Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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lundi 19 janvier 2015

"Ce viticulteur voulait que sa maîtresse lui lâche un peu la grappe". Jacques Damboise in "Pensées à petits pets".

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Pensées pour nous-mêmes:

(NE VOILE PAS TES PENSÉES)

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(L'Ennemi intérieur, ça existait également
dans le Monde animal)


"Woufmiaou..."

lahojadearena: Jean Jullien

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"Non, les frères Kouachi 
ne sont pas mes martyrs"

ABDOU SEMMAR

   Algérie-Focus publie le coup de gueule de l'un de ses éditorialistes, Abdou Semmar, après les dérapages lors des manifestations contre Charlie Hebdo, ce vendredi à Alger et dans d'autres villes du pays. Ceux qui crient leur admiration pour Daech et les frères Kouachi font insulte aux valeurs de la société algérienne, affirme-t-il.

   Un extrémisme en produit toujours un autre. Et l'ignorance qui accompagne le fanatisme suscitera toujours encore davantage de fanatisme. C'est la leçon que l'on peut tirer ce vendredi à la suite de ces manifestations spontanées qui ont été organisées un peu partout à travers le pays. Des manifestations qui ont drainé des milliers d'Algériens.

   Des milliers de nos concitoyens ont voulu donc dire et crier : "Je suis Mohamed". C'est leur droit le plus absolu de vouloir défendre ce qu'il leur semble une conviction religieuse qui leur est chère et précieuse. Nul ne peut remettre en cause le droit légitime de manifester dans les rues sa colère lorsqu'une croyance ou une sensibilité est attaquée. Qu'ils soient religieux, conservateurs ou islamistes, ces manifestants ont le droit de défendre pacifiquement leurs idées et leurs valeurs.

   Malheureusement, ces manifestations n'ont pas été à l'abri des dérapages et certaines dérives ont discrédité ces initiatives citoyennes. Oui, des dérives inacceptables et intolérables. Des dérives, oui. Plusieurs manifestants ont crié dans les rues leur admiration pour les frères Kouachi, les deux terroristes qui ont abattu froidement 12 personnes à la Rédaction du Charlie Hebdo, la semaine passée à Paris. Certains manifestants sont allés même jusqu'à considérer ces deux criminels comme des "Chouhadas", à savoir des martyrs. Des martyrs de quoi et de qui ? Pas les miens en tout cas. Des millions d'Algériens peuvent partager cette indignation provoquée par ce qu'on peut considérer comme une atteinte à la figure sacrée du Prophète Mohamed (QSSSL). Mais ces mêmes Algériens qui avaient connu les ravages du terrorisme abject durant les années 90 ne peuvent guère adhérer à ces appels à la haine et ce positionnement idéologique dangereux qui transforme, par la magie de la malhonnêteté, de simples bourreaux en "martyrs". (...) 

   (...) Ces manifestants qui ont crié aussi "le peuple et l'armée sont avec Daech" ne sont guère représentatifs de tous les Algériens. Mais ils demeurent Algériens. Il ne sert à rien de faire preuve d'une opinion bien-pensante en niant cette réalité révoltante. Ils sont une minorité ? Peu importe. Lorsque des Algériens, jeunes inconscients ou fanatiques idéologues frustrés, sillonnent les rues de notre pays pour célébrer la mémoire d'assassins et de terroristes, ce sont toutes nos valeurs qui sont gravement insultées. Ce sont tous nos idéaux enseignés par notre foi humaniste et universelle qui sont souillés sous nos yeux. C'est aussi tout notre passé révolutionnaire écrit par des hommes et femmes morts pour notre liberté qui est foulé aux pieds. Héroïser des terroristes, admirer des criminels, faire allégeance à l'obscurantisme de Daech, est une déclaration de guerre à la tolérance, la liberté d'expression, la paix et l'éthique.

   Ok, ces minables manifestants qui considèrent les frères Kouachi comme des «martyrs» ne sont pas représentatifs de mes compatriotes. Mais cette absence de lucidité dont ils souffrent cruellement renseigne bien sur la déliquescence intellectuelle de notre société. Une déliquescence qui illustre parfaitement les conséquences tragiques engendrées par l'autoritarisme de nos actuels dirigeants. Ces derniers ont tout fait pour faire taire la voix des esprits éclairés, empêcher les démocrates d'investir les lieux publics, verrouiller les espaces d'expression aux lectures modernes de l'Islam et de la gouvernance politique. Ce vendredi, le régime algérien a récolté ce qu'il a semé : un pan de notre jeunesse cède facilement au djihadisme stupide. 

   Ce vendredi, quelques constipés du cerveau ont prouvé à nouveau qu'un pays fermé, gouverné par des décideurs abonnés au totalitarisme et hostile à l'alternance démocratique, peut produire les pires dangers. Oui, les frères Kouachi ne sont pas mes martyrs. Ils ne le deviendront jamais. Ne vous fatiguez plus. L'enfant des années 90 que je suis sait choisir ses martyrs...


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Luc Desle

jeudi 25 décembre 2014

"Ce marcheur solitaire avait en fait assassiné ses compagnons de promenade". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pied".

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Pensées pour nous-mêmes:

(N'ATTENDS PAS DU MAÎTRE
QU'IL TE PAIE TES COURS
DE SAGESSE)

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"Et maintenant... Je dessine les seins..."


(Et soudain, la femme du peintre suspecta 
une terrible attaque d’Alzheimer...)


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"Tu es hindou ou chrétien?
- Ça fait une différence?
- Heu... Non... Continue, surtout"




Les extrémistes hindous veulent annuler Noël 

INGRID THERWATH 

   (...) Depuis l'arrivée au pouvoir des national-hindouistes du Bharatiya Janata Party (BJP, littéralement Parti du peuple indien) en mai, le gouvernement indien fait tout pour promouvoir une idéologie extrémiste hindoue. De nombreux responsables politiques multiplient depuis des mois, et sans jamais être contredits, les provocations pour mettre à l'honneur l'hindouisme tout en rognant des droits aux minorités religieuses du pays. Si 82 % des Indiens sont hindouistes, le pays compte également 14,2 % de musulmans – soit 172 millions de personnes – et 2,3 % de chrétiens. Par ailleurs, la Constitution garantit la laïcité ou plus exactement le "sécularisme", c'est-à-dire l'équidistance de l'Etat avec toutes les communautés religieuses.

   Et voici donc que Noël, jour férié en Inde, est dans la ligne de mire des nationalistes hindous. Premier point, des groupes proches du pouvoir veulent organiser des cérémonies de ghar vaspi ("retour à la maison") le 25 décembre. Il s'agit de convertir – ou de reconvertir – des musulmans et des chrétiens, parfois de force, à l'hindouisme. A New Delhi, dans les pages du Business Standard, le journaliste Bharat Bhushan compare les extrémistes hindous au Grinch, le personnage de Dr Seuss [illustrateur américain 1904-1991] qui veut gâcher Noël, et explique que "les ghar vapsi s'inscrivent dans un programme bien réfléchi avec un but politique. Tout l'émoi public autour des reconversions doit servir à créer les conditions nationales pour l'introduction d'une loi anticonversion", une loi contraire à la liberté de culte et d'opinion. (...)

   Autre nouvelle, le Premier ministre Narendra Modi a expliqué que le jour de Noël serait désormais célébré comme "Jour de la gouvernance", tandis que la ministre de l'Education a momentanément envisagé d'ouvrir les écoles ce jour-là. Sur le site Scroll.in, le journaliste Sidharth Bhatia se souvient d'avoir fêté Noël quand il était enfant à Bombay ; cela était tout à fait normal pour un petit garçon hindou. Lui aussi compare les extrémistes au Grinch et affirme que Noël est, au-delà d'une fête religieuse chrétienne, non pas un simple héritage colonial mais un des nombreux moments où se manifestent le cosmopolitisme et l'ouverture de l'Inde.

   Pour lui, "cette année, pour Noël, nous devons mettre un point d'honneur à manger, boire et être joyeux avec encore plus d'enthousiasme. Chanter des chansons de Noël le plus fort possible. Porter de ridicules bonnets de Père Noël et publier nos photos sur les réseaux sociaux. Et montrer ainsi aux extrémistes que leur tactique et leurs menaces ne marchent pas. C'est la façon la plus adéquate de nous assurer que nos traditions restent vivantes et ne tombent pas aux mains de ces bigots bornés."



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Edith Piaf

(Mais manifestement pas la distribution de fumette...)


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Luc Desle

lundi 6 janvier 2014

"Le Père Michel, qui avait perdu son épouse, demandait qu'on ne la lui rapporte surtout pas". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE EST UN FOU
QUI S'EST ASSAGI)

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"Mon mari et moi faisons quelques courses...
- Votre mari?
- Chuutt... C'est pour le politiquement correct..."


J.C Leyendecker


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"Je viens des siècles précédents pour te ficher une branlée.
- Ça tombe bien, j'ai la même intention"






Le XXIe siècle selon Saint-Augustin

Robert D. Kaplan
Traduit par Bérengère Viennot

   (...) La Pax Romana fut une période de paix et de stabilité relatives dans toute la zone méditerranéenne. Mais l’histoire est souvent prise de convulsions. En 200, l’Empire romain vivait encore dans l’ombre de l’empereur et philosophe païen Marc-Aurèle, mort depuis peu –dans une époque où, selon l’historien de Princeton Peter Brown, «un petit cercle de conservateurs acharnés» imposait l’ordre dans le monde. Au cours des cinq siècles qui suivirent, tout changea.

   En 700, l’Empire romain s’était volatilisé de la carte de l’Occident, l’Empire perse sassanide avait disparu du Proche-Orient, l’Europe était devenue chrétienne tandis que le Proche-Orient et la majeure partie de l’Afrique du Nord s’étaient convertis à l’islam. Dans l’intervalle, hérétiques chrétiens et membres de sectes –donatistes, moines incitant à la révolte, etc– pauvres, illettrés et extrémistes s’étaient dispersés tout autour du bassin méditerranéen, semant la terreur et brûlant synagogues et temples païens, avant d’être eux-mêmes dépassés en Afrique du Nord par des armées arabes prônant une religion nouvelle, plus austère. Pendant ce temps, les Goths ravageaient l’Europe et l’Asie Mineure était au bord d’un conflit entre chrétiens vénérant icônes et autres images sacrées et ceux qui glorifiaient leur destruction. Peter Brown, au fil du travail érudit de toute une vie, donna un nom à cette époque piquante au cours de laquelle le monde connut un bouleversement total: l’Antiquité tardive. (...)

   (...) L’Antiquité tardive ne nous semble spectaculaire que parce que nous connaissons son début et sa fin. Mais au cours de n’importe quelle journée de ce demi-millénaire, le monde méditerranéen n’aurait sans doute pas paru impressionnant du tout, et peu auraient su dire quelle direction prenaient les événements.

   Bien sûr, l’horloge de l’histoire avance bien plus rapidement aujourd’hui, et des milliers de mots –rien que dans ces pages– ont été écrits sur le Printemps arabe, l’intensification de la puissance militaire de la Chine, le tumulte dans l’Union européenne, la nucléarisation de l’Iran et le délabrement de l’hégémonie américaine post-Guerre froide. Mais pouvons-nous pour autant mieux discerner que les hommes de l’Antiquité tardive la direction que prennent les événements? (...)

   L’érosion du rôle de puissance organisatrice de l’Amérique, qui jusqu’ici s’appuyait sur l’assentiment public et l’incapacité de tous les autres d’ébranler le statu quo, a désorienté les élites de Washington et de New York dont le bien-être professionnel est intimement lié à l’implication proactive de l’Amérique à l’étranger. Et peu de situations mieux que celle de la Syrie n’évoquent aussi bien le sentiment de splendide isolement qui gagne de nouveau les citoyens américains ou n’expliquent plus complètement l’affaiblissement des Etats-Unis.

   La Syrie c’est le Levant, le cœur géographique de l’Antiquité tardive. Et sa désintégration, tout comme l’écroulement de la Libye, du Yémen et de l’Irak, ainsi que les troubles chroniques en Tunisie et en Egypte, n’est pas synonyme de liberté nouvelle mais d’effondrement de l’autorité centrale. Rome n’a pas pu sauver l’Afrique du Nord, et les Etats-Unis ne sauveront pas le Proche-Orient –car comme le montrent les sondages, l’Amérique en a plus qu’assez des imbroglios militaires à l’étranger. C’est l’anarchie, peut-être suivie de nouvelles formes d’hégémonie, qui en résultera.

   Si une vie et une seule incarne ce que fut l’Antiquité tardive, c’est bien celle de saint Augustin, Berbère né en 354 à Thagaste, aujourd’hui Souk Ahras en Algérie, près de la frontière tunisienne. En passant de la philosophie païenne au manichéisme pour finalement embrasser le christianisme, qu’il soumit à la logique de Platon et de Cicéron, saint Augustin était à cheval sur la Rome classique et le Moyen-Age. Son poème préféré était l’Enéide de Virgile, qui célèbre la fondation de la civilisation universelle de Rome. Il voua aux gémonies les donatistes radicaux (des Berbères schismatiques), dont l’hérésie menaçait de saper la stabilité du Maghreb, tout en constatant les bénéfices de liens traditionnels comme ceux du tribalisme. Il mourut à 76 ans, en 430, au milieu de l’attaque par les Vandales de Genséric de l’Afrique proconsulaire, première colonie romaine d’Afrique.

   Sa grande œuvre, La cité de dieu, écrit l’érudit Garry Wills, cherche à consoler les chrétiens désorientés de la perte par Rome du statut de principe organisateur du monde connu. Rome, écrit saint Augustin, n’aurait jamais pu satisfaire les cœurs des hommes: seule la Cité de Dieu en était capable. Par conséquent, à mesure que Rome s’affaiblissait, la religiosité prenait de l’ampleur.

   Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère susceptible de s’avérer tout aussi chaotique et qui pourrait nous tomber dessus bien plus vite étant donné la manière dont les révolutions électroniques et des communications, associées à une explosion démographique, ont comprimé l’histoire.

   Songez qu’en 1989, à la fin de la Guerre froide, les Etats-Unis étaient le colosse militaire et économique unipolaire, la démocratie libérale et triomphaliste décrite par le philosophe politique Francis Fukuyama dans son article «La fin de l’histoire?» Depuis, l’Union européenne s’est étendue à l’Europe centrale et de l’Est, promettant de mettre un terme aux furies du passé de ce continent. Bien sûr, le Moyen-Orient, de l’océan Atlantique au sous-continent indien, est resté plongé dans l’ignorance et l’intolérance jusqu’aux premières années du XXIe siècle. Mais au moins il était tranquille, en tout cas selon ses propres lamentables critères.

   Et puis le monde s’est effondré. Un attentat commis sur le sol américain par des extrémistes musulmans a débouché sur deux grandes invasions terrestres par les Etats-Unis au Moyen-Orient, ce qui a contribué à mettre la région en mouvement. Des autocraties décadentes se sont écroulées et des monarchies conservatrices se sont vu forcées de faire des concessions sans précédent, tandis que le programme de libération du président George W. Bush n’avait pas les résultats escomptés. L’Afrique du Nord s’est depuis décomposée en un monde flou formé de gangs, de milices, de tribus, de terroristes transnationaux, de forces expéditionnaires antiterroristes et de régimes faibles frappés d’immobilisme. Le Levant voisin a explosé dans une guerre rampante et de longue durée, ne laissant que deux entités légales fortes entre le bord le plus oriental de la Méditerranée et le plateau d’Asie centrale: un Etat juif et un Etat persan (d’où l’importance d’un rapprochement entre l’Iran et les Etats-Unis).

   Pendant ce temps, l’Union européenne commençait à sérieusement chanceler. Une crise de la dette, une croissance négative et des niveaux indécents de chômage se sont installés pendant des années et l’Etat-providence –cette réussite morale des politiciens européens d’après-guerre– est en passe de devenir, dans une large mesure, inabordable.

   La conséquence est que l’Union européenne elle-même, si dominante au cours des deux premières décennies qui ont suivi la chute du mur de Berlin, a perdu une partie de sa force géopolitique en Europe centrale et de l’Est, juste au moment où la Russie revenait sur le devant de la scène, autoritaire et puissante, grâce aux revenus des hydrocarbures. La carte de l’Europe est en train de perdre sa couleur homogène pour revenir à des nuances divergentes, où les identités nationales –qu’on croyait en repli– sont en pleine résurgence.
Le retour des tribus

   Quant à la Chine –ce monstre démographique et géographique devenu le moteur du commerce mondial– après une trentaine d’années de croissance sans précédent, elle voit son économie finalement ralentir. Si l’économie et l’armée chinoises continuent de croître de façon massive en valeur absolue, l’avenir de l’Empire du Milieu est moins certain qu’il ne l’était il y a dix ans. Avec des minorités ethniques et la majorité Han assoiffées de libertés alors que les opportunités se raréfient, il est bien possible que le destin de la Chine ne vive un jour une variation sur le thème de l’Union soviétique.

   L’autorité, autrefois si sûre et si commodément répartie sur la planète, semble en voie de désintégration tandis que les sectes et les hérésies –salafistes, cybercriminels, etc– entrent par la petite porte. Les Etats-Unis s’imposent encore en souverains tant économiquement que militairement, bénéficiant d’immenses réserves de ressources naturelles. Cependant, la puissance américaine se voit de plus en plus barrer la route par ces forces nouvelles et imprévisibles. La force pure –chars et avions de chasse, bombes atomiques et porte-avions– prend de plus en plus des airs de produits d’une époque industrielle qui n’en finit pas de s’éloigner. Et pourtant la version post-moderne de l’Antiquité tardive vient juste de commencer. (...) 


Lire la suite sur:

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"Je suis le nouveau sage de la Nouvelle Ere..."




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Benoît Barvin

vendredi 16 août 2013

"Cet enfant ressemblait au vieillard malodorant et désagréable qu'il serait plus tard". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(QUE PERD-T-ON DANS L'INFINI
DES VAGUES?)

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"Ce steak d'homme? Chomp, chomp, chomp...
Pas mal du tout. Pourquoi cette question?"


(Source: y-o-y-o, via amantes---amentes)


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"La Libre Pensée, c'est Dieu qui me l'octroie
 et un peu mes hormones quand elles s'emballent..."


Où est passée la libre pensée ?
DE MORGEN BRUXELLES
Traduction : Isabelle Rosselin

   (...) De même que l’Europe n’est pas qu’une simple entité géographique, l’Union européenne est plus qu’un simple organe politique. Je la considère avant tout comme un projet moral. Si nous souhaitons que l’Europe soit une communauté ouverte, nous devons promouvoir des valeurs spécifiques comme la liberté, la tolérance, la responsabilité individuelle et interpersonnelle. Ces valeurs morales doivent y être profondément ancrées, sur les plans institutionnel et politique. Sans cet ancrage, ou s’il n’est pas suffisamment solide, ces valeurs s’effriteront.

   Souvent, les valeurs qui nous sont chères nous semblent acquises. Nous ne prenons conscience qu’elles ne le sont pas que lorsque nous risquons de les perdre. En juin dernier, Zygmunt Bauman, sociologue de réputation internationale, a été harcelé par une centaine de skinheads polonais lors d’une conférence à l’université de Wrocław‎. Cet incident tumultueux m’a rappelé la nécessité de la liberté intellectuelle et le rôle des intellectuels dans la société.(...) 

   (...) Le concept d’“intellectuel” a une consonance assez négative. Il évoque l’image d’un vieillard qui, du haut de sa tour d’ivoire, pense avoir un meilleur aperçu de la société que ceux qui vivent en son sein. Pourtant, les intellectuels sont indispensables à une société saine. L’Histoire nous enseigne que l’une des premières cibles des régimes totalitaires — à gauche comme à droite — est l’esprit interrogateur de ceux qui pensent autrement.

   Le débat intellectuel peut constituer un contrepoids de taille à l’extrémisme politique et à la rhétorique populiste. Aussi n’est-ce pas un hasard si les plus violentes attaques à l’encontre de la sphère intellectuelle libre viennent des populistes et des extrémistes.

   On le constate dans la Hongrie de Viktor Orbán, où la liberté de la presse et l’opposition sont bridées, où les intellectuels sont poussés à bout et où l’antisémitisme, l’intolérance et le manque de liberté s’accentuent. A Wrocław‎, l’atteinte à la liberté intellectuelle venait d’une frange peu encline à la démocratie. Le groupe de hooligans a fini par être expulsé de l’amphithéâtre de l’université par des membres de la brigade antiterroriste polonaise et des agents de police armés jusqu’aux dents.

    Voilà la liberté intellectuelle sauvée, pourrait-on se dire. Mais quand la liberté de pensée et d’expression dépend de nos services antiterroristes, ne faut-il pas s’attendre à ce que la situation tourne mal en Europe ? Il est difficile de penser librement à l’intérieur d’une cuirasse. (...) 

   (...) Chez nous aussi, la liberté intellectuelle est peut-être moins évidente que nous le supposons. Il y a bien des manières de rogner la liberté ; cela ne se fait pas forcément sous la contrainte. La manipulation, les pressions implicites, le conformisme ou même l’entretien d’une notion aussi vague que “l’air du temps” sont des mécanismes efficaces pour obliger les gens à penser en cadence.

   Actuellement, plusieurs facteurs réduisent la sphère intellectuelle. La contrainte de publier dans le monde universitaire, ou le diktat des chiffres de vente sur le marché des livres, orientent le contenu et la forme de la pensée dans une direction déterminée. Les idées sont des marchandises et la conception d’une idée qui ne se vend pas ne rapporte rien.

   Ces pressions économiques favorisent la radicalisation, la prise de positions de plus en plus catégoriques. Pour vendre, il faut se faire remarquer. Une vérité qui se situe au centre est vite piétinée sous l’assaut d’opinions extrêmes. Les nuances se remarquent rarement. Contrairement aux positions hardies. (...)

   (...) C’est aussi l’effet du populisme sur le débat politique et social : une rigidité et une agressivité croissante dans l’argumentation qui s’opposent non seulement à tout dialogue, mais aussi à toute introspection critique. Et sans dialogue ou introspection critique, la sphère intellectuelle est extrêmement restreinte. (...) 

   (...) Un véritable philosophe est une personne qui remet tout en cause, et avant tout lui-même. L’auto-relativisation est indispensable à l’ouverture d’esprit. Il n’y a de liberté de pensée que lorsque l’on est capable de remettre en cause ses propres conceptions. Même si, en se livrant à ce questionnement et en relativisant ce qui nous concerne, on peut parfois avoir l’impression d’être un charlatan, comme l’a fait remarquer autrefois le philosophe polonais Leszek Kołakowski.

   Kołakowski était un modèle d’esprit libre. Il était le contraire d’un philosophe passant son temps à déclamer ses vérités le poing levé. Kołakowski soulignait sa propre ignorance tout comme l’ignorance des autres. Par là-même, il rendait davantage justice à la vérité que les esprits critiques autoproclamés qui se montrent surtout critiques vis-à-vis des autres, et non vis-à-vis d’eux-mêmes. (...) 

   (...) Début juillet, j’étais à Varsovie pour participer à un débat sur les valeurs européennes et les moyens de les transposer politiquement. Ce débat était organisé par la Commission européenne, convaincue qu’une interaction entre intellectuels et politiciens peut amener à mieux gouverner.

   Un nombre non négligeable de membres de la délégation polonaise a cependant saisi cette occasion pour donner des leçons au président de la Commission, José Manuel Barroso, lui reprochant l’appauvrissement culturel (supposé) de l’Europe. Leur ton arrogant illustrait le point de vue que j’étais moi-même venu défendre, à savoir que les intellectuels font souvent preuve de rigidité et de suffisance dans leur argumentation. Ils constituent ainsi eux-mêmes un obstacle au débat ouvert dont ils ont besoin pour fonctionner.

   J’étais assise à côté de György Konrád, écrivain hongrois qui, tout comme Kołakowski, incarne la libre pensée, avec autant de subtilité que de modestie. Je l’ai vu lever les yeux au ciel tandis que le débat tournait aux reproches et il m’a dit qu’il en avait mal à la tête. L’Europe ferait bien de s’inspirer davantage des descendants spirituels de Kołakowski et de Konrád. Même si d’aucuns ne manqueront pas de trouver ma remarque arrogante et prétentieuse en soi. Il est donc temps pour moi de me retirer et de me remettre en cause. (...) 


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"Comment ça, ça ne vaut pas comme
foulard islamique?"


35 days. #hitgirl #dragoncon

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Benoît Barvin

lundi 18 mars 2013

"Elle se vendait au plus offrant, la Vérité, sans état d'âme". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(MÊME SI ON T'EMPRISONNE,
TA PENSÉE CONTINUE DE VOLER)

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"Et l'immolation par le pinard et les propos graveleux,
ça compte aussi comme attitude suicidaire?"



« Certaines situations peuvent conduire 
à des suicides protestataires »
Marion Rousset

   (...) - Regards.fr. Grèves de la faim et immolations par le feu sont-elles l’expression d’un désespoir ou d’une protestation ?

   / Olivier Grojean. C’est un mélange des deux. Les grèves de la faim sont des actes de protestation, mais elles font parfois de nombreux morts. A l’inverse, les personnes qui s’immolent par le feu peuvent survivre, notamment en raison de l’intervention d’un tiers. J’aurais du mal à classer ces actes dans le désespoir ou la contestation. La négation de son identité, l’absence d’autres ressources ou de projections de soi dans l’avenir peuvent conduire à des suicides protestataires qui prennent la forme d’une grève de la faim, d’une immolation, d’une pendaison ou d’une défenestration.

   - Pourquoi en vient-on à utiliser son corps comme ultime recours ?

   /La plupart du temps, ceux qui utilisent ce recours sont des gens qui ont de faibles ressources, peu de moyens de protester autrement. C’est le cas des sans-papiers comme des détenus par exemple. Les situations d’automutilation sont très fréquentes en prison…

   - Mais lorsqu’un maire comme Stéphane Gatignon fait une grève de la faim, il n’est pas dans ce cas…

   / En tant que personnalité politique, il a plein d’autres moyens à sa disposition, il pourrait lancer une pétition. On est donc plutôt là on est dans un coup stratégique qui, dans un conflit donné, doit permettre de dépasser une situation de blocage.

   - Est-ce parce que ces actes ont lieu dans l’espace public qu’ils relèvent de la protestation ?

   / Un ouvrier qui se pend dans son usine inscrit son geste dans un lieu où il y a des spectateurs. C’est une manière de proclamer politiquement sa souffrance. Mais l’absence de publicité ne suffit pas à infirmer la nature contestataire d’un acte. Les immolations par le feu au sein du mouvement kurde, par exemple, ont une dimension plus sacrificielle, de communion avec le leader du PKK.

   - Peut-on retracer l’histoire de ce type de pratiques ?

   / Sous l’Empire romain, des soldats s’automutilaient pour ne pas partir faire la guerre. Les grèves de la faim, elles, sont plus récentes. Il existait des jeûnes de protestation en Irlande et en Inde visant par exemple à jeter l’opprobre sur quelqu’un qui vous devait de l’argent. Ces jeûnes se sont politisés avec les suffragettes anglaises au début du 20ème siècle avant de se diffuser dans toutes les régions du globe. Quant aux immolations par le feu, elles relèvent au départ de rituels bouddhistes convertis pour la première fois en mode d’action politique en 1963, lorsque le moine Thich Quang Duc s’immole contre la guerre du Vietnam. La situation est très spécifique : beaucoup de gens l’accompagnent, il a prévenu la presse, un cordon de sécurité empêche toute personne de s’interposer. Son acte aura un retentissement international qui conduira d’autres figures et mouvements à recourir à cette même violence contre soi. 

   C’est le cas de Jan Palach en Tchécoslovaquie, Norman Morrisson aux Etats-Unis, mais aussi des Tigres tamuls ou des Kurdes. La réappropriation de cette technique contestataire est sans doute facilitée par des contextes où il existe déjà, comme au Moyen Orient, une tradition de suicide personnel par le feu.

   - Le geste d’un chômeur qui tente de s’immoler n’est pas comparable à celui d’un Tigre tamul…

   / En effet, les Tigres tamuls ont d’autres moyens à leur disposition. Un chômeur en fin de droits ne peut pas organiser une manifestation à lui tout seul, ses revendications sont d’ordre plus personnel. C’est là que la distinction entre désespoir et protestation est la moins nette. Ceci dit, s’immoler par le feu devant Pôle emploi est une manière pour le chômeur de montrer que son cas est exemplaire, de donner une visée collective à son acte.(...)

Lire sur:


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zonite 1948 (by Captain Geoffrey Spaulding)


"Man', est-il beau, au moins?
- Evidemment... Pourquoi te banderais-je
les yeux  sinon?"

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"Les postes télé toujours Diables seront..."

Qui se cache derrière le site extrémiste
 catholique "Kreuz.net" ?
Patricia Zhou

   (...) Le 5 octobre, la maison d'édition gay berlinoise Bruno-Gmünder a promis une récompense de 15 000 euros pour démasquer les personnes qui se cachent derrière le site germanophone d'extrême droite « kreuz.net ». En effet, un article sur le site se réjouissait de la mort du comédien gay Dirk Bach le 1er octobre. « Il brûle maintenant dans l'enfer homo éternel », avait-on pu lire dans un article anonyme, comme la plupart des contributions du site. Parmi les 600 mails reçus par l'éditeur, environ 10 % auraient fourni des renseignements utiles. Depuis, la prime offerte par l'éditeur a augmenté: le 19 novembre, elle se montait à plus de 23 000 euros.

   Sur le site homophobe kreuz.net, un article titré "Un homosexuel guéri met en garde contre le fascisme homosexuel". Le 6 novembre, les responsables de la campagne« Stoppt kreuz.net » (Arrêtez kreuz.net) lancée par l'éditeur Bruno-Gmünder ont remis à la justice à Berlin, les résultats obtenus jusqu'ici. Ils contiendraient des informations importantes sur les personnes qui se cachent derrière le site « kreuz.net », mais les noms des personnes qui y figurent n'ont pas été divulgués, ont précisé les initiateurs de la campagne. 

   Le site « kreuz.net » créé en 2004 qui se présente comme un service de nouvelles catholiques, s'est fait connaître pour ses propos extrémistes contre les homosexuels, les protestants, les juifs, les musulmans, et tous les catholiques « libéraux ». Les efforts pour identifier ses administrateurs étaient restés vains jusqu'ici car le site est enregistré aux Etats-Unis, utilise des noms de sociétés-écrans et a plusieurs fois changé d'hébergeur.(...) 

   D'après un article publié le 6 novembre sur le site de l'hebdomadaire allemand Spiegel, cinq membres de l'Eglise catholique figureraient sur la liste de noms remises à la justice. Mais les responsables de la campagne « Stoppt kreuz.net » ont démenti l'information ; d'après eux, les noms cités par l'hebdomadaire, ainsi que par d'autres médias, sont ceux de collaborateurs au site. D'après le Spiegel, il s'agirait de cinq prêtres qui risquent des poursuites judiciaires et des sanctions ecclésiastiques, dont un vit en Allemagne, un en Suisse et trois en Autriche. 

   Parmi eux figure Hendrick Jolie, prêtre du diocèse de Mayence. Celui-ci a déclaré n'avoir aucun lien avec « kreuz.net » et que le site avait repris illégalement ses contributions. Mais d'après l'hebdomadaire, il était le titulaire de l'adresse e-mail « redaktion@kreuz.net ». Le diocèse de Mayence a annoncé l'ouverture d'une enquête et a convoqué l'abbé Jolie pour une explication.(...)

Lire l'article sur:

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Luc Desle

samedi 29 octobre 2011

"Bien que vous voulûtes l'imiter, vous ne le pûtes, affirma, très gentleman, un des courtisans du Résident à son épouse". Jacques Damboise in "Phrases célèbres un peu"



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Max RAABE / Dans la vie faut pas s'en faire


Max Raabe (né le 12 décembre 1962 à Lünen) est un chanteur allemand et le leader du Palast Orchester. Son groupe et lui sont des spécialistes de la reprise de musique allemande ou étrangère des années 1920 et 1930.

Paroles :
En sortant du trente et quarante
Je ne possédais plus un radis
De l'héritage de ma tante
Tout autre que moi se serait dit
Je vais me faire sauter la cervelle
Me suicider d'un coup de couteau
M'empoisonner me fiche à l'eau
Enfin des morts bien naturelles
Mais voulant finir en beauté
Je me suis tué à répéter :

Dans la vie faut pas s'en faire
Moi je ne m'en fais pas
Toutes ces petites misères
Seront passagères
Tout ça s'arrangera
Je n'ai pas un caractère
A me faire du tracas
Croyez-moi sur terre
Faut jamais s'en faire
Moi je ne m'en fais pas

Je rentre à Paris mais mon notaire
M'annonce : votre père plein d'attention
Vous colle un conseil judiciaire
Et vingt-cinq louis par mois de pension
Et comme je ne vois plus personne
Dont vous puissiez être héritier
Faut travailler prendre un métier
C'est le conseil que je vous donne
Uniquement vous voudriez
Que je vole le pain d'un ouvrier

Dans la vie faut pas s'en faire
Moi je ne m'en fais pas
Ces petites misères
Seront passagères
Tout ça s'arrangera
Je n'ai pas un caractère
A me faire du tracas
Croyez-moi sur terre
Faut jamais s'en faire
Moi je ne m'en fais pas

Dans la vie faut pas s'en faire
Moi je ne m'en fais pas
Je n'ai pas un caractère
A me faire du tracas
Croyez-moi sur terre
Faut jamais s'en faire
Moi je ne m'en fais pas

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"Gouzi, gouzi...
- P'tain, non! Pas lui!!"
233ème semaine de Sarkofrance: 
Sarkozy, Père de la Nation ? 
Un rôle de composition !

   (...) La Sarkofrance, c'est aussi des scandales, ses affaires, une République irresponsable et si reprochable. Mardi, coup de théâtre, Bernard Squarcini, le patron de nos services secrets, un fidèle du Chef de l'Etat, était mis en examen pour «atteinte au secret des correspondances, collecte illicite de données et recel du secret professionnel» dans l'affaire des fadettes du Monde. Squarcini n'est pas content. Il n'a fait qu'exécuter les ordres. Son propre patron, Frédéric Péchenard, directeur de la police nationale, devrait suivre. 
   Jeudi (20 octobre), on apprenait que l'ancien ami du Monarque Thierry Gaubert, inculpé pour recel d'abus de biens sociaux, était en plus visé par une plainte pour subornation de témoin. Des enregistrements de conversations téléphoniques avec sa femme montreraient qu'il l'a menacée si elle en confiait trop au juge.
   Une autre proche de Nicolas Sarkozy, Joelle-Ceccaldi-Raynaud, maire UMP de Puteaux, avait été entendue cet été comme témoin assisté par un juge de Nanterre dans une enquête sur des soupçons de malversations financières, dans le cadre du renouvellement d'un contrat de chauffage urbain du quartier d'affaires de la Défense. De nouvelles révélations du Canard Enchaîné ont provoqué l'ire de l'élue qui a fait acheté tous les exemplaires du journal dans sa ville.
On croit rêver. (cauchemarder irait mieux...)
Lire l'article - et l'excellent blog - à l'adresse suivante:


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"Vive la Démocratie,
au nom d'Allah
le Miséricordieux.
- Et qu'Il punisse
ceux qui ne croient pas en Lui...
- Non, en Elle!
- En... Heu... Lui, je persiste!"
Entre deux représentations d'« Amnesia »
en Europe, Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi 
sont allés voter à Tunis
J.-P. Thibaudat
(extrait d'interview)


Jalila Baccar: 
   (...)Les jeunes tunisiens ont assisté, impuissants devant leur poste de télévision à des tas de guerres. La deuxième intifada, le 11 septembre, les guerres en Afghanistan, l'Irak, etc. ? , jusqu'au cadavre de Kadhafi hier.
   L'impact de l'image a été énorme pour ces jeunes dont parents ne pouvaient pas manifester même pour la Palestine. Et quand on a manifesté on s'est fait tabasser. Ces jeunes là, qu'est ce qu'ils peuvent faire ? Quelle vision du monde, quelle vision de leur parents ont-ils ?
   Leur image du monde n'est pas une image d'amour comme dans la pièce l'enfant qui ne veut pas naître dans ce monde là. Pendant très longtemps nous nous sommes confrontés au pouvoir, aujourd'hui il a perdu sa force mais nous sommes confrontés à la censure d'un certain public, et à notre propre autocensure : alors comment allons nous affronter cela aujourd'hui.
   Je ne pense pas seulement au cas du film « Persépolis » qui a été très médiatisé. Juste après le 14 janvier, les premières personnes qui ont été attaquées ce sont des artistes.
   Une cinéaste, des musiciens ont été attaqués, une petite salle de théâtre de Tunis a été fermée, un cinéma attaqué par des salafistes. Sans parler des comédiennes qui, sur Facebook, sont traitées de tous les noms. Bien sûr il a des résistances contre cela, comme des manifestations ces derniers jours. Il y a un combat à mener contre une certaine vision de la Tunisie.

Fadhel Jaïbi: 
   C'est un combat contre nous mêmes. Je ne me suis jamais autant senti menacé, traqué que depuis le 14 janvier. Dans ma vie, ma chair. Ce n'est pas du tout une promenade que de faire faire demain en Tunisie un théâtre dissident, subversif, libre, laïque.
   Les forces contrerévolutionnaires sont en marche. En Tunisie et ailleurs. Lorsque je vois la manière dont Kadhafi a été assassiné, lynché avec la complicité de l'OTAN, lorsque je vois à quel point la violence engendre la violence, la barbarie engendre la barbarie.
   Lorsque je vois à quel point les armes des islamiste et des hordes sauvages on été crétinisées et instrumentalisées pour tuer, ou user des armes, qu'est-ce que nous avons, nous ? Nous avons notre parole, la poésie. La liberté de parler. (...)
Lire l'intégralité de l'interview sur:
http://blogs.rue89.com/balagan/2011/10/23/entre-deux-representations-d-amnesia-en-europe-jalila-baccar-et-fadhel-jaibi-so-0


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"Quand on fait l'andouille,
on finit toujours par être mangé..."

[Henri Jeanson]
Dialogue du film de Christian-Jacques
"La tulipe noire"
lesmanantsduroi.com
"Pfff... Ch'est malin..."



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Mort de Kadhafi : 
BHL ou la barbarie à visage libyen
 Daniel Salvatore Schiffer philosophe
   (...) On peut être un opposant à Kadhafi, un des pires tyrans du XXe siècle et condamner tout aussi fermement la manière dont les soldats du CNT ont lynché puis assassiné ce même Kadhafi, contrevenant ainsi de manière flagrante, aux principes de tout pays démocratique comme aux valeurs de toute conscience humaine. (...)
   (...) Comment penser sans quelque effroi à ces rebelles - les soldats du CNT - tuant sans états d’âme et égorgeant à tours de bras, en hurlant de continus et insanes "Allah Akbar !" ainsi que nous l’on montré quantité de reportages télévisés, leurs ennemis ?
   Quant à l’actuel président de l’organe législatif de ce même CNT, Moustafa Abdel Jalil, qui fut aussi l’ancien et redoutable Ministre de la Justice de Kadhafi en personne (et, comme tel, celui-là même qui condamna par deux fois à la peine de mort, après un procès monté de toutes pièces, les infirmières bulgares), n’est-ce pas encore lui qui déclarait, il y a quelques jours à peine, que c’est la charia – l’obscurantiste loi coranique – qui prévaudrait désormais, comme en tout pays islamiste, en Libye ?
   Ainsi BHL ne se rend-il donc pas compte, en cette sorte de terrorisme intellectuel qui lui vaut désormais de viatique idéologique, que celui qu’il encense aujourd’hui en Libye, jusqu’à l’emmener sous les ors de la République Française, ne tient en fait là que le même discours, religieux et rétrograde, contraire à cette laïcité sans laquelle il n’est point de véritable démocratie, que ceux qu’il vilipende à juste titre, en République Islamique d’Iran, lorsqu’ils condamnent à la lapidation, pour un simple adultère, la pauvre Sakineh ?
   Cet aveuglement typique d’une certaine intelligentsia française n’est, du reste, pas nouveau, hélas pour le pays des Lumières ! Car, pour ne s’en tenir qu’à cette étrange et incompréhensible fascination que les ayatollahs les plus intégristes exercèrent parfois sur les intellectuels germanopratins, comment ne pas se souvenir, avec stupeur là aussi, de ces articles dithyrambiques que le grand Michel Foucault, alors adversaire résolu du Chah d’Iran, publia en 1978, dans les colonnes du très respectable journal "Le Monde", à la gloire de Khomeiny, qu’il y avait en outre l’impudence de qualifier, parmi d’autres énormités du même acabit, de "saint homme exilé à Paris" (Khomeiny était alors sous la protection, hébergé dans un élégant pavillon de la banlieue parisienne, du président Valéry Giscard d’Estaing) ?
   Et le non moins immense Sartre, qui multiplia lui aussi, en ces années-là, les tribunes pour soutenir publiquement celui qui allait ainsi bientôt devenir, nanti de l’autorité morale de certains de nos plus insignes philosophes, le "guide spirituel", en 1979, de la Révolution Islamique ? Quant à sa chère Simone de Beauvoir, auteure de l’historique "Deuxième Sexe", c’est avec consternation que les plus lucides des féministes de ce temps-là la verront faire carrément le voyage, toujours pour y aller soutenir cet affreux phallocrate de Khomeiny, de Téhéran ! (...)
Lire l'article en entier sur:

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Luc Desle