Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
(...) “Les questions se multiplient dans l’affaire Dalli”, constate la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le 16 octobre, le maltais John Dalli, commissaire européen en charge de la Santé et de la Protection des consommateurs, a dû quitter son poste après que l’Office européen de lutte antifraude a cité son nom dans une enquête pour trafic d’influence. Aujourd’hui, c'est l'OLAF même qui est mis en cause : on l'accuse d’avoir transmis les informations concernant Dalli à la justice maltaise, sans en informer le Comité de surveillance de l’OLAF, chargé de “protéger les droits des personnes sur lesquelles il enquête”.
Le quotidien estime que si Dalli s’est vraiment rendu coupable en connaissant les avances faites au lobby du tabac par un entrepreneur maltais [Silvio Zammit, qui se présentait comme proche de Dalli] sans rien faire pour l’arrêter, cela doit être examiné par la justice de son pays. C’est ce que stipulent les règles de l’UE. Cependant, l’office anti-corruption OLAF n’a apparement pas pris de gants avec ces règles quand il s’est agi de transmettre ces informations à Malte.
John Dalli quant à lui rejette en bloc les accusations de tentative de corruption et accuse maintenant le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, de l’avoir forcé à démissionner. (...)
(...) L’état de l’insécurité alimentaire dans le monde en 2009 a été rendu public par l’organisme de l’ONU, Food and Agriculture Organisation (FAO), le 14 octobre dernier. Ce rapport, précédant d’un mois le sommet mondial sur la sécurité alimentaire qui devait se dérouler à Rome du 16 au 18 novembre, est le dixième du genre depuis 1996. Il indique que, bien avant les crises alimentaire et économique de ces deux dernières années, le nombre de personnes souffrant de la faim progressait depuis une dizaine d’années. En 2009, 1,02 milliard de personnes sont sous-alimentées : 1 être humain sur 6 : dont 642 millions en Asie-Pacifique et 265 millions en Afrique subsaharienne.
La FAO alerte sur le fait que la réduction de ce nombre à moins de 420 millions d’ici 2015, objectif majeur du Sommet mondial de l’alimentation, ne pourra être réalisée si la tendance actuelle se poursuit. Elle préconise notamment un réinvestissement massif du secteur agricole et, pour pallier les besoins des plus vulnérables à court terme, la mise en place de filets de sécurité. Ambroise Mazal, chargé de mission sur la souveraineté alimentaire au CCFD-Terre solidaire, qui faisait partie de la délégation française au sommet de Rome, en novembre, nous livre son analyse.(...)
(...) « La situation actuelle n’est certainement pas une fatalité, c’est un scandale politique. Et elle représente avant tout l’échec d’un modèle libéral qui n’a cessé de s’étendre aux pays en développement. Trois étapes marquantes ont concouru à cet échec : d’abord l’obligation faite à ces pays, avec les Plans d’ajustement structurel du FMI, de procéder à un retrait de l’Etat dans les politiques publiques. En Afrique subsaharienne, où de grandes parties des populations essaient de survivre de l’agriculture, la part des budgets des Etats consacrée à l’agriculture est aujourd’hui en moyenne de 4 %, bien moins que dans les pays de l’hémisphère Nord où elle avoisine plutôt les 15 %.
Ensuite, en incluant en 1994 l’agriculture dans le commerce mondial, l’OMC a mis en concurrence des Etats pauvres avec les grandes puissances agricoles mondiales. Enfin, la dérégulation des marchés - fin, dans les années 1980, des initiatives onusiennes qui, en réunissant les différents acteurs, permettaient de garantir une certaine stabilité du marché et fin des stocks publics - a conduit à plus d’incertitudes sur les prix, ce qui a toujours constitué un facteur très négatif pour la production agricole. »(...)
(...) «Internet, c’est le Viagra des affaires», a dit un jour l’ancien big boss de General Electric Jack Welsh. De fait, en quinze ans, le plus vieux métier du monde - à savoir le commerce - a connu une accélération sans précédent depuis l’invention de la marine marchande par les Phéniciens. En dématérialisant le magasin traditionnel, en affranchissant la transaction de toutes contraintes physiques, en rationalisant drastiquement la chaîne logistique, le Web a créé ex nihilo un nouveau continent du business. Le marché mondial du e-commerce passera le cap des 1 000 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2013, selon JP Morgan. En France, le secteur flirtera cette année avec les 45 milliards d’euros pour viser les 70 milliards en 2015.
Au pays de la vente en ligne, les arbres grimpent jusqu’au ciel avec des taux de croissance vertigineux. A lui seul, le géant Amazon a réalisé, en 2011, un chiffre d’affaires de 48 milliards de dollars (32 milliards d’euros), en hausse de 41% ! Incapables de rivaliser sur le front du low-cost, les enseignes traditionnelles les plus exposées sont aujourd’hui balayées par le tsunami on line. Le distributeur informatique Surcouf vient d’être placé en liquidation judiciaire. Et la Fnac, qui ferme ses magasins les uns après les autres, se jette entre les crocs de la Bourse, faute de repreneur. En fait de pilule bleue, Internet, c’est la débandade pour les «agitateurs culturels» d’hier.
Mais voilà que le vieux monde marchand se réveille. Hypers et marques branchées se réinventent un avenir numérique en abolissant les frontières entre linéaires physiques et virtuels. Connecté à tous les écrans, le vrai magasin en dur redevient un atout maître pour draguer le chaland avant d’être un coût. Voici le commerce 2.0. Avec lui, les «briques et mortier» tiennent peut-être leur revanche sur les pure players du clic. (...)
(...) Conséquence de la diminution des stocks, les prix de l’alimentaire s’emballent. Selon un rapport de Food Price Watch, entre septembre 2011 et septembre 2012, les prix du maïs et du blé ont augmenté d'environ 25%, rendant encore plus difficile pour les populations pauvres l’accès à la nourriture. Mais il n’y a pas que des raisons «naturelles» au renchérissement des denrées: beaucoup d’ONG, à l’image des Amis de la Terre, dénoncent la spéculation financière sur les matières premières. (...)
(...) Les terres cultivables se font de plus en plus rares et que l’accroissement démographique pousse certains pays à sécuriser leur alimentation en achetant des terres agricoles à l’étranger. «L’Asie sera en déficit agricole intense dans les trente à quarante prochaines années, c’est pour cela qu’elle achète des terres en Amérique du sud ou en Afrique», expliquait l’hydrologue Ghislain de Marsily à 20Minutes, à l’occasion d’un colloque sur l’eau. Ce phénomène «d’accaparement de terres», régulièrement dénoncé par les ONG, menace l’alimentation des populations locales dans des régions souvent déjà défavorisées par un modèle agricole dicté par la concurrence mondiale: «On met en concurrence des gens équipés de tracteurs et de moissonneuses batteuses avec des gens qui travaillent à la main et sont donc contraints d’accepter les prix qui proviennent de l’exportation de nos surplus. C’est bien ça qui est la cause de la faim dans le monde», affirme l’agronome Marc Dufumier. (...)
(...) Et si tout le monde mangeait comme un Américain? Avec la hausse du pouvoir d’achat dans des pays très peuplés comme la Chine, la consommation de viande explose et avec elle le besoin en céréales pour alimenter le bétail, en eau pour cultiver ces céréales et en surface pour élever les animaux. Les trois hamburgers hebdomadaires de l’Américain moyen ne pourront pas devenir le lot de neuf milliards d’humains. Sans compter le gaspillage dont les sociétés occidentales sont devenues expertes: «On surproduit à l’échelle internationale: pour nourrir correctement un homme, il faut produire 200 kilos de céréales, or la production mondiale est de 335 cette année. Ces 135 kilos représentent le gaspillage dans nos sociétés du Nord, l’alimentation du bétail et la fabrication d’éthanol pour nos voitures», rappelle Marc Dufumier. (...)
(...) Avec des prix du carburant qui ont atteint des records, les Italiens s’adressent de plus en plus au marché noir pour faire le plein, raconte La Repubblica, qui relate la découverte récente par la brigade financière italienne d’un marché noir de l’essence : “36 sociétés impliquées – 11 étrangères et 25 italiennes – 20 millions de kilos [1kg = 1,351L] d’essence importée illégalement et un manque à gagner de 8 millions d’euros pour le fisc”, écrit le quotidien romain. Le carburant arrivait de Grèce dans le port d’Ancône (centre). Les camionneurs italiens venaient faire le plein de diesel directement aux pieds des camions-citerne, pour le tiers du prix officiel.
Une autre enquête a révélé que le gazole agricole, vendu à des prix de faveur aux cultivateurs, est revendu par les distributeurs aux particuliers pour le transport et le chauffage.
Ce phénomène s’explique, selon La Repubblica, par la flambée du prix de l’essence, en raison de l’augmentation des taxes imposées par le gouvernement dans le cadre de sa politique d’assainissement des finances publiques :
2012 a été l’annus horribilis (ah, ce médiocre langage journalistique!!) du carburant. L’accise [la taxe sur l'essence] a augmenté à quatre reprises en un an et, dans certaines régions, le prix du sans plomb a dépassé 2 euros, un record. Selon les pétroliers, la consommation a baissé de 14% par rapport à il y a un an et l’augmentation de la TVA prévue dans le budget 2013 devrait provoquer une nouvelle flambée des prix. (...)
(...) Selon une étude réalisée par la fondation espagnole des Caisses d’Epargne, l'économie souterraine représenterait 21,5% du PIB en Espagne. Il y aurait plus de 4 millions de travailleurs au noir alors que l’Espagne affiche un taux de chômage record en zone euro avec 25% de la population active.
Cette étude montre que l’économie informelle a fortement augmenté ces dernières années avec la détérioration des conditions économiques. Pour autant, elle a débuté en période de forte croissance économique conjuguée avec une forte augmentation des impôts. (...)
Ce serait l’accroissement de la pression fiscale qui serait à l’origine du renforcement du travail au noir (ah, ces joueurs de pipeau que sont les entrepreneurs véreux...).Pour préserver leur compétitivité (ahaha), les entreprises auraient favorisé les emplois non déclarés. Pour certains économistes, la croissance de cette économie officieuse n’est qu’une résultante passagère liée à la dégradation de l’économie. Elle devrait se réduire dès que la situation économique du pays s’améliorera (et quand les poules... etc?).
Pour d’autres, la situation est plus inquiétante, elle montre la persistance en Espagne d’usages éloignés des standards européens et nécessite des mesures permettant un meilleur contrôle et une analyse plus en phase avec la réalité du marché de l’emploi. L’ampleur du travail au noir peut, en effet, relativiser les piètres chiffres du chômage. On retrouve, par ailleurs, les mêmes symptômes dans les autres pays du sud de la zone euro. L’activité en Italie, la Grèce et le Portugal reste «gangrenée» par le travail au noir (heu... et la France?).
Le développement de cette économie officieuse n’est pas sans incidence sur la situation économique du pays. Elle agit comme une concurrence déloyale (le capitalisme aurait donc un principe de concurrence loyale? La loyauté du fric, peut-être?)face aux entreprises qui cotisent, mais surtout elle priverait l’Espagne de 30 milliards de recettes supplémentaires.
...Sous le jet de lumière crue, le trapéziste surgit, tel un dieu vivant. Un homme blond, bronzé mais si petit, là-haut, tout là-haut, sur la poutrelle argentée. Il inspira un long moment. La foule était nerveuse. Puis, sans un mot, avec le geste magnifique du plongeur de haut vol, il s’élança dans le vide.
Les spectateurs retinrent leur souffle. Des femmes fermèrent les yeux. Des enfants se mirent à trembler. Chacun pouvait se rendre compte qu’il n’y avait aucun filin, pas de trapèze, rien de tangible auquel pouvait se raccrocher le malheureux. On apercevait seulement la silhouette se détachant sur l’obscurité glacée de la haute tenture, pareille à un ciel sans étoile.
Et cependant le gymnaste resta en l’air. Comme accroché à des fils invisibles, défiant les lois immuables de la pesanteur. Enfin, après quelques évolutions aériennes aussi superbes qu’incompréhensibles dans cet espace que l'homme semblait transcender de sa silhouette altière, il se reçut en douceur sur la deuxième poutrelle. Les bravos, les bis, les hourras crépitèrent en rafale.
Après un dernier salut sur la piste, le trapéziste "le Dragon Volant" s’évanouit, effacé par le lourd rideau de soie noire. "Extraordinaire, pensais—je... et cela sans filet!" Mon admiration devant ce prodigieux numéro fut telle que les autres parties du spectacle ne m’impressionnèrent guère. Plus, même... je ne les regardais point. A peine la fin de la séance se terminait-elle en fanfare, que je décidai de rencontrer ce "prince des trapézistes" ainsi que le proclamait les affiches qui m'avaient attiré vers ce petit cirque de Province...
Spectateur occasionnel, je ne me doutais pas du travail intense que réclame l’organisation d’un spectacle de cirque. Aussi fus-je presque effrayé par la quantité incroyable do roulottes, de cages et par ces êtres mi-hommes, mi-bêtes clowns, dompteurs... que sais-je encore, qui se pressaient dans des allées boueuses, toujours souriants bien que pressés.
Comment ne pas sentir son courage" flancher" lorsqu’on demande sa route à l’homme-girafe... ou à son parfait contraire, l’homme-nain, un pygmée Andamanais... Enfin, après nombres de détours ( bourbeux pour la plupart comme en témoignaient mes bottes maculées), je me trouvai devant la roulotte du trapéziste. Curieusement, depuis tout à l’heure, il était devenu - par la grâce d’un obscur peintre d’enseignes - "le Dieu des Voltigeurs". Cette roulotte avait un aspect piteux qui ne cadrait pas avec le renom de ce si grand homme. Elle semblait dater du début du vingtième siècle. Je montai les quelques marches et frappai à la porte vermoulue.
En cet instant, je m'interrogeai sur cette insatiable curiosité qui était mon ordinaire. Certes, son exhibition avait eu un quelque chose de "magique", mais il devait s'agir d'une illusion d’optique, d'un subterfuge quelconque... J’étais furieux de m’être laissé piéger par ma curiosité enfantine. Les coups secs contre le battant ne donnaient rien. La roulotte devait être vide. Le vent se leva, accompagnant comme un voile très fin le sanglotant soleil du soir. Je ne réitérai pas mon geste, me retournai mais, soudain glissant sur la dernière marche boueuse, je me rattrapai à la poignée de la porte... qui s’ouvrit. Je fus aussitôt avalé par l'intérieur de la caravane, dont la porte se referma avec un claquement de squale.
Je me retrouvai allongé sur le dos, passablement secoué. Je me redressai au bout d'un moment et fis le tour de l'endroit. Il n'y avait aucun trapéziste, ni sous la table monacale et les deux chaises branlantes, ni dans le placard où je trouvai des costumes ridicules et passablement fanés. Je me massai l’épaule gauche, maudissant intérieurement ma curiosité. Un mal de tête lancinant, vrillé comme un ver dans ma cervelle, me rendit soudain furieux contre cet illusionniste... ce charlatan. J’inspectai une dernière fois le petit intérieur. C'est alors que j'avisai une porte, au fond, qui m’avait tout d’abord échappé. Je m’approchai lentement et tirai à moi le battant.
La première chose que j’aperçus - presque aussi imposante que le réduit lui-même, ce fut la cage. Une immense cage à fins treillis, à l’intérieur de laquelle des choses noires se déplaçaient.
J'ai mis du temps à comprendre. Un petit pas en direction de la cage et de son curieux contenu, puis un second et... Mes cheveux se dressèrent sur la tête. Se laissant tomber du plafond, une arachnide noire et velue, toute en pattes, me sauta dans le cou. Je poussai un hurlement, bondis en arrière et l'écrasai promptement. La sale bestiole! Pris d’une de ces rages qui me serrent le crâne à intervalles réguliers,, je m’arcboutai contre la cage et la renversai. La porte s’ouvrit, et au fur et à mesure de l'apparition des araignées, je poursuivis mon oeuvre de destruction. Plus tard, écoeuré autant par l’amas gélatineux que par les remugles pestilentiels, je m'enfuis , devenu violeur malgré moi d’un terrible secret.
Le soir me retrouva assis sur les gradins parmi l’éternelle foule bruyante et bigarrée. Que faisais-je à nouveau sous ce chapiteau? Pourquoi ne regardai-je pas les premiers numéros? Devais-je avouer que je n’étais là que pour "Lui", le trapéziste, MON trapéziste? Autour de moi les conversations s’échauffaient ; un frisson d’ impatience faisait trembler le public. Ils attendaient "Le Numéro exceptionnel et unique". Les imbéciles! Je ricanais de plus belle quand, dans un grand silence, apparut la vedette du spectacle.
Toujours aussi musclé et blond, et éclaboussé de lumière. Il regarda la foule, me vit soudain et me fixa longuement. Se décidant enfin, le trapéziste monta son escalier de cordes. Avec lenteur, comme à regret. Sur la poutrelle, il attendit. J’imaginais son angoisse. La musique entama son air favori... La foule scrutait l’ombre, là-haut, trouée de coins brûlants. L'homme allait s’élancer... Cependant, immobile, il attendait toujours. Un murmure timide naquit, se propagea très vite parmi la foule, enfla... Bientôt des sarcasmes fusèrent... Le tumulte menaçait de se transformer en charivari.
Le trapéziste hésita encore un peu. Il dut apercevoir le directeur qui lui faisait des signes furieux. Alors, après un long soupir, il s’élança dans ce plongeon impeccable qui l’avait fait surnommer "Le dragon Volant". Et après un mouvement ascensionnel gracieux... il s’écrasa sur la piste, dans un grand bruit spongieux, écoeurant.
J’exultais. J’avais percé son secret. J'avais mis KO ce pauvre type et ses nouvelles Arianes. Je regardais le cercle rond sur lequel il s'était écrasé et où son corps fracassé devait ressembler à un pantin désarticulé et... Mais la piste restait dans la pénombre. Aucun cri d’horreur du directeur et des spectateurs, puisque tout le monde avait le nez levé vers le ciel, suivant la lumière blanche qui accompagnait les évolutions aériennes incroyablement belles et incompréhensibles du trapéziste... Désespérément incompréhensibles.
Je hurlais ma rage à son encontre, le maudissant intérieurement, puis je courus me réfugier chez moi, le coeur battant comme un fou.
***
Sur le carnet, une grosse tache d’encre marquait la fin du récit. Quelque chose se détacha du plafond et, lourdement, commença à descendre. Un quelque chose bourré de pattes, aussi noires que le reste du corps mat. Cela courut rapidement sur le tapis, vers le lit. Là, collé contre la couverture, un fil brillant accrocha un rayon de lune. L’araignée agile grimpa vers le haut du lit, en s’aidant de ses pinces.
Sur sa couche, l’homme dormait. Il ne s’apercevait pas du travail de ces étranges visiteuses. Il ne pouvait plus depuis un moment. Depuis qu'elles lui avaient injecté leur venin paralysant. Je m’approchai souplement du corps, qui ressemblait peu à peu à un énorme cocon. Les arachnées avaient fait vite, poussées par leur désir de vengeance, leur haine de l'homme qui avait massacré leurs compagnes que je gardais dans ma roulotte. Ce type allait mourir lentement, méthodiquement, étouffé. En comprenant qu'il mourait...
Bien qu'elles m'accompagnent depuis mon enfance, et que ce ne soit pas la première fois qu'elles se vengent ainsi d'un humain un peu trop curieux, je ne pus empêcher un frisson de me parcourir, et je tournai bien vite les talons...
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"Mon voisin Tororo"
ecrans.fr
Oui, je l'avoue, je suis une inconditionnelle des dessins animés japonais. Ceux des années 70/90, notamment, ceux qui sont des réinterprétations des grands classiques de la littérature, notamment française.
Je remercie mes collègues de Tu Quoque de pouvoir me faire plaisir - un onanisme culturel en quelque sorte - en diffusant les génériques de trois adaptations des "Trois mousquetaires" qui ont bercé mon enfance.
Les chansonnettes des génériques sont ma madeleine de Proust, moi qui me voyait - toujours - sous les traits, à peine virils, de D'artagnan et pas de ceux de quelques mijaurées féminines - mais parfois assez féministes, reconnaissons-le.
Merci à ces japonais qui, à l'époque, étaient nos chinois d'aujourd'hui...