Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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lundi 12 janvier 2015

"Sa pensée était si complexe qu'il ne la comprenait pas lui-même". Jacques Damboise in "Pensées de peu".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE NI NE SE JAUGE
NI NE SE JUGE)

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(Le Maestro exigeait que l'appétit de vivre
joue plus fort dans l'orchestre)


(Source: arratik)

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(Jolies vierges attendant une équipe de dessinateurs...)



Parlons (Inter) Net
Un scandale ! Pas un seul général 
dans la rue dimanche pour honorer 
Charlie Hebdo.

   (...) François Hollande et Manuel Valls qui laissent crever la presse d’opinion, Nicolas Sarkozy qui confia France Inter à Philippe Val pour qu’il en expulse trois humoristes, Angela Merkel qui étrangle la Grèce, Benjamin Netanyahu (no comment), participent à la « marche républicaine » dimanche à Paris pour Charlie Hebdo. Marine Le Pen, dont le parti fit plus de dix procès à Charlie Hebdo enrage de ne pas en être.

   Il y aura aussi l’Espagnol Mariano Rajoy qui vient de faire voter des lois liberticides les plus brutales d’Europe, le président ukrainien Petro Porochenko (« Bal tragique à Odessa : 41 morts ») sans ses ministres nazis et sans son formulaire pour s’inscrire à l’OTAN (une école de dessin).

   Ah ! cette immense messe en plein air dans une inédite communion nationale : il n’y a pas de partis, pas de religions, pas de riches, pas de pauvres, pas d’ouvriers, pas de banquiers, pas de pacifistes, pas de va-t-en guerre, pas de chômeurs, pas de milliardaires, pas de journaux bourrés de thunes et de journaux de gauche qui crèvent ou qui se vendent au CAC40, seulement des Français.

   La farandole fraternelle des pompiers et des pyromanes, main dans la main, dans la forêt.
La mascarade serait parfaite (pas vrai, Cabu ?) s’il y avait des généraux en uniforme. Il faudra se contenter de 5.500 policiers et militaires.

   Willem a déclaré « vomir sur ceux qui, subitement, disent être nos amis... ». LGS aussi, qui a durement polémiqué naguère avec un Charlie Hebdo debout et qui ne va pas, lui, l’embrasser de force, aujourd’hui.

   Théophraste R. (On peut pleurer de tout, mais pas avec n’importe qui).

   PS. Achète éventail pour éloigner les mouches bleues.


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"Bon sang, mais où sont passés ces dessineux?
Toujours à traîner autour d'une bonne
bouteille, hein?"


2-crowes: Mircea Suciu

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Luc Desle

lundi 1 juillet 2013

"Ce chasseur végétarien était bien embêté". Jacques Damboise in "Pensées inconvévientes".

§§§
Pensées pour nous-mêmes:

(PLAINS CELUI QUI TE HAIT
CAR IL SE FAIT DU MAL)

§§§


LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/54)
pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste


   Lors d'une fête religieuse, la Mère Supérieure, piquée par des abeilles, accuse Angélus d'être un empoisonneur...

ANGÉLUS 
ou 
LES SECRETS DE L’IMPALPABLE



"Fallen  Angel" Alexandre Cabanel

   Les festivités durent être écourtées Il fallut se mettre à plusieurs pour tenir la Mère Supérieure qui, à présent, tremblait de tous ses membres, et la ramener au bourg s’avéra une tâche ardue. Elle marchait pieds nus, ayant dû ôter ses sandales car ses pieds avaient doublé de volume. 

   - Conduisez-moi chez Angélus ! criait-elle.

   - Cet Angélus est de toute évidence un Démon, s’exclama Elaine, au milieu de l’assistance qui se mit à l’écouter avec intérêt. Il ose s’introduire la nuit au monastère. Je l’y ai vu de mes propres yeux. De plus, il s’exhibe effrontément devant nos Soeurs, dénudé, à la rivière des Joncquières. Je peux hélas en témoigner, étant allée cueillir des fleurs à cet endroit, pas plus tard qu’hier. Certaines personnes ici présentes pourraient attester la véracité de mes dires...

   Et elle fixa avec insistance Sœur Adèle dont les yeux s’étaient remplis de larmes. Elle ajouta, de plus en plus enfiévrée.

   - Mais le plus grave, c’est que cet homme a causé la mort de mon fiancé en lui administrant les mêmes drogues qu’il vous vend, à vous tous ! J’en ai la preuve!

   L’orage à présent roulait au-dessus d’eux. La chaleur étouffante appesantissait les esprits, faisait courir des courants électriques sur tous les protagonistes. Parfois des éclairs venaient zébrer les nuages, déchirant leur ventre pansu. Plusieurs grondements de tonnerre se firent entendre, de plus en plus proches, comme autant de roulements de tambours. La luminosité avait décru, la foule ressemblait maintenant à une masse grouillante de silhouettes surexcitées. Les hommes, échauffés par l’alcool et par ce qu’ils avaient entendu, crièrent vengeance. Le Père Grangeais, hébété, ne fit rien pour les retenir, pas plus que le maire, le notaire et le docteur Gleize, tous trois prudemment à l’écart.

   Angélus, lui, s’était retiré à l’étage de sa boutique, dans son appartement dont aucun Fontserannais n’avait franchi le seuil. Il y avait là toute une débauche de soieries qui pendaient du plafond, des tentures de mousselines, des tissus venus de tous les coins du monde, tous choisis pour leur délicatesse et leur exceptionnelle douceur. 

   Angélus qui, en les caressant, avait fini par s’assoupir sur le petit sofa de velours, entendit, mêlée aux coups de tonnerre, une clameur lointaine qui prenait, de minute en minute, plus de force. Il sut aussitôt que ces exclamations, ces cris, lui étaient adressés. Alors, sans attendre, il sortit par la petite ouverture qui donnait sur l’arrière-boutique et, alors que la porte principale volait en éclat, il s’élança en direction du monastère pour y trouver refuge.

   Une pluie fine se mit à tomber. Atteignant le haut du chemin, aux abords du cimetière, il se retourna. Tout un groupe se lançait à sa poursuite. Il ne distinguait pas les visages, à travers le rideau de la pluie qui, à présent, enflait ; juste les silhouettes, dont une qui se traînait, comme portée par la foule. Il entendit une voix qui le supplia :

   - Angélus, sauve-moi, je t’en supplie !

   Alors, l’apothicaire, noyé sous un véritable déluge liquide, attendit. Il lui était désormais impossible de fuir alors que sa sœur l’appelait au secours. Il comprit que la fin du voyage approchait. 

   Quand le groupe fut parvenu à quelques mètres de lui, et alors que l’orage se calmait quelque peu, il faillit ne pas reconnaître Camille, tant cette dernière était défigurée. Ses pieds avaient gonflé, comme atteints d’éléphantiasis. Ils étaient en sang, excoriés, suintants, et ses mains étaient si enflées qu’on les aurait pris pour celles d’un poupon dodu. 

   Sa sœur se laissa tomber sur le sol argileux en sanglotant.

   - Oh, mon amour, je t’en conjure, viens à mon secours !

   Sans s’inquiéter de ce que venait de dire Camille et de ce qu’en pouvait conclure les villageois, Angélus s’approcha et s’agenouilla auprès d’elle. Le groupe, mû à la fois par la curiosité et pris de respect et de compassion pour cette pécheresse, victime de Satan, s’écarta de l’apothicaire pour le laisser œuvrer dernière fois.

   Trempé de la tête aux pieds, sa longue chevelure blonde gorgée d’eau lui donnant l’aspect d’un martyr comme on en voyait sur les images des missels, Angélus étendit ses mains au dessus du corps de Camille et demeura ainsi, silencieux.

   Sous la pluie qui se calmait peu à peu, il était comme auréolé de bonté. Ses cheveux pâles et ruisselants redonnaient aux traits de son visage une apparence angélique. Sa chemise blanche trempée collait à son buste. On eut dit ainsi une de ces statues grecques des musées à la beauté trop parfaite. 

   Sœur Adèle ne quittait pas Angélus des yeux, comme en extase. Et elle n’était pas la seule…

   Cet instant où le temps parut suspendre son vol s’interrompit soudain quand la Mère Supérieure poussa un soupir : lentement son corps reprenait forme humaine. Les traits de son visage se rétablissaient ; ses mains se désengorgeaient ; les plaies et escarres déformant ses pieds disparurent, comme effacés par enchantement. Stupéfaite, saisie par ce soudain miracle, la foule s’écarta un peu plus encore. Un murmure s’éleva, empli à la fois d’adoration et de terreur mystique. 

   L’apothicaire déposa un baiser sur le front redevenu lisse de la Mère Supérieure. A cet instant, un éclair zigzagua dans le ciel et la foudre frappa la grande croix du cimetière. Avec une sorte de gémissement, la sculpture, brisée en deux, s’effondra. Un cri unanime d’effroi accompagna ce prodige.

   - Sauve-toi, Angélus, murmura la religieuse, en tentant de se redresser. Ils en veulent à ta vie.

   En effet les hommes, retrouvant leur esprit, dans un élan furieux, tentèrent de s’emparer de l’apothicaire. Celui-ci se releva vivement, en repoussa deux d’entre eux et s’enfuit. Après une brève hésitation, les autres se mirent à le pourchasser, suivis par les femmes en furie. Des cris de « A bas le Démon ! » se mirent à fuser d’entre leurs lèvres tordues par la haine. Mais la foule était moins agile que le fuyard et elle se fit rapidement distancer.

   Angélus courait droit devant lui, la vue brouillée par la pluie qui recommençait à tomber dru. Il avisa le vaste séchoir et s’y réfugia. Il comportait une porte dans le fond pour les courants d’air nécessaires aux différents séchages des plantes. Par là le jeune homme pourrait s’enfuir et accéder à l’écurie où le docteur Gleize avait dû laisser son cheval ce matin. 

   Il ferma la porte de devant et, adossé au bois rugueux, demeura là quelques instants dans le calme et les senteurs des coquelicots séchés. Le cœur cognant à ses tempes, Angélus était encore sous le coup d’une forte émotion. Non pas d’avoir aidé Camille à trouver un répit à ce mal, aussi soudain que mystérieux, mais que sa sœur ait pu changer intérieurement à ce point relevait du miracle ; qu’elle ose révéler à tous l’attachement qu’elle lui portait tenait peut-être plus du délire qui l’avait prise que de la volonté de dire la vérité. Lui ne savait pas influencer les âmes. Il ne faisait que guérir l’enveloppe charnelle. Quelle force mystérieuse avait bien pu intervenir ? 

   Tout en réfléchissant, Angélus laissa courir ses deux mains sur les planches de la porte à laquelle il était adossé. L’espace d’un instant, il ne réalisa pas ce qui se passait là, sous sa paume. Mais soudain, la piqûre d’une écharde lui fit comprendre que sa main gauche était, après tant d’années, à nouveau réceptive aux sensations.

  Cependant les gens du bourg martelaient déjà le vantail. Il les entendit à peine. Il restait là, ravi, observant sa main, touchant les matières alentour et s’extasiant car à chaque objet correspondait une sensation oubliée. 

   Des roulements de tonnerre ponctuèrent les coups contre la porte et les cris de la foule. Angélus savait qu’il avait encore le temps de s’en aller. Il lui suffisait de courir vers l’issue du fond, de l’ouvrir et, avec son agilité, il n’aurait aucun mal à trouver le cheval, à l’enfourcher et à partir au galop loin, très loin. Mais le miracle qui venait de s’accomplir faisait disparaître en lui toute prudence.

   En extase il caressa son visage, et put noter que sa peau avait même perdu cette rigidité qui l’accompagnait depuis si longtemps, comme un stigmate de son échec patent. Un second prodige venait donc de s’accomplir, ou plutôt, il s’agissait d’un concours de circonstances exceptionnel, sûrement, dans lequel les énergies en présence, le tonnerre, la foudre, la pluie, avaient formé un mélange unique, une combinaison parfaite, une osmose inouïe...

   La foule, redoublant d’effort, faisait résonner le lourd battant de bois. Angélus sortit enfin de son rêve éveillé. Il avança vers la porte du fond. Alors le silence s’installa de nouveau, uniquement ponctué par les rafales de pluie fine qui tapotaient sur les tuiles, qui griffaient les murs chaulés et dont la musique avait quelque chose de rassurant.

   Le jeune homme resta immobile, au milieu du lieu, frissonnant à présent dans ses vêtements mouillés. Une odeur piquante vint chatouiller ses narines. Angélus la reconnut immédiatement : ces bougres étaient en train de mettre le feu au séchoir ! 

   Il entendit quelques insultes qu’on lui jetait et, toute la chair révulsée, Angélus se précipita vers l’autre ouverture. Il eut beau secouer le battant rugueux, il ne s’ouvrit pas. On l’avait fermé par un cadenas. 

   Alors il sut qu’il était perdu.

   Il joignit les deux mains, non pas pour prier, mais pour sentir entre ses deux paumes l’infime pellicule de sensation parfaite. Elle était là cette perception perdue lors de l’accident. Plus fine et perceptible qu’elle ne l’avait jamais été. A partir de ce toucher là, il pouvait de nouveau appréhender le monde, pénétrer la moindre des textures et faire corps avec elle, fût-elle subtile et impalpable pour le commun des mortels. 

   Qu’avait-il donc cherché pendant toutes ces années, si ce n’est cette faculté qui lui avait été dérobée ? Pourquoi vouloir créer d’autres matières, quand toutes celles existantes suffisaient à combler son toucher ? Le moindre galet de rivière, le moindre pétale de fleur pouvait être un trésor entre ses doigts. De cela il était désormais persuadé. Il n’avait rien à prouver à personne. A force d’essayer de recréer la perfection du monde, cette dernière venait enfin à lui, dans le creux de ses mains jointes, au cœur des minuscules particules de l’air ambiant.
***
(A Suivre)

§§§

(Les blagues à Bouddha plaisaient
beaucoup à Bébé)


caroline-francois.centerblog.net

La question islamiste 
en terre bouddhiste
Rémy Valat 

   (...) Le numéro de juillet de l’hebdomadaire américain Time aborde le problème de la radicalisation du clergé bouddhiste face à l’Islam en Asie (Thaïlande du Sud et Birmanie). L’article de Beech Hannah,When Buddhists go bad, fait actuellement scandale en Birmanie. Il a notamment heurté de nombreux membres de la communauté bouddhiste qui ne se sent pas solidaire du discours du moine islamophobe Ashin Wirathu. (...)

   (...) La guerre religieuse et d’indépendance, qui débuta en 2004, continue de faire rage dans le sud de la Thaïlande. La Thaïlande se compose d’une population majoritairement bouddhiste, mais le Bouddhisme n’est pas la religion officielle du pays. Les musulmans représentent 5 % de la population, dont la majorité (4/5e) sont des locuteurs malais (les musulmans thaïlandophones représentent environ 20%), implantés dans les cinq provinces frontalières à la Malaisie (Narathiwat, Pattani, Satun, Songkla et Yala). 

   Ces régions rurales et pauvres ont subi une politique d’assimilation forcée du gouvernement de Bangkok dans les années 1960. Deux mouvements indépendantistes, le Pattani United Liberation Organization (PULO) et le Barisan Revolusi Nasional (BRN) ont pris une première fois les armes entre 1976 et 1981, puis les mouvements se cantonnèrent dans l’activisme politique et l’extorsion de fonds. 

   En réponse aux mesures musclées du chef du gouvernement deThaskin Shinawatra, la minorité religieuse mit en avant ses droits et réclama notamment le port du Hijab pour les femmes musulmanes dans les lieux publics, l’ouverture de mosquées et l’expansion des études islamiques dans les écoles publiques. C’est sur ce terreau favorable que le conflit armé latent depuis 2001 débuta en 2004. Il oppose toujours les forces gouvernementales aux mouvements indépendantistes, essentiellement, aux groupes terroristes islamistes, le Pattani Islamic Mujahadeen Movement ou Gerakan Mujahideen Islam Pattani, qui a déclaré la djihad contre les populations bouddhistes et la monarchie-junte militaire thaïlandaise.(...)

   (...) Les sources de financement des groupes insurrectionnels ne sont pas claires : l’importation de techniques et de fonds serait la main du « terrorisme international » d’Al Qaida, selon les services de renseignement nord-américains, mais rien ne l’atteste irréfutablement. Le mouvement serait plutôt un cocktail religieux, identitaire et passéiste... Selon Pak Abu, un professeur d’école coranique et chef des affaires internes du Pulo, l’objectif du mouvement serait la « libération du Patani Darussalam - la terre islamique de Patani - de l'occupation des infidèles» et de revenir au temps idéalisé (mais révolu) du sultanat de Pattani.... 


Localisation du conflit. Les cinq provinces malaises embrasées par la guerre religieuse et 
d’indépendance ont été rattachées au Siam par le traité de Bangkok (10 mars 1909)
signés par la Grande-Bretagne et le royaume du Siam

   (...) Un autre responsable du mouvement islamiste aurait déclaré à un journaliste du Figaro que les réseaux sont peu structurés, très violents et capables de planifier leurs actions: l’ensemble représenterait environ 3 000 individus majoritairement des jeunes de moins de 20 ans. Selon lui, le BRN-Coordination est une « coalition informelle d'individus», cimentée par un « haine commune à l’encontre des populations siamoises. «Nous avons fait, déclare-t-il, le serment de sacrifier notre vie pour libérer notre terre ancestrale de l'occupation des infidèles.» 

   Il précise que les jeunes combattants (les juwae) ont « été repérés à la crèche, recrutés dans les écoles coraniques et mènent une guérilla urbaine de plus en plus sophistiquée». Surtout, l’indicateur du Figaro reconnaît que «le degré de brutalité» de la nouvelle génération «est parfois une source d'embarras» et déplore la « criminalisation » des troupes: «30% des combattants vendent leurs services à la mafia et aux trafiquants de drogue». 

   Leurs méthodes sont en effet radicales : attentats à l’explosif contre des cibles civiles, embuscades sur les axes routiers, assassinats, incinérations vivantes, voire décapitations de civils, d’agents symboles de l’Etat (fonctionnaires thaïlandais et religieux bouddhistes). Plus de 5 000 morts et 8 000 blessés (globalement le bilan de la guerre civile algérienne en France entre 1955 et 1962) ont été recensés entre 2004 et 2012 et le bilan ne cesse de s’alourdir, les négociations étant toujours à l’heure actuelle dans l’impasse.(...)

   (...) Les agressions contre le personnel religieux bouddhiste ont obligé l’armée royale à transformer les monastères en bases militaires et à organiser les populations bouddhistes en groupes d’autodéfense (70 000 volontaires bouddhistes) : selon Duncan McCargo, enseignant à l’université de Leeds, des rumeurs courent sur la présence dans les communautés bouddhistes d’anciens militaires ordonnés moines et sur l’armement d’une fraction des religieux : une réminiscence des moines guerriers du Japon médiéval (les sôhei) ou de Shaolin ? Non, une simple ressemblance sur la forme sans plus, les moines guerriers nippons ayant surtout pour vocation de protéger leur temple et d'y maintenir l'ordre : ils étaient aussi une force politique et armée non négligeable. 

   Nous sommes ici dans un réel contexte de guerre de religions. Il ne fait aucun doute que le discours de quelques religieux bouddhistes tend à se radicaliser : « Il n’y a pas d’autres choix, nous ne pouvons plus séparer le bouddhisme des armes désormais », aurait déclaré le lieutenant Sawai Kongsit, de l’armée royale thaïlandaise (Time). Les moines estiment que les Musulmans utilisent les mosquées pour entreposer des armes, que chaque imam est armé : « L’islam est une religion de violence » déclare Phratong Jiratamo, un moine ayant servi dans le corps des troupes de marines thaïlandaises (Time).

   (...) Cette radicalisation est nette dans le discours islamophobe du moine bouddhiste Ashin Wirathu (Mandalay, Birmanie) : discours à l’origine de lynchages, de meurtres et de comportements racistes à l’encontre des musulmans birmans (les Rohingyas) qui représentent entre 4% et 9% de la population du pays. Ashin Wirathu appelle de ses voeux un schisme entre les populations bamars (majoritairement bouddhistes) et les Rohingyas musulmans.

   Un nouvel et tragique épisode du « choc des civilisations »...(...)


§§§

(Les coupes budgétaires commençaient
à en effrayer plus d'un)


§§§

"Alors, cette surveillance des internautes?
- Je ne surveille pas, je veille sur eux, nuance..."
Le techno-totalitarisme, 
c’est maintenant

   (...) Bas les pattes devant Snowden, Manning, Assange et les résistants au techno-totalitarisme. Nul ne peut plus nier ce que les opposants à la tyrannie technologique dénoncent depuis des années : les objets intelligents qui envahissent nos vies (ordinateurs, Internet, téléphones mobiles et smartphones, GPS) donnent au pouvoir les moyens de la surveillance généralisée.

   En dévoilant des documents secrets, un ex-agent américain révèle que la NSA (Agence nationale de sécurité) espionne les internautes du monde entier, dans le cadre du programme clandestin « Prism » mis en place par George Bush et poursuivi par Barak Obama. Sont visés les utilisateurs d’Internet et des« réseaux sociaux » (Google, Facebook, Apple, Youtube, Yahoo, Skype, DropBox, Microsoft, AOL) soit, à l’ère numérique, à peu près tout le monde.

   Les esprits forts diront qu’ils le savaient déjà. Les esprits forts savent toujours tout. Edward Snowden, lui, prouve ce qu’il dit. Et les médias du monde entier ne peuvent faire autrement que de publier ses déclarations, alors que les dénonciations des esprits critiques restaient confinées et refoulées à quelques milieux restreints.

   Edward Snowden agit sans le soutien d’aucune organisation, d’aucun parti, d’aucun collectif. Heureusement – il n’aurait rien fait. Son geste relève de ce qu’Orwell nommait la « décence ordinaire ». « Je ne peux, en mon âme et conscience, laisser le gouvernement américain détruire la vie privée, la liberté d’Internet et les libertés essentielles pour les gens tout autour du monde au moyen de ce système énorme de surveillance qu’il est en train de bâtir secrètement. » (1)

   À 29 ans, il sacrifie sa carrière et sa vie personnelle, choisit la désertion, risque la prison pour trahison (comme le soldat Manning, auteur des fuites vers Wikileaks) voire un « accident ». Il affronte seul les services secrets de la première puissance mondiale.

   En France depuis le 10 juin 2013, aucune des organisations qui, avant ou depuis le meurtre de Clément Méric, clament l’urgence de la « lutte antifasciste », n’a pris la défense de Snowden. Aucune manifestation de soutien, aucun communiqué, aucun appel contre la surveillance totale, y compris celle de la DGSE française (services secrets extérieurs), comparée par un ex-agent à une « pêche au chalut ». (2) À ce jour, le seul appel pour l’asile politique de Snowden en France émane de Marine Le Pen. Un coup de pub dont le Front de Gauche n’a pas été capable.

   Edward Snowden : « Ma grande peur concernant la conséquence de ces révélations pour l’Amérique, c’est que rien ne changera. [Les gens] ne voudront pas prendre les risques indispensables pour se battre pour changer les choses... Et dans les mois à venir, les années à venir, cela ne va faire qu’empirer. [La NSA] dira que... à cause de la crise, des dangers auxquels nous devons faire face dans le monde, d’une nouvelle menace imprévisible, elle a besoin de plus de pouvoirs, et à ce moment-là personne ne pourra rien faire pour s’y opposer. Et ce sera une tyrannie clé-en-main. » (déjà en pratique...) (...)

NOTES

(1) Le Monde, 11/06/2013

(2) Le Monde, 12/06/2013


Lire la suite sur:
§§§
Luc Desle

samedi 15 décembre 2012

"La Belle voulut se laisser pousser la moustache pour complaire à la Bête". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(N'ATTENDS DU MAÎTRE
QUE CE QU'IL NE TE DONNE PAS)

***

(Cette chanteuse qui eng... son micro
se trouva fort dépourvue quand celui-ci se fut tu)


Dinah Washington photo by William Claxton
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"Si je signe pour cette Loi contre la fracturation hydraulique
qui démolirait mon Empire souterrain?
Que j'veux, mon n'veu!"

Michel Simon dans "La beauté du Diable"

Les écologistes proposent une loi 
pour interdire toute exploitation 
des gaz de schiste
THIBAUT SCHEPMAN

   (...) Le député Europe Ecologie - Les Verts François-Michel Lambert a déposé ce mardi une proposition de loi visant à interdire définitivement (définitivement?) l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, « par quelque technique que ce soit » et à abroger l’ensemble des permis de recherche accordés aujourd’hui. Le texte prévoit une amende d’un million d’euros en cas de violation de l’interdiction.

   En effet, seule la fracturation hydraulique est pour l’instant interdite, et d’autres techniques commencent à être mises au point notamment en Amérique du Nord. L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPESCT) a d’ailleurs été chargé de travailler à un rapport sur le sujet depuis le 21 novembre dernier.

   Pour lire le texte en intégralité, c’est ici :


***

(Ada et Ada, les soeurs jumelles, figurant l'expression
"Le monde marche la tête à l'envers")

photo by Joseph Janney Steinmetz

(Après être tombée, l'une des soeurs ne marcha plus du tout...)

***
"Tous ensemble,
Tous ensemble,
Pour la Paix...
- Heu, contre les z'Athées,
Mec, contre les z'Athées!
- Autant pour moi..."

2012: 
mauvaise année 
pour les athées à travers le monde

   (...) Selon un rapport de l’International Humanist and Ethical Union (IHEU), une organisation qui regroupe plus de 120 associations d’athées et d’humanistes non croyants dans plus de 40 pays, les droits des non croyants ont été bafoués dans plusieurs pays en 2012. (de nombreux pays serait plus exact)

   Le rapport a été présenté au rapporteur spécial pour la liberté de croyance et de religion de l’ONU, Heiner Bielefeldt, à l’occasion de la journée des Droits de l’homme, le 10 décembre dernier.
   C’est dans les pays où l’islam est la religion officielle que les non croyants font face aux traitements les plus brutaux de la part des Etats et des tenants de la religion officielle. Il existe, note Reuters, au moins sept pays dans lesquels l’expression de l’athéisme ou le refus de pratiquer une religion officielle peuvent conduire à la peine de mort: l’Afghanistan, l’Iran, les Maldives, la Mauritanie, le Pakistan, l’Arabie saoudite et le Soudan.

   Dans d’autres pays comme le Bangladesh, l’Egypte, l’Indonésie, le Koweit et la Jordanie, l’expression de convictions athées ou humanistes sur la religion est totalement interdite ou strictement limitée par des lois condamnant le blasphème.

   Pour autant, l’organisation n’épargne ni le monde occidental, ni les pays de tradition chrétienne. Ainsi en Europe, en Amérique du Nord et latine comme en Afrique sub-saharienne, des pays qui se réclament laïcs donnent des privilèges aux églises chrétiennes dans les domaines de l’éducation et des services publics. L’Etat de l’Arkansas a même, note Reuters, une loi interdisant à un athée d’être témoin dans un procès.

   Un fait nouveau concerne l’accès généralisé aux réseaux sociaux numériques. Si ces derniers facilitent l’expression de points de vue divergents, en retour il est plus facile de persécuter des non croyants pour l’expression en ligne de leurs idées. Dans certains cas, note le rapport, des gouvernements ont menacé de poursuivre en justice ceux qui ont liké ou re-tweeté des commentaires athées.

   En Indonésie, Alexander Aan a été condamné à une peine de deux ans et demie de prison pour des posts sur Facebook. Deux jeunes athées, Jabeur Mejri et Ghazi Beji, ont été condamnés à sept ans et demie de prison pour des faits similaires en Tunisie. Le pianiste athée Fazil Say risque la prison pour des tweets «blasphématoires» en Turquie. (...)


***
Benoît Barvin (avec l'appui bienveillant de Jacques Damboise)

lundi 17 septembre 2012

"Cet Imam intégriste pensait qu'Allah était Allah et vice et versa". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

***
Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE CHANGE DE DEMEURE
MAIS PAS DE PERSPECTIVE)

***


(L'archidiacre de la Cathédrale, un certain Frollo,
faisait fuir les curieux lors de la journée
du Patrimoine)

Cloisters of the Santa Mar’a Cathedral in Tarragona, 1925 by Kurt Hielscher


***

(Autre manière ironique de saluer le Beau
Capitalisme Financier)


Moi, Premier ministre, 
je tuerais un tiers des Portugais
José Vitor Malheiros 

   (...) "Un tiers [de la population] doit mourir. Ce n'est pas que nous ayons quelque plaisir à les tuer, mais à vrai dire il n'y a pas d'alternative. Si on n'en finit pas avec eux, ils finissent par nous entraîner avec eux vers le fond. Et de fait, on ne va pas les tuer vraiment, c'est-à-dire tuer comme le faisait les nazis. Si on voulait vraiment les tuer on entendrait une clameur, dieu m'en garde ! Il y a des gens trop sentimentaux, qui ne comprennent pas que les décisions dures doivent être prises, quelqu'en soit le prix et que, si on se débarasse d'un tiers, les autres vivront mieux. C'est pour cela que nous n'allons pas les tuer. C'est eux qui vont mourir. Il suffit que la mortalité augmente un peu plus que dans les autres groupes. Et les statistiques le montrent déjà.

   Mota Soares [l'actuel ministre de la Solidarité et de la Sécurité sociale] fait bien son travail. Les types de la santé publique disent bien tout le temps que la pauvreté est la chose qui fait le plus de mal à la santé ? Tout joue en notre faveur. La tendance le montre déjà et ce qui compte, c'est la tendance. Comme ils sont plus souvent malades, il suffit de rendre toujours plus difficile l'accès aux soins. La nature fait le reste. Paulo Macedo [le ministre de la Santé] fait lui aussi ce qu'il peut. Ce n'est pas un génocide, c'est de la statistique. On y parviendra un jour, ce qui compte c'est que nous sommes sur le bon chemin. Il n'y a pas d'argent pour soigner tout le monde et il faut faire des choix. Et les choix impliquent toujours des sacrifices. On ne peut sauver pas tout le monde et on doit sauver ceux qui sont le plus utile à la société, ceux qui produisent de la richesse. Il ne peut y avoir des types qui n'ont que des droits et ne contribuent en rien, sans aucun devoir.

   Ces conneries de démocratie, d'éducation et de santé pour tous ont été inventés quand la société avait besoin de millions de pauvres pour répandre du fumier ou des choses du genre. Maintenant, on n'en a plus besoin et il y a des crétins qui n'ont pas encore compris que, pour que nous vivions bien, il faut élaguer ces sous-hommes.

   Qu'un tiers doive rendre l'âme est une évidence. Mais il faut que cela soit le bon tiers, celui qui dilapide nos ressources et n'apporte rien. Il faut de l'équité. S'ils dépensent et ne contribuent pas, je suis désolé mais... Les ressources sont rares. L'autre jour encore, les journaux disaient que l'on avait un million d'analphabètes. En quoi peuvent-ils nous servir pour la société de la connaissance ? Ils vont uniquement grossir la masse des parasites, qui vivent sur le dos des autres. Donc, le bon tiers ce sont: les analphabètes, les chômeurs de longue durée, les malades chroniques, les retraités pauvres (on va pas mettre tous les vieux parce que nous ne sommes pas des animaux et il faut penser à nos parents et grands-parents), les SDF, les mendiants et les gitans, bien entendu. Et les handicapés. Pas tous. Mais s'ils n'ont pas une famille qui peut supporter le coût de l'assistance qu'on leur porte, on ne pourra pas laisser ce fardeau à la société. Ce ne serait pas juste. Et nous devons promouvoir la justice sociale.

   Le deuxième tiers doit avoir un maître. C'est ennuyeux d'avoir encore besoin de quelques ouvriers, mais qu'ils puissent penser qu'ils commandent dans notre pays parce qu'ils votent ce n'est plus possible. Pour commencer, le pays n'est pas compétitif avec les gens qui vivent décemment. Je ne dis pas qu'il faille revenir à l'esclavage, mais à vrai dire les sociétés ont beaucoup évolué grâce à lui. Cela libère des ressources pour faire des investissements et de l'innovation afin de garantir le progrès et cela permet l'oisiveté des classes aisées, qui en ont bien besoin. L'ennui, c'est qu'on ne peut pas éliminer les ouvriers comme les sous-hommes car on a besoin de ces types pour faire des choses emmerdantes et, en plus (pour l'instant), ils votent - bien que la majorité ne vote pas ou vote pour nous. Ce qu'il faut c'est en finir avec ces droits garantis qui font qu'ils travaillent le minimum et vivent à l'ombre des cocotiers. Ils doivent être ce que les communistes disent qu'ils sont : des prolétaires. 

   Il faut en finir avec le droit du travail, la stabilité de l'emploi, leur réduire le niveau de vie de façon à ce qu'ils comprennent qui commande. Ils doivent toujours être morts de peur : peur de perdre leur travail et de devenir des sous-hommes, de mourir de faim au milieu de la rue. Et il faut les gaver de football, de telenovelas et de téléréalité pour les anesthésier et pour qu'ils pensent que leurs enfants vont devenir des stars du hip-hop ou quelque chose du style. (...)

Lire la suite de ce texte, hélas à peine ironique, sur:

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"Au nom de Qui les Humains,
gens de Sagesse et de Raison,
s’entre-tuent-ils avec tant de constance?
Je vous aide? 
Ça commence indifféremment par:
D..., A..., ou J..."

Before Watchmen: Moloch #1 cover by Eduardo Risso, 
which I turned into a widescreen wallpaper. Via.



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(Les journées du Patrimoine dépassaient
les frontières...)


Douce France...
Sabine Aussenac
Enseignante

   (...) Cette impression d'être lové dans le cœur de l'Histoire, comme on l'était dans le ventre d'une mère, avant tout. Car la pierre, qu'elle soit des châteaux ou des cathédrales, rassure et protège. Le bois, au détour de ces innombrables marqueteries et meubles anciens, nous deviendra racines. Quant aux lustres et autres lumières ressuscités, ils vont faire de chaque Français, le temps de ces Journées du Patrimoine, un Roi Soleil d'un jour.
   Et puis cette certitude d'être le dépositaire d'un passé, d'être responsable de toute une lignée d'ancêtres, malgré nos modernités, malgré les déménagements, les précarisations de nos sociétés.
   Parce que ce Patrimoine , il n'appartient pas à une famille, il n'est pas l'apanage de quelques nobliaux de province, ni d'un gouvernement -même si nos chers élus et gouvernants ne se privent pas de le côtoyer de bien près, eux, ce patrimoine...- , non, il fonde toute une nation, comme en assise de nos mémoires.

   Comme elle est jolie, la France d'en bas, lorsqu'elle vient timidement toquer aux lourdes portes de chêne de la France d'en haut, de cette France d'autrefois, qui fut peuple avant de devenir nation, cette France dont chaque éclat de marbre restitue, une fois l'an, le souffle...

   Comme elle est timide, la France des petites gens, lorsqu'elle s'avance à petits pas respectueux au travers des brillances vernissées de ces salons parquetés, avec quel immense respect elle parcourt préfectures et mairies, castels et églises, à la recherche d'un temps perdu et de ses Ducs de Guise...

    Comme elle est émouvante, la France des simples, lorsqu'elle admire sans jalouser, elle qui souvent se saigne aux quatre veines, mais qui dans une étrange trêve des confiseurs, entre grève et scandales, va soudain sans mot dire arpenter ces hauts lieux, oubliant pour un jour cahiers de doléances et manifestations, sans penser aux nantis ou aux fractures sociales ; le temps d'un week-end, on dirait que le Patrimoine est vraiment l'affaire de tous.

   Il me paraît passerelle, ce moment si précieux, quand enfin notre Histoire redevient accessible, au gré d'un long week-end qui nous rend nos beautés, lorsqu'enfin il s'entrouvre, ce grand temps des secrets. Car pour le commun des mortels, cette Histoire n'est plus qu'un souvenir de communale ou de lycée, demeurent seulement quelques dates, ou quelque événement conté par un grand-père... Nos mémoires sont certes soigneusement archivées, et nos enfants, heureusement, encore instruits par de zélés professeurs, mais pour un citoyen se passionnant pour la généalogie ou pour Napoléon, combien d'ignorances, de négligences, de mépris, même ?

   Car on passe parfois toute une vie à proximité de richesses que l'on ne voit plus guère, blasé par les dorures, ou simplement exclu de ces fastes réservés, de nos jours, aux touristes ou aux Grands... Oui, ces JdP sont bien un pont-levis qui se lève vers cent châteaux perdus, enfouis sous les ronces des privilèges et des castes, puisque, reconnaissons-le, la plupart de ces lieux de mémoire demeurent réservés à nos élites, qui, elles, une fois désignées gouvernantes ou membres de collectivités territoriales ou locales, ont le droit de de venir vivre ou travailler au quotidien dans ces immeubles de sang royal... (...) 

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Luc Desle