Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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dimanche 17 août 2014

"Maître de ballet, le Chat Botté choisissait lui-même ses jolies petites souris danseuses". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TA VIE T'APPARTIENT,
PAS CELLE DU MAÎTRE)

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"Alors, Petit Ourson, tu apprends
à nager?
- Blub...Blub...Blub..."


(Source: senpais, via johnmyersart)

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(L'humour de la Mort était d'une grande gaminerie)



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(Le roi de la bouche démesurément ouverte
ne la ferma plus jamais)



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(La fille qui essayait les matelas en faisait
toujours un peu trop)


(Source: weheartit.com, via t-s-k-b)

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Jacques Damboise (et Nadine Estrella)

lundi 10 février 2014

"Il était aussi délicat qu'on peut l'être quand on est un tueur en série sans éducation". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE JUSTE N'EST PAS 
FORCEMENT LE BEAU)

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(Dans cette usine de jambons on mettait des
lunettes aux cochons pour qu'ils ne se doutent de rien)


weirdvintage


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L'empreinte environnementale 
de la viande s'alourdit

Magali Reinert 

   (...) Dans l'Atlas de la viande, la Fondation Heinrich Böll et les Amis de la terre brossent un paysage inquiétant de l'extension de l'élevage industriel. Son empreinte environnementale est plus que préoccupante alors que les pays émergents rejoignent aujourd'hui les niveaux de production occidentaux.

   Publié conjointement par la Fondation Heinrich Böll et les Amis de la terre en janvier 2014, l’Atlas de la viande dresse un constat accablant des conséquences de l’industrialisation de la production mondiale de viande sur l’environnement. Exemples choisis. (...)

   (...) Une dizaine de multinationales de la viande domine aujourd’hui le marché international. En tête, JBS, une entreprise brésilienne, qui abat chaque jour 12 millions de volailles, 85 000 bovins et presque autant de porcs, qu’elle distribue ensuite dans 150 pays. Cette concentration s’applique aussi à la sélection génétique. Quatre compagnies se partagent 97 % de la recherche sur le poulet et 75 % de la recherche sur les bovins et le porc. Conséquence : la diversité génétique se réduit drastiquement, reléguant aux oubliettes la majorité des 8 000 espèces domestiquées actuellement recensées. 

   Par exemple, la race de vache Holstein couvre 83 % du marché mondial du lait. Quant aux porcs, trois races se partagent les trois quarts du marché. Comme pour les cultures, cette réduction de la biodiversité inquiète les experts, alors qu’elle réduit d’autant les capacités d’adaptation de l’élevage au changement climatique.(...) 

   (...) Concernant le climat justement, l’élevage est très émetteur de gaz à effet de serre. Au-delà des rejets connus de méthane liés à la digestion des ruminants, l’Atlas de la viande comptabilise aussi les émissions de dioxyde de carbone et de protoxyde d’azote. Ce dernier, lié aux excédents d’azote, est un GES particulièrement nuisible, 300 fois plus que le CO2. L’ensemble des activités liées à l’élevage, y compris les cultures destinées à l’alimentation des animaux, contribuerait ainsi à 32 % des émissions de GES. (...)

   (...) 40 % des céréales mondiales sont aujourd’hui dédiées à l’élevage, soit 800 millions de tonnes, auxquelles il faut ajouter 250 millions de tonnes de soja. Ces cultures représentent un tiers des surfaces cultivées. Selon l’Atlas de la viande, cette proportion s’élèverait même aux trois quarts de la surface agricole en tenant compte de l’ensemble des coproduits des cultures destinés à l’élevage comme la paille, les tourteaux de soja… (voir La trop forte "empreinte terres" des Européens). 

   Dans les nouveaux pays grands producteurs de viande et de soja, l’élevage est aussi une des premières causes de la déforestation. En Amazonie, 62% des terres sont déforestées directement par les éleveurs. Cet impact devrait s’aggraver, alors que les élevages les plus industrialisés (porcs et volailles) enregistrent les plus fortes croissances. La production de poulet devrait croître de 25 % entre 2010 et 2020. Cette évolution conduit à une marginalisation des pâturages dans l’alimentation animale au profit des cultures. (...)

   (...) L’élevage est également très gourmand en eau : il mobilise 20 % des ressources mondiales disponibles. Et pour cause : produire un kilo de bœuf nécessite environ 15 500 litres d’eau, soit cent fois plus que pour un kilo de carotte. Si l’Atlas invite à modérer sa consommation de viande, il rappelle aussi que tous les modes d’élevages ne se valent pas. Et qu’un animal élevé à l’herbe consommera moins d’eau que celui engraissé à l’intérieur d’un bâtiment. Si la croissance de la production se maintient, prévient le rapport, la consommation d’eau pourrait encore doubler d’ici 2050. Quant à la pollution de l’eau, les dégâts du lisier en Bretagne donnent une image inquiétante de ce qui attend la Chine. Ce géant, qui produit plus de porcs que l’Europe, les États-Unis et le Brésil réunis, aura industrialisé la moitié de sa production porcine d’ici quelques années. (...) 

   (...) Autre source d’inquiétude, la contribution de l’élevage au développement de l’antibiorésistance. L’élevage consomme en effet plus d’antibiotiques que l’humanité. Cette situation est une conséquence directe des conditions intensives d’élevage, plus exposées aux épidémies. Les antibiotiques sont aussi largement utilisés pour accélérer la croissance des animaux. A titre d’exemple, un porc qui reçoit des antibiotiques a besoin de 10 à 15% d’aliments en moins pour atteindre le même poids qu’un animal non dopé. Si l’Union européenne a interdit l’usage des antibiotiques comme facteur de croissance, leur consommation n’y a toujours pas baissé. 

   Ailleurs, elle continue d’augmenter. A elle seule, la Chine administre à ces élevages 100 000 tonnes d’antibiotiques chaque année. Cette surconsommation de médicaments contribue également à la pollution de l’environnement par des molécules chimiques (voir L’eau potable est-elle polluée par les médicaments ?).

© 2014 Novethic - Tous droits réservés


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(Cette maîtresse, inconsciente, buvait
devant son chien qui avait fait voeu d'abstinence alcoolique)



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Luc Desle

mercredi 25 septembre 2013

"Bien qu'il vienne de loin, il habitait tout près". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(GARDE-TOI DE L'ILLUSION

QUI EST SŒUR DU MIRAGE)


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"Mais je n'ai pas si chaud que ça, vous savez...
- Mais si, mais si..."



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"Moi, j'irradie de bonheur!
- Heu... Vous n'auriez pas une autre illustration
pour l'article, par hasard?"



Fukushima, 
les becquerels dans le Pacifique
 Guillaume Liégard

   (...) L’accident nucléaire survenu à la centrale de Fukushima Daï-Ichi, le 11 mars 2011, est l’un des plus grave de l’histoire. Compte tenu du volume important des rejets, il a été classé au niveau 7 – le plus élevé – de l’échelle internationale des événements nucléaires, ce qui le place au même degré de gravité que la catastrophe de Tchernobyl (1986).

   Depuis maintenant des semaines, il ne se passe quasiment pas un jour sans que l’opérateur privé chargé de l’exploitation de la centrale, Tokyo Electric Power Company (TEPCo), n’annonce une fuite ou un risque de fuite d’eau contaminée. Malgré de nombreuses tentatives, il s’est avéré impossible de stopper le ruissellement d’eau radioactive vers la mer, sans compter les risques sur les nappes phréatiques. L’estimation communément admise évalue à 400 000 tonnes la quantité d’eau pleine de césium, strontium, tritium et autres joyeusetés radioactives enfouie dans le sous-sol ou stockée dans le millier de réservoirs spéciaux montés après la catastrophe. Ce volume ne cesse d’augmenter, à raison de 400 tonnes par jour, car il est impératif de continuer à refroidir les réacteurs pour éviter tout nouvel emballement. (...)

   (...) Le 31 août, le niveau de radioactivité relevé dans un réservoir contenant de l’eau contaminée sur le site de Fukushima s’élevait à 1 800 milliSieverts (mSv) par heure : de quoi tuer en quatre heures toute personne qui y serait exposée. À ce jour, les responsables de Tepco sont toujours incapables d’expliquer les causes d’une telle augmentation du niveau de radioactivité.

   Déjà, le 19 août, un employé a découvert une fuite d’eau sous l’un des réservoirs d’eau contaminée. Près de 300 tonnes d’eau radioactive se sont écoulées dans les sols via des évacuations destinées à l’eau de pluie. A 50 cm de la surface d’une flaque, on a relevé un débit de 100 millisieverts par heure, soit cinq fois la dose annuelle acceptée pour un travailleur du nucléaire. Une nouvelle fois, TEPCo a cherché à minimiser l’affaire, mais l’Autorité de sûreté japonaise l’a classée au niveau 3 de l’échelle internationale des incidents et accidents nucléaires. 

   Le niveau 3 signifie « incident grave », sa définition se caractérise par« Contamination grave ou effets aigus sur la santé d’un travailleur » sur le site nucléaire mais « Très faible rejet : exposition du public représentant une fraction des limites prescrites » en ce qui concerne l’incidence hors site [1]. Les conditions de travail sur le site et l’attitude de la direction de TEPCo à cet égard constituent un problème en soi. (...) 

   TEPCo a évalué la contamination de l’océan Pacifique entre 20 et 40 millions de milliards de becquerels depuis mai 2011. Du fait des capacités de dilution de l’océan, les effets sont à cette étape limités, même s’il est bien trop tôt pour envisager toutes les conséquences sanitaires de ces rejets en mer. Mais nous sommes face à la plus grande contamination en mer de l’histoire, comme le confirme Jérôme Joly, directeur adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) dans un article [2] paru dans Le Monde. Et surtout la catastrophe de Fukushima est toujours en cours car 300 tonnes d’eau radioactive se déversent chaque jour dans l’océan. 

   Pour tenter de contenir ces fuites, TEPCo a construit des barrières pour empêcher les eaux radioactives de se répandre dans le Pacifique, mais elles ne sont pas suffisantes et l’eau provenant des nappes phréatiques a commencé à les submerger. De plus, TEPCo a entrepris l’injection de produits chimiques dans le sol, afin de le solidifier pour contenir la radioactivité… En réalité, du simple bricolage, qui ne parvient pas à résoudre la situation, sans compter que ce sont de nouveaux produits très dangereux qu’on libère dans la nature. « Les mesures mises en oeuvre à ce jour par Tepco ne sont qu’un pis-aller. Cet état de fait ne peut pas perdurer », confirme le directeur adjoint de l’IRSN, un institut public qui n’a pas spécialement l’habitude de crier au loup sur ces questions.
Dans la durée

   Face à l’incapacité de Tepco, le gouvernement a récemment tenu des propos martiaux – « nous allons prendre les choses en mains » – ce qui plus de trente mois après la catastrophe laisse sceptique pour au moins deux raisons. D’une part, le gouvernement a laissé pendant de longs mois la gestion de la catastrophe à ceux-là même qui l’avait provoquée, notamment par le refus de prendre en compte l’évolution des connaissances en géosciences et le refus de tirer les leçons du tsunami de l’océan indien en 2004. D’autre part, il n’y a pas, d’un côté, une société privée et, de l’autre, un gouvernement car l’État japonais est désormais majoritaire au sein de la TEPCo.

   Pour contenir les fuites radioactives, le gouvernement entend créer un « mur de glace » en sous-sol afin d’isoler les eaux contaminées sous la centrale des nappes souterraines. Il s’agira de faire passer dans des tuyaux verticaux une substance réfrigérante pour geler le sol alentour. La réalisation de cette muraille prendra au moins deux ans. Parallèlement, l’autorité de sûreté nucléaire japonaise entend rejeter volontairement en mer de l’eau stockée sur le site après une décontamination partielle et sans doute très insuffisante. Petit problème supplémentaire, le système de décontamination de l’eau à Fukushima, prénommé Alps, est en panne depuis plusieurs semaines…

   La situation semble difficilement gérable et le propre d’une catastrophe nucléaire est de s’inscrire dans la durée. Dans ces conditions, les demandes pour une coopération internationale relèvent du bon sens. Le Premier ministre Shinzo Abe, fervent défenseur de l’énergie nucléaire, s’y est pour l’instant fermement opposé. (...)

Notes

[1] Sur l’échelle internationale.

[2] Le Monde.fr du 21 août.


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"Petit, petit, petit..."

November. By George Petty.
From Esquire, January 1955 (by totallymystified)

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Luc Desle

vendredi 2 août 2013

"Il embarquait dans ses voyages quelques mots-valises indispensables". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(UNE BONNE PAROLE
EST DITE AVEC LE COEUR)

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(Ce message secret, tatoué à même la peau,
ça allait être coton pour le récupérer...)


Yasmina Alaoui,Marco Guerra, from photographic series 1001 dreams

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"Tout ça... glouglouglou...
c'est charlatanerie et compagnie...
glouglouglou..."


L’eau rend votre cerveau plus rapide
 Antoinemoulin

   (...) Si vous êtes long à la détente, prendre un verre d’eau pourrait vous être utile. En effet, selon les dernières recherches, boire de l’eau rendrait votre esprit plus vif et plus réactif. Par ailleurs, ce phénomène serait particulièrement plus marqué chez les personnes qui ont soif.

   Ce sont des scientifiques de l’Université de East London qui sont arrivés à cette conclusion. Selon ces derniers, une fois que la sensation de soif est apaisée, le cerveau est plus enclin à se concentrer sur les tâches les plus importantes. Les résultats de cette enquête ont été publiés dans la revue spécialisée Frontiers in Human Neuroscience.

   Pour mener à bien ces travaux, les chercheurs ont étudié le comportement d’une trentaine d’hommes et de femmes qui devaient répondre à une série de tests mentaux deux fois. La première fois après un petit déjeuner et la seconde fois après avoir bu un verre d’eau.

   Les auteurs de l’étude ont également répertorié les personnes qui avaient soif et celles qui ne l’étaient pas. Ils ont alors constaté que les individus qui avaient bu un verre d’eau et qui éprouvaient une sensation de soif voyaient leur activité cérébrale s’accélérer de 14%.

   Ainsi, lorsqu’une personne a soif, certaines parties de son cerveau sont occupées par cette situation. Mais, lorsque ce problème est résolu, sa vitesse d’exécution peut alors augmenter.

   Les auteurs de l’étude concluent ainsi : “Ces résultats sont cohérents et mettent en exergue la consommation d’eau qui libère des ressources attentionnelles qui étaient occupés ailleurs à traiter les sensations de soif". (...)


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(L'ex Président Reagan se présentait, au-delà de la mort,
pour un ixième mandat. Il fut réélu triomphalement)


They Live by Jason Edmiston

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Benoît Barvin

mercredi 17 avril 2013

"Appartenant au Peuple Elu, il méprisait la démocratie". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE CALCULE PAS TES PENSÉES, 
LAISSE-LES VIVRE LIBREMENT

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS (85)
pcc Benoît Barvin


Van (6)

   "Oncle décédé. Ouverture du testament dans deux jours". Telles étaient les deux phrases que mon frère m'avait envoyées, sur mon portable. L'oncle Ferdinand était un excentrique, un inventeur farfelu que je n'avais plus revu depuis une bonne dizaine d'années. Enfants, notre mère nous envoyait chez lui et je me rappelais que nous passions des vacances hors-normes dans sa demeure, bâtie près d'une rivière et à l'orée d'une belle forêt domaniale. Comme il travaillait tous les jours,  dans le cellier transformé en un immense laboratoire, inventant des tas d'objets inutiles, il nous fichait, à mon frère et à moi, une paix royale. 

   L'oncle avait déjà été enterré. Je ne vis, de lui, qu'une photo récente où il ressemblait à Emmett Brown, dit le "Doc", dans la trilogie de "Retour vers le futur". Une allure caractéristique, donc, avec un visage sillonné de rides, une crinière de cheveux blancs peignés à la hâte et un sourire timide mais engageant. J'écrasai une larme et c'est le coeur gros que j'écoutai les attendus du testament.

   L'oncle Ferdinand n'avait que deux légataires: moi et mon frère. Il offrait à ce dernier sa demeure et son domaine. J'avais droit à un van Volkswagen, celui dans lequel il nous emmenait faire des balades, pris sur le temps de ses "inventions". Dire que je fus ravi de ce don serait exagéré. Il y avait une telle disproportion dans la donation entre mon frère et moi que ce dernier en fut gêné, tout en acceptant les dispositions testamentaires.

   Je me rendis dans le hangar qui servait d'écrin au véhicule utilitaire et je restai un moment immobile, cachant mal ma déception. Le van avait vécu: la peinture s'écaillait, deux pneus étaient lisses, le pare-choc arrière comportait un enfoncement en plein milieu, il manquait également un rétroviseur... Tout en détaillant la carrosserie, je me demandais pourquoi donc l'oncle Ferdinand m'avait puni. Que lui avais-je fait?

   Renonçant à comprendre, j'entrai dans le véhicule, m'installai côté conducteur et une bouffée de nostalgie me submergea. C'était un peu comme si je "devenais" mon oncle, appuyant sur les pédales, tournant le volant, sentant le moteur ronronner alors que le van commençait à tressauter sur l'asphalte... C'était d'ailleurs exactement ce qui se passait. A peine venais-je de m'installer et de poser mes mains sur le volant rugueux, en bois fatigué, que tout le véhicule s'était mis en branle...

   Cependant, au lieu de rouler, ce que j'aperçus, par-delà le pare-brise, me serra le coeur et, durant quelques secondes, je cessai de respirer. Il n'y avait plus de hangar, ni de cour, mais une espèce de brouillard doré, un peu comme si quelqu'un s'était amusé à effacer le décor pour le remplacer par... Par quoi, au fait? Je dégageai aussitôt mes mains moites du volant, comme si ce dernier me brûlait... mais le moteur continua à ronfler.

   C'est alors que je remarquai l'étrangeté du tableau de bord, couvert de différents témoins que je ne reconnaissais pas. Chacun portait une couleur différente, révélant le spectre d'un arc-en-ciel. On aurait dit le tableau de contrôle d'un avion, par exemple... Je me mis à frissonner car, bien qu'on fût en Mai, l'habitacle avait perdu quelques degrés de température. Mon estomac se mit également à faire des siennes et, soudain, ne pouvant me retenir, je vomis à longs jets du côté passager.

   Aussitôt je me sentis mieux... Il faut dire que je m'étais tout bonnement évanoui. Je me "réveillai" au bout d'un long moment, l'estomac toujours barbouillé mais la porte, côté conducteur, s'ouvrit brusquement et on me fit sortir du Van. J'entendis une voix chaleureuse qui s'exclamait: "J'ai réussi! TudieuPalsembleuTonnerredeBrest, j'ai réussi!"

   Quelqu'un me prit dans ses bras, me secoua, riant et pleurant à la fois. Mon oncle. Mon oncle qui, bien vivant, me secouait comme un prunier. Mon oncle, le "doc", qui par je ne sais quel sortilège surgissait de l'espace/temps et se retrouvait face à moi, bien vivant.

   J'avisai, autour de moi, le hangar dans lequel il procédait  à ses expérimentations. Un hangar qui était tel que je l'avais conservé dans mon souvenir: poussiéreux, à l'odeur qui était un étrange cocktail de naphtaline et d'immondes cigares (les siens, évidemment). Rien n'avait changé: le van, évidemment, comme ragaillardi ainsi que la vieille calèche qui avait brûlé quelques années auparavant... dans le temps ordinaire. Le hangar, auréolé de la poussière d'or du soleil, me fit penser à une vieille chromo et des larmes vinrent piqueter mes yeux.

   L'oncle avait cessé de me malaxer les épaules. Il m'expliquait que son véhicule pour voyager dans l'espace/temps avait finalement marché. Que Wells avait raison. Et il se lança dans une explication scientifique à laquelle je ne compris rien, n'ayant jamais eu pour les Maths les yeux  - et l'intelligence - de Chimène. Ce que je compris, simplement, c'est que j'avais fait un bond dans le passé - un peu plus de quarante ans - et que le Ferdinand que j'avais sous les yeux étaient aussi jeune que je l'étais... enfin, dans ma propre temporalité. Peut-être même le battais-je en "vieillesse" de quatre ou cinq ans.

   "Et maintenant? demandai-je, une fois l'effervescence de l'oncle calmée. On fait quoi?". "Toi? Rien... Tu attends mon retour" dit Ferdinand en s'installant dans le van et en refermant la porte. Je retourne dans ton présent et tu m'attends dans mon passé. Je serai là dans... une bonne trentaine d'années, ahaha!". Je ne sais pourquoi, sa répartie me fit brusquement transpirer à grosses gouttes. Je me précipitai en direction du van, esquissai un geste dans sa direction... Le moteur éructa, puis démarra... Le véhicule prit une teinte mordorée et, sous mes yeux agrandis par l'effroi, je vis sa forme se dématérialiser, puis il disparut. Pour de bon...

   Cela s'est passé il y a une bonne année de cela. Je sais que l'oncle Ferdinand ne reviendra pas. Je l'ai deviné à son sourire un rien canaille lorsqu'il s'est mis à rire. Je me suis précipité vers la demeure, à la recherche de Mouna, la bonne, une fille abandonnée qu'il avait adoptée et qui lui servait de bonne.

   Mouna avec laquelle nous avions passé - à l'époque - de bons moments. Jusqu'à ce qu'il nous surprenne et qu'il la chasse. Mouna qui avait disparu du jour au lendemain de la demeure. Mouna dont je retrouvai le cadavre, jeté dans le vieux puits, celui qui servait autrefois dans la clairière, pas loin de là. Cadavre qui portait encore des traces de coups.

   L'oncle l'avait tuée dans un accès de jalousie et, avec un machiavélisme dont je ne l'aurais jamais cru capable, il avait établit sa vengeance. Une vengeance qui prenait un visage fantastique... et absurde. Je n'étais pas de ce monde - enfin, pour être exact, je n'en étais plus -, et il m'était impossible d'apparaître aux yeux des villageois comme si de rien n'était, les années passant ayant tellement patiné mon visage que je ne ressemblais plus, maintenant, à l'enfant que j'avais été. 

   J'étais coincé dans le temps - comme une erreur de la Nature -, avec pour seul compagnon un cadavre dont je devais répondre... alors que l'oncle Ferdinand, lui, avait certainement prévu un moyen de s'en sortir ailleurs... dans cette nouvelle vie qu'il avait forgée, pièce après pièce, en construisant ce Van de la vengeance...

   Bien que ma situation fût désespérée, je ne pus m'empêcher de saluer sa performance, digne d'un des assassins les plus tordus que l'histoire de l'Humanité ait jamais produit... 

***
(La fille paquet-cadeau était bêtement
tombée à l'eau. Elle ne pourrait plus
servir à présent...)



***

(Tuer ma maîtresse en l'enfumant risquait quand même
de prendre un certain temps)


***

(Wendy savait que le chat d'Alice, en un coup de papattes,
enfournerait tous les gâteaux)


***

(En vieillissant, et pour faire parler d'elle,
Alice en faisait des tonnes)


***
Nadine Estrella

vendredi 5 avril 2013

"Dopée par la victoire de sa cousine, la tortue hémiplégique défia le lièvre à la course". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE VRAI N'EST PAS UNIVOQUE)

°°°
"Vous voulez taxer mes fleurs à combien?
Et d'abord, taxer, ça veut dire quoi?"


Chypre,
le début de l'avalanche
Jean-Luc Mélenchon

   (...) Depuis le début de l'attaque spéculative contre la dette grecque, nous répétons qu'il faut que la Banque centrale européenne prête directement à l'Etat grec à des taux très bas. C'est la seule solution qui permet de briser la spéculation. Au lieu de cela, les libéraux dogmatiques qui gouvernent ont imposé des cures d'austérité toujours plus drastiques. L'austérité a aggravé la crise économique. L'économie grecque s'est contractée de près de 20% en deux ans ! Il y a donc eu moins d'impôts et de taxes perçues. Et la dette grecque s'est creusée au lieu de se réduire. C'est le cercle vicieux que j'ai déjà présenté des dizaines de fois. Face à leur échec, les libéraux et les sociaux-libéraux européens auraient pu se ranger à l'idée de mobiliser la Banque centrale européenne. Non, ils ont préféré rester dans le cadre, ne rien changer à la règle du jeu en mettant au point une restructuration de la dette grecque. 

   Cet exercice comprenait une annulation partielle de la valeur des titres de la dette grecque. Au royaume des menteurs qu’est le monde la finance et de la spéculation, personne n’a abattu ses cartes. Les grosses protestations des banques européennes n’ont ému personne, à juste titre. D’autant que la Banque centrale européenne achetait le papier pourri de titre de dette sur le « second marché ». Mais personne n’avait l’air de savoir que les banques chypriotes étaient déjà totalement enfoncées. En l'occurrence, les deux grandes banques de Chypre détenaient beaucoup de dette grecque. 4,5 milliards d'euros. Donc, en croyant atténuer le problème en Grèce, les dirigeants européens l'ont étendu à Chypre. Belle réussite!

   Evidemment le système bancaire de Chypre était déjà extravagant. Ceci explique cela. Les banques de Chypre étaient déjà malades de la dérégulation totale de la finance. On apprend à présent que les oligarques, les banques et les grands groupes russes possèdent entre 20 et 30 milliards d'euros dans les banques chypriotes. Chypre est une sorte de paradis fiscal dans la zone euro. 

   La finance chypriote a attiré ces fonds en profitant pleinement de la liberté totale de circulation des capitaux dans l'Union européenne, et entre l'Union européenne et le reste du monde. Ce modèle fou conduit à des situations incongrues. Ainsi, le président russe Vladimir Poutine se sent obligé d'intervenir dans le règlement d'une crise interne à la zone euro alors que son pays n'est pas membre de cette zone, ni même de l'Union européenne.

   On apprend aussi que les banques chypriotes possèdent des actifs correspondant à huit fois la richesse produite par le pays. Dans ces conditions, le défaut d'une des deux grandes banques ferait exploser l'économie du pays et les finances de l'Etat ne suffiraient pas à garantir les dépôts des épargnants. Bien sûr, tout le monde crie au scandale. Mais personne ne se demande comment une telle chose a pu arriver. Ni comment il se fait que les importants moyens de la presse euro-bêlante ne lui ai jamais permis de voir la situation. 

   Dès lors, le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, a beau jeu de donner des leçons. N’était-il pas membre de la réunion où ces décisions stupides ont été prises ? Il ferait mieux de lutter contre la reproduction de cette situation en France : les actifs des banques représentent quatre fois la richesse du pays. Et à elle seule, la BNP possède des actifs supérieurs à la richesse produite par la France en une année !

   La BCE, la Commission européenne et le FMI veulent faire payer le peuple pour la folie des banques. Ce fut le cas en Irlande, en Espagne et ainsi de suite. Comme aucun gouvernement n’a regimbé, lorsque le tour de Chypre est arrivé, la méthode était déjà prête. Compte tenu de la faiblesse de l’île, le plan pouvait même être plus féroce. C'est ainsi qu'ils ont imaginé leur "plan de sauvetage". 

   Pour faire face à la situation de ses banques, Chypre aurait besoin de 17 milliards d'euros : dix venant des Etats de l'Union européenne, un milliard venant du FMI. Les 6 milliards manquant alors devaient être pris dans la poche des Chypriotes eux-mêmes. En fait, c’était un test. Ce plan est en effet le premier qui contient cette idée. Car la mesure est d’une violence sans précédent. Une telle idée n'a été appliquée en Europe que deux fois dans tous le vingtième-siècle selon le journal Le Monde. Et encore, que ce soit en Italie en 1992 ou en Norvège en 1936, la mesure était bien plus limitée que ce qu'ont proposé les dirigeants européens !

   Ces six milliards de rançon, la troïka voulait les prélever grâce à une taxe sur les dépôts des particuliers et des entreprises dans les banques du pays. Avec sa brutalité habituelle, la troïka proposait que tous les épargnants soient taxés ! Ceux disposant de plus de 100 000 euros devait être taxés à 9,9% de leurs économies. Mais les petites gens qui ne disposaient que de quelques centaines ou milliers d'euros d'économies devaient aussi être taxées ! Que vous ayez un euro ou 100 000 euros, l'Union européenne proposait de vous taxer à 6,75% sur vos dépôts. Même si vous ne les retiriez pas et les laissiez à la banque. 

   C'est cette invention stupide qui a provoqué la ruée sur les guichets, chacun essayant de sortir son argent avant d'être spolié. C'était une sorte de hold-up en silence, pour éviter aux actionnaires des banques de perdre leur mise. La légitimité d’une telle mesure est déjà on ne peut plus discutable du point de vue de la cohérence des eurocrates eux-mêmes. En effet, la directive européenne du 2 juillet 2010 prévoit que les Etats doivent garantir les dépôts des épargnants jusqu'à 100 000 euros en cas de défaillance des banques. Taxer ces dépôts est donc une violation de cette garantie. Bravo "L'Europe qui protège" !(...) 

Lire sur:


°°°
"Tu mglmglaiglmes?
- Qu'est-ce que tu glmditglm?
-Rien... Glglm..."

A CHRISTMAS KISS LONDON 1941
(VIA MUDWERKS)

°°°

"Oui... Blub, blub... Je sais...
Pas faire... Blub, blub... caca dans l'eau..."


Comme un médicament dans l'eau...
Patrice Halimi
Chirurgien-pédiatre, secrétaire général 
de l’Association santé environnement France

   (...) Aujourd'hui (22 mars 2013), c'est la Journée Mondiale de l'Eau. Qu'est-ce que ça va changer ? Probablement rien. C'est un peu comme la Journée de la Femme. Ça ne change rien à la condition féminine, mais, cela montre que le problème commence à être pris en compte... En France, nous trouvons "normal" d'ouvrir notre robinet et de voir instantanément sortir de l'eau claire, potable et immaculée. Mais, l'est-elle vraiment ? Aujourd'hui, de nombreuses questions se posent et notamment celle des résidus médicamenteux qui peuvent se retrouver au fond de nos carafes. Un sujet incontournable lorsqu'on est médecin et que l'on prescrit tous les jours des médicaments... Mea culpa ou pas ?

   Depuis plusieurs années, notre consommation en médicaments n'a cessé de croître. Rien qu'en France, en 2011, nous avons consommé pas moins de 3,12 milliards de boîtes de médicaments! Le problème c'est qu'ils laissent des traces dans l'environnement. Ce sont les fameux "résidus médicamenteux", à savoir la partie des médicaments qui n'a pas été dégradée par le corps et qui via urines et selles va se retrouver dans les eaux usées et donc l'environnement... Ces molécules sont des substances actives biologiquement, et c'est une partie du problème. 

   Un antibiotique est conçu pour tuer des bactéries. Mais, lorsqu'il se retrouve dans l'environnement il peut s'attaquer à des espèces non-cibles telles que la flore et la faune...A la fin des années 70, on a découvert ces phénomènes en observant un lien entre la féminisation des poissons et les œstrogènes rejetés par les femmes sous pilule. Quelques années après, on observait une quasi disparition des vautours au Pakistan lié à une contamination par un antiinflammatoire bien connu, le diclofénac. En 4 ans, 95% de la population de ces malheureux rapaces avait disparu ! Depuis, la science cherche mais a encore du mal à établir l'impact de ces polluants sur la santé humaine. Malgré tout, une étude récente a montré que la présence d'antidépresseurs et de psychotropes (Prozac et Effexor) dans l'eau potable pourrait activer l'expression de gênes associés à l'autisme...

   Mais à qui la faute ? A priori, nous aurions plusieurs coupables ! Rejets de l'industrie pharmaceutique, eaux usées des hôpitaux, déjections des animaux d'élevage sous traitements, les sources de pollution sont nombreuses, mais la principale reste le consommateur. Pourtant, tout le monde sera d'accord : quand on en prend c'est qu'on ne peut pas faire autrement ! Certes, mais ce ne sont pas uniquement les médicaments utilisés qui posent problème... 

   En effet, ce que l'on prend se retrouve dans nos selles et nos urines qui vont terminer leur route dans des stations d'épuration pas équipés pour filtrer les résidus médicamenteux... Mais, mis à part moderniser les stations d'épurations, on ne peut effectivement pas y faire grand-chose. Par contre, en ce qui concerne les médicaments que l'on ne consomme pas, chacun de nous peut véritablement agir ! En France, chaque année sur des dizaines de milliers de tonnes de médicaments non utilisés moins d'un quart seulement est recyclé ! Le reste est jeté à la poubelle, dans les éviers et même dans les toilettes ! Sur ce dossier, tout le monde peut agir ! 

   Les médecins pourraient prescrire uniquement les médicaments nécessaires, les pharmaciens vendre leurs médicaments à l'unité, les patients ramener leurs médicaments en pharmacie ! (...) 
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Luc Desle

samedi 12 janvier 2013

"C'est par une terrible erreur qu'on remplit cette fiole où se trouvait le gentil Génie d'huile bouillante". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-même:

LE SANG QUI COULE DANS TES VEINES
EST CELUI DE TES FRÈRES HUMAINS)

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"L'eau n'aime pas le plastique?
Je veux mon n'veu!"

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"L'eau en bouteille? Elle ne passera pas par moi!"


Bannir l’eau en bouteille ? 
En France, ça ne coule pas 
de source
( si on peut se permettre... 
jeu de mot débile, 
un peu, beaucoup, etc...)

   (...) Depuis le 1er janvier, la petite ville de Concord dans le Massachusetts a interdit la commercialisation des petites bouteilles en plastique. Pourquoi tant de haine contre la bouteille ? Parce l’eau en bouteille coûte 100 à 200 fois plus cher au particulier que l’eau du robinet. Et que sa production, son transport et son traitement ont un fort impact environnemental. « L’énergie nécessaire à produire, transporter, réfrigérer et se débarrasser d’une bouteille en plastique revient à la remplir au quart de pétrole », résume le quotidien suisse Le Temps. En France, l’Ademe (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a calculé que l’eau en robinet pourrait être 1 000 fois plus écologique que l’eau en bouteille. (...)

   (...) Concord n’est pas la seule à avoir banni le plastique. Avant elle, la commune de Bundanoon, en Australie était devenue mondialement connue en interdisant les bouteilles dès 2009. Ses 2 000 habitants ont désormais le choix entre l’eau du robinet et des fontaines où l’eau potable peut être consommée gratuitement. A eux de remplir des bouteilles réutilisables. En Italie, la vente est également interdite dans le Parc national des Cinque Terre. Aux Etats-Unis, l’association « Ban the Bottle » (« Interdisons la bouteille ») recense les administrations et universités qui ont dit non à la bouteille.(...)

   (...) Des villes françaises pourraient-elles rejoindre ce réseau de villes hostiles au plastique? « Je suis extrêmement dubitatif », assure Arnaud Charvin, avocat associé au cabinet Fidal et spécialiste du droit des collectivités. « A titre principal, c’est le préfet qui réglemente la commercialisation des eaux en bouteilles. Celui-ci ne peut retirer des bouteilles à la vente qu’en cas de risque pour la santé publique. Le seul fait que la consommation d’eau en bouteilles entraîne des frais ne peut motiver une interdiction, car cela entraverait le principe de liberté (?) du commerce », avance l’avocat.

   Il faudrait en fait une loi pour donner de tels pouvoirs au préfet ou au maire. A l’instar de la loi du 21 juillet 2009, qui permet au maire d’interdire la vente d’alcool à emporter sur le territoire de sa commune après 20 heures. Mais un tel projet n’a jamais été esquissé. Les débats sur le sujet à l’Assemblée nationale montre que les solutions évoquées ne prévoient jamais une interdiction. On préfère imputer une partie des coûts de gestion des déchets aux producteurs d’eau en bouteille, et sensibiliser les Français à la consommation d’eau du robinet. (...)

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"Nous sommes les Super Women!
- Grrr...
- Zut, je me suis cassé un ongle..."

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"Hell and Devil! La Dame de Fer!"

Une dame de fer à Séoul
 Martine Bulard

   (...) Une femme à la tête d’un Etat qui compte — le cinquième d’Asie. Chacun pourrait s’en réjouir si Mme Park Geun-hye, élue présidente de la République de Corée (Sud), n’avait revendiqué comme modèles, tout au long de sa campagne électorale, Mmes Margaret Thatcher (l’ex-patronne du Royaume-Uni, championne de la privatisation et de la chasse aux syndicats) et Angela Merkel (l’actuelle « gant de fer » de l’Allemagne). Au nom, bien sûr, d’un retour à la croissance (2 % en 2012 contre une moyenne de 5 % à 6 % au cours des dernières années).

   Au terme d’un scrutin qui a connu une participation exceptionnelle (75,8 % ; 12,8 points de plus qu’en 2007), Mme Park l’a emporté sur son adversaire de centre gauche Moon Jae-in. Fille de l’ancien dictateur Park Chung-hye, arrivé au pouvoir après un putsch en 1961 et assassiné en 1979, Mme Park a cherché à prendre quelques distances avec les crimes commis par son père, dont M. Moon a connu les geôles. Mais comme l’expliquait un haut responsable sud-coréen récemment, au moment où la croissance s’essouffle, où les inégalités explosent et la précarité s’étend, « les gens ne gardent en mémoire que le décollage économique ». Mme Park a réussi à faire oublier qu’elle appartenait au Parti de la nouvelle frontière, celui dont est issu le président sortant M. Lee Myung-bak, entrepreneur flamboyant porté aux nues par les médias en 2007 et qui s’est rapidement dégonflé comme une baudruche.

   Selon les premiers sondages à la sortie des urnes, les plus de 50 ans auraient massivement voté pour Mme Park, tandis que les moins de 30 ans ont plutôt choisi le candidat démocrate, longtemps au coude à coude. Ce sont les problèmes intérieurs qui ont surtout mobilisé les électeurs — davantage que les questions de relations extérieures. Même le tir de la fusée nord-coréenne, quelques jours avant le scrutin, n’a pas semblé perturber le vote. Il faut dire que les deux candidats avaient indiqué qu’ils entendaient, contrairement au président sortant, renouer sous une forme ou une autre les relations avec le voisin du nord. (...)
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Benoît Barvin