Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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vendredi 30 janvier 2015

"Très timide, Dieu se cachait de ses adorateurs". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA BEAUTÉ NE SE RÉVÈLE
QU'A CELUI QUI VEUT LA VOIR)

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(Cet acteur boxait les maux avec fougue)



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AUSCHWITZ

Quand le "Telegraph" révélait dès 1942
le massacre des Juifs par les nazis



L'article paru dans The Telegraph le 25 juin 1942.

   Alors que le monde commémore les soixante-dix ans de la libération du camp d'Auschwitz le 27 janvier, le quotidien britannique The Daily Telegraph publie un article qui annonçait dès 1942 l'existence des chambres à gaz et le massacre perpétré contre les Juifs par les nazis.

   Sous le titre "Les Allemands tuent 700 000 Juifs en Pologne : voyage dans les chambres à gaz", l'article parlait trois ans avant la fin de la Seconde Guerre mondiale du "plus grand massacre de l'Histoire". "Les hommes âgés de 14 à 80 ans sont conduits dans un même endroit, souvent un square ou un cimetière, et sont tués avec un couteau, une arme à feu ou des grenades. Ils ont dû creuser leur propre tombe en amont", pouvait-on lire à l'époque.

   C'est par le biais de Szmul Zygielbojm, un membre du gouvernement polonais alors en exil à Londres, que le journal avait pu obtenir ces informations. "Après son arrivée à Londres en 1942, Zygielbojm a utilisé un réseau de contacts clandestins en Pologne occupée pour rassembler des témoignages sur le sort des Juifs. L'information a été envoyée illégalement à Londres sur un microfilm caché dans une clé", explique The Telegraph

   Mais, comme l'explique le quotidien, l'article n'a eu à l'époque que peu d'écho auprès des politiques et du public, et Zygielbojm "a dû faire face à l'indifférence, aux doutes et même aux suspicions" autour de lui.


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Benoît Barvin

lundi 27 octobre 2014

"L'homme qui croyait aux mites se dit qu'il avait fait une erreur quelque part". Jacques Damboise in "Pensées de l'à-peu près".

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Pensées pour nous-mêmes:

(AIME QUI T'AIME)

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"Tu as raison, Edward, 
j'ai moins froid maintenant...
- Approche-toi plus près encore...
- Tu es sûr?"


(via groundbreak)

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(Remember)


bouffonduroi.over-blog.fr

Quand le président de Total
jouait l’imbécile au café du Commerce‏

MYRIAM (REPORTERRE)
   (...) Christophe de Margerie, président de la compagnie Total, et un des barons de l’oligarchie française, est décédé dans un accident d’avion à Moscou lundi 20 octobre. Je tiens à préciser que je n’ai rien contre le journal Libération. Il m’arrive même de l’acheter et de le lire… Mais ce que j’ai vu du « Forum » Libération qui s’est tenu à Rennes ce week-end était tout simplement écoeurant.

   Le thème : 2030. Les invités ce samedi matin 12 avril : Christophe de Margerie, PDG de Total, Pascal Lamy, ex-secrétaire général de l’OMC, et Navi Radjou, optimiste par nature (je ne lui ai pas trouvé d’autre fonction officielle que celle-ci)De Forum, il ne fut point. Juste un exercice de séduction de Christophe de Margerie pendant 1h30 (c’est long).

   Introduction de C de Margerie : « Ce que je souhaite pour 2030, c’est que les gens se parlent sans rentrer dans les vieux antagonismes. » La gouvernance mondiale ? Les Etats et la classe politique ont fait leur temps. Place aux citoyens et aux entreprises car « c’est elles qui créent l’emploi et fabriquent l’innovation dont le monde a besoin ».

   Le dérèglement climatique ? Il a fallu que quelqu’un dans l’assistance, moi, pose la question car la journaliste modératrice du « débat » n’avait pas jugé utile d’évoquer le sujet. J’ai pourtant lu sur un média très sérieux que Total était le plus gros émetteur de CO2 en France, et de loin, avec 398 millions de tonnes rejetées en 2010 par les barils extraits au large des côtes du monde entier (article de Jade Lindgaard et Arthur Pivin).

   Réponse de Christophe de Margerie : « En France, ce sont les raffineries qui émettent du CO2, mais quand j’ai voulu en fermer une en France, la France entière s’est mise en grève. Êtes-vous venue me soutenir pour fermer cette raffinerie ? »

   Pourtant, la question ne portait pas sur le raffinage sur le territoire national mais bien sur l’extraction mondiale. Les experts du climat affirment que si les grands producteurs pompent toutes les réserves de pétrole connues ou en cours de découvertes, nous serons bien au-delà de 2° C espérés d’augmentation de la température moyenne mondiale.

   La transition énergétique ? Petit sourire narquois pour expliquer que Total avait acheté une exploitation photovoltaïque en Californie. « Mais c’est moche. Je ne voudrais pas de cela dans ’ma’ Normandie. D’ailleurs il n’y a pas beaucoup de soleil en Normandie ! » S’en suit une diatribe pour dire que l’économie française était déjà largement« décarbonée » et que c’est dans les pays émergents que la transition doit avoir lieu. « Et nous, Total, on les aide à produire proprement ». Sans plus de précision sur l’aide.

   La journaliste de Libé ne semblait pas disposée à demander des éclaircissements. Et puis, rien ne remplacera un réacteur nucléaire, pas même l’exploitation photovoltaïque de Californie. « Il faut garder ce qui marche »Pour finir, les cinq questions posées par l’assistance n’ont donné lieu à aucun débat, le micro étant sur le champ retiré à celui ou à celle qui avait la chance de l’attraper.  Tiens, la journaliste prend la parole ! « On a pu finir sur une note d’optimisme, on a bien fait de ne pas faire la grasse matinée ce matin ».

   L’optimisme de circonstance était le suivant :

   Navi Radjou : « Je viens souvent en France car il y a beaucoup d’innovation en terme d’économie de partage, d’économie circulaire et d’économie du système D. »

   Christophe de Margerie : « La France est très attendue dans le monde. Je reviens de Mexico et je peux vous dire que là-bas, ils ne savent pas que nous sommes dans un profond pessimisme. Alors allez travailler à l’étranger, bougez, vous verrez ! Mais j’aime aussi Rennes, et je vais l’aimer encore plus car ma fille va s’y installer. Mais pas sous le nom de Margerie, heureusement pour elle » (regard à la personne, moi, qui a évoqué les 398 millions de tonnes de CO2 en 2010).

   Ouf, on a quand même pu finir sur de l’optimisme. Et puis, comme espéré pour 2030, « les gens se parlent sans rentrer dans les vieux antagonismes ».


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(Ce sauté de champagne avait plus de succès
que le sauté de veau)



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Benoît Barvin

samedi 11 janvier 2014

"Il était gai comme un prêtre qui change sa vieille chasuble". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(ADOPTE LE SILENCE COMME AMI)

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"J'aime bien fumer un peu après un bon exercice"



Bruce Weber’s Adventures in Hollywood
Photographer: Bruce Weber


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"Heu... Ma Chérie... Ce n'est pas exactement
comme ça que je voyais cette photo, tu comprends..."



Et si la “civilisation de l’image”
avait du plomb dans l’aile?

André Gunthert

   (...) La nouvelle direction du quotidien gratuit 20 Minutes a révélé jeudi le projet de supprimer l’essentiel de son service photo, soit 13 postes, pour ne conserver que deux rédacteurs-éditeurs. Les rugissements de matimeline ne se sont pas fait attendre. Tout à la joie mauvaise du “je vous l’avais bien dit”, les experts en c’était-mieux-avant se hâtent de rallumer les bougies du deuil du photojournalisme et entonnent le chant du “y’a plus photo“.

   Plus d’images demain à 20 Minutes? Pas tout à fait. En réalité, les colonnes du journal comme les pages du site web ne changeront guère d’aspect: le quotidien conserve son abonnement à l’AFP, principal fournisseur de la presse française, et à Sipa. Je n’ai pas fait le compte, mais il n’est pas très risqué de parier que la majorité de l’iconographie du journal provient d’ores et déjà de ces sources. Comme celle du Chicago Sun-Times, qui a supprimé son service photo en juin 2013, la direction de 20 Minutes envisage également de demander à ses enquêteurs de produire photos et vidéos, de réutiliser ses archives, et de recourir accessoirement à un service de commercialisation de crowdsourcing, le finlandais Scoopshot.

   Une telle décision n’est pas une bonne nouvelle pour les professionnels, ne serait-ce que parce qu’elle atteste la dévalorisation des métiers de l’image. Mais faut-il en rester à la grille de l’approche spécialisée pour aborder un tel symptôme? La déploration du c’était-mieux-avant s’appuie sur l’a-priori qu’une illustration de qualité est par définition meilleure pour la presse qu’une illustration low cost. La preuve: un organe comme Mediapart, qui a une politique visuelle à peu près inexistante, est au bord du dépôt de bilan, alors que Libération, qui est le quotidien le plus volontariste en matière iconographique, caracole en tête des ventes. — Ah non! Désolé, on me dit dans l’oreillette que c’est le contraire! Comment est-ce possible? La photo n’aurait-elle pas toutes les vertus en matière journalistique? Jean-François Leroy et Christian Caujolle nous auraient-ils menti?

   A l’évidence, la presse ne fonctionne pas sur les mêmes critères qu’un festival photo ou une galerie d’art. La réponse au mythe de la qualité est facile à apercevoir et s’étale déjà à longueur de colonnes. Alors que 20 Minutes n’est pas connu pour son inventivité graphique, le gratuit est le premier quotidien national (avec une diffusion revendiquée de 979.440 exemplaires et 4,3 millions de lecteurs).

   Pour dépasser le niveau habituel des clichés de la déploration, rappelons un point de repère utile: l’arrêt de la publication en 1972 de Life, champion toutes catégories du “pictorial journalism” et de l’iconisation de la photographie, pour des raisons qui relevaient déjà de la baisse des budgets publicitaires, alors absorbés par l’essor de la télévision.

   N’en déplaise au contempteurs du numérique, des amateurs ou de l’air du temps, la banalisation de l’image est un processus engagé de longue date. En matière de photographie comme de journalisme, les contenus de qualité coutent cher à produire, et ne sont rentables que s’ils apportent un avantage compétitif. Le luxe de la production artisanale pouvait se justifier au temps où la manne de la publicité dopait une industrie peu regardante. On aimerait penser que le goût du public l’amène naturellement à préférer une image bien composée à un visuel médiocre. Mais la vérité est que ce facteur n’agit que de façon marginale, et influe surtout sur la perception des professionnels eux-mêmes.

   A quoi sert la photo dans un journal? Libération, on s’en souvient, avait égaré la réponse à cette question. Le projet de suppression du service photo de 20 Minutes nous la rappelle: en matière de presse, avant d’informer, la photo sert d’abord à vendre. Et l’écart entre ceux qui l’affichent pleine page et ceux qui choisissent la gestion low cost ne correspond nullement à une différence de vertu, mais seulement de stratégie. En fonction du public auquel il s’adressent, les premiers estiment que l’image constitue un investissement rentable, les seconds, que la plus-value d’un travail qualitatif a disparu.

   C’est en réalité l’ensemble de nos usages visuels qui reposent sur des critères plus utilitaires que ceux que les acteurs de l’image souhaiteraient leur voir appliquer. En l’absence d’une éducation visuelle digne de ce nom, et à moins de croire que le goût s’éveille naturellement, on ne peut pas vraiment s’en étonner. Ce constat, je le répète, n’est pas une bonne nouvelle pour tous ceux qui s’occupent d’images – et je m’inclus dans le lot. Mais il ne sert à rien de déplorer la sottise des patrons de presse, pas plus que de maudire le mauvais goût du public. Ces signaux nous indiquent que l’image n’est pas exactement à la place que lui assigne la supposée ”civilisation de l’image”. Plutôt que de nous en indigner, nous ferions mieux d’en tenir compte. (...)


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(Le gardien de la fameuse "Grotte Pourrie" avait le spleen)



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Benoît Barvin

dimanche 5 janvier 2014

"Ces bulles de BD me montèrent à la tête...". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE EST UN LÉGATEUR
UNIVERSEL DE SAGESSE)

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"Quiconque dira un mot de trop sur J.M Charlier
aura affaire à moi!"


Kim Devil de l'inimitable et chaleureux Gérald Forton

(excellent site que nous conseillons aux aficionados)

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"J'ai plus de séries que si j'avais 1000 ans"


Charlier, l’alpha et l’oméga
Bayon


   En 1988, c’était entendu, Jean-Michel Charlier, notre grand romancier classique BD, devait raconter en «mémoires» sa vie épique illustrée pour Quai Voltaire, la maison d’édition parisienne bleue lancée de la saison. Entre Paul Bowles, le Club des longues moustaches et Selby, on se régalait de percer enfin le mystère de la production titanesque de cet Homère liégeois aux cent Barbe-Rouge, Buck Danny, Blueberry, Tanguy et Laverdure, Marc Dacier, Jean Valhardi, Guy Lebleu, Kim Devil, Jacques Le Gall, Tiger Joe, Ron Clarke, Ned Tiger, Brice Bolt, Clairette, Jim Flokers, Rosine, Belloy, André Lefort, Simba Lee, Joë La Tornade, Thierry le chevalier, Max Larcher, Marc Laurent… et tant d’autres séries (la Patrouille des Castors, le Privé, Los Gringos, Mississippi River…), sans compter les annexesTarawa, Mermoz, Surcouf, Dan Cooper, Jean Bart, Tempête à l’ouest, les Belles Histoires de l’oncle Paul par poignées, romans Bibliothèque verte, «Dossiers noirs» et enquêtes, scénarios, émissions et feuilletons - en tout, 500 livres au moins liés à la BD. 

   On s’enchantait de découvrir enfin, via ce témoin inouï, comment dessinèrent vraiment Victor Hubinon, Jean Giraud, comment, pourquoi et quand œuvraient, voyageaient, aimaient, mangeaient, buvaient, fumaient, crayonnaient Jijé, les Funcken, Forton, Uderzo, Poïvet et consorts Graton ou Attanasio innombrables, travailleurs obscurs de «la littérature illustrée». (...) 

   Sur quoi Charlier, mort en 1989, vanitas, on l’enterra, Libé et Mach 3 au rappel, avec ses secrets de dessinateur docteur en droit licencié en lettres et en criminologie baroudeur écrivain pilote de ligne Sabena journaliste globe-trotter bon vivant investigateur acteur speaker homme de plume, de presse, de radio, de télévision, de cinéma et de mémoire - dommageablement… Un mémoire de sortie vient, dans la lignée du Heroic de référence consacré à Tillieux il y a deux ans, réparer en majesté ce deuil documentaire : Jean-Michel Charlier vous raconte…

   Cartonnées en bloc, 320 pages sur beau papier mat, en six chapitres richement documentés d’archives familiales, photos, planches originales, manuscrits, état civil, caricatures, inédits, calques, reprints de romans-photos, épreuves, courriers, notes, articles, de celui qui se flattait de tirer dix scénarios de tout périodique - dont il commençait toujours par arracher la pub pour ne garder que le journal. Ce livre somme est signé Gilles Ratier, bibliothécaire à Limoges, mandarin BD versé en Charlier, et préfacé par Patrice Leconte - cinéaste du Père Noël est une ordure qui débuta dessinateur à l’ombre de Charlier, se sentant «un rigolo par rapport à sa production immense». (...) 

   La matière première de Charlier vous raconte consiste en «cinquante entretiens techniques» avec le sujet, redistribués au fil des entrées. Cela se lit ou se feuillette, étude ou malle au trésor. Sur une photo de groupe digne du Fantin-Latour d’Orsay montrant Rimbaud et Verlaine, on voit Charlier jeune dandy cravaté à pochette d’après-guerre, cigarette cool aux doigts, cheveu blond mi-Mermoz, mi-Jerry Lee Lewis, attablé entre Eddy Paape aux airs Roosevelt, Sirius habité, Troisfontaines assez smart et Uderzo zazou…

   C’est le temps où le fringant Wallon Charlier attaque la carrière en donnant, adolescent juriste, sa voix légale au lumpen graphique et scénaristique exploité de la presse pour la jeunesse - quitte à s’en trouver blacklisté par le sombre milieu «ligne claire», solidairement avec tels Gérald Forton, Sempé, Mitacq ou Paape, sous le joug de la World’s P. Press, dont Charlier sera bientôt directeur artistique. De même, Charlier, auteur aventurier, se fait-il aviateur pour raconter du dedans, en nouveau journalisme avant l’heure, les exploits de Tumbler, Tuckson, Danny et Lady X (la Milady masquée en jodhpurs talonnés de ses Trois Mousquetaires volants US), en 1949. (...)

  (...) Pilier turbulent de Spirou, journal rival du très catho Tintin où il s’est aussi formé dès le début des années 40 sous le nom de Michel Philippe, le notoirement cordial Charlier révolutionnera en 1960 la BD en imposant, avec Goscinny, le magazine Pilote comme organe et vivier de la relève BD européenne, au sein d’une «nouvelle vague» illustrée. Pétillon, Bilal, Forest, Druillet, Cabu, Lob, Lauzier, Fred, Mézières, Veyron, Mandryka, Gotlib, Moebius et Pilote accoucheront de Fluide glacial,l’Echo des savanes, Métal hurlant, (A suivre…) - sans compter tel El Vibora catalan…

   Sur une autre photo, Charlier pharaon, déjà la tête ailleurs - la télévision et le cinéma, chapitre final du récit, occuperont ses années 70-80, jouant dans Staviskyd’Alain Resnais (1974) ou signant le script des Diamants du Président en 1978 -, trinque à Pilote avec John Wayne. «Mâtin, quel journal !» Quel type. Laissons le héros conclure ses antémémoires : «Il y a les conteurs arabes, les conteurs à la veillée, ceux qui faisaient le tour des fermes, qu’on payait pour raconter et que les gens écoutaient religieusement. C’est exactement comme cela que je me considère. Dans la continuité des grands feuilletonistes du temps passé.»

"Jean-Michel Charlier vous raconte…" de Gilles Ratier Le Castor astral, 320 pp., 45€.


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"Un plat spécial de pâtes pour Monsieur Charlier!
Dépêchons, cela n'attend pas!"



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Benoît Barvin

vendredi 11 mai 2012

"Elle est morte Adèle... Cette blague niaise faisait rire le Monstre de Frankenstein à gorge déployée". Jacques Damboise in "Pensées qu'on peut peu".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TES PENSÉES AIGRES TE TUENT A PETIT FEU)

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(La petite-fille de Madame La France venait de faire
le premier pas vers son émancipation)


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(Fiers de travailler dans une compagnie privée pleine de thunes,
c'est cependant sans enthousiasme que le personnel se fit virer
à grands coups de pied au derche quand le patron partit
avec la caisse et une de leurs collègues)


Le train-train du privé
Bloc-note, par Rémi Douat

   (...) À l’heure des bilans, on peut regarder la libéralisation du fret ferroviaire intervenue en 2007 avec un certain effroi. L’accident le plus récent a été enregistré fin février à Breteuil, dans l’Oise, où le train a tout simplement déraillé. Son contenu ? Des produits toxiques qui ne se sont heureusement pas échappés des citernes. Le 2 février dernier, deux trains des opérateurs ECR et Colas- Rail sont entrés en collision. 
   Notons également, dans l’année qui a précédé, le train d’ECR (encore eux !), qui a quitté la voie à 100 km/h, à Arthenay (45). Un mois plus tard, un convoi de la même compagnie déraillait à Labouheyre, dans les Landes. En 2008, enfin, un train de Véolia privé de frein avait traversé la gare de Montauban à 70 km/h. Grosses chocottes ! Le tout, notons-le, dans une discrétion remarquable. Avec la privatisation rampante du transport de voyageurs, on attend avec impatience le premier « incident ». (...)



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(Cette voiture verte l'était,
car abandonnée par ses propriétaires 
depuis quelques années)

Hervé Kempf et Pascal Canfin : 
« Le capitalisme vert, ça n’existe pas ! »
 Emmanuelle Cosse, Sabrina Kassa

   (...) Le revirement écologique appelé à « bonifier » le capitalisme est-il possible ? Les journalistes Pascal Canfin et Hervé Kempf restent sceptiques. Entretien. (...)

   (...) Qu’est ce que le concept de « capitalisme vert » évoque pour vous ? Que représente-t-il dans la réalité, notamment en termes de poids économique ? 

   Hervé Kempf. Le « capitalisme vert », c’est la continuation du capitalisme et donc la continuation d’un système qui dans son principe est destructeur de l’environnement et qui, dans sa dernière phase, s’est traduit par une expansion extraordinaire des inégalités. Donc, le capitalisme vert, ce n’est même pas un oxymore, ça n’existe pas. C’est seulement une construction et un habillage idéologique pour faire croire que l’on peut évoluer par rapport à l’environnement sans changer les déterminants fondamentaux de nos régulations sociales, de notre système économique et de la répartition des pouvoirs dans cette société.

   Pascal Canfin. La question est complexe car le capitalisme n’est pas quelque chose qui se distingue de la société. La société nourrit le capitalisme comme le capitalisme nourrit la société. Et une des alternatives au capitalisme qui est l’économie sociale et solidaire n’a de sens que si les personnes qui y participent ont des valeurs et des modes de fonctionnement qui ne sont pas ceux du capitalisme. Avec, par exemple, un partage du pouvoir qui ne dépend pas de la détention du capital. Donc ce sont les valeurs que porte la société qui vont permettre le dépassement du capitalisme. L’autre question, c’est celle du productivisme. 
   On a bien vu que l’on pouvait être dans un système non capitaliste, comme l’Union soviétique, mais totalement productiviste, concept qui me semble encore plus difficile à déconstruire que celui du capitalisme. Donc j’ai envie de dire que ça va au-delà du capitalisme. L’aspiration à vouloir contrôler la nature, c’est la modernité, c’est Descartes... dont le capitalisme est la conséquence et non la cause. (...)

A lire en entier sur:

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"Si ma saignée va te faire du bien?
Evidemment, trou du..."
Vampire Caitlin Feeding by VampHunter

La Saignée
Par le Fossoyeur

   (...) Décrites par Hippocrate et Galien durant l’antiquité, les saignées furent une pratique médicale courante en Europe, et ce jusqu’à la fin du XVIIIème siècle. Les saignées avaient pour but d’évacuer les « maux » du malade. Ainsi, Hippocrate écrit qu’il faut réaliser la saignée à l’endroit le plus proche possible du « mal » du patient. (...) 

   (...) Depuis les années 1980 et l’application des théories de Milton Friedman, les saignées sont une pratique courante dans notre modèle de santé économique. Inspirées d’une idéologie néolibérale, les saignées communément appelées « coupes budgétaires » ont pour but affiché d’évacuer les « maux » que sont les dépenses publiques, et d’assurer « la santé économique des pays ». Comme pour les saignées médicales, les partisans du néolibéralisme économique évoquent un assainissement des dépenses publiques. Ainsi, l’éminent médecin, docteur FMI, recommande de saigner à l’endroit le plus proche possible du mal du patient, dans l’éducation et dans la santé principalement. Qu’elles soient médicales ou économiques, qu’elles évacuent le sang d’un patient ou les dépenses d’un Etat, les saignées ont l’effet inverse de leur but affiché. Ce n’est qu’au XIXème qu’il sera communément admis que les saignées sont contre-productives et néfastes. 
   Espérons qu’il en soit de même pour les « saignées économiques » que sont les mesures d’austérité, et qu’il soit communément admis que les dépenses publiques ne sont pas permises par la prospérité, mais la prospérité permise par ces dernières. C’est un fait, les nations prospères sont celles qui assurent l’éducation de leur jeunesse et la santé de leurs citoyens.
   En pratiquant la saignée, la médecine limitait les chances des malades de résister à la maladie en affaiblissant leur système immunitaire. En appliquant l’austérité, les Etats limitent la capacité de leur économie à résister à la crise (dire qu'il faut répéter ce truisme face au thuriféraires du capitalisme financier...). En affaiblissement le « système immunitaire » du modèle de l’Etat Providence, les pays seront d’autant plus affectés par la « maladie ». L’application démesurée des mesures d’austérité (dix milliards d’euros de coupe budgétaire dans l’éducation en Espagne) reflète bien le dogmatisme et l’obsession néolibérale des nouveaux chefs européens, Angela Merkel et le Bundestag en tête. (Aj, la rigueur Allemande...) (...) 

Lire sur:

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Luc Desle

dimanche 6 mai 2012

"Malgré son déguisement en nain de jardin, on reconnut immédiatement le Résident". Benoît Barvin in "Pensées pensées"


ENFIN!

°°°
Pensées pour nous-mêmes:

(TU ES LE PEUPLE
ET LE PEUPLE EST SOUVERAIN SEIGNEUR)

°°°
(Cette Nouvelle Marianne avait encore un peu de ses idées 
gâtées par  les 5 années - mal - vécues sous le règne 
de ce Résident inculte et grossier)

Les rues de Montréal ont vu défiler des milliers d'étudiants en sous-vêtements le 3 avril. Ils entendaient protester contre la hausse des frais de scolarité. (AFP PHOTO)

(Pouvait-on réellement lui en vouloir?)

°°°

"Et pourquoi, moi, ch'peux pas pas voter cont' le Résident?
- Parce que tu parles comme lui.
Mais ne t'inquiète pas, tu auras, hélas,
d'autres occasions de voter utile..."

À Washington, aux États-Unis, le 5 mai. (AFP PHOTO/Nicholas KAMM)

°°°
Tu Quoque

samedi 19 novembre 2011

"Par bonté d'âme échange mariage forcé contre mariage arrangé". Benoît Barvin in "Annonces déclassées"


°°°
"Chef, Chef, c'est vous?
- Mais tu le vois bien, imbécile...
- Heu, chef... Je crois que j'ai besoin de lunettes
car mes doigts ne vous reconnaissent pas."
La police enfonce sa porte 
par erreur... à deux reprises


   (...) Francesca, 85 ans et habitant la résidence Consolat dans les quartiers Nord de Marseille, n'a pas eu de chance. Le GIGN a défoncé sa porte deux fois par erreur en début de semaine. La première fois, le malfaiteur habitait l'appartement voisin. La seconde fois, les policiers pensaient que le fuyard qui leur avait échappé la première fois tentait se s'enfuir par le balcon de la vieille dame. Sauf que là encore ils se sont trompés, il s'enfuyait par le balcon de l'autre voisin.
   (...) L'assurance ne veut pas prendre en compte les dégâts (2000€) car rien ne le stipule dans le contrat. La préfecture de police va, elle, prendre en charge les frais de réparation de la porte.

°°°
"Qui c'est qui est juché tout là-haut
et qui fait ce raffut?
- C'est le coq français...
- Evidemment... Je m'en vais
te le faire dégringoler vite fait, moi!"
(Les musiciens de Brême. Conte philosophique)
°°°
236ème semaine de Sarkofrance: 
le jour où Sarkozy a perdu son Triple A
(comme Âne? Impossible...)


   (...) Après une semaine d'un extatique G-Vain, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il était toujours sur la brèche, même samedi dernier. Pensez-vous ! Il avait 8 milliards d'euros d'économies supplémentaires à arbitrer. Rassurez-vous, Nicolas Sarkozy sait se ménager. Il s'était reposé près d'une semaine au Château de la Lanterne avant son sommet du G20. Samedi, le grand spectacle de la rigueur version Sarkozy avait repris ses droits. François Fillon avait saisi le prétexte d'un déplacement provincial pour nous promettre « le budget le plus rigoureux depuis 1945 ».(...)
   (...) les « grandes » entreprises paieront 1,1 milliard d'IS supplémentaire jusqu'à ce que le déficit budgétaire redescende sous la barre des 3% du PIB; et les dividendes seront presque taxés comme les revenus du travail (+600 millions d'euros l'an prochain). Mais l'essentiel de ce nouveau rabot cible principalement les familles, les classes modestes et moyennes: 1,8 milliard d'euros de relèvement de TVA (de 5,5% à 7%); 1,7 milliard d'euros de gel du barème des impôts sur le revenu et le patrimoine; 1,2 milliard d'euro de gel de dépenses de l'Etat et de rabot sur l'assurance maladie; 400 millions d'euros de désindexation des prestations sociales (hors minima) sur l'inflation; et une accélération d'un an de la réforme des retraites (100 millions d'euros en 2012, mais 2 milliards dans 3 ans).(...)
Lire l'excellent article sur:

°°°
"Oui, oui... Cette feuille de chou, comme vous dites,
est bien le journal que je parraine...
Vous savez, il en faut pour tous les goûts.
- Les mauvais goûts surtout...
- Ahaha... Vous êtes un rigolo, vous!"
Édouard de Rothschild
journaldesfemmes.com

Edouard de Rothschild immigre en Israël....


   Le baron Edouard de Rothschild, le principal actionnaire du journal français Libération, a immigré hier en Israël, a indiqué aujourd'hui le quotidien Yediot Aharonot (4 août 2010) (on comprend mieux la ligne politique du journal ).
   Homme d'affaires français, le baron Edouard de Rothschild est le fils du baron Guy de Rothschild, qui fut le président de la banque Rothschild et Cie. Selon Yediot Aharonot, le nouvel Israélien n'abandonnera pas ses affaires en France et vivra une partie du temps dans sa maison de Tel-Aviv. Le journal a ajouté que le baron de Rothschild devait rencontrer aujourd'hui le président israélien Shimon Peres à sa résidence à Jérusalem.
   La famille Rothschild a contribué financièrement aux débuts du sionisme au siècle précédent. Edouard de Rothschild a une fortune évaluée à plus de 300 millions d'euros, selon le magazine Challenges.


°°° 

"Tu m'aimes?
- Ta g...
- C'est trop, c'est trop..."
Les mariages forcés 
encore sous-estimés en Allemagne


   (...) Les statistiques les plus récentes concernent l’année 2008, au cours de laquelle quelque 3443 personnes ont sollicité l’aide des autorités et des associations car mariées de force ou en passe de l’être. Des chiffres qui dépassent largement ceux de l’ONG Terre des Femmes, qui estimaient jusqu’alors à un millier le nombre de femmes issues de familles immigrées demandant chaque année secours contre une union forcée chaque année en Allemagne.
   Un appel à l’aide le plus souvent motivé par les menaces physiques subies en cas de refus de la part des victimes: selon l’étude, un tiers ont été menacées de mort. A noter que si ces victimes sont principalement des jeunes filles et des femmes, le mariage forcé touche également les jeunes hommes (6%). Dans tous les cas, ils sont très jeunes: un mariage forcé sur trois en Allemagne concerne les moins de 17 ans.(...)
   (...) Si presque toutes les victimes sont issues de familles immigrées, un tiers d’entre-elles sont nées en Allemagne. Un autre quart est né en Turquie, relève le Spiegel, qui rappelle que les Turcs sont la première communauté d’origine étrangère en Allemagne. Parmi les pays d’origine des victimes de mariages forcés, le quotidien allemand cite également la Serbie, le Kosovo, le Monténégro, l’Irak et l’Afghanistan.
   L'étude du gouvernement allemand rapporte également que 83,4% des victimes de mariages forcés ont été élevées au sein de familles musulmanes (Bon, on en conclue quelque chose? Oui? Non?). Selon le quotidien Sueddeutsche zeitung, il s'agit de familles religieuses pieuses dans les 2/3 des cas (ah, nos chers amis religieux pleins de mansuétude...).(...)
Luc Desle