Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

mardi 22 juillet 2014

"Son enfant intérieur ne mettait jamais le nez dehors". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE TEMPS EST 
UN FLEUVE SANS FIN)

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(La danseuse au bas laid attendant
d'entrer en scène)



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(Cubaines tâtant le pouls d'Haïti)



L’amnésie de Mauricio Vicent (El Pais) : 
pas un mot de la solidarité de Cuba en Haïti !

José Manzaneda 
coordinateur de Cubainformation.

(traduction Françoise Lopez)

   (...) Plus de 3 millions de personnes de 34 pays - principalement d’Amérique Latine - ont été opérés de la vue ces 10 dernières années grâce à ce qu’on appelle l’Opération Miracle, un programme de solidarité des Gouvernements de cuba et du Venezuela. Trois millions de personnes sans ressources pour payer une opération qui aujourd’hui - dans leur majorité - seraient aveugles.

   L’information est spectaculaire. Mais plus spectaculaire est le fait ... qu’il n’y ait cette information dans aucun média international. C’est la censure implacable de toute information positive sur Cuba ou sur le Venezuela.

   Celle qu’applique, par exemple, le journal espagnol El Pais. Récemment, ce journal a publié une série de 10 chroniques et reportages photos sur la coopération internationale en Haïti, signés par Maricio Vicent. Curieusement, celui qui, pour avoir été le correspondant à La Havane pendant 20 ans, connaît à la perfection le rôle solidaire de Cuba en Haïti ne mentionne pas une seule fois Cuba dans les 10 travaux cités.

   Souvenons-nous que chaque chronique de Mauricio Vicent depuis La Havane était une pique contre le Gouvernement cubain que, systématiquement, il rendait responsable de tout problème économique et social dans le pays. Dans ses chroniques sur Haïti, au contraire, les calamités sociales dont il informe ne sont de la responsabilité ni des gouvernements ni du système (capitaliste) ni du modèle économique néolibéral et néocolonial imposé pendant des décennies.

   Vincent compare les très bas indices de développement humain en Haïti avec ceux de la République Dominicaine mais pas avec ceux de Cuba. Il qualifie le taux de mortalité infantile en Haïti de "scandaleux" : 70 pour 1 000 naissances vivantes face aux 21,3 de la République Dominicaine. Il ne mentionne pas, bien sûr, les 4,2 de Cuba, le pays dont il a calomnié le système politique et social pendant des années : un taux 17 fois plus bas que celui d’Haïti, 5 fois plus bas que celui de la République Dominicaine et même inférieur à celui des Etats-Unis et du Canada.

   El Pais encense le travail an Haïti - sans doute positif - de Médecins du Monde, de Foi y Joie et des Frères de la Charité. Mais de la gigantesque solidarité de Cuba, pas un mot. Et il censure des données qui mériteraient sans doute une large couverture dans l’information internationale. Par exemple :

   - Depuis 1998, plus de 11 000 coopérants cubains sont passés par Haïti, en majorité des médecins. Ils ont soigné plus de 20 millions de patients, 680 000 dans leur propre logement. ils ont réalisé plus de 373 000 interventions chirurgicales et 150 000 accouchements, sauvant la vie de plus de 300 000 personnes, 322 000 ont été soignées dans des centres de rééducation et plus de 60 000 ont été opérés de la vue. Aujourd’hui, il reste en Haïti près de 700 coopérants.

   - Cette solidarité cubaine s’étend aussi à l’éducation. Plus de 250 000 personnes ont été alphabétisées en Haïti avec des programmes cubains et près de 1 300 étudiants ont été diplômés dans les universités de l’Ile avec des bourses du Gouvernement cubain. Actuellement, 322 y étudient, en majorité à l’Ecole Latino-américaine de Médecine, qui prépare les étudiants haïtiens à ensuite se rendre dans les endroits de leur pays qui en ont le plus besoin.

   - Les accords de ce qu’on appelle la coopération triangulaire Sud-Sud entre pays d’Amérique Latine sont également invisibles dans les médias. Par exemple, le Brésil a financé 3 centres hospitaliers en Haïti, où les soins sont donnés par le coopération médicale cubaine. Un d’entre eux est l’Institut de Rééducation qui a servi à plus d’un million de personnes atteintes de handicaps physiques. Et plus de 30 hôpitaux communautaires sont rénovés ou construits grâce à la collaboration solidaire du Venezuela et de Cuba.

   Mais pas une seule de ces données ne sont apparues dans les plus de 10 chroniques sur l’aide internationale en Haïti signées par l’ex correspondant d’El Pais à Cuba, Mauricio Vicent, aujourd’hui atteint, semble-t-il, par une préoccupante amnésie passagère.


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Luc Desle

lundi 21 juillet 2014

"Cet homme politique avait eu une solide formation d'usurier de la pensée". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TA RAISON EST-ELLE
LA DÉRAISON DE TON VOISIN?)

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(Le Capitalisme avait un sacré mal de tronche)



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(Technocrates européens débattant 
de la pérennité des lois humaines)


http://zeroing.tumblr.com/

« L'EFFACEMENT DU POLITIQUE »
DE PIERRE LE VIGAN

Un livre indispensable de réflexion pour l'été

Michel Lhomme

   (...) L'Union européenne s’est bâtie contre les Etats. Elle se veut l'amorce de l'Etat universel rêvé par Kant, la concrétisation du cosmopolitisme politique. Nous le rêvions humain et démocratique, il se révèle technocratique et totalitaire. L’attitude du Parlement européen est typique à cet égard. Une étude de la Diète fédérale allemande a établi récemment que 85 % de nos lois et règlements proviennent désormais de Bruxelles, ce qui vide de sens le principe même de subsidiarité et les délibérations de nos Parlements nationaux. Le mode d'être de la politique est la gouvernance à savoir la gestion des « affaires courantes », l'absence de toute autorité. 


   C'est ce que Pierre Le Vigan appelle « l'effacement du politique », la dépolitisation du monde. Elle est le règne du droit, la dictature du droit, la république des juges au cœur du grand marché. « Toute société a un droit oral ou écrit », nous rappelle Le Vigan mais « notre société se veut régie par le droit » (p.126). Ce n'est effectivement pas la même chose. Il faut dix ans pour rédiger un règlement ou une directive européenne, dix ans pour la modifier.

   La directive, résultat de la réflexion des experts vaut alors force de loi. Le peuple, même par ses représentants, n'est jamais consulté. On comprend, par l'analyse, que Pierre Le Vigan brosse du néo-constitutionnalisme contemporain ce sentiment que nous avons de ne plus pouvoir rien faire au quotidien. Ce sentiment d'absence de liberté n'est pas indépendant du processus de marchandisation extrême qui est à l'œuvre. Il en est au contraire sa logique même. On ne nous prive pas de notre liberté individuelle mais de toute liberté collective. Le pouvoir judiciaire est ainsi la nouvelle religion du temps ( p.136 ), les directives et les décrets arbitraires, le mode quotidien de gouvernement. Cela illustre le passage de la démocratie représentative à la démocratie procédurale, analysée aussi par les argentins Alberto Buela et Luis Maria Bandieri. Le droit est vidé, marchandisé, privatisé. Pierre Le Vigan fait la généalogie de ce processus, de Machiavel et Hobbes à Habermas, et c’est le grand apport de ce livre que de mettre à jour les racines profondes de la dépolitisation de l’Europe.


   Chez les économistes, on avancera que la zone euro est en crise, que la monnaie unique est inadaptée à des économies divergentes. On ne fait pas vivre en effet dans la même zone monétaire un marchand de machines-outils ou de voitures de luxe, l’Allemagne, et un marchand d’olives ou un armateur sans pavillon national, la Grèce, sauf à instituer une union de transfert des riches vers les pauvres. Mais Pierre Le Vigan va plus loin et rappelle l'essentiel, l'erreur européenne : vouloir construire une unité politique par l'économique.


   On sait que Jacques Delors ne lira pas Pierre Le Vigan. C'est un hommage. Delors a raillé plusieurs fois le concept, selon lui « bien français », de l' « Europe puissance ». A deux reprises en Commission des Affaires Etrangères et en Commission des Affaires Européennes, il a martelé l’utopie de l’Europe puissance, ajoutant qu’il n’y aurait jamais de politique étrangère commune. Pourtant, l’Union européenne a été pensée comme un bloc et construite comme tel dans les années 1950/60 pour faire pièce à la Guerre Froide et aux deux blocs, les Etats-Unis et l’U.R.S.S. S'il est illusoire de croire qu’une organisation de vingt-huit, bientôt trente Etats-nations, puisse constituer une force homogène, l'Europe n'existera pas non plus comme un agrégat de nations ou un galimatias d'Etats

   De plus, il n'y a pas accord sur l'Europe culturelle ( malgré l'Homère de Dominique Venner ), sur l'Europe religieuse ( malgré la chrétienté de François ), sur l'Europe linguistique ( malgré le mythe indo-européen de Nouvelle Ecole ), sur l'Europe ethnique (malgré l'homme blanc deTerre et Peuple ). Alors n'y aurait-il pas ou plus de substance européenne ? Mais alors quelle Europe ? Pierre Le Vigan en appellerait-il à un nouveau monde politique : l’ère des puissances relatives ? 


   La mondialisation des échanges dépasse le cadre des organisations régionales et singulièrement celui de l’Union européenne en pleine récession. En matière de politique étrangère, notre destin ne se joue plus sur la Vistule et l’Oder-Neisse, mais en Méditerranée, en Afrique, dans les pays du Levant, en Chine et dans tout le Pacifique. Mais peut-on encore parler d'une hyperpuissance capable d’imposer unilatéralement ses choix au monde ? Les Etats-Unis commencent de plus en plus à coaliser désormais les autres contre lui. A chaque tentative hégémonique correspond une nouvelle coalition qui se constitue et se défait : l’Irak, la Syrie, la Libye, le réchauffement climatique (Paris sera le siège, au mois de décembre, de la conférence sur le climat ). L’ancien Secrétaire à la Défense américaine, Donald Rumsfeld utilisait une formule juste: selon lui, aujourd'hui, « c’est la mission qui commande la coalition ». Alors, de quelle Europe avons-nous besoin ? De quelle mission ? Il faut poser la question. D'une Europe populaire ? D'une Europe de la puissance ? D'une Europe politique mais de quelle politique, pour quelle politique ? 


   Le bon sens cartésien nous guide : l’Union européenne s’est élargie, elle doit s’amaigrir. 80 % des compétences doivent redescendre au niveau des Etats. Il faut réconcilier la souveraineté nationale et la coopération européenne. Si les formes cité, nation, empire sont obsolètes, si l'Etat de droit se trouve dissous dans le droit et le tout juridique, l'état universel n'en est pas moins impossible parce qu'il contredit la nature politique de l'homme, empêche la dialectique de la reconnaissance et donc la réalisation de l'Histoire. Mais quelle unité politique défendre alors à l'échelon européen ? De fait, la Cour fédérale allemande a fermement rappelé en juin 2010 qu’il n’y avait pas de peuple européen, mais des peuples allemand, français, italien, etc. Et qu’en tout état de cause, pour l’Allemagne, le dernier mot appartenait à la seule Diète fédérale ! Le meilleur moyen, dès lors, est de constituer un Parlement européen à partir des Parlements nationaux – des Commissions aux Affaires européennes – qui siégerait ponctuellement dans une Union européenne fortement recentrée ou d'accepter la suzeraineté de la puissance allemande en Europe (ce qui ne se peut).


   Ces mois prochains, la question de l’Union européenne se reposera par l'attitude du Royaume Uni, l'indépendance possible de l'Ecosse, un référendum britannique à venir. La Grande-Bretagne devrait sortir de l'Union européenne mettant alors l'Union Européenne au bord d'une implosion à la soviétique. Depuis des décennies, de Rome à Lisbonne, la petite Europe des Traités a vécu dans la contradiction entre une idéologie fédéraliste sous-jacente et la pratique intergouvernementale. Elle a tenté d'ignorer la confusion antidémocratique de ses institutions par la « gouvernance » oligarchique et un surcroît d’ultralibéralisme. L'Union européenne a nié radicalement la souveraineté populaire. S'agit-il donc de retrouver le nationalisme, l'identité collective de base, le citoyen européen ?

   Pour Pierre Le Vigan, non, il s'agit de penser une refondation européenne mais sans nationalisme. Mais alors, de quel modèle politique peut éclore la refondation européenne ? De l'idée de confédération, la forme d’une confédération des Etats européens pouvant inclure la Fédération de Russie et la Turquie pour la simple raison que ces deux Etats participent et ont toujours participé à l’équilibre européen. Mais, il s'agit de confédérer par en bas (la généralisation de la démocratie participative au niveau local) et par en-haut, en posant les conditions de la coopération diplomatique des différentes nations européennes. Il est donc bien question de retrouver en interne le vieux principe fédératif (Proudhon ?), le solidarisme (Léon Bourgeois), l'associationnisme (Louis Blanc ?) et en externe, la coopération et le consensus diplomatique sans l’uniformité.

   Tout reposerait donc sur un principe de subsidiarité bien compris. Comme le souligne à la fin de son ouvrage au style clair, concis et largement référencé, c’est vers l'idée d'Empire, de « confédération des peuples d’Europe» que s'oriente Pierre Le Vigan. Dans la conclusion d'un commentaire judicieux, Bruno Guillard pose les bonnes questions : fédération, empire, confédération, état fédéral ou alliance inter étatique ?... C'est effectivement tout un programme et nous attendons avec impatience l'analyse plus poussée des formes politiques impériales qui éclairerait sa proposition. Pourquoi ? Parce que Pierre Le Vigan est un autodidacte (« personne ne me fascine davantage que les autodidactes » dit Jacques Attali !) de la philosophie et que c'est, comme pour les artistes ou les écrivains, chez eux, qu'on retrouve le plus la créativité des concepts, chère à Deleuze. (...) 

   Pierre Le Vigan, L’Effacement du politique / La philosophie politique et la genèse de l’impuissance de l’Europe, préface d’Eric Maulin, éditions La Barque d’Or, 15 € (+ 4 € de frais de port), 164 pages, labarquedor@hotmail.fr


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Luc Desle

dimanche 20 juillet 2014

"La Sécurité Sociale refusa tout net de rembourser les opérations esthétiques du Monstre de Frankenstein". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(AIME AUSSI L'AMOUR
POUR CE QU'IL NE TE DONNE PAS)

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(Ma nouvelle fiancée
ronflait un peu trop fort la nuit)



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(Dans ce désert, le sable était hyper collant)



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(Ses cheveux qui flambaient lui donnaient
et lumière, et chaleur en hiver)



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(Les flèches de mépris qu'elle me lança
étaient bien réelles)



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Jacques Damboise

samedi 19 juillet 2014

"Il vendangeait l'Amour comme on le lui avait appris à l'école des coeurs solitaires". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(AIMES-TU LA ROSE POUR
SON ODEUR OU SES ÉPINES?)

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(Le vendeuse de rêves bleus n'avait pas la pêche)



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ledevoir.com

FRANCE
Acheter un livre, un acte politique ?

PAMELA DRUCKERMAN
THE NEW YORK TIMES
   (...) Le Parlement français a adopté le 26 juin dernier une loi interdisant le cumul de la gratuité des frais de port avec un rabais de 5 % sur les livres. Depuis la loi Lang de 1981, un livre neuf vendu en France a un prix unique fixé par l'éditeur, qui doit être imprimé sur la couverture du livre. Le vendeur est autorisé à proposer une réduction allant jusqu'à 5 % du prix du livre. Amazon France a répliqué en proposant une livraison à 1 centime.

   Quand on est expatrié en France, le plus agaçant c'est que personne, ou presque, n'a la moindre idée de ce qui s'y passe vraiment. Les Américains ont tendance à penser que Paris est un musée socialiste où les Parisiens savent se contenter de minuscules carrés de chocolat et attacher leur foulard à la perfection.

   Alors qu'en fait les Français ont pas mal de choses plus intéressantes à nous apprendre. Cette idée m'est venue en me baladant dans mon quartier, dans le centre de Paris. Je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas moins de dix librairies (je vous jure que c'est vrai) dans un tout petit périmètre autour de mon appartement. D'accord, je vis dans un quartier particulièrement porté sur les livres. Mais quand même : en matière d'économie du livre, les Français seraient-ils plus doués que nous ? (...)

   (...) Si je m'amusais à compter les librairies, c'est que je venais d'apprendre qu'Amazon retardait ou annulait la livraison de certains de ses livres afin de faire plier Hachette. Cette information m'a fait réfléchir. Aux Etats-Unis, 41% des livres neufs sont vendus par Amazon, qui détient 65 % des parts de marché des ventes de livres neufs en ligne. Pour économiser quelques dollars et avoir le plaisir de faire son shopping au lit, nous avons donc bradé une précieuse ressource naturelle – la production littéraire de notre pays – à un milliardaire aux dents longues titulaire d'un diplôme d'ingénieur.

   La France au contraire vient de voter à l'unanimité une loi dite anti-Amazon, interdisant aux vendeurs en ligne de proposer la livraison gratuite sur les livres bénéficiant déjà d'une réduction [la TVA à 5 %]. Cette nouvelle décision s'inscrit dans un effort de préserver la "biblio-diversité" et d'aider les libraires indépendants à concurrencer la vente en ligne. Ici aucun libraire n'a le pouvoir de faire pression sur les éditeurs. Selon les estimations, Amazon s'arrogerait seulement 10 à 12 % des ventes de livres neufs en France et si le géant du net accapare 70 % du commerce de livres en ligne, seulement 18 % des livres sont vendus sur Internet en France. (...)

   (...) Le secret des Français, impensable aux Etats-Unis, s'appelle le prix unique du livre. Depuis 1981, la loi Lang – du nom de l'ancien ministre de la Culture – interdit au revendeur d'offrir plus de 5 % de réduction à ses clients sur le prix des livres neufs. Ce qui signifie qu'un livre coûte plus ou moins la même chose où que vous soyez en France, Internet compris. La loi Lang avait pour objectif d'assurer la diversité de l'offre éditoriale tout en préservant les librairies.

   Fixer le prix des livres peut paraître choquant pour un Américain mais, dans le reste du monde, c'est une pratique courante, et ce pour les mêmes raisons. En Allemagne, les magasins ne peuvent proposer aucune réduction sur la plupart des livres. Six des plus gros vendeurs de livres au monde, l'Allemagne, le Japon, l'Italie, l'Espagne et la Corée du Sud, garantissent le prix fixe du livre.

   Et le lien entre cette réglementation et la (relative) bonne santé des librairies indépendantes est indéniable. Au Royaume-Uni, où cette réglementation a été abandonnée dans les années 1990, il reste à peine 1 000 librairies indépendantes. Un tiers des librairies ont mis la clé sous la porte ces dix dernières années, à cause des réductions consenties par les supermarchés ou par Amazon, allant parfois jusqu'à plus de 50 %. "Il faut être maso pour acheter un best-seller dans une librairie au Royaume-Uni", grince Dougal Thomson, de l'Union internationale des éditeurs. (...)

   (...) Cette loi française sur les livres n'est pas seulement une question économique mais bien une vision du monde. Les Français considèrent les livres comme un bien culturel à part. Soixante-dix pour cent des Français disent avoir lu au moins un livre au cours de l'année précédente ; la moyenne étant de 15 livres lus par an et par Français. Les Français reconnaissent faire davantage confiance aux ouvrages imprimés qu'aux autres médias, comme la presse et la télévision. Quant au gouvernement français, il considère le livre comme "un produit de première nécessité" au même titre que l'électricité, le pain et l'eau.

    Les Français ne sont pas pour autant d'insupportables pédants ou des fétichistes du livre. Ils veulent valoriser une expérience que nous partageons aussi outre-Atlantique. "Quand votre ordinateur rend l'âme, vous le jetez à la poubelle. Or vous gardez le souvenir d'un livre vingt ans après l'avoir lu. Vous vous êtes laissé pénétrer par une histoire qui n'était pas la vôtre. Elle a forgé votre identité. Et c'est seulement plus tard que vous constatez combien ce livre vous a marqué. Certes on ne garde pas tous les livres, mais ce n'est pas un marché comme les autres. Le contenu de votre bibliothèque en dit d'ailleurs long sur votre personnalité", explique Vincent Montagne, président du Syndicat national de l'édition. (...)

   (...) La mienne de bibliothèque me rappelle surtout que je ne suis pas française. Et si j'adore flâner dans les librairies à l'éclairage intimiste de mon quartier, j'y achète surtout de la papeterie et des cadeaux de dernière minute pour les anniversaires des enfants. Les libraires en ligne sont une bénédiction pour nous autres exilés. Comme la plupart des gens qui s'agacent de l'hégémonie mondiale d'Amazon, je veux le beurre et l'argent du beurre : pouvoir acheter ce que je veux en ligne mais également avoir le plaisir de flâner dans une librairie.

   Et je ne veux pas qu'acheter un livre devienne un acte politique. Les Français aiment se faire livrer chez eux et ils sont de plus en plus nombreux à se mettre au livre numérique (qui représente seulement 3 % du marché du livre). En effet, malgré toutes leurs librairies surannées, les Français ont une attitude typiquement américaine : ils veulent avoir le choix (ce qu'ils appellent atteindre un équilibre). Et, contrairement à nous, peut-être vont-ils réussir.


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(L'Homme est-il le prolongement
naturel de l'Origine du Monde?)



http://zeroing.tumblr.com/post/91841316633/perpective

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Benoît Barvin

vendredi 18 juillet 2014

"Ils étaient tous deux sur des berges parallèles au Bonheur". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'EAU DE LA JOIE
ÉTANCHE TOUTES LES SOIFS)

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(Jeune secrétaire riant à gorge déployée
à propos d'une blague graveleuse commise
par son nouvel employeur)


Gary Winogrand

(La jeune femme se suicidera quelques heures plus tard...)


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"A notre euro-scepticisme, my dear.
- Tchin!"



ROYAUME UNI :
“Cameron avance vers la réforme de l’UE
avec un remaniement-éclair”


   (...) Le Premier minsitre britannique David Cameron a profondément remanié son gouvernement le 15 juillet, après la démission la veille du ministre des Affaires étrangères, William Hague. Hague a été remplacé par le ministre de la Défense, Philip Hammond, “un ministre qui a déclaré qu’il voterait pour que le Royaume-Uni quitte l’UE faute de réformes”, écrit leFinancial Times, et dont la mission sera de “préparer une renégotiation de l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE”. Cameron a également nommé Lord Jonathan Hill, le chef de file des Conservateurs à la chambre des Lords, comme prochain commissaire européen pour le Royaume-Uni.

   Selon le quotidien britannique, même si Cameron a donné à son gouvernement “un tournant eurosceptique”, ses collaborateurs insistent sur le fait que M. Hammond va aborder la renégociation sur l’UE avec un esprit positif et est déterminé à mener des réformes qui pousseront le pays à voter Oui lors du référendum prévu pour 2017.


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(La Femme à la tête coupée vous salue bien)


(Source: dig-image)

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Luc Desle

jeudi 17 juillet 2014

"La Fille qui se pâmait trop était-elle sincère?". Jacques Damboise in "Pensées de l'à-peu-près".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE EST-IL TON PÈRE?)

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(Réincarné en mammifère, Don Juan
gardait toujours ses bonnes manières)



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"Guili,guili...
Assez, Europe, tu n'échapperas 
de toute façon pas à l'austérité"


http://www.kusadasi.tv/fr/zeus-photos.html

La Commission européenne 
détruit tout ce qu’elle touche 
à l’inverse du roi Midas. 

(AmstrongEconomics)
Martin ARMSTRONG
 Ce sont des hommes de loi qui tentent d’assurer leur propre pérennité en professant que seule l’austérité permettra de maintenir la confiance dans l’Euro. Le président de la BCE, Draghi, a tellement perdu le contact avec la réalité que c’en est effrayant. Le montant total des dégâts causés à l’économie irlandaise commence seulement à apparaître. Le sauvetage des banques aux frais du contribuable a atteint quasiment 20% du PIB total du pays. C’est démentiel.

   Le Commissaire européen en charge des Affaires Sociales, László Andor, a parlé ouvertement de la possibilité d’un effondrement de la zone Euro. C’est très intéressant et cela montre que j’avais raison de dire que la nature humaine ne change jamais. Un gouvernement veut toujours PLUS de pouvoir, jamais moins. Pour la première fois, un membre de la Commission, Andor en l’occurence, a publiquement reconnu que la structure actuelle de l’UE la rendait vulnérable aux tensions sociales. Ce danger ne peut être combattu que par une plus grande fédéralisation de l’Europe. En d’autres termes, pour protéger la zone Euro, les pays doivent transférer leur souveraineté à Bruxelles. Ils ne pensent JAMAIS que le problème puisse venir d’eux.

   Angela Merkel veut que Jean-Claude Juncker soit le président de la Commission européenne (ce qui est chose faite maintenant). Dans une lettre confidentielle, Merkel a écrit qu’elle était obligée de proposer Juncker pour des raisons de politique intérieure. Merkel se sent apparemment persécutée par l’ombre imposante d’Helmut Kohl. Merkel dit quasiment au PM anglais, Cameron, de la boucler – C’est l’Europe qui est en charge pas l’Angleterre. Pourtant le Comité de Stabilité Financière allemand lui-même a attiré l’attention, dans un rapport, sur le fait que l’économie allemande encourrait "encore un certain nombre de grands dangers potentiels".

   Pendant ce temps, la dette publique italienne a atteint les 2000 milliards, un record. Fin mai, le nouveau PM italien Renzi a annoncé son intention de stimuler l’économie par des investissements massifs qui seront financés par de nouveaux emprunts. Une crise politique a éclaté en Italie avec l’annonce de la démission de quelque 14 sénateurs du Parti Démocrate (PD) de Matteo Renzi. Ils ont accusé le gouvernement d’avoir intentionnellement remplacé deux sénateurs du PD, Corradino Mineo et Vannino Chiti, à la Commission Parlementaire Constitutionnelle du Sénat, pour faire passer les projets de lois de Renzi de manière non démocratique. Les 14 Sénateurs appartiennent à un sous-groupe qui s’est formé à partir du Partito Democratico de Renzi. Cette situation oblige Renzi à rechercher une alliance avec Forza Italia de Berlusconi.

   En Belgique, cela fait 3 semaines, depuis les élections, qu’il n’y a pas de gouvernement effectif. Les pourparlers de coalition ont échoué sur la question de l’avenir du pays. Mais pour l’UE c’est une bonne affaire car le PM en titre, Elio Di Rupo, assure l’intérim et il entérine sans discuter toutes les décisions prises à Bruxelles. Ce qui contrarie fort les Belges.

   Partout où l’on regarde, on voit la Commission européenne se dresser contre les peuples. Andor prétend qu’ils vont fédérer Europe pour la sauver. Mais en réalité tout ce qu’ils veulent sauver c’est leurs propres intérêts et leur pouvoir.

   L’agence de notation Standard and Poor s’inquiète du montant de la dette européenne. En dépit des milliers de milliards que la BCE a injecté dans les marchés, la dette a explosé chez les particuliers comme dans les entreprises. C’est parce que l’économie a continué d’imploser et que le chômage des jeunes ne peut qu’augmenter. Les prix de l’immobilier montent dans les endroits où le capital afflue. C’est la conséquence directe du mouvement des capitaux.

   La politique de la troïka non-élue détruit l’Europe et au lieu de s’évertuer à éliminer la guerre, ils font tout ce qu’ils peuvent pour engendrer la division et le chaos. Le boom de l’immobilier est largement la conséquence du mouvement des capitaux. Les Français achètent beaucoup en Belgique pour tenter d’échapper à la folie de leur gouvernement qui les taxe à mort. D’ailleurs, d’une façon générale, les Français ont essayé de sortir leur argent des banques en investissant dans la pierre. L’immobilier est florissant en Angleterre grâce aux afflux de capitaux mais la même chose se produit en Nouvelle Zélande, Australie et Canada.

   En Chine, par contre, l’immobilier baisse pour la première fois. Aux Etats-Unis, l’immobilier a reculé dans les secteurs intermédiaires tandis que l’immobilier de luxe a rebondi grâce à l’afflux de capitaux.


Notes :
* Le roi Midas est un héros de la mythologie grecque. Un jour, Silène, ayant bu plus que de raison, s’égare jusque sur les terres de Midas, qui le recueille et lui offre l’hospitalité. Dionysos, à sa recherche, le trouve là et remercie l’hôte de celui qui l’a élevé en lui accordant un vœu. Midas demande alors la faculté de transformer en or tout ce qu’il touche. Incapable de manger et de boire, il supplie le dieu de reprendre son présent.


Traduction : Dominique Muselet


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"Je t'offre ma rose, 
mon bijou...
- ?"



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Luc Desle

mercredi 16 juillet 2014

"Le Bourreau séparait le bon grain de l'ivraie avec une grosse hache". Jacques Damboise in "Pensées de l'à-peu-près".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE BOIT-IL

LE VIN DE LA SAGESSE?)

PCC Jacques Damboise

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RENE CAILLE 

   (de son véritable nom Émile Caillé ) né le 31 juillet 1921 à La Rochelle, est un dessinateur, illustrateur et humoriste français. Après des études d’horticulture dans le but de devenir architecte paysagiste, et durant lesquelles il s'initie aussi bien à la botanique qu'à la décoration, René Caillé pratique divers petits métiers, tels que balayeur, secrétaire particulier et fonctionnaire de la Sûreté. Puis il s’inscrit à l’École des Beaux-Arts de Toulouse. Après plusieurs années de vaches maigres, sa carrière professionnelle prend son essor à Paris en 1947. 

   Féru de plastique féminine, il en intègre régulièrement dans ses dessins et illustrations, et connaît enfin le succès en popularisant un certain type de «Parisienne» acide et caricaturale. Il est également l’auteur, entre 1949 et 1953, de huit couvertures pour la collection de science-fiction « Le Rayon fantastique », ainsi que diverses autres œuvres illustrant ce genre littéraire. C'est aussi à cette époque qu'il réalise l'affiche pour le 8e Salon de l'enfance (1954).

   Il poursuit une carrière de dessinateur humoristique dans les années 1950-1960. Il est alors l’un des seuls à utiliser la couleur. Il se spécialise dans l’illustration sensuelle, érotique ou simplement « gauloise », et produit entre autres des dessins de pin-ups « à la française », publiés dans de nombreuses revues légères, d’un humour souvent primaire (Le Rire, Fou-Rire, Franc-Rire, V (V Cocktail / V Magazine / V Sélection), Blagues, La Canebière Humour Magazine, Paris Gai Magazine, À Paris, etc.). Il illustre à l'occasion d'autres revues populaires et sentimentales telles que Nous Deux. 

   Il réalise par ailleurs d'innombrables cartes postales érotico-humoristiques, ainsi que la décoration de divers objets commerciaux, tels que des tasses, des bols, des vide-poche ou des cendriers par exemple. René Caillé est aussi l’auteur d’illustrations de plusieurs livres pour enfants. En cinquante ans de carrière, sa signature n'apparaît dans pas moins de 105 titres français différents. Ses dessins sont en outre publiés dans des revues du monde entier (Europe, Amériques, Japon).


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Blanche Baptiste