Bonjour à vous qui, dans le maelström du net, êtes arrivés, par hasard? lassitude? erreur? sur ce blog. Vous êtes les bienvenus. Vous y lirez des extraits d'articles, de pensées, d'interviews, piochés ça et là, et illustrés de photos et dessins détournés, via un humour de bon aloi. Vous pouvez évidemment réagir avec le même humour, la même ironie que nous mettons, chaque jour, à tenter de respirer un peu plus librement dans une société qui se corsète chaque fois un peu plus.

samedi 7 juin 2014

"Il vivait pour son art qui était de ne rien faire". Jacques Damboise in "Pensées convénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(TU ES LE MAÎTRE
DE TES MAUX)

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(L'homme qui fricotait avec des citrons
fut rapidement arrêté)



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(Future apostase s'apprêtant à changer de couleur)



L'apostasie n'a aucun fondement
dans le Coran

MUSTAFA AKYOL
HÜRRIYET

   (...) L'éditorialiste turc Taha Akyol s'insurge contre la condamnation à mort de la Soudanaise Meriam pour avoir changé de religion. Car comment une religion peut-elle se targuer d'être éclairée, si le seul moyen de conserver ses fidèles consiste à les menacer de mort ? (...)

   (...) A l'heure où j'écris ces lignes, une femme de 27 ans, Meriam Yahya Ibrahim, attend la mort au Soudan. Le 15 mai dernier, elle a été condamnée à mort pour apostasie. Son crime ? Avoir abandonné l'islam pour devenir chrétienne.

   Le tribunal de Khartoum lui avait donné trois jours pour abjurer sa foi. Et si elle est encore en vie, c'est grâce à l'enfant qu'elle portait et qu'elle vient de mettre au monde. Le juge a en effet décidé de lui accorder un sursis de deux ans en prison avec son bébé pour qu'elle l'allaite. Son autre enfant, un petit garçon de 20 mois, est déjà avec elle en prison. Dans deux ans, il sera suffisamment grand pour être traumatisé à vie par son exécution. Quant à son mari éprouvé, il passe son temps entre les tribunaux et la prison.

   Le sort réservé à Meriam Yahya Ibrahim et à sa famille est d'une insoutenable cruauté et constitue une violation inacceptable des droits de l'homme. Malheureusement, les autorités soudanaises et certains musulmans considèrent cette décision comme juste, parce qu'ils sont convaincus que tous les coupables d'apostasie, sans exception, doivent être condamnés à mort.

   Et pourtant en tant que musulman, je rejoins certains de mes coreligionnaires pour m'insurger contre cette condamnation de l'apostasie, que je considère comme une entrave à la liberté religieuse et une insulte à l'islam. (...)

   (...) Notre premier argument relève du simple bon sens : comment une religion peut-elle se targuer d'être éclairée et fondée sur la raison si le seul moyen de conserver ses fidèles consiste à les menacer de mort ? Comment pouvons-nous croire que les éventuels apostats vont devenir de bons musulmans ? Ne vont-ils pas au contraire devenir hypocrites et dissimuler leur manque de foi par peur de mourir ?

   Deuxièmement, cette condamnation de l'apostasie inscrite dans la loi islamique, la charia, n'a aucun fondement dans le Coran, source incontestée de l'islam. Pas un des versets du Coran n'affirme que les gens doivent être exécutés s'ils ne croient plus.

   Bien au contraire, le Coran met en avant la liberté religieuse avec des versets comme : “Nulle contrainte en religion !” (2 : 256). Mais la loi islamique post-coranique a progressivement limité le champ d'application de ce principe de “nulle contrainte”. Et pour cette raison, certaines traductions récentes du Coran “éditent” ce verset en y insérant une parenthèse. Ils écrivent “Nulle contrainte [dans l'acceptation] de la religion.”

   Ce qui veut dire que vous êtes libre d'embrasser l'islam ou non. Mais une fois musulman, même si vous êtes simplement né dans une famille musulmane, il vous est interdit de quitter cette religion. (...) 

   Comme je l'explique dans mon livre "L'islam sans les extrêmes", un plaidoyer musulman pour la liberté, dans le chapitre “Liberté et islam”, la condamnation de l'apostasie est née dans l'islam post-coranique pour des raisons politiques. Les religieux médiévaux considéraient l'apostat comme un traître capable de rejoindre le camp adverse. Dans les empires islamiques, l'apostat était quelqu'un dont les idées étaient dangereuses pour l'ordre public, et donc pour le pouvoir.

   Pourtant aujourd'hui nous vivons dans un monde où la liberté religieuse est devenue la norme. Quelqu'un qui choisit de changer de religion n'est plus coupable de haute trahison mais il exerce au contraire son droit le plus fondamental.

   Ceux qui veulent appliquer la charia, au Soudan, en Arabie Saoudite, en Iran ou ailleurs, devraient prendre conscience de cette réalité, réinterpréter leurs lois et arrêter de tuer des innocents. Il est temps pour eux de se rendre compte qu'ils infligent à l'islam des dégâts bien plus considérables que le plus militant des apostats.


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(Chat-bigoudi attendant fermement sa maîtresse
pour lui dire sa façon de penser)



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Benoît Barvin

vendredi 6 juin 2014

"Devant les caméras, on décora le frère du héros qui était moins moche que son frangin". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(DANS UNE POUSSIÈRE D’ÉTOILES,
N'Y EN A-T-IL QUE DES FRAGMENTS?)

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(Cette femme battait la Terre qui ne lui donnait
pas assez de fruits juteux)


Sake & Strange Divine (by 酷子)

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(Même les seniors, chez les Super-Héros,
acceptaient de défendre la vieille Europe)


"Yeah... Kof, kof, kof"


Le marteau d’un milliard de dollars d’Obama 
(the vineyard of the Saker)

The Saker
Traduction : Dominique Muselet

   (...) Vous le savez probablement déjà : Obama a promis un milliard de dollars pour garantir ce que ma BBC "adorée" appelle "la sécurité européenne". Le nom officiel de cette initiative est "Initiative de réassurance européenne".

   Voyez-vous, Obama et la BBC pensent que les Européens sont terrifiés parce qu’ils croient que les tanks russes vont envahir Varsovie, Athènes, Rome ou Lisbonne d’un instant à l’autre. Heureusement l’oncle Sam est là pour leur assurer qu’il empêchera cela, la preuve ce milliard de dollars qui va sans nul doute faire réfléchir l’ours russe. 

   A-t-on jamais entendu quelque chose de plus ridicule? Alors que se passe-t-il vraiment?  Il y a une merveilleuse expression étasunienne qui dit que "quand un homme tient un marteau il voit des clous partout". Eh bien, pour Obama l’UE et l’Ukraine sont sûrement des clous parce que le seul instrument que les Etats-Unis utilisent depuis des décennies dans leur politique étrangère, c’est un "marteau" composé de dollars et d’armes. Mais revenons un peu en arrière.

   Pour moi la politique étrangère des Etats-Unis en Europe est un échec total. Non seulement le coup d’état orchestré par les Etats-Unis en Ukraine a tourné au désastre, mais les dernières élections en Europe prouvent clairement que les Européens deviennent de plus en plus anti-UE et anti-Etats-Unis. En fait comme l’UE n’est jamais que l’instrument de la domination coloniale des Etats-Unis sur l’Europe, être anti-UE c’est être anti-EU. Bernard-Henri Levi, le clown hyper-sioniste qui se prend pour un "philosophe" et qui est le chouchou des élites européennes, a dit une fois que "l’anti-américanisme est une métaphore pour l’anti-sémitisme". 

   Pour le paraphraser, je dirais que "l’anti-Européanisme est une métaphore pour l’anti-Américanisme" (du moins si par "Europe" on désigne le monstre trans-national connu sous le nom de UE et non "l’Europe des nations" que de Gaulle, un vrai patriote de France et d’Europe, souhaitait). Et les types de Washington le savent bien, ils ne sont pas idiots. L’ennui pour eux c’est que le temps presse parce que la situation empire de jour en jour pour ne pas dire d’heure en heure. La France, en particulier, peut exploser à tout moment.

   Mais le vrai problème, ce n’est pas l’Europe ou l’Ukraine, ce sont les EU. Les leaders étasuniens, clairement intoxiqués par l’hubris impérial et l’arrogance des 1%, ont tout simplement oublié la devise de Bismark "La politique est l’art du possible" et c’est pourquoi au lieu de chercher le meilleur compromis possible pour aboutir à la meilleure solution possible, ils s’accrochent désespérément à une solution impossible : une Europe contrôlée par l’UE et un état unique (le Banderastan) à la frontière de la Russie. Cela n’arrivera pas, c’est sûr et certain. En fait, plus les Etats-Unis s’entêtent, moins ils réussissent à imposer leur volonté. Pas besoin de lire Hegel pour comprendre pourquoi – un rapide coup d’oeil sur les récents évènements en Europe montre que le projet de l’Empire de former une zone ATTU – (de l’Atlantique à l’Oural) n’a aucune chance d’aboutir et se soldera par une lamentable débâcle.

   Confrontée à cette perspective la Maison Blanche pratique ce que les Français appellent la "fuite en avant". Les Russes n’ont pas saisi l’hameçon ukrainien ? Très bien – nous allons faire comme s’ils l’avaient fait et rassurer les Européens en déclarant que la "sécurité des alliés européens de l’Amérique est sacrée", avec assez de gravité pour leur faire croire qu’ils sont vraiment menacés. La junte néonazie vient de perpétrer un nouveau massacre dans l’est ? Pas de problème, nous allons féliciter le régime pour sa "mesure" et sa "nature démocratique". Les leaders de l’UE ont une attaque de panique après les dernières élections ? Pas de problème non plus, nous allons leur donner un milliard de dollars de pots de vin pour leur montrer que nous sommes à leurs côtés quoiqu’il arrive et quel que soit celui pour lequel ces maudits Européens votent la prochaine fois.

   Parce que, évidemment ce milliard de dollars ce n’est que cela : un pot de vin que les ploutocrates, le 1% aux EU et en UE, pourront se partager sous prétexte de "rassurer l’Europe". En réalité, " l’Initiative de réassurance européenne" ne sert qu’à rassurer les élites européennes et les Euro-bureaucrates car ils seront les seuls à vraiment en profiter. Et d’où viendra l’argent ? Eh bien quoi, l’oncle Sam peut le créer à partir de rien du tout en tapant sur les touches du bon ordinateur. Et aussi longtemps que l’UE et le reste de la planète colonisée par les EU continueront d’accepter de régler les transactions en dollars, ce seront eux qui en fin de compte paieront pour cette "Initiative de réassurance européenne".

   Vous direz peut-être que c’est une stratégie idiote qui ne fera qu’aggraver les choses. Et vous aurez raison. Mais pas dans le très court terme qui est réellement le seul terme qui ait jamais importé aux capitalistes. En outre, l’argent et les armes sont les deux seuls "instruments politiques" que les élites étasuniennes comprennent, alors pourquoi ne pas jeter un peu d’argent sur le problème et espérer que les armes feront paraître l’Empire plus fort ?

   C’est aussi pathétique qu’immoral. La bonne nouvelle est que l’Empire se saborde tout seul plus vite et mieux qu’aucune force extérieure ne pourrait rêver de le faire. Et on est loin d’avoir vu le pire (imaginez seulement ce que ce serait si Hillary devenait présidente !).

   Quant aux peuples de Novorossia et de Russie – il leur faut garder leur sang froid et ne pas oublier que tout cet air chaud qui souffle de l’ouest n’est que de l’air chaud – et rien d’autre. Oui, ils ont parfois "l’air" effrayant mais c’et juste parce que les politiciens étasuniens sont passés maîtres dans l’art du faux-semblant et qu’ils dirigent ce que Chris Hedges a si brillamment nommé "l’Empire des illusions". Peu importe ce qu’ils disent, la réalité sur le terrain dans le monde réel, c’est que Kiev n’a aucune chance de gagner une guerre contre le Donbass exactement comme l’Empire n’a aucune chance contre la Russie. Oui, ils peuvent continuer à faire semblant mais ça ne deviendra pas vrai pour autant.

   Il ne faut jamais oublier que ni l’argent ni les armes ne gagnent une guerre. Certes, ce sont des éléments importants mais ils ne sont pas décisifs. Ce qui est décisif c’est la volonté. Les Etasuniens en sont parfaitement conscients. Ceux qui sont bêtes croient en leur propre propagande mais ceux qui sont intelligents savent que la "propagande illusionniste" n’a pas pour but de faire arriver les choses pour de vrai mais de démoraliser l’adversaire et de briser son pouvoir de résistance. Le danger c’est que dès que votre adversaire comprend cela, il comprend aussi que vous aboyez plus que vous ne mordez. C’est ce qui est arrivé avec le Hezbollah.

   Pendant des années, la propagande anglo-sioniste a présenté l’armée israélienne comme une armée de soldats d’élite quasi invincibles (ce qu’ils n’ont jamais été , tous ceux qui se sont entraînés avec eux le savent bien). Et ce mythe de l’invincibilité israélienne a littéralement paralysé le Moyen-Orient tout entier jusqu’à ce que le Hezbollah les défie. Comme l’a dit Robert Fisk en 2006, "Autrefois les Libanais avaient l’habitude de sauter dans leurs voitures et de prendre la direction du nord aussitôt qu’on annonçait une attaque israélienne, mais maintenant ils sautent dans leurs voitures et roulent vers le sud". Ce "changement" d’esprit des Libanais est ce qui a causé la défaite de l’armée israélienne en 2006 et non une quelconque arme extraordinaire qu’aurait détenu le Hezbollah.

   Qu’est-ce que tout cela signifie pour Novorossia ? Cela signifie que le peuple de Novorossia doit croire en lui-même et cesser d’attendre que les Russes interviennent, ce qui n’arrivera pas, du moins pas pour le moment. Qu’Obama agite son marteau d’un milliard de dollars jusqu’à épuisement mais que cela ne vous détourne pas d’une victoire qui est tout à fait à votre portée. Oui les massacres d’Odessa, Marioupol, Slaviansk, Kramatorsk, Donetsk et maintenant Lugansk sont d’atroces ignominies qu’on ne pourra jamais oublier ni pardonner mais les horreurs de la seconde guerre mondiale étaient encore bien pires et pourtant les Russes ont quand même gagné la guerre.

   Les mensonges et la terreur ont exactement le même objectif : briser la volonté de la cible et on peut s’attendre à encore plus de mensonges et de terreur de la part des neo-Nazis de Kiev et de la part de l’Empire. Mais si on se souvient de l’exemple du Hezbollah au Liban et si on garde à l’esprit que le temps est avec nous, nous vaincrons tôt ou tard.


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(L'amour entre cette femme et son violon
était scandaleux)



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Benoît Barvin

jeudi 5 juin 2014

"Il se leva tôt pour n'être pas en retard à son enterrement". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(RÉSISTES-TU 
AUX BOURRASQUES DU TEMPS?)

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"Pourquoi vous me réveillez si tôt?"



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(Guerrier syrien armé en douce par les z'états-z'uniens)


blork_guerrier_m

Des rebelles syriens décrivent leur entraînement
fourni par les USA au Qatar

Nancy A. Youssef
WILLSUMMER 

   (...) Dans un documentaire devant être diffusé mardi soir (il y a quelques jours, donc, ndlr), les rebelles décrivent leur voyage clandestin depuis les champs de bataille syriens pour rencontrer leurs entraîneurs US en Turquie pour ensuite voyager vers le Qatar, où ils affirment avoir reçu un entraînement à l’usage d’armes sophistiquées et de techniques de combat, y compris, a dit l’un des rebelles, "comment achever les soldats encore vivants après une embuscade."

   Les interviews sont la dernière preuve en date qu’après plus de trois ans de combats, les USA ont augmenté la fourniture d’aide létale aux rebelles. Ces derniers mois, au moins cinq unités de rebelles ont publié des vidéos montrant leurs membres tirant vers des positions syriennes avec des missiles anti-tank TOW, fabriqués aux USA. Les armes proviendraient d’Arabie Saoudite, mais des experts en transferts internationaux d’armements ont déclaré à McClatchy (agence de presse US, ndlr) qu’elles n’auraient pas pu être données aux rebelles sans l’aval de l’administration Obama.

   Le documentaire, produit par FRONTLINE pour être diffusé sur les chaînes de PBS, présente le journaliste Muhammad Ali, qui a suivi la guerre civile syrienne pour cette émission. Il montre Ali rencontrant une faction apparemment modérée des rebelles, bien que celle-ci ne soit pas identifiée – sensiblement pour ne pas irriter ses contacts US.

   Ali s’y trouve dans un véhicule avec un officier de logistique des rebelles tandis qu’il voyageait vers la frontière turque pour censément y recueillir des armes et des munitions russes fournies par les USA, mais il n’est pas autorisé à accompagner les combattants au rendez-vous lui-même. Lorsque les rebelles reviennent pour le récupérer, ils exhibent des balles et un mortier, qui sont montrés dans le film, et lui disent qu’ils ont reçu des missiles TOW; toutefois, les missiles ne sont pas montrés.

   Le commandant de l’unité a aussi dit à Ali que leurs contacts US lui avaient demandé d’amener 80 ou 90 membres de son unité à Ankara pour de l’entraînement. Une fois à Ankara, après un trajet par la route de 14 heures depuis la Syrie, ils ont été interrogés pendant des jours sur leurs penchants politiques et la chronique de combats de leur unité. Le commandant a dit à Ali que leurs interrogateurs se sont identifiés comme appartenant au "corps militaire", mais qu’il pensait qu’ils étaient de la CIA.

   Le dernier jour, il leur fut dit qu’ils allaient décoller le lendemain pour un camp d’entraînement au Qatar, une monarchie du Golfe Persique. Ils ont ensuite été transportés vers une installation d’entraînement qu’ils ont pensé être à la frontière avec l’Arabie Saoudite. L’un des combattants a dit qu’ils y ont reçu un entraînement de trois semaines sur la façon de procéder à une embuscade, mener des raids et se servir de leurs armes. Ils ont aussi dit qu’ils ont reçu de nouveaux uniformes et de nouvelles bottes.

   "Ils nous ont entraîné à surprendre en embuscade des véhicules ennemis ou du régime et à couper la route," affirme le combattant, qui n’est identifié que comme "Hussein". "Ils nous aussi entraînés sur la façon d’attaquer un véhicule, de le piller, de récupérer des informations ou des armes et des munitions, et comment achever des soldats encore vivants après une embuscade."

   Mais qu’une telle assistance des USA aide à amener la paix sous la forme de négociations ou fasse perdurer la guerre en offrant de faux espoirs aux rebelles demeure incertain. En effet, les combattants ont dit à Ali qu’ils ne peuvent pas gagner sans missiles anti-aériens contre la guerre aérienne supérieure d’al Assad, qu’ils attendent encore. "Quand j’ai vu qu’il n’y avait pas d’entraînement avec des missiles anti-aériens, mon moral a été démoli," a dit un combattant à Ali.

   Pour les USA, ce nouvel effort entend d’avancer avec précaution en eaux troubles. Au cours des derniers mois, les USA ont signalé être de plus en plus intéressés à trouver un allié qui puisse forcer al Assad à la table des négociations et rembarrer la menace d’al-Qaeda venant de groupes extrémistes combattant al Assad. Les USA ont refusé de confirmer leurs efforts en hausse pour venir en aide aux rebelles. Ni le Pentagone ni la CIA n’ont voulu s’exprimer sur les découvertes de Frontline.

   Pour les USA, assumer publiquement une telle entreprise présente beaucoup de défis, en premier lieu l’opposition croissante parmi les électeurs US face à une implication plus directe des USA dans le conflit syrien. Quand les US considéraient une frappe militaire contre la Syrie l’été dernier après une attaque aux armes chimiques dans la banlieue de Damas, des sondages ont démontré une opposition écrasante à une intervention militaire US.

   En outre, beaucoup à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du gouvernement craignent que des armes fournies par les USA puissent atterrir entre des mains extrémistes, en particulier dans un lieu comme la Syrie, où les alliances et les les ennemis changent avec une rapidité très fluide. Des groupes rebelles modérés ont travaillé étroitement avec le Front al Nusra et le Front Islamique alignés avec al-Qaeda, dont l’une des factions, Ahrar al Sham, comprend des membres d’al-Qaeda parmi ses fondateurs.

   Peut-être à cause de ces raisons, le Congrès n’a jamais publiquement avalisé le financement de l’entraînement et de l’effort de guerre, et officiellement, les USA ne fournissent que de l’aide non-létale, comme des rations de nourriture, des vêtements et des soins de premiers secours. (...)


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(La fille qui passe, fallait surtout pas la rater)



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Benoît Barvin

mercredi 4 juin 2014

"J'enterrai mon enfance et mon doudou en même temps". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LA VIE DU SAGE
EST-ELLE SAGE?)

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(La vierge était montée sur échasses
pour impressionner les gentils n'enfants)



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(Le chapeau-pour-mieux-y-voir fut boudé par les élégantes)


Afro-Bahia Festival
Balé Folclórico da Bahia

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(La femme aux yeux de chat qui brillent pendant la nuit)



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(La fumeuse invétérée fait un peu sa maline)



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Jacques Damboise

mardi 3 juin 2014

"La nuit ma tête d'ébène me rendait invisible". Benoît Barvin in "Pensées coîncidentes".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE SAGE N'A PAS 
DE LIVRE DE RECETTES)

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(Ces ailes sur la tête, je les aurais préférées dans le dos)



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(L'amour de ces humains pour ces plantes
était réciproque)


french.xinhuanet.com

Au Sénégal,
un hôpital en sursis soigne par les plantes

Laurann Clément (Monde Académie)

   (...) Comme chaque matin, l'apprenti-guérisseur Moussa Diallo parcourt la brousse apprivoisée qu'est devenu le jardin de l'hôpital traditionnel de la commune de Keur Massar, à 25 kilomètres à l'est de Dakar. Quelques 250 espèces croissent sur 5 hectares. Une feuille de citronelle roulée entre ses doigts, Moussa Diallo hume, sent et cueille des plantes qui surprennent par leur apparence et par leurs propriétés. Les guérisseurs saltingué, (en wolof «ceux qui voient les traitements par le rêve») les ont découvertes au fil des générations, jusqu'à accumuler des trésors de connaissances. «Il est faux de ne vouloir attribuer à une plante qu’une seule vertu», indique d'emblée Moussa Diallo. A titre d'exemple, il cite le baobab : «Ses feuilles sont préparées en tisane pour soigner la constipation. Par contre, son fruit, bu sous forme de jus, peut la créer». Toutes les plantes de ce jardin extraordinaire trouvent leur place dans la pharmacopée de l'hôpital, qui se charge de leur transformation et de leur vente en produits de soin . (...) 

   (...) La médecine traditionnelle africaine est souvent utilisée par les Sénégalais en «dernier recours», quand le parcours allopathique des médecines modernes se révèle inopérant, insistent les responsables de l'hôpital. Diabète, hépatite, paludisme, cancer et même VIH : chaque maladie trouve des moyens d'être "soulagée" - aucun médecin de l’hôpital n’emploie le terme de guérison. Ces soins ont suscité l’intérêt de noms connus de la recherche médicale, comme le Pr Luc Montagnier, Prix Nobel 2008 pour sa découverte du virus du SIDA, venu récemment visiter le laboratoire de l'hôpital de Keur Massar, en quête de soins alternatifs dans le cadre des trithérapies.
  
   Pourtant, cette médecine ne se porte pas au mieux, et reste méconnue. En Afrique, seuls huit pays reconnaissent officiellement la pratique de la médecine traditionnelle, que le Sénégal se contente de tolérer. Treize plantes seulement, sur les 250 répertoriées par l’hôpital, sont reconnues par le corps médical sénégalais et les autorités exigent un processus d'homologation compliqué et coûteux. «Les protocoles demandés par les autorités sanitaires doivent être très précis. Par exemple, si on mélange deux plantes déjà homologuées séparément, un autre protocole doit être appliqué. Et on doit tout refaire valider», explique Fabienne Okaoekpen, infirmière homéopathe de Genève et membre de l’association de l’hôpital. (...)

   (...) Sans reconnaissance de ses pratiques, l'hôpital de Keur Massar fait face à des difficultés qui lui font craindre pour son avenir. Il fonctionne sans aucune subvention étatique et les dons s’amoindrissent dangereusement. Le personnel de l'hôpital se bat pour le sauver, ne serait-ce qu'en mémoire de la Française Yvette Parès, qui lui a dédié une partie de sa vie, jusqu’à son décès, en 2009. "Elle a vraiment cru dans les voies qu'ouvraient les savoirs traditionnels", commente Cheik Gueye, directeur de l’école construite dans l’hôpital. Diplômée de médecine et membre du CNRS, Yvette Parès arrive à Dakar en 1960 pour enseigner la médecine à l’université Cheik Anta Diop. Son attention se porte sur le fléau de la lèpre. Selon Djibril Bâ, «elle déplorait que la maladie ait traversé les âges sans jamais avoir trouvé de traitements efficaces». En 1975, elle devient directrice du Centre de recherches biologiques sur la lèpre de Dakar. Dadi Diallo, maître guérisseur peul, lui fait découvrir des traitements anti-lèpre tirés des plantes, qui se révèlent efficaces par rapport à l’allopathie. Ainsi est née sa curiosité pour la médecine traditionnelle africaine.

   Pendant quinze ans, elle part aux aurores dans la nature avec des tradipraticiens pour apprendre à distinguer, reconnaître et cueillir les plantes médicinales. « Il est extraordinaire que des thérapeutes africains aient eu confiance en une étrangère qui incarnait encore le colonialisme », disait celle qui avait su gagner leur confiance.

   En 1980, Yvette Parès avait reçu du président sénégalais de l’époque, Abdou Diouf, le terrain de Keur Massar pour y bâtir une léproserie, à l’écart des zones habitées. Le centre, qui prendra le nom d’hôpital en 1985, devint une sorte de village avec un bâtiment de 300 lits, un laboratoire, une pharmacie, et une école réservée aux enfants lépreux. Elle ouvre ensuite, en 1995, un bureau de consultations pour tout type de maux. Petit à petit, la léproserie s’est ensuite diversifiée.

   Aujourd’hui, quatre tradipraticiens exercent au sein de l’hôpital, qui continuent à prodiguer des soins exclusivement naturels. Une route goudronnée où passent les transports en commun dakarois longe maintenant le site, le rendant plus accessible. L’école s’est ouverte à l’ensemble des enfants de la commune, et affiche dans son entrée les lettres de félicitations du ministère de l'éducation pour son taux de réussite proche du 100%. (...)

   (...) Mais sous le gouvernement de l’ex-président Abdoulaye Wade, l’hôpital a été amputé d’une grande partie de son terrain, et l’espace d’accueil de 300 lits a disparu. Le centre, géré par l’association Rencontre des Médecines , fondée en 1998 par Yvette Parès et reconnue comme une ONG sénégalaise en 2001, maintient le fonctionnement de l’hôpital et permet la formation de plusieurs médecins et étudiants venus de Suisse, de France et du Québec.

   Les étudiants emboîtent le pas des guérisseurs confirmés : la cueillette est faite de «bonne heure», au réveil des plantes, pour en tirer le meilleur. On cultive l’eucalyptus dont l’odeur libère des sinus, ou l’aloé vera pour ses qualités cicatrisantes. «Les plantes ne s’utilisent pas seules, leurs combinaisons sont plus puissantes et augmentent leur pouvoir de soin», précise l 'apprenti- guérisseur Moussa Diallo. Le laboratoire, également traditionnel, les met en sachet, en flacon ou les transforme en pommade, selon des recettes jalousement gardées.

   Les tradipraticiens, qui avaient l’habitude de transmettre oralement leur savoir d’une génération à l’autre, ont accepté de noter leurs recettes et leur découvertes dans de nombreux carnets. Pendant les préparations, certains prononcent des prières. Un mysticisme respecté à l'époque par Yvette Parès et par les gérants actuels, jusqu’à une certaine limite : les incantations seules sur les malades ne sont pas admises dans l’hôpital, selon la volonté de la fondatrice.

   Mais aujourd'hui, ce que redoute surtout le personnel de l’hôpital, c’est la lente disparition des guérisseurs. «Ce n’est pas une filière rentable», déplore Djibril Bâ , secrétaire de l'hôpital. Les jeunes qui s'intéressent à ce domaine déchantent rapidement quand ils découvrent les difficultés pour vivre du métier de guérisseur, dont le statut n'est pas reconnu au Sénégal ».


Pour en savoir plus :

Les sites internet de l’hôpital de Keur Massar et de l'association Rencontre des Médecines

Les ouvrages d’Yvette Parès parus sur le sujet, aux éditions Yves Michel:

- La médecine africaine, une efficacité surprenante : témoignage d’une pionnière,2004

- SIDA, de l’échec à l’espérance : Le regard d’une scientifique, doctoresse et thérapeute traditionnelle, 2007

- Perles de sagesse de la médecine traditionnelle africaine, dernière édition en 2009


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(Et soudain j'aperçus, en transparence,
le visage fossilisé de la Terre,
décédée depuis longtemps)



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Benoît Barvin

lundi 2 juin 2014

"Pour souffrir plus commodément, ce masochiste mettait des ongles sur les pointes de bambous glissées dans ses doigts". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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Pensées pour nous-mêmes:

(SENS-TU CE FRÉMISSEMENT D'AMOUR?)

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(La Femme-mouche venait de mettre

au monde un petit bébé,
aux ailes encore frémissantes)



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(Jeanne entendit des voix étrangères

lui ordonner de bouter le 
libéralisme hors de la planète)


merveilleuse-vie-jeanne-d-arc

Amis, l’entendez-vous ?

Olga Rodriguez

(El Diario)
Traduit de l’espagnol par Irisinda

   (...) Ces dernières années un coup d’état silencieux, idéologique et économique a eu lieu faisant les délices d’un pouvoir financier insatiable. Il nous faut donc montrer du doigt les responsables, et demander la coopération, comme le fit Cortazar depuis l’exil, en criant « ami, l’entends-tu ? »

   Dans un article publié en 1975, Julio Cortazar évoquait Caton le vieux et son exigence qui terminait tous ses discours au Sénat Romain pendant les dernières années des Guerres Puniques par Delenda est Cartago (Carthage doit être détruite), pour réclamer l’invasion de Carthage. Avec cet exemple, Cortazar revendiquait une insistance similaire contre le dictateur chilien Augusto Pinochet.

   « Je suis éveillé à ce qui m’entoure et pour cela, une fois de plus, Delenda est Pinochet. (…). Un écrivain latino-américain a l’obligation d’être Caton, et de répéter jusqu’à n’en plus pouvoir : Delenda est Pinochet ». C’étaient des temps de répression et d’infamie au Chili, mais les grands secteurs, satisfaits des mesures économiques néolibérales mises en place par le dictateur, regardaient de l’autre côté.

   A la même époque, l’Argentine vivait aussi des jours de terreur, mais cela n’a pas importé à l’heure de célébrer le Mondial de football sur le sol Argentin en 1978. Dans les pays latino-américains, les vols de la mort, les décharges électriques, les vols d’enfants, les tortures, les assassinats et les disparitions se mélangèrent avec les festivités dans le stade de football avec des bravos et des goals.

   Une grande partie des pays occidentaux regardèrent aussi de l’autre côté sans que leur importent l’horreur et les violations systématiques des droits de l’homme qui étaient commises dans ces pays. Par leur participation au Mondial, ils légitimèrent la dictature Argentine, bien plus de ce que certains (les Etats-Unis en tête) l’avaient fait jusqu’alors. Plusieurs exilés argentins installés en France organisèrent une campagne de prise de conscience, sous le titre « ami l’entends-tu ? », que Cortazar avait propagé dans ses articles.

    Je reviens au présent. En Espagne il y a de familles dont tous les membres sont au chômage de longue durée et n’ont pas un seul euro de revenu, aucune aide ni pension. Il y a des foyers menacés d’expulsion, et des gens (beaucoup) qui ont déjà dû quitter leurs maisons, dépossédés de leur droit à un logement digne. En même temps on paie avec l’argent public la dette des banques et le gouvernement trouve que construire au roi un pavillon de chasse de 3,4 millions d’euros est « d’intérêt général ».

    Il y a des hommes politiques et des hommes d’affaires qui ont des comptes dans des paradis fiscaux pour échapper aux impôts, pendant que les gens paient les leurs et que la TVA et l’impôt sur le revenu augmentent. Il y a des logements avec des frigidaires vides, où les familles se couchent en même temps que le soleil pour pouvoir payer le chauffage à la fin du mois. En même temps, le gouvernement va dépenser 4 millions d’euros pour faire la publicité du nouveau mode de facturation de l’électricité. En toute logique.

   Les pensions baisseront de trois points de pouvoir d’achat, c’est à dire 3 milliards d’euros approximativement jusqu’en 2017. Les salaires sont gelés, on fait des coupes dans les services et les aides publics, on privatise les entreprises et les hôpitaux publics construits avec l’argent de tous, la pauvreté et l’inégalité augmentent.

   On licencie des gens pour en embaucher d’autres à moindre frais, on exproprie des terrasses pour installer des antennes téléphoniques mais on interdit l’expropriation des maisons appartenant aux banques pour les donner au gens qui n’ont pas de toit, on vend aux fonds vautours les logements sociaux, on socialise les pertes et on privatise les gains.

   Les lobbys nous gouvernent sans se présenter aux élections et donnent des tapes dans le dos de Rajoy parce qu’il a si bien accompli ses devoirs, « et qu’il fait tout si bien », comme l’a dit Botin. Alors que le chômage des jeunes est de 56 % et que des milliers de jeunes préparés, formés, décidés, sont obligés à émigrer ou à revenir vivre chez leurs parents.

   Ces dernières années un coup d’état silencieux, idéologique et économique a eu lieu faisant les délices d’un pouvoir financier insatiable qui, si on ne le freine pas, sera capable de phagocyter tout ce qu’il trouve sur son chemin. Pour cela même, nous devons signaler les responsables de ce saccage. Il faut les photographier et expliquer les bénéfices qu’ils font en dépossédant les gens de leurs droits.

   L’heure est venue de crier bien fort : « amis, les entendez-vous ». Entendez-vous les mères qui ne peuvent pas subvenir aux besoins de leurs enfants ? Entendez-vous les couples condamnés à vivre sous le même toit bien qu’ils ne le veulent plus, parce qu’ils ne peuvent pas faire face aux frais d’une séparation ? Entendez-vous les personnes expulsées de leurs maisons et celles menacées de l’être ? Entendez-vous ces chômeurs de longue durée à qui le système n’offre rien d’autre que de l’humiliation ?

   Entendez-vous ceux qui travaillent au moins 10 heures par jour et ne gagnent même pas 800 euros par mois ? Entendez-vous pendant ce temps la nuée d’argent accumulé dans les valises des grandes fortunes ? Entendez-vous l’inégalité des opportunités? Entendez-vous les avantages des plus riches pour payer moins d’impôts ? Entendez-vous les mensonges que l’on nous débite ? L’entendez-vous, amis ? Ou préférez-vous continuer à l’ignorer ?

   L’heure est venue du Delenda est que criait Cortazar depuis son exil. L’inégalité et la pauvreté ne sont pas des catastrophes naturelles qui tombent du ciel par châtiment divin. Derrière elles il y a des responsables et ils doivent être signalés dans les urnes et dans la rue, par la protestation, la dénonciation, et par le vote. L’heure est venue de dire, face à eux, Delenda est cette grande exaction. Delenda est. Ça suffit comme ça. Ça suffit.


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(Cette nouvelle mode des hommes voilés
n'eut aucun succès)


Italian Monk Wearing a Funeral Mask 1892

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Luc Desle

dimanche 1 juin 2014

"Cet homme sans coeur était légèrement mal en point".

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Pensées pour nous-mêmes:

(LE MAÎTRE NE PORTE JAMAIS
DE TALONNETTES)

PCC Jacques Damboise

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Jean Bellus

   Né à Toulouse, Jean Bellus a eu plusieurs emplois avant de poursuivre une carrière d’illustrateur. Il débute dans Marianne en 1933, et par la suite collabore à Pour Vous, Le Sourire et Candide. Pour Benjamin magazine, il réalise la bande dessinée « Georgie, Laurel et Hardy » entre 1937 et 1939. La guerre stoppe ses activités. De retour de captivité, il travaille comme décorateur, costumier et acteur de music-hall. 

   Après la libération, il reprend son travail d'illustrateur, et coopère à Point de Vue, La Bataille et Fantasia. Il retourne à la bande dessinée avec plusieurs contributions pour la presse quotidienne. Dans France-Soir, il illustre Le Film du demi-siècle, Alcide une disparue et les premiers épisodes du Crime ne paie pas en 1950. Il retourne ensuite au dessin d’humour pour les magazines Samedi-Soir, Paris-Presse et Jours de France jusqu'à sa mort en 1967. Un de ses principaux personnages est « Clémentine Chérie ».

   Après son bien célèbre "Humour verboten" il s'est surtout attaché à faire quelques albums humoristiques sur « une famille bien française » dont le personnage central fut adapté au cinéma en 1963, dans le film Clémentine chérie qui passe pour la première fois à la télévision le 20 octobre 2007 sur la chaîne Canal+.

   Son humour, gentiment familial, correspond bien aux dernières années du Général et à l'idée que "Jours de France", notamment, se faisait du dessin de presse. Dessin rond, avec des personnages passe-partout - le père de Clémentine, notamment, chauve à souhait -, ainsi qu'une jeune française moderne, prototype de la future Brigitte Bardot, sans le sexe, cousine de la fille du maréchal des logis-chef, Ludovic Cruchot, à savoir Nicole, élégamment jouée par Geneviève Grad dans "Le Gendarme de Saint-Tropez"...


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Clémentine en vacances


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Blanche Baptiste