Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

vendredi 26 avril 2013

"Le roi des flous refusait de porter des lunettes". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE DISCIPLE QUI SERT LE MAÎTRE
N'EST QUE LE DISCIPLE)

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Dans la série "Les-articles-qu'ils-sont-très-importants-
-surtout-quand-ce-sont-de-vrais-professionnels-qui-les-
gribouillent), en voici deux:

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"La self-défense, c'est moi qui l'ai
pratiquement inventée"


(On ne s'en lasse pas...)

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Cours de combat
Urbangirl

   Les cours de self défense et de combat ont le vent en poupe ! Dans les clubs de sport, on propose de plus en plus de cours de combat pour les femmes. Mais pourquoi cette tendance ?
   Les sports de combat comme le “bodycombat”, “bodyattack”, “box” et tant d’autres mixent plaisir et efficacité ! En plus d’apprendre des gestes de self défense, ces gestes permettent de travailler en souplesse notre silhouette. En bref, ces sports nous musclent autant le corps que le mental !

   Plus qu’un phénomène de mode, aujourd’hui, les attentes des femmes évoluent et elles veulent dorénavant se sentir en sécurité et avoir en gagnant en confiance en soi, c’est le pari que se sont lancés les coach sportifs et les responsables de clubs fitness ! (...)

   Exit le cours de “cuisse-abdo-fessier” qu’on connait tou(te)s, ces sports de combat permettent de travailler l’intégralité du corps (bras, ventre, cuisses, fessier) mais surtout de se défouler et d’assurer une perte de poids, de s’affiner et de se muscler ! (...) 

   Parmi les dizaines de cours existants, il y en aura forcément un qui répondra à vos besoins pour être au top de votre forme ! Débutantes, timides et motivées? Le body combat ou L’adi boxing sont des cours de tonification chorégraphiée, ils renforcent ainsi le système cardiovasculaire. Ce cours reprend des exercices de fitness et des mouvements issus des arts martiaux, le tout en musique ! (...) .

   Plus accessibles que certains sports d’arts martiaux, le body combat et l’adi boxing sont de bons compromis entre le sport pratique, ludique et utile, et les cours de “self defense”. Vous gagnerez ainsi en bien-être pour votre corps et votre esprit ! (...)

En savoir plus sur 

"Mais enfin, Chérie, c'était la seule couleur disponible!"

Sam Peffer (by oldcarguy41)

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"Toi, je vais te priver de Facebook...
Ce truc d'humain ça te donne des
idées stupides..."



Une ado privée de Facebook 
pendant un an par la justice
Brokenbird

   (...) L’histoire se passe à Brandon, en plein centre du Canada. Une jeune fille de 12 ans a menacé de mort deux de ses camarades. La cause est une banale histoire de coeur et l’adolescente a tenu responsables les deux autres filles de sa détresse. Mais la mère de l’une des deux jeunes filles n’a pas apprécié les menaces en question et a décidé de porter plainte devant les tribunaux.

   La plaignante a demandé que la jeune fille soit bannie de Facebook. La mère de l’accusée a approuvé cette demande, clamant que sa fille « n’avait pas besoin de Facebook ». Le juge a tenu compte que l’adolescente avait déjà été condamnée par ses soins à 50 heures de travaux d’intérêt général étalés sur une période d’un an pour avoir giflé une autre élève de son collège. Il a alors décidé d’étendre la sentence en obligeant la jeune fille à se désinscrire de Facebook jusqu’à la fin de cette période.

   Une décision de Justice pas banale qui montre que le réseau social prend de plus en plus de place dans nos vies. A noter que la jeune fille condamnée n’avait déjà pas le droit de s’inscrire sur le réseau, puisque Facebook est théoriquement interdit aux moins de 13 ans.(...) 
En savoir plus sur 


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Luc Desle

jeudi 25 avril 2013

"Cet ancien esclave faisait travailler sa mémoire sans repos". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(SOURIS A LA VIE
MÊME SI ELLE NE TE SOURIT PAS)

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"Je n'ai pas, je n'ai jamais eu
de compte ouvert aux îles Caïmans..."

«Les politiques ne mesurent pas 
le niveau d'écœurement des citoyens»
MANON GAUTHIER-FAURE

   (...) Plusieurs journaux dans le monde, dont The Guardian et le Monde publient les noms d’une série de personnalités et de dirigeants actionnaires de sociétés dans des paradis fiscaux, dont le président d’Azerbaïdjan et l'ancien trésorier de la campagne de François Hollande Jean-Jacques Augier qui aurait investi aux îles Caïman.

   Alors que le monde politique français est déjà secoué par l'affaire Cahuzac, retour sur la situation actuelle en matière de paradis fiscaux et de lutte contre la corruption avec Daniel Lebègue, président de la section française de Transparency International.

   / Les îles Caïman sont-elles un paradis fiscal à part ?

   - Il n'est pas sûr que ce soit un paradis fiscal si différent des autres. Certes, c'est un territoire où il n'y a pratiquement pas d'administration, ni de régulation financière. Il n'y a que très peu, voire pas du tout, de fiscalité de quelque nature qu'elle soit, ou d'impôt sur le patrimoine.

   / La situation a-t-elle évolué au niveau international en matière de paradis fiscaux ?

   - La géographie tient une place importante à ce sujet. Les îles Caïman, les Bermudes ou encore les îles Vierges, sont surtout prisées par les Américains du nord et du sud. Les Asiatiques ont davantage tendance à se tourner vers la République de Nauru, état insulaire d'Océanie. Concernant les Européens, jusqu'en 2008, 2009, ils avaient à leur diposition un large panel : Suisse, Luxembourg, Andorre...

   Mais depuis cette période, des craintes sont apparues sur la pleine application du secret bancaire. Les dossiers qui ont défrayé la chronique, comme UBS, ont également pesé. On remarque maintenant une certaine méfiance. Ces affaires ont été des coups de semonce pour ceux qui se pensaient à l'abri. Donc ceux qui sont aujourd'hui en situation de fraude se déplacent, y compris sur les conseils de leur banque ou de leur gestionnaire de fortune, qui les invitent à placer leur argent sur les îles Caïman par exemple, ou encore à Dubaï et Singapour. Ce mouvement de capitaux se fait aux détriments des places offshore européennes.

   / A combien s'élèvent les pertes de recettes annuelles dues à la fraude et à l'évasion fiscale ?

   - Nous ne disposons pas de statistiques à ce sujet en France ou en Europe. Les études les plus fouillées ont été réalisées par la Commission budgétaire du Congrès américain. Lors d'une conférence de presse organisée en Allemagne en 2011, le ministre du Budget de l'époque, Eric Woerth avait toutefois estimé le montant des pertes de recettes annuelles dues à la fraude et à l’évasion fiscale en France. Elles oscillaient alors entre 25 et 30 milliards d'euros. Or, toutes les augmentations d'impôts que nous avons faites dans le cadre du redressement budgétaire en 2012, et que nous ferons en 2013, équivalent à ces 30 milliards d'euros.

   / Quelle est la part de particuliers et d'entreprises qui ont recours aux paradis fiscaux ?

   - On pourrait attribuer deux tiers de ces pertes de recettes aux entreprises, soit 20 milliards d'euros, en sachant que la moitié correspond peut-être à des fraudes à la TVA. Le dernier tiers, soit 10 milliards d'euros, pourrait être attribué aux particuliers. (...)
Lire sur:

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"Pardon, Madame, vous n'auriez pas vu
Boucle d'Or, par hasard?"


(Source: pureutopia)

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"Moi, je ne m'excuse jamais...
Pas plus que mes petits camarades!"


Pour être heureux, 
arrêtons de nous excuser

   (...) «Excuse-toi, tu verras, tu te sentiras mieux après.» Cette phrase, vous l’avez déjà certainement entendue, et pourtant, des chercheurs semblent avoir prouvé le contraire.

   Un post de blog sur le site Smithsonian évoque une étude démontrant que les personnes qui ne s’excusent pas seraient, en définitive, bien plus heureuses que celles qui prennent le temps de le faire.

   «Peut-être que vous lui avez mis ce coup de pied dans les tibias à Jimmy; que vous lui avez piqué quelque chose ou que vous n’étiez qu’un morveux. Mais le pire dans cette histoire n’était pas le fait d’avoir des ennuis ou d’être privé de dessert. En réalité, le plus grave était plutôt de devoir présenter ses excuses.»

   Des chercheurs de l’European Journal of Social Psychology ont demandé aux participants de l'étude de se remémorer des transgressions de leur passé. Des plus petites –comme griller la priorité à un piéton en conduisant en ville– aux plus importantes comme des vols... Les participants étaient ensuite invités à envoyer un mail pour s’excuser de leurs écarts de conduite, ou ne rien faire s'il ne désiraient pas présenter d'excuses.

   Et les résultats de l’enquête sont les suivants: refuser de s’excuser contribue à avoir une «meilleure estime de soi», un sentiment «de pouvoir et de contrôle».

   Arrêter de s’excuser est-il pour autant une bonne idée? Pas sûr, surtout quand on sait que l’excuse a le pouvoir non seulement de rattraper une erreur, mais aussi souvent de consolider une relation personnelle ou professionnelle... à condition de bien le faire. D'ailleurs,un site a même été créé pour vous fournir les meilleures excuses en toute circonstance.

   Et pour ceux qui n'ont pas l'intention d'arrêter de s'excuser, un problème de fond se pose alors: comment distinguer les excuses sincères des excuses forcées? Pour les chercheurs Jane L. Risen et Thomas Gilovich qui ont étudié la question, la conclusion est sans appel: dans nos vies quotidiennes, la majorité des excuses que nous formulons ne sont pas sincères et ne sont généralement formulées que par convenance –le «pardon!» que l'on lance par exemple lorsqu'on bouscule quelqu'un dans la rue.

   «Bien que nous parvenions à faire la distinction entre des excuses forcées et sincères, nous acceptons les excuses lorsque nous sommes dans le rôle de "victime"», apprend-on sur le blog du cours de Cognition sociale de l'Université libre de Bruxelles.

   Et si nous les acceptons, c'est parce que nous sommes nous-mêmes habitués à formuler quotidiennement des excuses par politesse, la sincérité n'intervenant qu'au second plan de ce joli manège.(...)



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Luc Desle

mercredi 24 avril 2013

"Il était vert de rage d'être jaloux, ce Sage qui ne l'était plus". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE CHEMIN N'A PAS
QU'UNE SEULE VOIE)

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS (87)
pcc Benoît Barvin


Sagesse

   "Si vous continuez comme ça, Cher Monsieur, vous courez tout droit à la catastrophe", affirma mon médecin de famille. Question santé, tous mes clignotants étaient au rouge: cholestérol en hausse constante; les sautes d'humeur des battements de mon coeur ne cessaient plus; on venait de me découvrir un début de diabète ainsi que d'autre pathologies qui, accumulées, avaient conduit à un malaise "vagal". Je devais prendre un tas de médicaments et surtout calmer mon stress.

   J'étais comptable dans une petite entreprise qui, en raison de la crise, battait de l'aile. Mon patron m'avait demandé de trafiquer les comptes, pour le bien des employés, paraît-il. J'avais obéi en rechignant, moi qui étais la probité incarnée. Quant à mon épouse, elle m'avait quitté quelques mois plus tôt pour un "godelureau" de dix ans son cadet et elle parlait de m'intenter un procès pour "harcèlement moral", si j'avais bien compris. Bref, mon quotidien était peu tenable. D'où cette santé en dent de scie.

   Je sortais du cabinet lorsque j'avisai, en face, de l'autre côté de la rue, un placard publicitaire qui vantait les mérites d'un petit centre de yoga. "Pourquoi pas?", me dis-je en m'inscrivant au secrétariat. Après tout, moi aussi j'avais eu ma période "Peace and Love" et elle n'avait pas été désagréable, loin s'en faut. Le Maître était un homme d'un certain âge, mince, presque maigre, le crâne rasé, le regard vif, comme hypnotique, vêtu d'un Tee-shirt et d'un pantalon de coton blanc et les pieds chaussés de sandales.

   C'est sa voix qui m'a d'abord impressionné: elle était douce, caressante, mais l'on sentait, en sous-jacence, une force tranquille, sûre d'elle-même et de ses capacités. Maître Chandra avait également un sens évident de la divination: il me brossa un portrait intime de ma situation qui fit beaucoup pour que je devienne un de ses élèves les plus assidus.

   Dire que les postures de yoga me déstressaient serait mentir. Je me sentais mieux dans mon corps; mieux - un peu - dans ma tête, mais l'angoisse me serrait toujours les tripes, surtout quand, après avoir maquillé les comptes, je fus confronté à l'Administration fiscale. Heureusement le Maître m'avait donné des "trucs" pour répondre le mieux possible aux questions insidieuses et je m'en sortis honorablement.

   Pour ma femme, ce fut également aisé de faire comprendre, à la juge devant laquelle nous nous présentâmes, que les accusations de mon ex étaient aberrantes. D'ailleurs l'infidèle s'en rendit compte et elle me proposa de reprendre la vie commune. "Je suis impressionnée, m'avoua-t-elle. Tu as changé... Tu es moins...". "Moins quoi?". Elle rougit, me donna un bref baiser sur les lèvres et s'en fut rejoindre son amant qui me jeta un regard de haine.

   Les séances avec Maître Chandra changeaient peu à peu de nature. L'homme me parlait des Dieux Hindous, mais il abordait également toutes sortes de sujets, notamment philosophiques. Il évoqua la violence qui gangrenait le Monde, avouant qu'elle lui évoquait un cancer sans cesse renouvelé. "C'est bizarre, me fis-je la remarque au bout de six mois de relation assidue. Le Maître me dit toutes sortes de Vérités, il évoque par de jolies formules la Bonté qui réside en chacun de nous, mais je ne suis pas fichu d'en retenir une seule".

   Qu'à cela ne tienne: je me sentais bien, chaque jour,  face à lui, imitant les postures qu'il pratiquait avec une souplesse surprenante pour une homme de son âge. Ma vie s'améliorait: l'entreprise surmontait peu à peu ses difficultés et je n'eus plus besoin de faire ma sale besogne de falsificateur de chiffres. Mon ex ne cessait pas de me tourner autour; nous fîmes de nouveau l'amour. Elle me parla d'enfants...

   Lors de la fête nationale, Maître Chandra me confia une mallette à remettre à un cousin. Je sortis de la salle, confiant en l'avenir, heureux de la tournure prise par les événements. J'avais à peine tourné au bout de la rue que je m'aperçus que j'avais inexplicablement oublié la mallette. Je revins sur mes pas,  alors qu'autour de moi la Ville se préparait pour le défilé. Je traversai la foule qui commençait à piétiner sur les trottoirs, me faufilai dans le centre et débouchai dans la pièce où nous pratiquions les postures.

   Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir Maître Chandra en conversation avec mon épouse et le directeur de mon entreprise. Les trois cessèrent de parler - vivement me sembla-t-il -, pour se tourner dans ma direction. Je parlai de mon "oubli" avec un petit rire d'enfant. Le Maître avoua qu'il avait donné rendez-vous à ma femme et à mon supérieur pour leur parler des "progrès" qu'il constatait dans mon attitude... Nous rîmes tous les quatre. Je sentis quand même que quelque chose n'allait pas, puis le Maître me fourra la mallette dans les mains et m'invita à la remettre à son ami. Ensuite, je devais revenir car il avait une surprise pour moi.

   Le directeur me serra chaleureusement la main et se permit de me donner une tape amicale sur l'épaule. Ma femme, elle, m'embrassa avec tendresse. Je saluai, sortis du centre, tournai à droite en espérant que la bombe qui se trouvait dans la mallette n'explosât pas tout de suite. Comme je connaissais le Sage, il avait dû soigneusement calculer l'instant où le système mortel se déclencherait. Celui de la parade militaire... quand il y a le plus de monde.

   J'étais près d'un poste de Police quand un bref déclic m'apprit que le Maître était plus malin que je ne croyais et qu'il avait même anticipé mon éventuelle découverte de ses activités terroristes...

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(Petites filles naïves allant à la rencontre du loup)

Hill


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(Cette fille n'avait jamais entendu parler du Vinyl maudit. 
Tant pis pour elle)


Record Player.

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(Un... Deux... Trois... Ce sera toi qui mourras...)


Stick.

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"Quel chapeau je vais mettre aujourd'hui...?"


clothesline
(Cette blonde était légèrement miro)




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Jacques Damboise

mardi 23 avril 2013

"La Mort voulait à toute force faire ma connaissance, mais je n'y tenais pas." Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'INJUSTE PEUT TE SEMBLER JUSTE
ET VICE ET VERSA)

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"Attentionem modernismi!"


Habemus lexico
Lionel Huot
Sciences et Avenir

   (...) En 1992, le cardinal Carlo Egger s’est vu confié une mission originale par la Fondation Latinatas : rédiger un dictionnaire latin en créant de nouveaux mots pour décrire des concepts plus modernes. Avec plus de 15000 mots dans ses archives, le Lexicon recentis Latinitatis permet désormais à tous les fidèles de parfaire leur latin moderne. Avec des distributeurs de billets qui s’affichent en latin, on comprend l’utilité d’une telle démarche au Vatican.

Quelques exemples extraits du dictionnaire :

abat-jour : umbráculum lámpadis
baby-sitter : infantária (-ae)
bar : thermopólium (-ii)
bus scolaire : discipulorum laophorum
camping : campus tentórius
casino : aleatórium
discothèque : taberna discothecária
flirt : amor levis
goulag : campus captivis custodiendis
kamikaze : voluntárius sui interemptor
minigolf : pilamálleus mintus
playboy : iúvenis voluptárius
popcorn : máizae grana tosta (pl.)
safari : venátio Africana
week-end : éxiens hebdómada

   Ainsi, minijupe se dit tunicula minima, cigarette devient istula nicotiana, ou encore ordinateur se traduit par instrumentum computatórium. Plus polémique, le jazz, d’abord traduit par nigritarum musica, a été remplacé par iazensis musica. Bien que le port du préservatif ne soit toujours pas toléré par l’Eglise, il a au moins le droit à une traduction :tegumembra. Impossible de ne pas penser au film de Jean Yanne Deux heures moins le quart avant Jésus Christ !

   Plus sérieusement, on se rappelle que Benoit XVI a annoncé sa démission, lors d’un consistoire ordinaire avec ses cardinaux, en latin. La journaliste italienne Giovanna Chirri, correspondante au Vatican de l’agence de presse ANSA, qui parle couramment le latin, a compris avant tout le monde le discours prononcé. Elle s’est empressée de divulguer l’information, avant la confirmation du porte-parole. Une situation - rare, on vous l'accorde - où la maîtrise du latin moderne fait toute la différence !(...)


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(Cet étrange monde me perplexifie...)

Pensive by Carney Malone

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"Casse-toi de là, sale dopé!
- Ouch!"


Dopage: 
le rugby est le sport le plus touché
Le HuffPost/AFP

   (...) Le sport le plus touché par le dopage n'est sans doute pas celui que vous croyez. Loin devant le cyclisme, c'est en effet le rugby qui arrive en première position, en proportion des contrôles effectués par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) sur l'année 2012.

   "Je me suis intéressée aux sports sur lesquels au moins 400 échantillons nous sont parvenus en 2012 afin d'avoir des statistiques fiables, explique la directrice du département des analyses de l'AFLD. Huit disciplines correspondent à ce critère. Si nous tenons compte de toutes les molécules interdites présentes sur la liste de l'Agence mondiale antidopage, le sport qui donne le plus haut pourcentage (de cas positifs) est le rugby", a déclaré Françoise Lasne devant la commission d'enquête du Sénat sur l'efficacité de la lutte contre le dopage. "Vient ensuite le football puis l'athlétisme, le triathlon, le basket-ball, le cyclisme, le handball et la natation", a-t-elle déclaré.

   "En proportion, c'est exact, mais il faut relativiser", a développé Bruno Genevois, le président de l'AFLD. "Il faudrait s'appuyer sur des données plus vastes et sur des durées plus longues. On sait par exemple qu'en s'appuyant sur les statistiques de l'AMA (agence mondiale antidopage) pour l'année 2011 par rapport au nombre de pratiquants, c'est l'haltérophilie qui apparaît comme le sport le plus touché". "Par ailleurs, en 2012 comme en 2011, le cyclisme et l'athlétisme ont présenté sur un plan d'ensemble et en valeur absolue le plus d'échantillons anormaux trouvés par l'AFLD", explique Bruno Genevois. (...)

   (...) En 2012, le cyclisme a ainsi représenté 14,9% des résultats anormaux enregistrés par l'AFLD, devant l'athlétisme (12,6%), le rugby (10,4%), le football (6,8%) et le triathlon (4,5%), selon des chiffres communiqués par l'agence. Ces résultats sont à mettre en regard du nombre de contrôles effectués dans chacune de ces disciplines et que la directrice du département des analyses de l'AFLD a livré lors de son audition (et confirmé par l'AFLD dans un communiqué).

   Le cyclisme apparaît ainsi, et de loin, comme le sport le plus contrôlé en 2012, avec 1812 échantillons analysés. Dans l'ordre apparaissent ensuite l'athlétisme avec 1164 échantillons, le rugby (588), le football (548), le handball (452), le triathlon (433), la natation (418) et le basket-ball (394).

   "Ce qui est intéressant, c'est qu'en 2012 comme en 2011, on a retrouvé une assez forte proportion de cannabis et de glucocorticoïdes", souligne le président de l'AFLD. En 2012, les cannabinoïdes (28,4%) et les glucocorticoïdes (22,8%) ont représenté les deux classes de substances le plus souvent détectées, précise l'AFLD.

   Lors de son audition, la directrice du département des analyses de l'AFLD a également procédé à un calcul des sports les plus touchés en proportion des contrôles en excluant le cannabis "un dopant indirect (...) qui n'améliore pas directement la performance". Et c'est de nouveau le rugby qui est apparu malgré tout comme le sport le plus touché. "Si l'on exclut le cannabis, le rugby reste en tête, devant l'athlétisme, le triathlon, puis le cyclisme, la natation, le football, le basket-ball et le handball", a énuméré Françoise Lasne.


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Benoît Barvin

lundi 22 avril 2013

"Pour donner du temps au temps il respirait une fois sur trois". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA VERTU HÉLAS PEUT
ETRE MAUVAISE CONSEILLÈRE)

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(Jeune émigré espagnol
retrouvant ses racines)

Génération émigration : 
« Nous ne partons pas, ils nous mettent dehors »
Elena Arrontes 
Traduit par Pauline Ratzé 

   (...) En Espagne, le chômage, qui atteint 55,6% chez les jeunes, est l’une des conséquences tragiques de la crise. Ce chiffre alarmant a poussé l’Union européenne à demander l’année passée que des mesures urgentes soient prises. Après quinze mois au gouvernement, le Parti populaire a enfin présenté un plan pour l’emploi des jeunes(@empleo_joven sur Twitter), garantissant que la crise va être surmontée et citant des « pousses vertes », symboles d’une prétendue récupération économique. Cependant, le sentiment populaire est bien différent et la précarité ne cesse d’augmenter depuis la dernière réforme de la loi sur le travail. Les syndicats espagnols avertissent que si ce plan n’est pas accompagné de mesures de croissance, son effet sera limité.

   En 2012, le nombre de jeunes Espagnols (entre 15 et 29 ans) résidant à l’étranger était de 302 623, sachant que seuls sont recensées les personnes déclarées auprès des ambassades. La plupart ont émigré pour des raisons économiques, à cause du chômage ou des mauvaises conditions de travail. Le mouvement Juventudes sin Futuro [« Jeunesses sans futur »] a lancé la campagne No nos vamos, nos echan [« Nous ne partons pas, ils nous mettent dehors »], présent sur Twitter via ce même mot-clic. Le nom de l’initiative fait référence aux paroles de Marina del Corral, Secrétaire de l’immigration et de l’émigration, qui attribue cette vague de départs à « l’esprit aventureux des jeunes ». Le blog de la campagne présente différentes rubriques. L’une d’elles propose de localiser les jeunes partis à la recherche d’un avenir plus rose dans d’autres parties du monde, qui ne trouvent pas toujours ce qu’ils espéraient. Voici l’explication que nous pouvons lire sur ce blog :

   "S’il est vrai que la moyenne européenne du chômage chez les jeunes (22,5%) est largement inférieure à celle de l’Espagne, trouver un travail ailleurs n’est pas garanti. Les jeunes Espagnols commencent à se tourner vers d’autres destinations comme l’Amérique latine et l’Asie. Généralement, les emplois qu’ils trouvent à l’étranger sont également précaires : longues journées de travail et bas salaires. Pas de quoi garantir une vie digne, encore moins un avenir."

   En cliquant sur la carte, nous pouvons lire les histoires et les expériences des jeunes partis tenter leur chance ailleurs.(...)
Lire sur:


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(Multinationale de l'eau
spoliant un pauvre indigène)


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(Ingrats Gens du Voyage luxueusement 

logés par une Généreuse République)



Eric Fassin : 
« Manuel Valls valide 
les thèses de la droite »
Marion Rousset

   (...) / Regards.fr. En déclarant récemment que les Roms « ne souhaitent pas s’intégrer », notamment « pour des raisons culturelles », Manuel Valls a-t-il franchi un cap ?

   - Eric Fassin. Il faut d’abord rappeler que le ministre socialiste choisit de donner cet entretien au Figaro : c’est pour mieux valider les thèses de la droite. Il est vrai que le terrain a été préparé, en 2010, par l’essai très médiatisé d’un sociologue qui se dit de gauche, Hugues Lagrange : contre ceux qui rappellent l’importance de la classe, mais aussi de la discrimination raciale. Le déni des cultures prétendait en effet expliquer la délinquance par la culture d’origine. Manuel Valls part des mêmes prémisses. Invoquer l’explication culturelle, c’est écarter toute autre explication des problèmes que connaissent les populations roms – comme la misère et la stigmatisation, l’une renforçant l’autre dans un terrible cercle vicieux. 

   C’est une manière de dire que les problèmes sont de leur fait, et de leur faute – nous n’y sommes pour rien. C’est sans doute en raison de leur culture que les Roms vivent dans des bidonvilles à ciel ouvert, en bordure des routes… Le ministre de l’Intérieur affirme ainsi que les Roms« sont à l’origine de problèmes de cohabitation » avec les habitants des quartiers populaires ; et quand il ajoute que ces problèmes « prennent des formes parfois inquiétantes, comme en témoignent les incendies constatés la semaine dernière à Aubervilliers et Sarcelles », il néglige de dire que ce sont les Roms qui en sont les victimes !

   / Le discours de Grenoble prononcé par Nicolas Sarkozy en 2010 constitue-t-il un tournant politique dont nous continuons à sentir les effets, malgré le changement de présidence ?

   - La chasse aux Roms lancée par Manuel Valls pendant l’été 2012 faisait écho à celle lancée par l’ancien président de la République pendant l’été 2010. Le plus troublant, c’est peut-être aujourd’hui le retour d’une même rhétorique : d’un côté, on stigmatise, en faisant l’amalgame entre Roms et délinquance ; de l’autre, on prétend que c’est pour leur bien qu’on démantèle leurs camps « insalubres ». Le Figaro reprend d’ailleurs à son compte cette logique de persécution humanitaire : « Plusieurs camps, où des dizaines d’occupants se mettaient en danger en vivant sur le bord d’axes routiers, ont encore été évacués. » Mieux, Manuel Valls emprunte à Nicolas Sarkozy son expression favorite, en matière d’immigration – et il l’exporte au-delà de nos frontières : « Je partage les propos du premier ministre roumain quand ce dernier dit “Les Roms ont vocation à rester en Roumanie, ou à y retourner”. » 

   L’euphémisme est remarquable : il permet de refouler la coercition ; tout se passe comme si la reconduite à la frontière n’était qu’une manière d’aider les Roms à accomplir leur vocation. L’expulsion choisie, c’est ce qu’on pourrait appeler un destin de choix. N’allons surtout pas demander ce qui leur a fait quitter la Roumanie, au risque d’être traités comme ils le sont ailleurs en Europe. Et ne nous soucions pas non plus de la contradiction : s’ils ne souhaitent pas s’intégrer, nous dit-on, c’est du fait de leur culture nomade ; aussi doivent-ils rester chez eux, nous explique-t-on ensuite, plutôt que de circuler librement !(...)

Lire la suite sur:


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Benoît Barvin

dimanche 21 avril 2013

"Pour grandir plus vite, il se mit à manger de l'engrais". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TANT VA LA BUCHE A l'EAU
QU'A LA FIN ELLE SE MOUILLE)

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS (86)
pcc Benoît Barvin


Regard

   C'était un beau bébé pesant dans les trois kilos. Un bébé tout rose, le crâne imberbe, avec une bouille ronde, un nez retroussé, une bouche charnue, un sourire charmeur. Une vrai frimousse de publicité. Sauf qu'il y avait ces yeux: des petits trucs ronds, durs, pareils à des billes d'acier, qui vous fixaient comme s'ils voulaient vous perforer l'âme. Et alors que tout le monde s'extasiait, ses parents et mon épouse, je restai debout, mal à l'aise, transpercé par ces yeux que j'estimais méchants car ils ne cessaient de revenir à moi...

   Mon épouse Déborah se retournait souvent dans ma direction, visage extatique, ce qui lui donnait l'air d'une vraie gourde: "qu'il est mignon, ne cessait-elle de répéter, un vrai petit ange". Et elle me serrait convulsivement la main, retournant à son objet d'adoration alors que les heureux parents, eux, ne cessaient d'arborer l'expression niaise de ceux qui sont comblés. Comblés par la naissance de ce faux angelot! Je me retenais à grand peine de ricaner...

   Cette nuit-là, Déborah se montra très réceptive au lit. C'est même elle qui me sauta dessus et fit si bien que la "séance" dura jusqu'au petit matin. Elle était déchaînée, moi pas du tout. Je connaissais les raisons de cet entrain: cela faisait quatre ans, maintenant, que nous essayions d'avoir une enfant, sans succès. La naissance du "bébé" avait enclenché, chez elle, la surmultipliée de ce désir maternel. Moi, je n'avais jamais été taraudé par cette envie. Au fond, me prolonger via une petite larve, ça ne me disait rien.

   J'avais une vie insignifiante. Pas vraiment ennuyeuse, non. Pas exaltante non plus, c'est vrai. Une vie, quoi, un "truc" dans lequel les jours succédaient aux jours, les propos sans intérêt aux actions inutiles... Pas folichonne, cette vie, mais pas inintéressante non plus. Quoique. Bref, entre moi et Déborah ça n'avait jamais été la grande passion et l'exercice physique de la nuit ne fit rien pour la faire naître...

   "Naître"... Nous allâmes deux ou trois fois voir le bébé. Il souriait, vagissait, tétait directement au sein de sa mère. La voisine - Denise - semblait métamorphosée à chaque fois qu'elle sortait son organe, qu'elle le tendait vers la bouche goulue de son rejeton. Celui-ci faisait des bruits dégoûtants en pompant le lait maternel. Jacques, le père, arborait la fierté du mâle qui a produit, du premier coup, une descendance masculine et je savais, pour l'avoir entendu de nombreuses fois me l'avouer, qu'il voulait faire de son "fils" un champion de foot. C'est dire.

   Jacques et Denise... Mon Dieu, quelle engeance. J'oubliais Déborah, bien sûr, dégotée dans la Fac des Lettres où elle apprenait le Français. Elle le baragouinait toujours, après quelques années, enflait peu à peu, bref c'était la classique américaine qui-adore-les-enfants, son-mari-reproducteur et accumule-les-régimes-pour-lui-plaire... Pas sotte, en plus, puisqu'elle officiait en tant  qu'ingénieur en informatique. 

   Jacques, Denise, Déborah... La Sainte Trinité "Travail/Famille/Patrie" que je honnissais, depuis toujours j'en étais sûr, trinité qui faisait de ma vie un banal enfer, mais un enfer quand même. Et voilà qu'à présent arrivait le "gniard". Un lardon qui, chaque fois que j'entrais dans la pièce où il se trouvait, tournait la tête dans ma direction et me plantait son regard féroce dans le mien. Je savais ce qu'il pensait... Je le savais!

   Nos voisins et notre couple avions immédiatement sympathisé. Enfin, à cause de mon épouse, évidemment. Nous passions des soirées à jouer à toutes sortes de jeux de cartes, passion chez Déborah, abhorration chez moi. Les parties duraient une partie de la nuit. Les trois autres prenaient plaisir aux échanges verbaux, et je riais avec eux, avec l'envie de les étriper sur place. Mais, depuis que je suis enfant, j'ai toujours su déguiser mes mauvaises sentiments. Alors j'éclatais également d'un rire hystérique et n'étais pas le dernier à lancer une blague en dessous de la ceinture...

   Il y eut cette fois où, ayant trop abusé d'alcool, tout le monde s'endormit dans le salon, qui dans un fauteuil, qui sur le tapis, qui sur le divan. Pendant la nuit, je sentis des mains qui se faufilaient entre la ceinture de mon pantalon et mon ventre. La suite est facile à deviner: Denise était chatte, chaude, ruisselante. Je l'avoue, ce fut un bon moment. Mais, au petit matin, tout le monde avait repris ses esprits...

   "C'est le tien", disait les yeux de ma voisine, à chaque fois qu'elle me regardait. Elle me l'avoua même, à mi-voix, en me le désignant, un jour. "C'est la conséquence de... enfin tu sais de quoi je veux parler... Jacques est fou de joie. Lui qui se croyait stérile... Tu lui as fait un beau cadeau..."

   Un beau cadeau, ce bambin qui gigotait comme un ver? Un cadeau empoisonné, alors. D'autant qu'il ne m'avait toujours pas à la bonne, même trois mois plus tard. C'était toujours une sorte de concert silencieux quand nos regards croisaient le fer et, à ma grande honte, j'avoue que c'était moi qui rompait le premier le combat.

   Au quatrième mois, ma décision fut prise. Je m'étais renseigné sur la mort subite du nourrisson. Je savais comment m'y prendre. Il fallait que je la supprime, cette sale petite ordure qui allait faire du reste de ma vie, cette fois, une douleur sans nom. Je me fis câlin avec Denise, proposai de garder l'enfant pendant qu'elle irait faire les courses, un jour où je ne travaillais pas. Elle accepta. A peine sa voiture avait-elle disparu de l'allée que je me précipitai dans la chambre du mioche, étreignant un coussin. Il m'attendait. Il souriait, m'a-t-il semblé, alors que j'avançais en brandissant mon engin de mort.

   Je dégoisai toute ma haine, avant de plonger le coussin sur le visage de l'enfant qui se mit à gigoter avec une force peu commune. Je l'entendis même hurler, m'appelant par mon nom, bredouillant que j'étais fou, qu'un père ne pouvait pas faire ça. Si, je le pouvais. Je le devais même...

   Et puis il se dégagea, à ma grande surprise. Je reçus un coup violent dans le visage. Sonné, je fis trois pas en arrière, alors qu'on me saisissait. Je me débattis et, de nouveau, on me frappa. Je m'effondrai, ceinturé par des mains vigoureuses. Quelqu'un - Déborah? - lançait des phrases incohérentes: "Précipité vers moi... m'étranglait... Si tu n'étais pas arrivé à ce moment... Jacques! Il est fou! Fou!".

   Quelque chose de dur résonna sur le haut de mon crâne. Une douleur subite m'envahit. Je poussai un beuglement: "Mais je ne te veux aucun mal, Déborah! Lâchez-moi! C'est le bébé! Cette saloperie de gniard! C'est l'enfant du Diable, vous ne voyez pas! Il faut le supprimer!!!"

   Alors, la voix déformée par l'émotion, j'entendis clairement Denise bredouiller: "Le bébé? Quel bébé? Il n'y a jamais eu de bébé... Oh Mon Dieu, Déborah! Tu as raison, ton mari est complètement dingue... Appelle les flics!"

   Un dernier coup, asséné par Jacques, je suppose, me fit glisser dans des gouffres amers.

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(Madame Zaza effleurant une fausse marguerite)


Jacques TARDI - Sketchbook, 1999

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"Moi aimer toi Princesse...
- Grand sot! Tu sais parler aux femmes, toi!"


Caza (B. 1941, Paris) 
Abzalon 2002

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(Les officiers d'appontage s'entraînant dans le désert)

Jacques TARDI - Drawing for the movie “Le Désert Rouge” 
(The Red Desert) by Antonioni - with actress Monica Vitti - 
1997 - In french comics magazine (A SUIVRE) 
Editions Casterman

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"Mais je suis trop beeellleee...
Que fais-je donc dans cette page
où les filles sont moches?"



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Blanche Baptiste