Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.
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mardi 20 janvier 2015

"De sa conversion, il tira des conséquences meurtrières". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA PAROLE EST UN BAUME)

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(Dans ce pays, on pouvait parler de tout ce qu'on ne
vous interdisait pas de dire)



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Responsables, jusqu’au bout...

Fondateur d'@rrêt sur images

   (...) Attention, chronique garantie responsable. Car maintenant, assez joué, il faut être responsables. Evidemment, ça ne pouvait pas durer. Après le pape, voilà les sondages. Pour 40% des Français (oui, les mêmes qui étaient Charlie par millions, dans les rues, le 11 janvier), il vaudrait mieux s’abstenir de caricaturer Mahomet.

   Et voilà qu’on entend, ici et là, les premiers appels à la responsabilité. Formidable, votre liberté, les gars, formidable, mais faudrait voir à être responsables, maintenant. Res-pon-sables. Regardez le Niger. Regardez le Pakistan. Dix morts, pour vos petits dessins. Et ça ne fait que commencer. Contents ? (...)

   Et là-dessus, en plein week-end, comme si ça ne suffisait pas, déboule cette affaire du dessin caché dans le dessin. Ayant décidé d’être responsable, je ne précise pas la nature de l’offense, vous renvoyant à notre article irresponsable. Embrasement immédiat de nos forums.

   Curieusement, ce sont d’ailleurs les plus anciens défenseurs de Charlie Hebdo, les plus fervents, qui démentent l’hypothèse du dessin dans le dessin, formulée par le blogueur Olivier Berruyer. Un dessin sournois dans le dessin ? Pas du tout ! Quelle curieuse idée. A la niche, l’obsédé. Va soigner ta libido !

   Eh, chers défenseurs de Charlie : savez-vous bien qui sont vos nouveaux héros, ce qu’est votre nouvel emblème ? Une équipe de dessinateurs de zizis, de foufounes, et de nénés. Pas seulement, mais aussi. D’accord, Luz a démenti, mollement, avoir glissé un dessin dans le dessin. N’empêche : connaissant les lascars, la lecture malintentionnée de Berruyer est pour le moins, disons, plausible.

   Et alors ? Même s’ils l’ont fait exprès, au nom de quoi leur demanderions-nous de se l’interdire ? Ils sont morts pour ça. Morts pour garder le droit dérisoire, le droit scandaleux, d’être irresponsables. Regardez notre émission. Ecoutez bien ce que rappelle notre invité, Fethi Benslama, sur le droit à l’irresponsabilité pour les artistes, cette conquête des Lumières. Sachez bien qu’en les sommant d’être responsables, vous les tuez une deuxième fois. (...)

   (...) J’entends bien que le problème, aux yeux de Berruyer, n’est pas le dessin. C’est le dessin caché sur le visage du prophète – référence évidemment au croquis déclencheur de la grande controverse des caricatures, qui dessinait le turban de Mahomet en forme de bombe. Ce dessin caché prendrait en otages les millions d’innocents marcheurs, d’innocents acheteurs du journal, que le pervers Luz transformerait à leur insu en armée, enrôlée malgré elle, au service de la lubricité chafouine.

   Ne croyez pas : évidemment, je me sens moi-même un peu pathétique, à me retrouver en défenseur du droit imprescriptible à dessiner des phallus, même cachés. Mais je ne me sens pas d’autre choix que de le défendre, ce droit. Je ne dis pas que ce dessin me fait rire. Je ne dis pas que je l’approuve. Ça fait longtemps qu’on n’en est plus là, à rire ou approuver. Je ne demande pas à Hollande, à Valls et aux autres de rire, ou de l’approuver. Ce n’est pas leur métier. Je dis seulement qu’on n’a pas, aujourd’hui, d’autre choix que de défendre ce droit.

   Dix siècles d’histoire de France, deux siècles de guerres et de révolutions, et Henri IV, et Molière, et Pasteur, pour en arriver là ? Oui. Et c’est l’obligation de l’Etat, de défendre le droit des dessinateurs à dessiner ce qu’ils veulent, y compris le cul de Jehovah, d’Allah ou de Vichnou, si ça leur chante. La nouvelle ligne de front, redessinée le 7 janvier par deux artistes qui ne travaillaient pas au porte-plume, passe aussi par ce droit. On en est là. (...)

   (...) Ces incendies d’églises au Niger, tout de même, quand on y réfléchit. Ces manifestants qui vont, pour répliquer à Charlie Hebdo, incendier des églises, comme si Jésus y était pour quoi que ce soit. Ces quelques milliers de manifestants d’Alger, de Karachi, d’Islamabad, de Lahore, de Peshawar, sur lesquels zoome comme d’habitude l’information mondiale, comment les appeler ? Des jeunes ? Des croyants offensés ? Des paumés manipulés ? Ou simplement des cons obtus ?

   Elle passe aussi par là, la ligne de front. Par le choix des mots. Qu’il faut peser. D’ailleurs, et si on commençait simplement par s’abstenir de zoomer sur eux ? Si on écoutait les centaines de millions de musulmans qui, en se levant le matin, pensent à autre chose qu’à la couverture de Charlie Hebdo ? Tant qu’à être responsables...


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(Ces Djihadistes enseignaient l'amour de Dieu)



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Luc Desle

jeudi 18 septembre 2014

"L'enfant-souris ne jouait jamais à chat perché". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE EST-IL 
LE MAÎTRE DU MAÎTRE?)

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(Baboubaba, la jolie biche, était dans le vent)



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"Mmmmhhhh....
- Qu'ess-tu dis?
- Mmmmhhhh...
- Toi, tu sais pas parler avec ton chèche.
T'es un mauvais musulman!"



INDE : 

VERS LE GRAND CONFLIT 
HINDOUISTES/ISLAMISTES 

Jean Bonnevey

   Revendiquant depuis près de 20 ans son autorité sur les jihadistes du monde entier, Al Qaïda est en perte de vitesse. Fragilisé par l’émergence de l’EI en Syrie et en Irak, le réseau fondé par Oussama ben Laden tente de revenir en ouvrant un nouveau front.

   Cette nouvelle branche est nommée en anglais « Qaedat al-Jihad in the Indian Subcontinent » (« Al-Qaïda en guerre sainte sur le sous-continent indien »). Elle est déjà active en Afghanistan et au Pakistan, sous l’autorité du Pakistanais Assim Oumar, un Pakistanais lui-même subordonné au mollah Omar, le chef des talibans afghans. La création d'«al-Qaida en guerre sainte sur le sous-continent indien» est le fruit de deux ans de travail, précise al-Zawahiri. Le chef du mouvement islamiste, déclare que la naissance d’Al-Qaïda en Inde est une bonne nouvelle pour les musulmans « de Birmanie, du Bangladesh, de l’Assam, du Gujarat, d’Ahmedabad et du Cachemire » afin de faire face à l’ «injustice » et à l’ »oppression ». Le chef de la nébuleuse islamiste entend mener le combat pour faire renaître un califat sur des terres considérées comme musulmanes par Ayman al-Zawahiri.

   On sait peu de choses sur le chef de la nouvelle branche indienne d'al-Qaida. Assim Oumar lit assurément le pachto, la langue du peuple pachtoune, qui forme l'ossature du mouvement taliban. Mais il parle et écrit surtout en ourdou, langue nationale du Pakistan, qui se rapproche de l'hindi indien. Turban de charbon enroulé autour de la tête, barbe hirsute, Assim Oumar apparaît dans des vidéos de propagande diffusées notamment par al-Qaida. «Pourquoi les musulmans de l'Inde sont-ils totalement absents du jihad», s'interrogeait-il l'an dernier dans une vidéo en ourdou diffusée sur internet par Al-Qaida. Il appelait les jeunes musulmans indiens à faire preuve «d'honneur» et de «zèle» afin que l'Inde soit dirigée à nouveau par sa minorité musulmane et non sa majorité hindoue. 

   «Ne forcez pas les infidèles à prononcer la profession de foi... C'est à eux de décider s'ils veulent devenir musulmans ou continuer à pratiquer leur ancienne religion. Mais puisque cette planète est celle d'Allah, il est nécessaire d'y établir le système d'Allah», disait-il en ourdou. Ses allocutions sont truffées de références à l'empire moghol, musulman, qui a régné sur l'Inde du 16ème à la moitié du 19e siècle, et au califat ottoman. Il appelle ainsi à un «renouveau» islamique en Inde, au moment où les djihadistes prennent le contrôle des régions entières de l'Irak et de la Syrie.

   Par cette déclaration, Al Qaïda remobilise ses forces, alors que l’Etat Islamique, qui a crée un califat avant elle, ne cesse de multiplier les actions et s’est sérieusement implanté en Irak, territoire de création d’Al Qaïda par Abou Moussab al Zarkaoui, tué par les forces américaines en 2006. Suite à la diffusion de la vidéo, les services de renseignement indiens ont demandé aux gouvernements provinciaux de plusieurs Etats de se placer en état d'alerte.

   «Nous prenons le sujet très au sérieux. De telles menaces ne peuvent être ignorées», a déclaré à l’AFP une source des services de renseignement indiens. «Nous avons demandé aux Etats, en particulier au Gujarat, au Madhya Pradesh, à l’Uttar Pradesh et au Bihar, de se mettre en état d’alerte». Déjà actif en Afghanistan et au Pakistan, Al-Qaïda revendique depuis longtemps avoir autorité sur les jihadistes qui luttent pour rétablir un califat sur les terres considérées comme musulmanes.

   «C’est un coup publicitaire qui montre un certain désespoir, car l’EI est désormais la vraie menace mondiale», estime Ajit Kumar Singh, du groupe de réflexion Institute of Conflict Management, dont le siège est à New Delhi. «C’est une bataille pour la suprématie entre Al-Qaïda et l’EI». Parmi les Etats cités dans la vidéo par Ayman al-Zawahiri, le Cachemire, seul Etat indien en majorité musulman, est depuis longtemps en proie à un mouvement séparatiste, mais les représentants de ce dernier soulignent que la nébuleuse jihadiste ne joue aucun rôle sur ce territoire.


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(D'après des scientifiques intègres,
les ondes des appareils du quotidien
n'avaient aucune incidence sur la santé)



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Luc Desle

samedi 2 novembre 2013

"Il mit de l'eau dans son vin et fut massacré par les viticulteurs présents". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE VOILE SUR TON VISAGE
DISSIMULE-T-IL TON ÂME?)

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Nouveau court récit au long cours (1)

LE LIBÉRÉ 
DU 
CLUB MAD 

   « La technique moderne a introduit des objets tellement inédits
et des conséquences tellement inédites, que le cadre de l’éthique antérieure ne peut plus les contenir. » Hans Jonas




PROLOGUE


   C’est une étrange mission que la sienne. Il ne sait pas qui la lui impose vraiment. D’ailleurs, peut-être est-ce elle qui s’impose à lui. Elle est à la fois factice, futile, essentielle, nécessaire en tout cas pour ceux qui l’en ont investi.

   A priori, il ne sait pas qu’en penser. Il va se laisser porter et observer. Il va être un Gentil Observateur, un G.O. parmi leurs G.O., comme ils disent là-bas. Ou comme ils disaient… Cela fait tant d’années qu’il n’y est pas retourné. Les choses ont peut-être changé à ce niveau-là aussi : histoire de marketing, d’économie, de mode, que sais-je encore ?

    - Vous voulez boire quelque chose, monsieur ?

   L’hôtesse le regarde avec deux yeux de biche fauve, un Thermos de café à la main.

   Boire, oui. Essayer à nouveau. Tout cela va lui revenir. Il demande un peu d’eau, efkaristo. Oui, il parle grec, croit-il, quelques rudiments.

   Le gobelet en plastique transparent, coule en molécules fraîches sur sa langue et ses gencives. Retour de la joie simple de se désaltérer.

   Dans quelle amnésie avait-il donc plongé pour oublier ces plaisirs de l’existence ? Est-il encore privé d’une partie de son entendement ? Pourtant les sensations affluent tout à coup, comme aspirées par son être.

   Ils survolent une île, dendrite sur le bleu de la mer. Ce doit être Elbe avec l’Italie comme horizon. La terre est belle vue d’en haut. Tout semble simple. Et les problèmes humains abolis. L’homme en avion peut se sentir aussi léger qu’un ange. Peut-être est-il le seul parmi les cent cinquante passagers à ressentir le poids de sa condition retrouvée et à ne pas flotter sur les nuages de la vacance à venir. Contrairement à eux qui n’aspirent qu’à oublier le monde qu’ils viennent de quitter, il a un travail à effectuer sur l’île de Corfou, une investigation très pointue. Et cela lui plaît. Il n’aurait certainement pas supporté d’y retourner en touriste. Ce mot qu’il a fini par détester.

   Combien de fois déjà, y était-il allé du temps de ses années où il faisait à peu près comme tout le monde ? Onze fois, oui, c’est cela. En 1965 pour la première fois.

   - Pars trois semaines au Village-Club, lui avait suggéré sa compagne. Tu bosses tellement toute l’année. Fais une coupure. Ce seront tes premières vraies vacances.

   Alors il avait choisi Corfou, sur les conseils de son frère. C’était à la mi-mai. Troisième semaine offerte. Très peu de monde à cette saison. Il s’y est tant régalé, peinard dans une case tout seul, faisant du ski nautique sans arrêt, qu’il y est retourné plusieurs années durant, sans se lasser du paysage, des oliveraies, de l’ambiance bon enfant avec ses spectacles colorés, ses sirtakis et feux de camps sur la plage.

   Et aujourd’hui, il vole vers Corfou pour ausculter les dessous des frondaisons, les secrets des rouages, l’état de santé de la presqu’île d’Ipsos mise à mal par des vibrations trop violentes. Il va là-bas pour tenter de trouver une parade au système qui fait rage aux quatre coins du monde. Endroits retirés, privilégiés croit-on, mais pollués insidieusement par une stratégie commerciale et politique impitoyable, où des Observateurs dépêchés comme lui en urgence auront à déployer tout leur savoir-faire sans se laisser subjuguer par l’atmosphère corruptrice du lieu, aussi paradisiaque soit-il.

   - Mesdames, messieurs, nous allons procéder à l’atterrissage dans quelques minutes. Veuillez rattacher vos ceintures, relever votre dossier ainsi que la tablette. La température au sol est de 23°. Il est dix heures, heure locale. Nous vous demandons de garder vos ceintures bouclées jusqu’à l’arrêt complet de l’appareil. Attention au jet d’objets en récupérant vos bagages de cabine.

   Oui, il y fera très attention. Le contrôle à Marseille a été passé sans encombre. Il ne devrait plus y avoir de problème. Juste prendre un soin extrême de son bagage à main.

   Il entend encore l’ultime recommandation de Raphaël lui remettant les cinq fioles de produits, la veille de son départ. Puis son « au revoir » prononcé avec compassion.

   - J’espère que tu n’auras pas à t’en servir. Adieu Frère.

(A Suivre)


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(Primate exprimant une solide pensée d'amour
envers ses frères humains)


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(L'islamisme radical intéressait bien
au-delà de la Galaxie)


Dear Monday

Islamisme – 
Quand le voile se déchire
ERIC CHOL
COURRIER INTERNATIONAL

   (...) “Nous sommes moins musulmans pour les fondamentalistes et trop musulmans pour les islamophobes.” Journaliste québécois d’origine algérienne, Lamina Foura a poussé un cri de colère le mois dernier pour protester contre la présence à Montréal de quatre prédicateurs radicaux venus d’Europe. 

   Lui emboîtant le pas, de nombreux musulmans québécois – la communauté compte 150 000 membres – ont aussi exprimé leur opposition face aux discours d’intolérance des islamistes, dont la conférence a finalement été annulée. Comme à Montréal, lassés d’être confondus avec les éléments les plus sectaires de leur religion, les musulmans prennent la parole pour dénoncer les raccourcis faciles et les confusions hâtives. 

   Il était temps : un sondage inquiétant publié par Ipsos au début de l’année montre que les trois quarts des Français jugent que l’islam est une religion intolérante ; et plus d’une personne sur deux estime que la majorité de ses adeptes sont “en majorité” ou “en partie”intégristes. 

   Pour les 1 600 millions de musulmans de la planète (deuxième religion mondiale), ce n’est évidemment pas une bonne nouvelle. (A quand le même sursaut des musulmans contre la fanatisme dans les pays européens?) (...)


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(Texte de France 24 évoquant cette conférence)

Le Québec s'émeut de la venue 
de prédicateurs musulmans radicaux
 Stéphanie TROUILLARD 

   (...) La conférence intitulée "Entre ciel et Terre" prévue le 7 septembre au Palais des congrès de Montréal (et qui n'a donc pas eu lieu)  s’annonce des plus agitées. La présence de quatre prédicateurs européens lors de ce rassemblement consacré à l’islam suscite de nombreuses critiques au sein de la société québécoise. 

   La ministre de la Condition féminine, Agnès Maltais, a elle-même dénoncé la venue de ces conférenciers qu'elle juge "radicaux". Elle a envoyé une lettre à son homologue fédérale Kellie Leitch pour interdire leur prise de paroles et ainsi "évité la propagation de propos inacceptables pour les femmes du Québec". "Ces prédicateurs véhiculent des valeurs qui vont totalement à l'encontre des principes d'égalité entre les hommes et les femmes défendus au Québec", a-t-elle vivement dénoncé dans un communiqué. (...)

   (...) Ces critiques ont aussi été relayées par de nombreux membres de la communauté musulmane qui n'ont pas caché leur vive désapprobation. Dans une tribune, l’écrivain québécois d’origine kabyle Karim Akouche fustige ainsi ces "fous d’Allah" qui "glorifient la mort et le jugement dernier". "Moi qui ai vu prêcher ce genre d’illuminés dans les stades et les rues d’Algérie, au début des années 1990, avec pour résultat plus de 200 000 morts et d’infinies souffrances, comment pourrais-je me taire ?", écrit l'artiste.

   Le journaliste d’origine algérienne Lamine Foura a lui aussi condamné l’arrivée de ces prêcheurs au Québec. Selon lui, la grande majorité des 150 000 musulmans de cette province francophone du Canada ne partagent pas cette vision de la religion. "Les Québécois de souche et la société demandent à ce que ces musulmans se distinguent de ces discours d’intolérance et de haine", a-t-il expliqué à Radio-Canada.

   Plusieurs appels à des manifestations ont par ailleurs été lancés sur les réseaux sociaux. Le "collectif québécois pour les libertés face à l’islam radical" va organiser notamment une journée d’actions le 7 septembre pour remettre en cause cette conférence qui vise d’après lui "à répandre la vision d’un islam radical fondé sur la charia afin de l’appliquer à tous". (...) 

   (...) Les quatre "prédicateurs vedettes" attendus à la conférence se sont fait remarquer par leurs prêches radicaux prônant une application très stricte de l’islam des origines. Le Français Nader Abou Anas, qui prêche à la mosquée du Bourget, donne notamment des consignes très rigoureuses sur les rapports homme-femme. Dans plusieurs vidéos publiées sur Internet, il interdit tout accessoire (bijoux, maquillages, jean serré) pour les musulmanes qui selon lui sont des "servantes d’Allah qui ne sont pas libres de faire ce qu’elles veulent dans ce monde". Il exige aussi que "ses sœurs" portent le hijab car "refuser le voile, c’est pire que d’avoir le cancer ou le sida, car ne pas porter le voile mène en enfer".

   Un autre des invités de la conférence de Montréal, Farid Mounir, président du centre socioculturel de Longjumeau dans la région parisienne, s’en prend aussi régulièrement aux "femmes provocantes". "Regardez les femmes dénudées à la télévision. Aujourd’hui, nous tous on regarde les informations, le journal télévisé, et parfois on a aujourd’hui des demoiselles qui sont presque toutes nues, décolletés, on voit tout. (…) Leur tenue n’est pas correcte ! Allah nous a défendu de regarder de telles personnes et nous a demandé de baisser le regard !", a-t-il affirmé lors d’un prêche.

   Malgré la polémique qui ne cesse d'enfler, les organisateurs d’"Entre ciel et Terre", réunis sous le collectif 1ndépendance, sont restés jusqu'à présent silencieux. Sur leur page Facebook, ils précisent seulement que leur rassemblement "se veut un rendez-vous annuel d’échange et de partage à l’attention des jeunes de la communauté musulmane". (...)


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(Dumbo l'éléphant au cours de sa retraite spirituelle)



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Benoît Barvin

mercredi 21 août 2013

"Il souffrit 1000 morts, ce qui en faisait 999 de trop". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE NE T'INDIQUERA
QUE SA VOIE)

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(La voleuse de croquettes en pleine action)



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"Je photographie votre intimité...
Paraît-il que j'ai le droit"



Nouvelle laïcité ou ordre moral ?
Christine Delphy, Raphaël Liogier

   « En 1905, la laïcité était simplement la séparation de l’État et des cultes. Aujourd’hui, elle est une frontière entre ce qui relève de l’intime, qui doit être protégé, et ce qui appartient à la sphère publique qui doit être préservée. » Par ces mots, François Hollande trace la « feuille de route » de l’Observatoire de la laïcité, qu’il a constitué le 5 avril en vue de légiférer. Il réalise ainsi le renversement du principe de laïcité, employant alors une notion ambiguë, ignorée des textes légaux tant français qu’internationaux : l’« intimité ».

   En cela, il se contente de suivre un esprit du temps qui prétend que les convictions religieuses ne peuvent s’exprimer librement que dans le « privé », et même dans l’ultra-privé de « l’intime ». Le religieux devrait donc être confiné dans l’espace de l’intime, espace de la dissimulation, qui s’opposerait à l’ensemble des « espaces publics» : entreprises, associations, magasins, rues…

   En jouant sur les deux sens du terme « public » (service de l’État ou espace de tous), on a pu, ces dernières années, prétendre exiger des simples citoyens une neutralité qui n’est due que par les agents de l’État, ce qui constituait en soi la spécificité de la laïcité française. Si les opinions ne peuvent pas s’exprimer à plusieurs et en public, faudra-t-il en venir à fermer les salles de réunion, les lieux de culte, interdire les réunions dans les cafés, les meetings !

   C’est à ces libertés fondamentales que les gouvernements, de Chirac à Hollande en passant par Sarkozy, se sont attaqués et s’attaquent, avec en ligne de mire une cible : les musulmans, et surtout les musulmanes, dont il faudrait contrôler l’apparence – dans les services publics, dans les entreprises privées et bientôt même chez elles. Que de telles absurdités philosophiques et juridiques passent inaperçues ne peut pas s’expliquer autrement que par une crise sociétale majeure sur laquelle les gouvernants préfèrent s’appuyer plutôt que tenter d’en comprendre les ressorts.

   On invoque alors la nécessité de « clarifier la laïcité », comme si les textes étaient « difficiles à interpréter ». Après l’affaire Baby-Loup, il y aurait un« vide juridique ». Pourtant, l’article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme est limpide : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. »

   Permettre la liberté de conscience et d’expression seulement en privé revient à l’abolir. C’est en public qu’elle a besoin d’être protégée, car, dans « l’intimité », seul face à vous-même, qui peut vous empêcher d’exprimer vos croyances ? Nous assistons à une dérive autoritaire, à une sorte de totalitarisme en pente douce.

   Les politiques surfent ainsi sur cette « majorité » de Français heurtés par les difficultés économiques, qui paraissent rendre les musulmans responsables de la perte de leur identité « nationale » (voire raciale). Mais quelles seront les conséquences d’un nouveau tour de vis contre des populations discriminées au quotidien, depuis 2004, par des lois liberticides ? Personne ne veut tenir compte de leur exaspération croissante, comme s’il s’agissait de simples dommages collatéraux.

   On prétend viser la cohésion sociale, alors qu’on la fragilise. Plus rien ne semble pouvoir arrêter cette dérive démagogique des pouvoirs publics sous-tendue par une atmosphère de crise économique et identitaire. Au moment même où l’appareil d’État semble chercher à imposer un ordre moral sous couvert de nouvelle laïcité, les entreprises, elles, répondent aux demandes religieuses ou non dans l’esprit de 1905. Quelle ironie que ce soit d’elles que vienne cette leçon de respect des principes républicains !

[1] Christine Delphy est directrice de recherches en sociologie, CNRS.

[2] Raphaël Liogier est professeur à Sciences-Po Aix-en-Provence. Dernier ouvrage paru de Raphaël Liogier: Le Mythe de l’islamisation (Seuil, 2012) ; à paraître début septembre 2013 : Le populisme qui vient, aux Éditions Textuel.


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"Ces lunettes pour aveugles sont super pour 
voir  la folie du monde"


André Gelpke
"Mann mit Brille" (Man with Glasses) 1978

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Benoît Barvin

jeudi 20 septembre 2012

"Ces fanatiques musulmans hurlèrent au blasphème quand certains de leurs confrères les traitèrent de casse-c...". Jacques Damboise in "Pensées vraiment z'énervées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(DIRE LE VRAI EST DIRE
AUSSI LE FAUX)

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(Femme voilée dévoilée
dénudant un poulet
de manière honteusement
blasphématoire)



Inga Loyeva

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"Oh, Mon Dieu, non... Je ne peux pas me marier
avec elle... Ca ferait de moi une non cannibale...

C'est contre toutes les traditions de ma tribu"

Emmanuelle 5
revue-ganymede.fr

Vous oubliez le cannibalisme, 
Monseigneur !
Charles Arambourou

   (...) Monseigneur Barbarin, archevêque de Lyon, vient de couvrir l’épiscopat catholique de ridicule en déclarant que le mariage homosexuel ouvrirait la voie à l’inceste, ou à l’union à trois ou quatre. Pourquoi pas le cannibalisme, et, tant qu’on y est, la zoophilie ?

   Voilà où peuvent tomber ceux qui prétendent faire du mariage – procédure en voie de désuétude – un « enjeu de civilisation » (pas moins !). Un peu de sérieux, Monseigneur, l’amour et l’égalité des couples, ça se respecte.

   Mais, au-delà du dérapage verbal largement dénoncé, il faut rappeler une fois de plus que le mariage est un acte civil, depuis la Révolution française, et que la République est laïque. C’est-à-dire que « la première page de la Bible », invoquée par Mgr Barbarin, n’a pas voix au chapitre  (pas plus que la Torah ou le Coran...): qu’il la réserve à ses ouailles, c’est la liberté de culte. Mais qu’il l’oublie pour le débat citoyen. Le Parlement fait la loi : ce n’est certes pas « Dieu le Père », mais – excusez du peu – la volonté générale, la souveraineté du peuple.

   Que chaque culte ouvre ou non le mariage religieux à tous les couples, c’est son affaire – affaire privée. Que la République mette en place le mariage civil pour tous, c’est une affaire publique, dans laquelle les dogmes religieux particuliers ne peuvent d’aucune manière intervenir. (...)


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(Portrait de l'Homme à la Casquette de Travers,
le fameux tueur des rues nauséabondes)

Gerard Petrus Fieret-By Kees Breukel


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"Hou les z'amoureux! Hou les z'amoureux!
- Dès qu'elle a le dos tourné, je leur
éclate la tronche, à ces guignols"


Montée des périls : des esprits mûrs 
pour la grande déflagration
Le Yéti

   (...) Les choses se sont brutalement accélérées. Parties de petits riens, éternelles étincelles stupides qui mettent le feu aux poudres. Ici, un film tocard contre l’islam, des émeutes incendiaires, des réactions disproportionnées ; là, une dispute de deux mastodontes asiatiques pour des îles dérisoires... Et un terreau désormais propice : des esprits bien mûrs pour la grande déflagration.

   L’implacable engrenage que l’on voit se mettre en place aujourd’hui est en réalité sans surprise. C’est toujours ainsi que cela se passe. La montée des périls vers les déflagrations guerrières est en voie de finalisation lorsque les cerveaux se mettent en état d’acceptation, sinon de demande.

   Les esprits se rétractent, se rangent en deux camps binaires d’où le moindre souci des nuances est balayé par la fureur des imprécations contre le camp d’en face. Il est exigé de choisir son camp. Qui n’est pas du mien est de celui d’en face. Alors quand ce dernier forme un « bloc compact ethnocentré », vous pensez !

   Certains, que vous croyiez de vos amis bien tempérés, basculent soudainement dans un des camps, conscience et mâchoires crispées, nouant des alliances que vous pensiez jusque-là obscènes, justifiant l’injustifiable. C’est parti dès lors que ceux-là commencent à évacuer la qualité douteuse des réponses au prétexte que les questions posées sont bonnes.

   Un petit prétexte de rien du tout suffit à révéler l’effrayante progression du sinistre. Une égérie du microcosme renvoyée à son microcosme comme un vulgaire chanteur sous un banal jet de tomates, par exemple. Mais lisez donc le fil des commentaires qu’une telle affaire déclenche. Glaçant. De part et d’autre. (...)

Lire la suite sur:


***
Luc Desle (avec le concours éclairé et blasphématoire de Jacques Damboise)

vendredi 14 septembre 2012

"Cet Imam progressiste portait une barbe postiche". Benoît Barvin in "Dieu est Dieu Nom de Lui"

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE BONHEUR NI NE SE DÉCIDE NI NE SE
DÉCRÈTE. IL EST)

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"Alors, Blondin, tu fais moins le mariole, hein?
- Sais-tu que ces flingues ne sont que l'expression
de ta peur panique de mâle de ne pas pouvoir
assurer, face aux chaudes femelles?
- Hein? Qu'ess-tu dis? 
C'est pas dans le script, ça?!"


%%%

"Alors, vous en pensez quoi, de ce revolver?
- Qu'il va te trouer la panse, c...,
si tu me remets pas la caisse!"

Marchand d'armes à Fort Worth,
 au Texas, Etats-Unis.

Lobby des armes : 
comment même Obama s'est couché
 Philippe Boulet-Gercourt

   (...) Un beau jour, ils sont sortis de leurs gonds. Pour Seth Williams, le procureur de Philadelphie, c'était il y a quelques semaines, quand un type a pris le métro à l'heure de pointe avec sa kalachnikov et une autre arme dans un sac, plus un chargeur de 40 balles : "Je me moque de ce que dit la NRA, qu'ils aillent se faire foutre ! Un type comme cela n'a aucune raison déposséder un flingue pareil." Le maire de Lancaster, lui, a décidé de passer à l'action après une nuit d'insomnie, à la suite du décès d'une fillette de 9 ans tuée par une balle perdue.

    Le 9 juin, dans cette petite ville de Pennsylvanie, Rick Gray a fait voter une ordonnance imposant à toute personne ayant perdu ou s'étant fait voler son arme de le déclarer dans les soixante-douze heures à la police. Un chiffon rouge pour la National Rifle Association (NRA), mais Rick Gray n'en est pas à son premier duel avec le lobby des porte-flingues : "Ils ont financé la campagne de mon adversaire, un vendeur d'armes, et ils font passer des lois absurdes dans le seul but d'exciter leur base. Moi, je vais aux funérailles. Je vois le résultat de leurs lois." (...) 

   (...) Invincible, la NRA ? On est en droit de le penser, au vu de la démission de la classe politique et de la résignation des médias américains tout au long de cet été, depuis le massacre dans un cinéma du Colorado (12 morts, 58 blessés) jusqu'à la tuerie dans un temple sikh du Wisconsin (7 morts, 3 blessés), en passant par le règlement de comptes au pied de l'Empire State Building (2 morts, 9 blessés). La classe politique, divisée sur les mesures à prendre, a fait preuve d'une belle unanimité dans... la médiocrité.

   Fin de non-recevoir pour Mitt Romney, le candidat républicain ("Je ne crois pas que l'Amérique ait besoin de nouvelles lois sur les armes"), déni de réalité du gouverneur démocrate du Colorado après la tuerie d'Aurora : "Ce n'est pas un problème d'armes" mais d'"individus malades, déments", "même s'il n'avait pas eu accès à des armes, le type était diabolique, il se serait procuré des explosifs, du gaz toxique, il aurait trouvé quelque chose pour semer la terreur."(...)

   (...) Barack Obama ? Il a botté en touche, comme trop souvent (il faut "examiner les moyens de réduire la violence"). Impossible de savoir s'il s'agit d'un recul tactique en attendant d'être réélu et, peut-être, de nommer des juges à la Cour suprême plus favorables au contrôle des armes. Ou si, au contraire, le président et les démocrates se sont résignés à l'immobilisme - "No, we can't".

   En apparence, la victoire de la NRA est totale. Ecrasante. " Comment les armes à feu ont gagné " titrait récemment " Time Magazine " en couverture. Depuis le début des années 1990, rien ne semble résister au rouleau compresseur de la NRA, ses 4,3 millions de membres et son budget de 228 millions de dollars […]

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"Cette danseuse est remarquable...
- Mais qu'a-t-elle dans la main gauche?
- Un petit poignard pour se défendre, au cas où...
- Tu me rassures. Je croyais que c'était pour
découper en tranches les gros lards..."

 (via lacriniere) )

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« On n'offense que Dieu qui seul pardonne. »
Paul Verlaine 
Extrait de "Sagesse"
(Ses affidés, par contre...)

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Une nouvelle "affaire des caricatures" 
sème la mort
Blake Hounshell 
Foreign Policy

   (...) Au moment où j'écris ces lignes, Al-Jazira annonce que Chris Stevens, ambassadeur des Etats-Unis en Libye, a été tué, ainsi que trois autres personnes, lors d'une attaque contre le consulat américain à Benghazi. Le gouvernement libyen, à peine formé, a promptement condamné cette agression, et de violents échanges de tirs ont opposé l'armée libyenne à une milice islamiste jusque tard dans la nuit.

   Sans conteste, c'est une terrible tragédie, un incident choquant en ce jour où les Américains commémoraient les victimes des attentats du 11 septembre 2001. Toutes les sources confirment que Stevens était un diplomate apprécié, qui avait contribué à établir la présence américaine à Benghazi pendant la guerre et s'était engagé aux côtés de l'opposition [à Kadhafi].

   Ces morts sont d'autant plus tragiques qu'elles ne manqueront pas d'être politisées. Le 11 septembre, des sites Internet conservateurs ont dénoncé sans ménagement l'ambassade américaine au Caire. Elle avait publié un communiqué [dans lequel elle "condamne fermement les actions de ceux qui abusent du droit à la liberté d'expression pour attenter aux convictions religieuses d'autrui] (propos un rien faux-culs, il n'y a aucun abus de la liberté d'expression dans le monde, plutôt un abus de la bêtise sous toutes ses formes, notamment religieuse, la preuve...); le lendemain, une manifestation a éclaté, et l'enceinte de la représentation diplomatique a été prise d'assaut par des émeutiers - des images qui ont rappelé l'Iran de 1979.

   Liz Cheney [la fille de l'ancien vice-président] et la commission des Affaires étrangères à la Chambre - dominée par les républicains - ont eux aussi accusé le gouvernement d'avoir présenté ses "excuses" pour un film aussi étrange que mystérieux. Ce film, qui s'en prend au prophète Mahomet (...), a servi de prétexte aux troubles. L'équipe de campagne de Romney y est allée de sa propre déclaration. Il est probable que les accusations se multiplient aujourd'hui. (Mais Dieu, Allah ou Jéhovah sont amour, à ce qu'on m'a dit...) 
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Benoît Barvin (et Blanche Baptiste)