Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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jeudi 25 septembre 2014

"Le tueur fut confondu car il vendait, depuis peu, des rêves très sanglants aux insomniaques". Jacques Damboise in "Pensées contre-fêtes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE DEMANDE PAS AU MIROIR
DE VOIR A L’INTÉRIEUR DE TOI)

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(Belle-Mère apprenant l'échec de l'assassinat
de son gendre par un %*@°! de tueur de mes deux)


thepaperlab: Made with Paper. Inspired by
Mathilde Troussard’s pictures. By Florent Bonnefoi

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(Kali corrigeant des mâles violeurs en puissance)



INDE

Plus de 100 000 étudiants 
dans la rue à Calcutta

INGRID THERWATH


   (...) L'affaire aurait pu être réglée rapidement. Fin août, une étudiante a été agressée sexuellement à l'université Jadavpur, à Calcutta, dans l'Etat du Bengale. Mais, face à l'inaction des autorités universitaires, les étudiants ont commencé à protester. 

   En septembre, leur contestation a commencé à prendre de l'ampleur. Le 17, ils étaient plusieurs milliers à protester à l'université quand le vice-président de l'établissement a demandé à la police de charger. Résultat : 40 arrestations et 40 étudiants envoyés à l'hôpital. (...)

   (...) Loin de calmer le mouvement, cet événement a profondément ému la jeunesse. Le 20 septembre, les manifestants étaient au moins 100 000 dans les rues de Calcutta. Les sites YouthkiAwaaz et Scroll.in ont publié des photos de cette mobilisation particulièrement forte. Les étudiants réclament le respect de leur droit à manifester, l'application de la loi et des règlements internes sur les agressions sexuelles et la démission du vice-président de l'université. 

   Le hashtag #hokolorob, leur slogan, fait fureur sur Twitter en Inde. Sa signification ? "Faisons du bruit !" Il y a fort à parier qu'on les entendra encore...


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(Danseuse indienne invoquant la déesse de l'Amour
et de l'Acceptation)



Viol en Inde

   Le viol en Inde est cité par Radha Kumar comme un des crimes les plus communs contre les femmes et par l'autorité des Nations unies par rapport aux droits humains comme « problème national ».

   Durant la partition de l'Inde, le viol était un problème répandu. On estime qu'à cette époque, jusqu'à 100 000 femmes ont été enlevées et violées.

   À la suite de l'affaire du viol collectif de New Delhi, les attitudes et réactions de certaines autorités politiques et religieuses sont conservatrices : Abu Asim Azmi, président du parti Maharashtra Samajwadi a affirmé: « Je supporte la peine de mort pour les violeurs de Delhi, mais il devrait aussi y avoir une loi selon laquelle les femmes ne devraient pas porter moins de vêtements et ne devraient pas sortir avec des garçons qui ne sont pas de leur parenté. Quelle est la nécessité de se promener la nuit avec des hommes qui ne sont pas de la famille ? On devrait mettre fin à ceci. » (...)

   (...) Mamata Banerjee, le ministre en chef du Bengale-Occidental : « Avant, si hommes et femmes se tenaient par la main, ils se seraient fait attraper et réprimander par leurs parents, mais maintenant tout est si ouvert. C'est comme un marché ouvert avec des options ouvertes. » (...) Le parlementaire Rajpal Saini : « Pourquoi les femmes au foyer et les étudiantes ont-elles besoin de téléphones portables ? Ça les encourage à des conversations futiles et à prendre contact avec des gens hors de leur foyer. » (...)

   (...) Après le viol de New Delhi, le parlement indien avait durci les lois concernant les sanctions contre les auteurs de violences sexuelles. Néanmoins, le 20 janvier 2014, dans un village nommé Subalpur situé dans l'Etat du Bengale-Occidental, une jeune femme de 20 ans a subi le viol collectif de sa communauté après une sentence rendue par le chef du village.

   La victime, célibataire, avait été aperçu accompagnée d'un jeune homme issu d'un village voisin, avec qui elle entretenait une relation amoureuse. Toutefois, l'idylle a bouleversé le chef du village qui s'est empressé d'établir un conseil coutumier local. La jeune femme et son partenaire ont été ligoté à un arbre tout au long du débat entretenu par le conseil qui devait rendre son verdict sur l'avenir de ces derniers.

   Une fois la sanction rendue, les deux accusés devaient payer respectivement une amende de 27000 roupies soit environ 317 euros pour être libérés. Le jeune homme s'est engagé à acquitter la somme tandis que la famille de la jeune indienne a annoncé ne pas pouvoir payer. Le chef aurait alors autorisé des villageois à violer collectivement la jeune femme. Selon des spécialistes, ce genre de châtiment est extrêmement rare dans ce village. Malgré tout, de nombreux cas semblables à celui de Subalpur avaient été recensés dans d'autres communautés tribales telles que chez les Jat de l'Haryana.

   Ce nouveau viol amplifie un peu plus les tensions entre les différents partis politiques qui ne semblent pas trouver de solutions pour appréhender ces violences.

   À la suite du viol collectif et du meurtre de l'étudiante en décembre 2012, à New Delhi, un débat s'engage en Inde, et le rapport d'une commission d'experts, dirigée par le juge Jagdish Sharan Verma, stigmatise « les biais de genre » et « l'état d'esprit de la société ». Il appelle à des « changements systémiques dans l'éducation et les comportements sociétaux». Le 22 mars 2013, le Parlement indien adopte une loi « anti-viol » qui renforce les agressions sexuelles. Elle condamne les violeurs à la prison à perpétuité ou à la peine de mort, en cas de décès de leur victime.(...)

   (...) Le viol conjugal n'est pas reconnu comme un délit dans le cadre juridique indien, sauf si les époux concernés décident de suivre une procédure de divorce.


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Luc Desle

samedi 14 juin 2014

"Elle hésita entre l'homme qui avait la frite et celui qui avait la banane". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA SAGESSE DORT-ELLE JAMAIS?)

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(Jane avait bien changé)



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(La Chatte Noire se préparant
à punir les violeurs des université)


"Grrr..."


ÉTATS-UNIS
Viols en série sur les campus

MARGOT GUILLOIS
COURRIER INTERNATIONAL

   (...) "Sur les campus universitaires, on estime qu'une étudiante sur cinq a été agressée sexuellement", a déclaré le président Barack Obama fin janvier, après plusieurs affaires de viols dans des universités américaines, y compris dans certaines des plus prestigieuses comme Columbia ou Yale. Fin avril, la Maison-Blanche a publié un rapport encourageant les universités à combattre plus fermement les agressions sexuelles sur leurs campus. Début mai, le ministère de l'Education a annoncé qu'il menait une enquête dans 55 universités pour déterminer si celles-ci avaient correctement traité les plaintes déposées pour agression sexuelle.

   Le débat enfle outre-Atlantique sur ce que le Los Angeles Times considère comme une épidémie : "Aujourd'hui, il y a peu d'établissements dans le pays – petits ou grands, publics ou privés – qui ne soient en train de se tourmenter pour savoir comment traiter au mieux ce qui est désormais vu comme une épidémie d'agressions sexuelles". Le quotidien californien se réjouit de voir le gouvernement et le ministère de la Justice vouloir changer "cette culture pernicieuse qui a longtemps permis que des étudiants (majoritairement des étudiantes) soient harcelés sans avoir de recours", mais pointe la difficulté des universités à agir comme des tribunaux.

   Vingt-trois étudiants de Columbia et de Barnard ont porté plainte contre leurs universités pour défaut de traitement de leurs plaintes pour viol. Ces élèves affirment que les employés auxquels ils ont eu affaire ne sont pas formés correctement et que les universités leur ont conseillé de ne pas ébruiter leurs plaintes voire de ne pas porter plainte du tout de crainte de voir leur réputation ternie. Le New York Times cite une militante à ce propos : "Nous les avons touchés là où ça fait mal : leur réputation."

   Dans le même article, le New York Times souligne que le comportement des autorités universitaires a commencé à changer : "La tempête médiatique a forcé l'administration de Columbia à endosser des tâches plus proches du rôle de juge et de travailleur social que d'éducateur." (...)

   (...) Aux Etats-Unis, les étudiants ont la possibilité de porter plainte auprès de l'université et non de la police, mais les élèves accusés d'agression sont rarement punis. Dans le pire des cas, ils sont temporairement renvoyés, une sanction bien moins sévère qu'une éventuelle condamnation de justice. Le Boston Globe titre justement : "Les universités ne peuvent jouer à la police dans les affaires d'agression sexuelle". Pour le journal, les universités peuvent ruiner la vie d'un élève accusé sans que celui-ci ait eu la possibilité d'être jugé par un vrai tribunal. Par ailleurs, la situation est aussi préjudiciable pour les victimes qui se retrouvent sur le même campus que leurs violeurs après une expulsion temporaire. "

   Les victimes d'agressions sexuelles devraient être encouragées à signaler ces crimes aux forces de l'ordre. Les universités doivent évidemment s'assurer de la sécurité de leurs étudiants mais elles ne devraient jouer ni au policier ni au juge", conclut le quotidien.  D'autant que comme l'explique Time magazine, qui titre cette semaine en une "Viol : crise dans l'éducation supérieure", s'il y a beaucoup de victimes, il y a peu de criminels. "Le fait qu'une étudiante sur cinq ait subi une agression sexuelle ne veut pas dire pas que les jeunes Américains sont une horde de violeurs. L'étude dont ces chiffres sont issus montre qu'une large proportion des agressions les plus violentes sont commises par un petit groupe d'étudiants", souligne l'hebdomadaire américain.(...)

   Le gouvernement a donc décidé d'agir et les responsables d'université aussi. Des membres de l'université Columbia ont signé une lettre qui soutient les plaintes des étudiants contre la politique de l'université révèleBwog, un des journaux de l'université. Dans le même temps, les étudiants de Columbia se mobilisent contre cette "épidémie". Comme le signale le magazine VICE, des graffitis sont apparus sur les murs des toilettes du campus, affichant la liste des "prédateurs sexuels sur le campus". L'université a rapidement effacé ces graffitis, qui sont réapparus plus tard en deux endroits différents. 

   Time rappelle que le gouvernement ne peut pas faire plus qu'enquêter comme il le fait en ce moment et que chaque université devra travailler sur sa façon de gérer les agressions. Le magazine cite le cas de la ville universitaire de Missoula, dans le Montana, anciennement appelée "la capitale américaine du viol", qui a fait des efforts de formation, à la fois de son personnel et de ses étudiants. 

   Le Los Angeles Times rappelle quant à lui le conseil contenu dans le rapport de la Maison-Blanche : que chaque université fasse une enquête sur son propre campus, concluant qu'"aucune université ne peut prendre sérieusement en charge un problème si elle n'en connaît pas l'étendue".


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(Monsieur Lion se régalant de la chair
juteuse du photographe à l'appareil automatique)



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Luc Desle

lundi 30 décembre 2013

"Vend cause double emploi maîtresse mariée". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ES-TU TOUT NEUF
DANS L’ANNÉE NOUVELLE?)

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"Ça y est?
 L'Année Nouvelle arrive?"


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"Dors, je le veux!
- Mais, Docteur, vous ne m'avez pas donné
de psychotrope pour cela..." 



L'hypnose ne permet pas
de retrouver la mémoire de faits réels...

JEAN-MARC BENHAIEM

   (...) Cécile veut porter plainte pour un viol qu'elle aurait subi à l'âge de cinq ans. Elle aurait retrouvé ce souvenir à la suite d'une thérapie par l'hypnose. Ce mercredi 18 décembre la Cour de cassation a rejeté sa demande : après plus de trente ans, il y a prescription. Le jugement a été rendu sur la forme mais n'a pas pris position sur le fond.

   Depuis quelques années, régulièrement, médecins et psychologues pratiquant l'hypnose sont sollicités par des patients désireux de retourner dans leur passé. Certains veulent simplement retrouver et revivre des moments de leur enfance dont ils n'ont plus aucun souvenir. D'autres imaginent avoir subi un traumatisme, des attouchements, un abus sexuel étant enfant et voudraient que l'hypnose leur ravive la mémoire. (...)

   (...) Tous les thérapeutes savent ou devraient le savoir : la mémoire n'est pas constituée d'un disque dur qu'il suffit d'activer pour obtenir les images du passé. La mémoire est vivante. Elle se modifie en permanence. Elle est individuelle et différente d'une personne à l'autre. Elle n'est pas une camera de surveillance. Elle ne capte que certaines images et pas d'autres. La mémoire peut aussi transformer la réalité et la voir autrement que ce qu'elle est, parce qu'elle ne réagit qu'à certains faits et pas à d'autres.

   Nous avons donc d'une part une mémoire incapable de nous restituer une vérité historique de ce qui a été vécu et cela d'autant plus que les faits sont anciens. Et d'autre part, une séance d'hypnose qui est censée l'activer et l'amplifier. Si l'hypnose peut parfois favoriser la mémoire, par des associations et par une plongée dans l'imaginaire, elle ne peut donc faire revenir que des souvenirs parcellaires, non fiables pour les faits bruts et transformés par des reconstructions permanentes.

   Les instances judiciaires et juridiques ont donc raison de douter de la véracité de souvenirs trop anciens et encore plus si ces souvenirs sont revenus sous hypnose. Aux USA, depuis l'épidémie des faux souvenirs des années 70, la Police n'a plus recours à l'hypnose pour raviver la mémoire des témoins et la Justice ne tient plus compte des souvenirs retrouvés sous hypnose.

   L'hypnose médicale offre cette possibilité d'inventer, de créer et d'imaginer. Sa puissance thérapeutique provient de cette liberté et de cette malléabilité très utile sur des problèmes complexes. L'hypnose peut créer de faux souvenirs parce qu'elle a pour objectif le soulagement de la souffrance. Mais ces souvenirs n'ont aucune valeur pour le Police ou la Justice : ils sont fabriqués de toute pièce.

   La vraie application de l'hypnose n'est pas la remémoration, mais l'oubli. La plupart des pathologies obsessionnelles, les regrets, la rumination, les plaintes, les culpabilités et les douleurs, attendent leur remède : l'oubli. Oublier n'est pas ne pas savoir. Oublier c'est ne plus se référer au passé pour exister. Tous ceux qui veulent réactiver le passé devraient penser qu'ensuite il leur faudra oublier pour trouver un apaisement. (...)


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(La Nouvelle Année commençait sur les chapeaux de roue)



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Luc Desle

lundi 8 avril 2013

"Il se serait donné des claques mais préféra, au final, les distribuer autour de lui". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE CHEMIN DE LA VÉRITÉ
N'EST PAS DE CE MONDE)

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(Parmi cette assemblée se dissimule un homme.
A toi de le découvrir)


le Hamas interdit la mixité à l'école 
dès l'âge de neuf ans 

GAZA (Territoires palestiniens) 
   (...) Une loi interdisant aux garçons et aux filles de plus de 9 ans de fréquenter les mêmes écoles dans la bande de Gaza est entrée en vigueur, a annoncé lundi le ministre de l'Education (éducation!) du Hamas, qui contrôle cette région.
   Ce texte, promulgué le 10 février puis approuvé par le conseil législatif du Hamas, est appliqué depuis dimanche, a précisé le ministre Ossama Mazini lors d'une conférence de presse. Un des articles de cette loi "interdit de mélanger les élèves des deux sexes dans les établissement scolaires après l'âge de neuf ans" (pourquoi 9?).
   Le mouvement islamiste Hamas a imposé des lois religieuses conservatrices dont une impose aux jeunes filles d'âge scolaire de revêtir de longues robes traditionnelles ainsi que de porter des foulards sur la tête. La nouvelle loi interdit également de "recevoir des cadeaux ou des aides visant à une normalisation (des relations) avec l'occupation sioniste (Israël)".
   Le Hamas gouverne la bande de Gaza depuis juin 2007, à la suite d'une victoire en janvier 2006 aux dernières élections législatives palestiniennes face au Fatah, du président de l'Autorité palestinienne, qui contrôle une partie de la Cisjordanie occupée. (...)
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(Oeil de Dieu cherchant à voir des femmes non voilées...
Mais dans quel but?)

Lord of Light


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"Comment ça, mon masque 
n'aurait pas une couleur islamique?"


Peut-être la fin des décapitations 
en Arabie saoudite par manque 
de coupeurs de têtes

   (...) L’Arabie saoudite pourrait (admirons le conditionnel) en finir avec la décapitation par sabre... par manque de coupeurs de têtes, relaye Ahram Online, site web en langue anglaise du quotidien égyptien Al-Ahram, selon des informations publiées par le journal saoudien Al-Youm. 

   Un comité composé de représentants des ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Santé s’est réuni afin de considérer l'éventuel remplacement de la décapitation par sabre par un peloton d’exécution pour les exécutions publiques. La raison en est essentiellement pratique: un manque de bourreaux disponibles maîtrisant le sabre.

   Selon des sources citées par le quotidien Gulf News: «Ils ne sont pas disponibles partout rapidement et dans certaines occasions, des exécutions ont été marquées par la confusion parce que le bourreau était en retard […], provoquant des troubles et le déclenchement de spéculations et rumeurs.»

   L'Arabie saoudite est le pays qui applique la charia de la manière la plus dure. Selon sa stricte interprétation de la loi islamique, le viol, le meurtre, l’apostasie, le vol à mains armées ou le trafic de drogues sont punis par la peine de mort.

   Le comité a affirmé que ce changement, s’il est officiellement entériné, ne violerait pas la charia, autorisant les chefs ou émirs des 13 régions administratives à utiliser la mort par fusillade si nécessaire.

   Amnesty International recense que depuis le début de l’année 2013, 17 personnes ont été exécutées. Le nombre d’exécutions s’élèverait à au moins 82 personnes en 2011 et 2012. Human Rights Watch en a dénombré 69 en 2012. L’Arabie saoudite est le seul pays au monde à pratiquer la décapitation.


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Luc Desle

lundi 28 novembre 2011

"Echange Terre d'Election contre Terre Sacrée, pour évaluer l'éventuelle différence". Benoît Barvin in "Annonces déclassées"

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(Les extraterrestres écolos furent mal reçus par les forces de l'ordre humaines)

Autour de la voie ferrée, les champs sont le théâtre de manifestations qui débouchent sur des accrochages avec les forces de l'ordre. 
(à propos des affrontements entre antinucléaires et policiers) (David Vincent/AP/SIPA)



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"Ouiii... Devant tant d'acharnement, nous filons à l'Israélienne"

DSK et le harcèlement… de presse
Serge Raffy 

   (...) Ainsi donc, le couple Sinclair-Strauss-Kahn s’en va-t-en guerre contre les journaux français. Ils estiment que les médias sont devenus d’ignobles procureurs, des voyeurs pervers, collés au petit trou de la serrure de leur vie privée, des marchands de papier qui sentent les égouts. En contre-attaquant juridiquement, ne sont-ils pas en train de mettre à nouveau les projecteurs sur eux-mêmes et sur une affaire, osons le dire, qu’on aimerait tous oublier ? Comment, en effet, ne pas compatir au drame d’un homme déchu et d’une femme humiliée ? Leurs avocats ont donc décidé de passer à l’offensive et de déclencher la grosse Bertha des plaintes en diffamation tous azimuts.
   Parmi les horribles "harceleurs" mis au ban d’infamie, il y a "Le Nouvel Observateur". Les gens de robe qui soutiennent DSK sont des grands futés. Ils ont trouvé une arme infaillible pour contrer la furie des cover trop "people", à leurs yeux : le miracle du couple encore soudé, harcelé par une presse vengeresse (ben, on y a cru, à ce noceur/jouisseur, et voilà qu'il nous fait douter de notre déontologique métier?). DSK est passé du statut de présumé coupable à celui de victime. Ses défenseurs ont, habile subterfuge, appelé à la rescousse l’ancienne journaliste de TF1, désormais embarquée dans une bataille judiciaire, qui, au fond, ne la concerne qu’à la marge. DSK-Anne Sinclair même combat ? A part quelques dérapages intempestifs sur l’état de leur relation, cette dernière échappait pourtant aux flèches des journalistes. Elle était au contraire la victime, la grande dame bafouée et digne dans la tempête. Une héroïne sanglée dans le costume de la matriarche fitzgéraldienne.(...)
   (...) Or, jusqu’à preuve du contraire, les journaux ont couvert logiquement un événement non pas national, mais planétaire. Ils ne se sont pas précipités dans le caniveau. C’est le caniveau qui est venu vers eux. Si les avocats de DSK veulent impliquer l’ancienne reine des médias dans la défense de leur client, il faudra qu’ils poursuivent la presse américaine, anglaise, russe, espagnole, taïwanaise, sud-américaine, canadienne, japonaise, ouzbèque, et tous les media du monde sans exception.
   Tous, à des degrés divers, ont attenté à l’image du couple. Tous ont relaté la procédure judiciaire en cours à Lille. Tous suivront encore la procédure civile de Mme Nafissatou Dialo, à New York. Tous ont mérité d’être renvoyés devant les tribunaux. (Ce qu'on veut savoir, nous, les gens de peu, c'est si DSK est coupable. Et si oui, qu'il paye. Point barre) (...)
Lire sur:

   (...) La nouvelle du départ de France de Dominique Strauss-Kahn et d’Anne Sinclair se précise. Annoncés en Israël (tiens, pourquoi se faire?) , le couple pourrait s’installer à Tel Aviv où l’ancien patron du FMI se serait vu proposer un poste en or.  (Heu, on ose: les Juifs parlent aux juifs? Aie, aie, aie, antisémitisme primaire, là, même si ce sont les faits qui nous amènent à ce - piteux et désolé - commentaire... ) (...)

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(Nouvelle tenue conseillée aux femmes journalistes en Egypte,
ainsi que dans tous les pays musulmans?)

EGYPTE. Une journaliste de France 3, 
agressée sexuellement

   Caroline Sinz, une journaliste française de France 3 a été victime d’une agression sexuelle au Caire en Egypte, a-t-on appris jeudi 24 novembre.
   La journaliste a raconté son calvaire à la fin de son reportage dans "Soir 3" :"Nous (avec son cameraman, Salah Agrabi) étions en train de filmer dans la rue Mohamed-Mahmoud quand nous avons été assaillis par des jeunes de quatorze ou quinze ans", a-t-elle raconté, faisant état "d'attouchements".
   "Nous avons alors été agressés par une foule d'hommes. J'ai été tabassée par une meute de jeunes et d'adultes qui ont arraché mes vêtements" avant de procéder à des attouchements répondant "à la définition du viol", a-t-elle ajouté.
   "Quelques personnes ont essayé de venir m'aider sans y parvenir. J'étais lynchée. Cela a duré environ trois quarts d'heure, jusqu'à ce qu'on puisse m'extraire. J'ai cru que j'allais mourir", a-t-elle dit, en précisant que son cameraman avait aussi été "tabassé". (...)
   "C’est au moins la troisième fois qu’une femme reporter est agressée sexuellement depuis le début de la révolution égyptienne. Les rédactions doivent en tenir compte et cesser momentanément d’envoyer des femmes journalistes en reportage en Egypte. C’est malheureux d’en arriver là, mais face à la violence de ces agressions, il n’existe pas d’autre solution", a déclaré "Reporters sans frontières".
   Et de réclamer une condamnation "forte et unanime en Egypte" : "Toutes les forces en présence - partis politiques, autorités religieuses, civiles et militaires - doivent rappeler que de telles violences sont inacceptables" (ou alors les journalistes femelles pourraient se déguiser en hommes?).
   Depuis la reprise des manifestations (pacifiques...) place Tahrir le 19 novembre, "Reporters sans frontières" a recensé une quinzaine d'agressions de journalistes.


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"Oui, nous sommes prêts au dialogue social, 
nous affirment les CRS. La preuve..."

Des CRS en plus aux Tarterêts : 
"pour quoi faire ?"
(de l'esbrouffe, comme d'hab'?)
Publié le 24-11-11  Celine Rastello 

   (...) "Impossible de ne pas le voir, il y avait plus de 20 camions de CRS et le quartier était complètement cerné, ils filtraient même l'entrée" (comme une vedette hollywoodienne...), s'insurge Cédric, 29 ans, rencontré au local de l'Amicale des locataires, quartier des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (Essonne). Jeudi 24 novembre, dans l'après-midi, l'épais brouillard blanc qui plombe le ciel tente laborieusement de réchauffer l'atmosphère (ouah, l'image... Tu devrais être n'écrivaine, madame la journaliste!). Mais l'heure est à l'agacement : "le ministre n'est pas resté longtemps, il a fait un petit tour avant de filer au commissariat" poursuit le jeune homme. Tôt dans la matinée, Claude Guéant a voulu marquer le coup après "l'agression inqualifiable" de policiers samedi dernier dans le quartier : une voiture de police en patrouille a été la cible de projectiles et quatre policiers ont été légèrement blessés.(...)
   (...) à l'instar du récent déplacement du ministre à Montfermeil (Seine-Saint-Denis), les habitants n'étaient tout simplement pas informés de sa visite. (tiens, pourquoi? Ben... pass'qu'ils sont pas concernés...) (...) 
   Un "oubli" que José Kinkela, président de l'Amicale des locataires, ne digère pas. Depuis son bureau situé au pied d'un des immeubles de la rue Paul Gauguin, en face du terrain de football, celui qui vit là depuis 22 ans et s'investit aux côtés des habitants depuis presque 15 ans aurait au minimum "souhaité être prévenu" : "le ministre vient chez nous et on n'est pas au courant ! Il n'a pas rencontré les associations ni les jeunes et est reparti sans les éléments nécessaires pour comprendre ce qu'il se passe ici. Comment peut-il avoir une juste vision de la réalité ? (ben il en a pas car il veut pas, c'est aussi simple que ça)" Il n'a pas oublié le passage de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur : "depuis, rien ne s'est passé, rien n'a été réglé, il n'est pas revenu et aujourd'hui Claude Guéant vient et on ne nous dit rien. C'est déplorable (méprisant? Cynique? Électoraliste?)". (...)
   (...) "Le gouvernement souhaite que les associations puissent travailler convenablement, mais comment est-ce possible si on n'est pas associés ? (be, justement, c'est pas possible, hé, banane! car c'est tout simplement pas le but)" interroge encore José Kinkela. A ses côtés, Cédric, magasinier qui a toujours vécu aux Tarterêts, ne comprend pas non plus pourquoi le gouvernement ne propose pas plutôt "de se réunir et de discuter, pour poser les choses vraiment." "Parler des problèmes d'insécurité, les gens ne sont pas à l'aise quand ils rentrent tard le soir, mais aussi des difficultés liées au logement, aux ascenseurs, au travail" renchérit José Kinkela, demandant également : "quel est, par exemple, le projet du ministre pour la jeunesse ?" (°+°= la tête à Toto, peut-être?)(...)
   (...) Comme d'autres habitants, ils ont tous deux été particulièrement choqués par le grand nettoyage qui a précédé le déplacement du ministre. "Tous les arbres ont été coupés, les carcasses de voitures brûlées retirées, les rues nettoyées" énumère Cédric, énervé : "les habitants peuvent vivre toute l'année dans la saleté et l'insalubrité sans que ça ne suscite de réaction, mais quand un membre du gouvernement se déplace, on nettoie ! On nous prend vraiment pour des imbéciles (moi, j'aurais utilisé d'autres termes...)." Pour le président de l'Amicale des locataires, la priorité est aussi de "restaurer le dialogue" et "de réfléchir à la façon dont on pourrait se défaire de l'image négative qui colle au quartier, comme à d'autres. (pourquoi se défaire, vous êtes - nous sommes tous - des imbéciles utiles... surtout quand nous sommes pauvres, ou appauvris?)"(...)


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Luc Desle (et Jacques Damboise)

samedi 12 novembre 2011

"Echange Résident ayant un peu servi contre nettoyant liquide pour bâtiment élyséen". Benoît Barvin in "Annonces déclassées"

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"Je regrette l'Y de l'ancienne 
orthographe du mot abîme. 
Car Y était du nombre de ces lettres 
qui ont un double avantage : 
indiquer l'étymologie et faire peindre 
la chose par le mot : ABYME."
[Victor Hugo] 

Extrait de Faits et croyances
(c) Crumb
"Ecrire le plus précisément possible...
pour que personne ne trahisse ma pensée...
Chercher les mots justes... 
quelle tragédie que la vie de l'écrivain..."

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Bruxelles subventionne 
du Kafka low cost

   (...) Avec Goethe, il fait partie du canon littéraire enseigné dans tous les lycées des pays germanophones. Mais aujourd'hui, Franz Kafka est victime de ce que la Frankfurter Allgemeine Zeitung qualifie d’"exécution subventionnée par l'UE". Le quotidien évoque ainsi le "véritable scandale" révélé par son confrère autrichien Kronenzeitung : une maison d'édition autrichienne a envoyé sans raison apparente quelque 2 000 exemplaires gratuits du Château à des lycées allemands et autrichiens. 
   Une générosité appréciable, si les livres n’étaient truffés de fautes d'orthographes "de la pire espèce", rapporte la FAZ. Célèbre pour son engagement quasi militant pour une bonne orthographe, le quotidien note que "la première page compte à elle seule neuf erreurs".
  Face aux nombreuses plaintes qu’il a reçues, l’éditeur, qualifié de "gonflé" (nous aurions d'autres termes moins aimables), a ajouté une note aux deux millions d’exemplaires publiés, expliquant qu’il "a fini par tolérer ces erreurs pour des raisons économiques d'une part, mais d'autre part parce que la littérature n'est pas un concours d’orthographe". 
   Il reconnaît par ailleurs que l’opération a été "une bonne affaire", la Commission européenne ayant subventionné le projet "avec une somme à six chiffres" (on comprend mieux...). Pour sa part, Bruxelles indique "vouloir creuser en profondeur" sur l'utilisation de la subvention avant de réagir officiellement (on donne n'importe comment de l'argent... et on réfléchit ensuite...).


http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief/1135781-bruxelles-subventionne-du-kafka-low-cost

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"Si la cause est bonne, 
c'est de la persévérance. 
Si la cause est mauvaise, 
c'est de l'obstination."

[Laurence Sterne] 
Extrait de Tristam Shandy
"Tant que Dominique ne me touche pas,
je la lui soutiens...
mais de loin"

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DSK-ANNE SINCLAIR 
S’IL N’EN RESTE QU’UNE...
 (joli compte dû à la plume élégiaque de
Ghislaine Ribeyre)
   (...) En pleine tempête (de neige?), elle est partie. A la mi-juillet dernier, peu après la mise en liberté surveillée de DSK, à New York, Anne Sinclair a quitté son mari, direction le Canada. Quelques jours en pleine nature, dans le ranch de ses amis Jean et Daniela Frydman, pour oublier un mois d’un huis clos étouffant, au 153 Franklin Street : lui, elle, et les accusations de Nafissatou Diallo. Elle avait peuplé l’immense loft (mais quand même étouffant...) avec des centaines de photos de famille, y compris un immense portrait de sa première petite-fille, née fin mai. Il y avait aussi les visites des avocats, les séances de gym avec un coach (pour destresser, y'a pas mieux. Faut demander aux SDF ce qu'ils en pensent), les plats chinois livrés à domicile (Ah... c'est un stress? Parce que chinois?). Les courriels pour marteler aux amis parisiens sa foi en l’innocence de « Domi », pendant que lui passait des heures à jouer aux échecs sur son iPad (traduction: elle s'activait et lui glandait?). Et les cachets pour dormir, jusqu’à quinze heures par jour (y'avait rien d'autre à faire qu'à dormir... pauvre Anne qui ne voyait rien venir...). 
   Ce qu’ils se disaient, une fois les visiteurs partis et les ordinateurs éteints, personne ne le sait: Anne Sinclair a voulu préserver jusqu’au bout les secrets de leur couple (et les engueulades qui allaient avec?) . En juillet, laissant Laurin, le fils de DSK, veiller sur son père (en l'empêchant d'aller sur certains mauvais sites?), elle est allée respirer ailleurs. Pour mieux revenir.
   « Avant », car il y eut un avant à la suite 2806 du Sofitel, à la plainte de Tristane Banon et à l’affaire du Carlton, quand on demandait à Dominique Strauss-Kahn ce que représentait pour lui Anne Sinclair, il s’en tirait par une formule charmante et anodine : « Tout. » Aujourd’hui, c’est vrai jusqu’à l’absurde. Elle est sa dernière alliée, son seul rempart, son ultime alibi. (...)

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"Il y a un but, mais pas de chemin ; 
ce que nous nommons chemin est hésitation."  
[Franz Kafka]
"Des allemands pauvres? Où ça, où ça, 
faut justement que j'm'entraîne!"

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Ces autres 1 % 
que les invités du G20 ne verront pas
(n'ont pas vus...)
Annika Joeres . Die Zeit
   Angela Merkel ne sera pas la seule Allemande présente sur la Riviera ces jours-ci. Nombre de ses compatriotes, devenus SDF, luttent pour survivre sur la Croisette.

   (...) De nombreux SDF sont originaires d’Allemagne, attirés notamment par la douceur du climat. En octobre et novembre, on peut encore dormir dehors à Cannes, il y fait 15 °C la nuit. Mais des agents de sécurité veillent devant les commerces. Au milieu des années 1990, dans la ville voisine de Nice, le maire de droite, Jacques Peyrat [1995-2008], avait fait ramasser les mendiants dans la rue pour les conduire en bus à 20 km de là, au mont Chauve, à 800 mètres d’altitude. Il a fallu attendre que l’un de ces sans-abri s’effondre et meure, sur le chemin du retour, sous le soleil accablant de juillet, pour que cessent ces déportations. 
   Cet été, la ville de Cannes a voulu inciter les habitants à “donner utile”, à travers une campagne d’affiches et de prospectus : au lieu de donner aux mendiants dans la rue, il leur a été conseillé de faire des dons aux organisations caritatives. A l’origine de l’opération, le président du Palais des festivals, David Lisnard, parle de “charité bien ordonnée". Andreas Jachmann s’en remet toujours à ses connaissances personnelles. Le matin, un banquier lui offre son café quotidien, et le soir, un employé de Leader Price lui donne un sac rempli de produits périmés. “Cela fait longtemps que je n’ai pas eu faim”, confie-t-il d’un air satisfait.
   Mais il y a aussi cette jeune femme d’Osnabrück, Jasmina. Elle marche pieds nus, dans des claquettes ornées d’une fleur en plastique. A la suite d’un chagrin d’amour, elle a quitté le nord de l’Allemagne en stop pour le sud de la France. Arrivée à Cannes, elle a envoyé une carte postale représentant des palmiers à son ex-petit ami. Depuis plusieurs mois, elle dort sur la plage avec une amie hollandaise. 
   Elle fait les poubelles. Dans l’une d’elles, derrière une boulangerie haut de gamme, elle déniche un sac rempli de croissants, mais une odeur pestilentielle l’assaille : le bon boulanger a pulvérisé du poison sur ses invendus. (...)

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"Mais ma rose est sans épine!
- M'en fous. Casse-toi!"
«Le viol est le seul crime 
où la victime se sent coupable»

/ Pourquoi manifester ?
   Clémentine Autain : D’abord pour lutter contre le tabou. Une femme peut raconter dans un dîner qu’elle a été cambriolée, victime d’un attentat, de la perte d’un proche. Elle ne peut pas dire qu’elle a été violée. Elle sait le malaise, la gêne qu’elle va provoquer, elle a intériorisé la honte, elle a trop peur que le regard des hommes sur elle se modifie. Le viol est le seul crime dans lequel la victime se sent coupable.(...)
   (...) Finalement, j’ai eu la «chance» d’être violée sous la menace d’une arme, un couteau sous la gorge ! Cela évacue les questions du type : Pourquoi je ne me suis pas débattue davantage, pourquoi je n’ai pas réussi à partir ? Ces questions hantent beaucoup de femmes violées, les font sombrer dans la culpabilité. Alors même que, contrairement à ce que disent certains, dans l’écrasante majorité des viols, il n’y a pas d’arme. Ce qui fait la contrainte, c’est l’autorité, la domination physique, les menaces, le chantage affectif. On ne peut pas comprendre le viol si on ne comprend pas la sidération. Cette paralysie liée à la peur de mourir qui fait que, par exemple, une femme ne va pas mordre le sexe de l’homme lors d’une fellation imposée. (...)

/ L’affaire DSK a révélé la persistance de discours archaïques, peut-elle aussi faire avancer les choses ?
   C.A. : La bonne nouvelle, c’est que le débat est mis à jour. Cette minoration de ces violences, cette parole réactionnaire, est maintenant dans le débat public, sur un terrain politique. On a tout à gagner à ce que ce genre de réflexions sorte du secret, de l’intime. L’enjeu est qu’il ne faut pas que le couvercle se referme. Il faut que cette question soit présente dans les débats de la présidentielle.

/ Vous dites que le combat contre les violences aux femmes est miné par les stéréotypes, lesquels ?
   C.A. : L’idée, par exemple, que le viol n’est qu’une histoire de sexualité. Il y a des conséquences sur la vie intime, bien sûr, mais pas seulement, car le viol touche beaucoup plus que la sexualité. La violence, elle est d’abord dans le fait de nier l’autre. Les conséquences vont de la boulimie à la dépression, aux tentatives de suicide, à l’autodévalorisation permanente. Et l’ampleur du traumatisme n’est pas uniquement définie par les faits commis, mais aussi par l’histoire de chaque femme, sa possibilité d’en parler, d’être aidée…

/ Il y a aussi la confusion entre liberté sexuelle et agression…
   C.A. : Je suis scandalisée par l’association entre féminisme et puritanisme. Ce sont les féministes qui se sont battues pour la contraception, pour dissocier le plaisir de la procréation. Dire que l’on veut sortir la sexualité d’un rapport archaïque de domination masculin-féminin, cela n’enlève rien, au contraire ! Cela ouvre le champ à l’imagination, cela libère le plaisir. Favoriser l’expression du non, c’est consacrer plus de valeur et de saveur au oui.

Lire l'interview entière (avec réponses également de Tristane Banon) sur: