Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

mardi 27 novembre 2012

"Cette statue en toc détestait la statue antique". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(N'IMITE PAS LE ROSSIGNOL,
SOIS LE ROSSIGNOL)

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Allégorie:
(La dernière femme sur la Terre
offrant le dernier fruit juteux
aux z'Economistes ultra-libéraux)
The Glamour Of Valencia Oranges (by paul.malon)

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(Défilé de partisans du Royaume-Uni 
qu'il-est-beau-le-chapeau-rond-
vive-la-Grande-Bretagne)


Sortir de l’UE, 
c’est abdiquer notre souveraineté
Traduction : Jean-Baptiste Bor
THE OBSERVER LONDRES

   (...) La Grande-Bretagne semble se rapprocher presque inexorablement du jour où elle ne sera plus membre à part entière de l’Union européenne. Un nouveau sondage d’opinion de The Observer laisse entendre que, si un référendum sur la question leur était soumis, la majorité des Britanniques seraient enclins à voter pour la sortie – un indicateur de plus de la vigueur du sentiment eurosceptique.

   A l’heure qu’il est, il est quasiment certain que les deux premiers partis politiques de Grande-Bretagne se sentiront obligés de proposer un référendum de ce type dans leurs manifestes en vue des prochaines élections législatives. A moins que l’Europe ne devienne soudain plus attrayante ou que les europhiles ne produisent des arguments plus solides, le résultat de tout référendum semble couru d’avance.(...)


   (...) La probabilité d’un départ total se renforcera un peu plus lors du Conseil européen de cette semaine, lors duquel 27 Etats membres tenteront de se mettre d’accord sur le budget de l’Union pour les sept années à venir. L’agriculture se taillait ordinairement la part du lion dans le budget européen ; or, désormais, l’essentiel des dépenses porte sur les infrastructures des pays les plus pauvres de l’Union, la recherche et le développement, et la mise en œuvre d’initiatives paneuropéennes, telles que le projet d’union bancaire. Au vu des besoins criants du Sud et de l’Est de l’Europe, un gel des dépenses est peu probable ; les 26 autres devraient se mettre d’accord sur une hausse limitée du budget en valeur réelle.

   La Grande-Bretagne n’y souscrira pas. Coincé entre l’euroscepticisme de plus en plus affirmé de ses députés conservateurs et un parti travailliste opportuniste qui fait primer l’avantage tactique sur ses principes, David Cameron sait qu’il ne pourra pas faire passer un tel accord au Parlement et que le texte ne survivra pas à l’examen maniaque de médias eurosceptiques largement acquis à la cause du centre-droit. Il se verra donc contraint et forcé d’y opposer son veto, enracinant ainsi la méfiance qui règne déjà entre la Grande-Bretagne et ses voisins européens, et compromettant largement l’adhésion de la population à toute forme de concession, comme le succès d’un référendum sur une "union libre" [avec Bruxelles].

   Les eurosceptiques des rangs conservateurs se frotteront les mains. Pour eux, l’adhésion à l’Union européenne est pour partie responsable de la dépression prolongée qui frappe la Grande-Bretagne. Reprenant à leur compte les idées du Tea Party aux Etats-Unis, ils se proposent de faire marcher la Grande-Bretagne sur les traces de Hong Kong. Une protection minimale pour les travailleurs ; l’occasion de faire de la Grande-Bretagne un paradis fiscal et de devenir le renégat économique et politique de l’Europe, croyant que l’UE sera ravie d’accepter une concurrence injuste et non réglementée. Il faut beaucoup d’imagination pour y voir la planche de salut de l’économie britannique.(...)

   Ce serait un désastre à tous points de vue. L’industrie automobile britannique partira dans les pays à bas coût qui sont restés dans l’UE. Et de nombreuses autres industries suivront ; la production d’Airbus se déplacera en Allemagne et en France. Les dégâts sont d’ores et déjà considérables. Si Berlin a mis son veto à l’accord EADS-BAE, c’est notamment parce que l’Allemagne anticipe le départ de la Grande-Bretagne de l’UE. Berlin ne voulait pas que l’industrie européenne de la défense soit concentrée dans un pays qui ne soit pas membre de l’UE. Le secteur des services financiers sera réglementé selon les modalités fixées par Bruxelles et sera incapable de résister. Quand aux agriculteurs britanniques, qui ont prospéré sous la Politique agricole commune, ils seront dépendants du nouveau dispositif de soutien à l’agriculture mis en place par la Grande-Bretagne, quelle que soit la forme qu’il prendra. La survie des exploitations passera par une industrialisation de l’agriculture dont notre chère campagne anglaise fera les frais.

   La fraude et l’évasion fiscales atteindront des niveaux catastrophiques, tandis que notre économie toute entière tombera dans l’escarcelle de multinationales étrangères qui mettront l’évasion fiscale en Grande-Bretagne au cœur de leur stratégie commerciale. Aucun eurosceptique ne s’est jamais plaint de voir la Grande-Bretagne vendue aux étrangers, alors que c’est une menace autrement plus grande que Bruxelles pour notre souveraineté.

   Nous deviendrons les sous-traitants de la planète, avec une souveraineté économique réduite à néant, une économie de bric et de broc proposant des bas salaires éphémères à une population privée de la protection d’un contrat social en raison de la disparition de notre assiette fiscale. (le rêve pour les ultra-libéraux...) (...)
Lire sur:

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(Excusif! Les nouveaux interprètes de
Guignol et Gnafron! La distribution des
rôles n'est cependant pas actée)


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"Ils sont où, ces créateurs de textiles toxique?!"


SANTÉ 
 Polémique : 
Greenpeace dévoile 
les dessous des textiles toxiques
(dévoile les dessous! Ouah,
super jeu de mot journalistik!)

(...) Substances cancérigènes, perturbateurs endocriniens... Voici ce que Greenpeace a détecté dans une vingtaine de marques célèbres de prêt-à-porter et qu'elle publie mardi 20 novembre dans un rapport intitulé "Les dessous toxiques de la mode".

   En 2012, l'ONG de défense environnementale a analysé plus de 141 échantillons en vente dans 29 régions du monde et fabriqués essentiellement en Chine. Greenpeace a ainsi détecté sur environ deux tiers des textiles, des éthoxylates de nonylphénol (NPE), souvent utilisés comme détergent au cours du processus de fabrication, et qui agissent comme des perturbateurs endocriniens sur l'homme. Le niveau de NPE dans les articles variait de 1 à 45.000 ppm (partie par million), a precisé le groupe, notant que le niveau de sécurité de ces produits chimiques est fixé à 1.000 ppm dans l'Union européenne. D'autres vêtements étaient également porteurs de phtalates et de colorants contenant des amines cancérigènes. 

   Parmi les marques mises en cause, Calvin Klein est "le pire" avec plus de 88% des articles qui contiennent des produits chimiques dangereux. En seconde position, Lévi's (82%) et Zara arrive à la troisième place (70%). 

   Par ailleurs, ces substances chimiques sont également toxiques pour l'environnement. "Une fois libérées dans l'air ou dans l'eau, elles se décomposent dans des formes plus toxiques qui peut menacer l'écosystème" explique Greenpeace. En 2011, l'ONG avait déjà publié "Dirty Laundry 1" et "Dirty Laundry 2", deux rapports qui montraient comment certains fournisseurs de grands groupes textiles empoisonnaient l'eau des fleuves chinois.
   Les grandes marques mises en cause n'ont pas encore réagi officiellement.(...)


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Benoît Barvin

lundi 26 novembre 2012

"Cet enfant aux yeux verts était plein de chlorophylle". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE TEMPS NE T'APPARTIENT PAS)

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(Miss Double-Gras 
présentant sa nouvelle collection)


(出典: pinaryolacan (xaginaから))

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"Mes intentions? Aller venger cette pauvre femme et...
quoi, je ne suis pas crédible. C'est parce que
je suis blonde, c'est ça?"


Guinée:
La trésorière du pays assassinée
Séni Dabo 

   (...) Dans la nuit du 9 novembre 2012, la directrice nationale du Trésor public, Aïssatou Boiro a été assassinée. Elle avait engagé une lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics qui gangrènent ce pays d'Afrique de l'Ouest. (...)
   (...) Le message de ceux qui ont fait abattre cette dame de 58 ans est clair : on ne s’attaque pas impunément à leurs basses besognes. Et la défunte paie pour avoir démantelé un réseau qui avait essayé, en mai 2012, de détourner plus de 13 milliards de francs guinéens (1,5 million d’euros) de la Banque centrale de la République de Guinée. Cette opération mains propres avait mis au grand jour la cupidité et la prévarication auxquelles s’adonnaient certains cadres du Trésor public, du ministère des Finances et de la Banque centrale. 

   Apparemment, ceux qui se sont fait prendre à l’époque n’ont pas dit leur dernier mot. Mis sur la touche, licenciés, emprisonnés, bref, humiliés, ils rêvaient de prendre leur revanche sur ce Zorro en jupons qui a mis du sable dans leur couscous. Dès lors, celle qui a osé empêcher des fonctionnaires de tomber à bras raccourcis sur les deniers publics, s’était volontairement mise dans leur viseur. Malgré les menaces de mort dont elle était l’objet, rien n’a visiblement été fait pour la protéger. La preuve, c’est la facilité avec laquelle elle a été tuée par balles, en circulation, alors qu’elle revenait d’une réunion au ministère des Finances dont relève son service. (...)
Lire la suite sur:


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(Le chat en boîte, première génération...
Admirez la position précise du
regard et la pureté des lignes...)


(出典: mariusu (outerlimboから))

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"Ben... si vous mangez notre nourriture,
nous, on meurt de faim... et vous aussi,
qui nous mangez et qui... Ou làlà,
c'est philosophique, ce débat..."

Vous reprendrez bien 
un peu de steak d’herbe ?
René Didde
De Volkskrant 

   (...) Gjalt De Haan est exploitant agricole dans la Frise, province du nord des Pays-Bas. Il emploie 35 personnes pour faucher l’herbe, entretenir les bords des fossés et faire fermenter la biomasse. Au tout début de ce siècle, Gjalt De Haan a remarqué que les années fertiles engendraient un gigantesque surplus d’herbe : environ 1,5 million de tonnes. L’agriculteur s’est alors demandé s’il était possible d’utiliser cette ressource pour fabriquer des produits à forte valeur ajoutée : des fibres pour le carton, de meilleurs aliments pour les porcs… et pourquoi pas des produits alimentaires pour les êtres humains ? 

   Du pur délire ? Pas du tout. Sept ans plus tard, des chercheurs de la société Nizo Food Research, à Ede, s’apprêtent à explorer de nouvelles pistes. Ils isolent notamment des protéines intéressantes comme la RuBisCO, une enzyme contribuant au processus de photosynthèse chez les plantes, pour les appliquer à l’alimentation humaine. “Nous disposons de la technologie nécessaire pour isoler les protéines de l’herbe et les utiliser dans des soupes, des sauces ou des desserts”, précise le chercheur Bart Smit. “Si nous parvenons à agglutiner la protéine et à lui donner une texture de viande, il n’est pas inconcevable que l’on puisse produire un jour un steak d’herbe”, ajoute René Floris, qui travaille égalementchez Nizo Food Research. 

   Tout a commencé par un test réalisé par Gjalt De Haan en 2006, avec entre autres des chercheurs de l’université de Wageningen et Courage, une plateforme d’innovation pour l’élevage de vaches laitières, dans la petite ville frisonne de Grouw. Si l’être humain ne peut pas consommer d’herbe, c’est parce que son système digestif n’est pas en mesure de décomposer correctement ces fibres végétales. Les acides aminés présents dans l’herbe ne peuvent donc pas être libérés pour contribuer par exemple à la construction des muscles. Un phénomène d’autant plus frustrant que les acides aminés contenus dans l’herbe sont parfaits pour les êtres humains. “Il y a un certain nombre d’acides aminés que nous ne pouvons pas fabriquer nous-mêmes. L’herbe les contient tous”,explique Johan Sanders, professeur d’agrotechnologie et de sciences de l’alimentation à l’université de Wageningen. (...)

   (...) Enfin, il y a le cas des êtres humains. “La protéine RuBisCO est plus nourrissante que le soja et se digère mieux sous forme de gélifiant dans les desserts, d’agent de texture dans les mousses et de stabilisateur d’émulsions dans les soupes”, reprend René Floris. La protéine de soja, que l’on utilise pour ces applications, doit souvent être complétée par des additifs. “Mais la protéine de l’herbe, la RuBisCO, fait le travail sans aucune aide.” Les prés verdoyants seront-ils bientôt fauchés pour produire des steaks d’herbe ? Les terrains de sport et les étendues d’herbe dans les parcs serviront-ils à fabriquer des yaourts compacts et versera-t-on le produit de la tonte de votre jardin dans la mousse au chocolat ? Pas du jour au lendemain, pense Hans Van Trijp, professeur de marketing et spécialiste du comportement des consommateurs à Wageningen. “Mais la RuBisCO va certainement gagner du terrain.”(...)
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Benoît Barvin (Avec le concours de Jacques Damboise)

dimanche 25 novembre 2012

"Il mit son grain de sel dans cette pâtisserie, ce qui ne fut pas du goût des clients". Benoît Barvin in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(QUAND TU AVANCES
NE COMPTE PAS LES PAS)

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COURTS RÉCITS AU LONG COURS(55)
pcc Benoît Barvin


Magicien

   "Fabuleux, ce magicien, tu ne trouves pas? " me susurra mon épouse. L'homme, en dehors des habituels tours de cartes et autres tours habiles mais connus, venait de faire disparaître sa partenaire et voilà qu'elle réapparaissait sous la forme d'une chevrette, sans que je puisse deviner le "truc" qu'il avait utilisé. Et pourtant je m'entraînais ferme, depuis deux ans maintenant, prenant même des cours auprès de professionnels, tâtant de l'illusion comme si je désirais devenir, à mon tour, professionnel de la chose. Mais là, impossible de comprendre le tour de passe-passe effectué. La chèvre plia les genoux et salua, comme à la parade. La foule applaudit, mon épouse plus que les autres. 

   Elle était en beauté, ce soir-là. Je veux dire, encore plus que les autres jours. Elle portait un caraco pigeonnant qui dévoilait la perfection de sa poitrine, sa taille semblait plus mince que d'ordinaire, ses longues jambes étaient mises en valeur par un jean artistiquement déchiré aux genoux et sur une des cuisses. Sans oublier sous la fesse gauche, cette déchirure professionnelle qui dévoilait qu'elle ne portait aucun dessous. Les hommes se retournaient sur son passage et me fusillaient du regard. Les femmes lui jetaient des sorts que j'imaginais des plus terribles.

   "Ne vous en faites pas, mes cailles, me disais-je en les voyant hausser les épaules, les yeux emplis de haine. Cette catin ne va faire sa belle longtemps encore". Je haïssais mon épouse. Je la haïssais tellement que je ne l'appelais plus par son prénom. Pour moi, c'était "Elle", simplement, ou "Tu", que je lançais comme on crache un glaviot. Ce soir, j'avais accepté d'aller voir ce magicien car, depuis un bon moment, je ruminais, cherchant un moyen de la faire disparaître de ma vie, cette épouse détestée, sans que la Police puisse rien y trouver à redire.

   Le tour du magicien m'avait semblé proche de "l'authentique". Je devais en avoir le coeur net, le payer, même, pour comprendre le mécanisme de cette étrange métamorphose effectuée devant une assemblée enthousiaste qui, à présent, s'en allait, en flot continu.

   " Je voudrais saluer l'illusionniste, dis-je à ma femme. Tu m'attendras dans le bar d'en face, d'accord?". Elle acquiesça, posa ses lèvres sur ma joue, et j'attendis qu'elle eut disparu pour me précipiter vers la loge du magicien. Curieusement, il n'y avait aucun fan à la porte. Je frappai, j'entendis une grosse voix qui me priait d'entrer, ce que je fis. La loge était spacieuse. Elle paraissait même plus grande que ce à quoi je m'attendais. Elle comportait un miroir, une chaise sur laquelle était assis l'homme de l'art qui avait, devant lui, une table encombrée de divers ustensiles. Pour l'heure, il se démaquillait.

   "Je peux vous êtes utile?" demanda-t-il de cette voix de stentor qui m'impressionna. De près, il ressemblait à Méphistophélès. Il en avait les yeux malins, le nez aussi fin qu'une arête de poisson, des lèvres un brin cruelles, un petit bouc, le tout comme décorant un visage où la peau semblait avoir été collée sur un crâne dont on apercevait la forme... Brrr... Le bonhomme me fit froid dans le dos.

   A sa question, je répondis que oui, il pouvait m'aider, car j'aurais bien voulu connaître les rouages de son tour de passe-passe. Je m'emparai de mon porte-feuille et sortis plusieurs liasses de billets de 100 euros, pris dans la caisse de la boîte de pub que je dirigeais. Et je me lançai ensuite dans une explication contrainte d'où il ressortait que, lors du Noël prochain, j'allais jouer les illusionnistes pour les enfants des employés et que...

   "Je n'ai nul besoin de connaître vos raisons... bonnes ou mauvaises, me coupa le magicien en s'emparant des billets. Je vais vous dire comment je procède. Vous allez être très surpris, je vous l'assure". Et, sans que j'ai le temps de me retourner, il se lança dans une étrange incantation, en même temps que, autour de moi, le décor devenait flou. J'eus la bizarre sensation de rapetisser et j'ai certainement dû perdre connaissance...

   Quand je me suis réveillé, la première personne que je vis, ce fut mon épouse. Elle se tenait devant moi, triomphante, en contre-plongée. Près d'elle, le Magicien avait passé une large main autour de sa taille. Tous deux m'observaient, en souriant méchamment.

   - Enfin, te voilà revenu dans le réel, fit ma femme en ricanant. Et moi, grâce à Pazuzu, je suis  débarrassée de toi. A jamais... Quel soulagement! Je n'en pouvais plus de t'avoir, ronflant, à mes côtés, dans le même lit... Je détestais ta manière de manger... Ta suffisance... Tes...
   - Tutu, l'interrompit le Magicien, d'un air paterne. Ne te fatigue pas, ma Chérie, tu sais très bien qu'il ne peut te répondre... Bientôt, même, il ne comprendra plus ton langage...

   Je voulus dire quelque chose pour l'insulter, mais de ma gorge sortit un étrange bêlement qui m'emplit d'angoisse. Je tentai de bouger, mai mes pattes étaient encore trop faibles et... MES PATTES! Je compris, d'un coup, ce qui s'était passé: l'Illusionniste - ou Pazuzu - m'avait métamorphosé en animal...

   - En bouc, me renseigna l'homme (mais en était-ce vraiment un?) Un bon gros et bravasse bouc. Vous verrez, votre vie, certes un peu courte, n'en sera pas moins agréable... Vous pourrez monter plusieurs chèvres - mes partenaires, que je transforme de la sorte, pour les besoins du spectacle -, avant que je vous vende pour un quelconque rituel sacrificiel... 

   - Maintenant, mon CHÉRI  fit mon ex-épouse en se frottant contre la hanche de Pazuzu, j'ai quelque chose d'urgent à faire. Désolée si nous faisons un peu de bruit... La chambre est juste à côté.

   L'illusionniste me releva d'une seule main et me poussa vers la porte d'un cagibi dans lequel il me propulsa. Il referma le battant et je me retrouvai dans un lieu sombre qui, littéralement, puait la chèvre... chèvres qui m'attendaient, en bêlant, toutes leurs glandes sudoripares en alerte... La seule chose que je pouvais espérer, c'était que Pazuzu fasse de mon ex, une future partenaire de tour et qu'il la transforme en chevrette. 

   Je saurais alors comment accueillir cette garce...

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"Il me résistait! Je l'ai assassiné! Sob..."


Honey West in the craziest caper of her life

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"Ca arrive à tout le monde, Ma Chérie, ne t'inquiète pas...
- Heu... C'est à toi, CHERI, que c'est arrivé!
- Tu es sûre?"


An earlier James Meese cover (and it's twins) can be seen here

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"Vous m'avez sauvée, Votre Majesté. Je suis tout à vous.
- Ca tombe bien. Cela fait trop longtemps que je
m'oblige à manger végétarien..."


Also, Trespasser in Time, The Stone Men!, and Winged Death of Venus

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"C'est ce que j'appelle de la chair fraîche... Ahaha...
- ...
- Tu comprends? De la 'chaîr fraîche'?
- Oui (soupirs)... Oui, c'est
effectivement TRES rigolo..."



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Blanche Baptiste

samedi 24 novembre 2012

"Etrange: Le roi du couscous haïssait la semoule". Benoît Barvin in "Etrange, vous z'avez dit?".

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Pensées pour nous-mêmes:

(L’ÉLÈVE EST LE SAGE DU SAGE)

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(L'Inde, fournisseur exclusif de Pantagruel et Gargantua?
La question se pose après que notre reporter ait pris, 
en caméra cachée, cette étonnante photo)

via Retronaut
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"Quel charabia! J'ai pas besoin d'avoir
fait les Grandes Ecoles pour savoir
comment faire pour trouver de la tune et où ..."

Rigueur/déficit : 
le débat des économistes

Cédric Durand, 
économiste, membre 
des Économistes atterrés

   (...) La suppression des déficits publics au lendemain d’une crise financière est une aberration. C’est le b.a.ba de la macroéconomie : dans une « récession de bilan », lorsque les ménages et les entreprises sont contraints de se désendetter pour encaisser le choc de la crise financière, si les États font de même et qu’il n’y a pas de hausse soutenue de demande externe (par exemple via une dévaluation) l’économie ne peut redémarrer. La nouvelle récession dans laquelle plonge l’UE après celle de 2008-2009 confirme le scénario « double dip » anticipé de longue date par tous les économistes qui gardaient un brin de lucidité. Dans un tel contexte, le poids de la dette par rapport à la richesse produite s’accroît mécaniquement. Politiquement, le choix de l’austérité budgétaire implique non seulement une dégradation des services publics et/ou une hausse de la pression fiscale, mais il conduit tout droit à une accélération de la hausse du chômage. L’engagement de François Hollande de retourner la courbe du chômage d’ici la fin de l’année 2013 ne sera pas tenu, si le cap de l’austérité budgétaire est maintenu.

   Cette critique keynesienne de l’austérité est impeccable mais elle ne s’adresse qu’à la crise dans sa dimension financière. Hors, en arrière plan de celle-ci se dissimule une grande fatigue du capitalisme qui, décennie après décennie, depuis les années 1960 a vu la croissance ralentir par rapport à l’ « âge d’or » de l’après-guerre. Il n’y a pas que les décroissants qui posent aujourd’hui la question de la fin de la croissance. Dans son éditorial du 3 octobre dernier, Martin Wolf, l’économiste en chef du Financial Times reprend cette vieille question de l’état stationnaire qui préoccupait déjà beaucoup les économistes classiques. 

   À cet aune-là, les politiques d’austérité tout autant que les réformes structurelles et autres chocs de compétitivité renvoient à l’idée qu’il n’y a plus de fort potentiel de croissance dans la dynamique interne système. Relancer l’accumulation du capital – et générer les profits auxquels se sont habitués les acteurs financiers – ne peut se faire que par la captation prédatrice et non l’augmentation du revenu global.

Lire l'article sur:


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(La fille nue attrape-gogos en pleine action dans la nature)

Andreas Feininger—Time & Life Pictures/Getty Images


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"Oh Mon Dieu!
- Quoi?
- Des Z'Hommes... et ils se battent entre-eux...
- C'est quelle peuplade?
- Les gentils-méchants végétariens 
contre les méchants-gentils carnivores...
- Nous, on s'en fout, on est omnivores."


INDE 
Crise de mauvaise foi 
entre végétariens et mangeurs de viande

Ingrid Therwath
   (...) Depuis la mi-novembre, la parution d'un manuel scolaire destiné aux élèves de sixième et publié par un comité national fait scandale. La raison, expliquée par le quotidien Hindustan Times, en est simple: on peut en effet lire que les non-végétariens "ont facilement recours à la tromperie, au mensonge, ils oublient leurs promesses, ils sont malhonnêtes et parlent vulgairement, volent, se bagarrent, font usage de la violence et commettent des crimes sexuels". Rien de moins ! 

   Le comique Rohan Joshi, fervent amateur de viande, a donc pris la plume pour réagir à ces bêtises dans le quotidien Mid Day. Il y explique que "ce n'est pas facile d'être un non-végétarien en Inde. En plus des regards désapprobateurs que vous lancent les végétariens "éthiques", vous devez faire face à des groupes qui vous jugent sur le plan moral ou religieux. On vous dit que, si vous mangez du bœuf, les dieux hindous vous châtieront. Si vous mangez du porc, ce sera Allah." (pauvres carnivores...)

   Dans un pays où les interdits alimentaires sont très forts et fournissent parfois des prétextes à des heurts entre les communautés, tout ce débat est loin d'être anodin. Rappelons d'ailleurs, comme le fait le magazineIndia Today, qu'un chef de caste a relié de récents viols à la consommation de chowmein, plat de nouilles chinoises très populaire en Inde, de burgers et de pizzas. L'ignorance et la xénophobie s'expriment aussi dans l'assiette.(qui en doutait?) (...)
Lire sur:


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Benoît Barvin

vendredi 23 novembre 2012

"Cet accent aigu faisait mal aux oreilles". Benoît Barvin in "Pensées inconvénientes"

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Pensées pour nous-mêmes:

(L'ENFANT QUE TU N'ES PLUS
OU DONC SE CACHE-T-IL?)

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"La... lalala... Moi je fais l'équilibriste...
- Fais gaffe, tu vas te prendre une gamelle..."


(A-t-on besoin de parler de la prescience du Peuple Noir
et où ce jeune garçon a été enterré?)

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"C'est... kof, kof... pour ton bien...
- Oui... kof, kof... pour ton bien..."


Vaccins : 
devrait-on avoir le choix ?
(quel titre!)

ALEXANDRA BOGAERT

   (...) « C’est comme si j’avais été battue, rouée de coups, laissée pour morte. » Suzette Fernandes-Pires, 52 ans, a vécu un enfer qui a « détruit » sa vie. Suzette est atteinte d’une maladie au nom aussi barbare que les douleurs qu’elle fait endurer à ceux qui la contractent: la myofasciite à macrophages. Cette inflammation grave des muscles qui se traduit par un épuisement chronique, des douleurs musculaires et articulaires très fortes et des troubles de la mémoire, serait la conséquence de l’hydroxyde d’aluminium présent, comme adjuvant, dans un certain nombre de vaccins (60% de ceux présents sur le marché en contiennent).

   Suzette avait 36 ans en 1996 quand elle a répondu à la grande campagne de vaccination nationale. Rappels de DT Polyo, hépatite A et B, elle a tout refait. « Deux mois après, je suis tombée malade. J’avais de fortes douleurs aux membres et une grande fatigue, jusqu’à une crise en 1997. » Paralysée par la souffrance, cette infirmière vétérinaire à Maisons-Alfort erre de médecin en médecin. Jusqu’à ce que, enfin, le diagnostic tombe. C’était en 2000. (...)

   Son organisme a de grandes difficultés à digérer les particules d’hydroxyde d’aluminium contenues dans les vaccins qu’on lui a injectés dans les muscles, particules qui sont captées par les macrophages. Ces grosses cellules qui jouent le rôle d’éboueurs de l’organisme ont pour propriétés de pouvoir circuler partout dans le corps et d’englober les particules avant de les détruire. Sauf que, dans le cas précis de l’hydroxyde d’aluminium, le macrophage est rendu immortel tant qu’il n’a pas réussi à éliminer la particule.

   Ainsi squattés, les macrophages se baladent dans l’organisme pendant des mois après l’injection, voire pendant des années. « Quand ils finissent par pénétrer dans le cerveau, où ils s’accumulent progressivement, ils provoquent des perturbations suffisantes pour induire un syndrome de fatigue chronique », expose le professeur Romain Gherardi, de l’hôpital Henri Mondor de Créteil.

   Avec son équipe de l’Inserm (l’Institut national de la santé et de la recherche médicale), ce spécialiste des maladies neuromusculaires est celui qui a identifié, dans les années 1990, cette nouvelle pathologie qui affecte une personne sur 10 000. « Il n’y a plus aucun doute sur la relation directe entre l’hydroxyde et les lésions musculaires et cérébrales », avance Romain Gherardi qui fait l’hypothèse que la myofasciite à macrophages touche des personnes génétiquement prédisposées pour mal digérer les sels d’aluminium. (Ben alors, oui, on doit avoir le choix de se faire ou non vacciner... ) (...)
Lire l'article sur:


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(Le syndrome de la chaise vide,
dans ce hameau, était patent)



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"Du sang, du labeur...
- Des larmes et de la sueur...
- Da... Da..."


Pas de sacrifices sans espoir !

Michael Marder
PROJECT SYNDICATE PRAGUE

   (...) Le président français François Hollande a récemment souligné l’idée essentielle, pourtant souvent occultée, selon laquelle il y aurait des limites au degré de sacrifice qui peut être demandé aux citoyens des pays du sud de l’Europe en difficulté financière. Afin d’éviter de transformer la Grèce, le Portugal et l’Espagne en véritables "maisons de correction" collectives, a-t-il fait valoir, les peuples ont besoin d’espoir, au-delà des perpétuels horizons lointains de réduction des dépenses et de mesures d’austérité. Les notions de psychologie les plus élémentaires appuient le point de vue de Hollande. Renforcement négatif et report répété des retours positifs ne peuvent aboutir à un objectif qu’à condition de la perception d’une lueur au bout du tunnel – la récompense future des sacrifices d’au­jour­d’hui.

   Le pessimisme public régnant en Europe du Sud est en grande partie attribuable à l’absence d’une telle récompense. Tandis que la confiance déclinante des consommateurs et le pouvoir d’achat des ménages aggravent la récession, les prévisions de fin de crise sont sans cesse repoussées, et les peuples soumis au fardeau de l’austérité en arrivent à perdre espoir.(...) 

   (...) Tout au long de l’histoire, le concept de sacrifice a mêlé théologie et économie (ben voyons...). Dans le monde antique, les peuples procédaient à des offrandes souvent sanglantes auprès des divinités, dont ils pensaient qu’elles les récompenseraient au travers, par exemple, de bonnes récoltes ou d’une protection contre le malheur. Le christianisme, et sa croyance selon laquelle Dieu (ou le fils de Dieu) se serait sacrifié afin d’expier les péchés de l’humanité, a inversé l’économie traditionnelle du sacrifice. Ici, la souffrance divine constitue une illustration de l’humilité désintéressée avec laquelle les mésaventures terrestres devraient être endurées (re Ben voyons...).

   Malgré la sécularisation, la croyance selon laquelle récompenses ou accomplissements exigeraient un sacrifice est devenue partie intégrante de la conscience culturelle européenne. Le concept de "contrat social" – apparu au siècle des Lumières afin d’appréhender, sans recours au droit divin, la légitimité de l’autorité de l’Etat sur ses citoyens – repose sur le postulat selon lequel les individus renonceraient à un certain degré de liberté personnelle dans le but de garantir paix et prospérité pour tous (quel degré? Quelle paix? Quelle prospérité?).

   Ainsi, les dirigeants politiques ont souvent demandé aux citoyens de sacrifier libertés personnelles et confort au nom d’entités spirituelles sécularisées, telles que la nation ou l’Etat – requête à laquelle les citoyens ont très largement accédé. Dans son premier discours à la Chambre des communes en tant que premier ministre du Royaume-Uni, Winston Churchill avait inspiré l’espoir d’un pays assiégé au travers de sa déclaration célèbre affirmant que lui – et donc l’Angleterre – n’avait "rien à offrir, que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur". (...)

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Benoît Barvin (avec l'appui de Jacques Damboise)