de soufre responsables des pluies acides et d’un tiers des émissions de monoxyde de carbone ». 

   Mais, car il y a un mais, « en revanche, les niveaux d’émission de particules fines et d’ozone n’ont que peu baissé [admirons au passage la nuance contenue dans le terme “peu”], laissant en suspens la question des conséquences sanitaires de cette pollution ». Rien que ça ! Et Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l’AEE, de gentiment nous prévenir : « La pollution de l’air est nocive pour la santé des hommes et pour les écosystèmes. Selon les normes actuelles, une grande partie de la population ne vit pas dans un environnement sain. » C’est gentil de nous prévenir ! En effet, « près d’un tiers des Européens sont exposés à des niveaux dangereux d’émission de particules fines très présentes dans les zones urbaines et particulièrement nocives car elles passent directement des poumons dans le système sanguin », poursuit le rapport. 

   Diantre ! Ce dernier constate encore que « les chances de voir appliquer à l’avenir une réglementation plus contraignante sont minces, car de nombreux gouvernements européens peinent déjà à faire respecter les seuils d’émission mis en place en 2010 ». Alors, à l’horizon 2050 ! Tu m’Eltonne John… Mais ce n’est pas tout : comble du mauvais goût, l’AEE conclut le rapport toute fière que, cependant, « les émissions de microparticules demeurent à un niveau relativement bas en Europe, en comparaison de ceux enregistrés dans les zones urbaines en Asie, au Proche-Orient ou en Afrique »… Quelle chance on a, alors, de vivre dans des pays riches relativement épargnés et de pouvoir envoyer nos technologies polluer ailleurs, chez les plus pauvres. Une logique capitaliste et colonialiste bien ficelée !


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"Mais non, t'es pas ridicule avec
ton pyjama fashion! Crois-moi,
Marcel... T'es vraiment pas ridicule..."


Drone Captain by Xeno

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Benoît Barvin

vendredi 1 novembre 2013

"Il était gai comme un ticket de bus non poinçonné". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TA PENSÉE DE SAGESSE
NE T'APPARTIENT PAS)

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(Travailleuse du dimanche
 dormant ensuite toute la semaine)


(suyhncから)

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(Renifleuse d'air pollué en pleine action.)
Image d'archives


Comment la pollution 
se prend un vent
OLIVIER VAN BOCKSTAEL

   (...) Un arbre autour du bras

   « Il suffirait que des millions de citadins le portent pour que la planète se transforme en une forêt géante. » Le jeune Russe Alexandr Kostin a créé un bracelet qui permet de se balader dans une rue polluée sans se ruiner les poumons. Equipé d’un filtre à charbon, le Hand Tree aspire l’air ambiant et le purifie instantanément. Ça paraît simpliste, mais on a envie d’y croire !

   Ce fruit est-il si trognon ?

   Attablé(e), vous croquez franchement dans votre pomme. Mais au fait, que contient-elle ? Avec Lapka, vous aurez désormais la réponse. Il suffit d’enfoncer cette petite sonde métallique dans votre fruit pour mesurer son taux de nitrates et savoir s’il a été contaminé par des engrais. L’appli vous informe alors des taux acceptables pour la santé.

   Masque de pureté

   Avec AirWaves, votre style va en prendre un coup, mais c’est pour la bonne cause. Ce masque antipollution, développé par le studio Frog Design, à Shanghai, ne se contente pas de purifier l’air vicié. Grâce à un détecteur de particules, il stocke des données sur la qualité de l’air à un moment et à un endroit précis, avant de les partager sur les réseaux. Toutes ces infos sont alors agrégées et visualisables en temps réel sur une carte.

   Bijou de plein air

   De quelle couleur est votre bracelet ? Vert ? Pas de souci, vous prenez un grand bol d’air frais. Rouge ? Attention, vous risquez la noyade dans les gaz d’échappement ! Aerio, bijou créé par le designer français Nikolas Ethore, vous permet de connaître en temps réel le niveau de pollution de l’air qui vous entoure. Beaucoup plus ludique que des courbes et des amas de chiffres, non ?


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(Jeune bourgeoise cherchant à échapper
à la pollution du sol)


Vivre dans la pollution,
 un problème de pauvres ?
THIBAUT SCHEPMAN

   (...) Interview - Les quartiers défavorisés sont-ils les plus pollués ? Une étude de l'Ecole des hautes études en santé publique fait le point, quartier par quartier, à Lille, Lyon, Marseille et Paris.

   Les Français les plus pauvres ont plus de problèmes de santé et une espérance de vie moins élevée que le reste de la population. C’est un fait avéré. Est-ce – en partie – parce que ces personnes défavorisées vivent plus souvent dans des zones polluées ? C’est pour vérifier cette intuition qu’une équipe de chercheurs de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) a lancé depuis 2009 le projet de recherche Equit’Area.

   Ce travail de fourmi consiste à comparer, territoire par territoire, les inégalités sociales (à travers un « indice de défaveur » regroupant 52 variables socio-économiques) et l’exposition aux pollutions environnementales (à travers la concentration de NO2, le dioxyde d’azote, dans l’air). Le projet est loin d’être achevé, mais de premiers résultats ont été publiés, sous la forme de cartes, pour les villes de Lille, Lyon, Marseille et Paris. Denis Zmirou, professeur de santé publique, directeur du département « Santé-environnement-travail et génie sanitaire » de l’EHESP et co-auteur de l’étude, décrypte ces premiers résultats pour Terra eco.

   / Terra eco : Les zones polluées que vous avez étudiées sont-elles plus fréquemment habitées par des personnes défavorisées ?

   - Denis Zmirou : On ne peut pas faire de généralités, et dire que les pauvres habitent là où il y a de la pollution. Chaque agglomération, chaque quartier a sa propre histoire qui est le fruit de plusieurs générations. On peut par contre faire une distinction entre d’une part Lyon, Lille et Marseille, où l’on constate que les quartiers les plus pollués sont souvent aussi les quartiers où la population est la plus défavorisée, et la ville de Paris où ce n’est pas le cas. La pollution atmosphérique est environ 20% plus élevée dans les quartiers les plus défavorisés des trois villes que j’ai citées. A Paris, on constate que l’ensemble des quartiers sont exposés à une pollution atmosphérique élevée, sans distinction.

   / Comment expliquer cette différence entre Paris et les autres communes étudiées ?

   - Le polluant que nous avons mesuré est le dioxyde d’azote (NO2). Il est émis par le chauffage, les sites industriels et par le trafic automobile (la faute notamment aux véhicules diesel, ndlr). Tout d’abord, il n’y a aucune industrie lourde à Paris alors que l’on en trouve à Lyon, Marseille ou Lille. Surtout, à Lyon comme à Lille, les quartiers favorisés sont composés de petites ruelles et de peu d’axes routiers. Ce n’est pas le cas à Paris, où les quartiers favorisés sont traversés de grands boulevards haussmanniens. Des quartiers très favorisés comme le XVIe et le VIIIe sont ainsi exposés à la pollution atmosphérique.

   / C’est donc le fait de vivre près de grands axes routiers qui est le principal facteur de danger ?

   - La source principale de pollution atmosphérique est le trafic automobile, oui. Les populations les plus exposées sont donc le plus souvent celles qui vivent à proximité des axes routiers. Ce facteur est un héritage de l’histoire, mais il a aussi beaucoup évolué ces quarante dernières années. Il faut remonter aux années 1980, au moment du développement de modèles urbains complètement asservis à la voiture. Les villes se sont transformées, avec notamment la construction de périphériques et de transversales urbaines le plus souvent là où habitaient les populations les plus pauvres. C’est notamment le cas du périphérique parisien ou de l’axe entre Lille, Roubaix et Tourcoing. On a aussi construit des logements sociaux près de ces grands axes.

   / Il faudrait donc repenser l’organisation de nos villes pour que les habitants, et en particulier les plus défavorisés, vivent moins à proximité des axes routiers ?

   - L’enseignement principal, c’est que là où il y a de grands axes routiers, il ne faut pas qu’il y ait de fortes concentrations de populations et vice-versa. Il ne faut plus que l’on vive près de grands axes routiers. Et on ne devrait plus trouver de collèges, hôpitaux ou maisons de retraites à proximité. (...)

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Luc Desle